Récession et dévaluation au Venezuela

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Récession et dévaluation au Venezuela

Publié le 31 décembre 2010
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Venezuela CC  Andreas LehnerLe Venezuela, seul pays d’Amérique du Sud en récession en 2010, va procéder à une dévaluation de fait en supprimant son double taux de change artificiel pour revenir à un taux unique, fixé à 4,30 bolivars pour un dollar, au risque de doper l’inflation.Le double taux de changes, censé favoriser les secteurs jugés prioritaires, avait vu le jour le 8 janvier 2010, lorsque Hugo Chávez avait annoncé une dévaluation du bolivar.

Le taux de change, fixé auparavant à 2,15 bolivars pour un dollar, était passé à 2,60 bolivars pour les importations des produits de base (santé, alimentation, équipements) et à 4,30 bolivars pour les autres (voitures, télécommunications, électronique, etc.) Mais le dollar atteint jusqu’à 8 ou 9 bolivars au marché noir, auquel ont recours les importateurs quand le marché officiel est saturé.

Dans un pays qui n’exporte quasiment que son pétrole et demeure largement importateur du reste, réduire la valeur du bolivar pour les importations de première nécessité va doper l’inflation, déjà la plus élevée d’Amérique latine en 2010 (26,9%). Cette dévaluation de 65% va avoir des conséquences importantes pour les plus pauvres car le taux de 2,60 bolivars concernait surtout les aliments et médicaments.

Par ailleurs, même si le régime chaviste table sur une reprise de 2% en 2011, la situation économique est morose. Le pays a connu en 2010 une deuxième année de récession d’affilée (-1,9% après -3,3% en 2009). Le Venezuela a souffert du recul de l’activité pétrolière (-2,2%), malgré une année de hausse des cours du brut ($70 le baril en moyenne en 2010). Mais le secteur non pétrolier a lui aussi ralenti (-1,8%). Le contrôle des changes en vigueur depuis 2003 et les nationalisations et expropriations décrétées par le gouvernement socialiste découragent les investissements et font chuter la consommation.

Le Venezuela tranche ainsi avec les autres pays d’Amérique latine qui ont fortement rebondi cette année après la crise financière de 2008-2009. Le Paraguay a ainsi annoncé une croissance record de 14,5% la semaine dernière et la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes prévoit d’autres chiffres élevés pour l’Uruguay (9%), le Pérou (8,6%), l’Argentine (8,4%), le Brésil (7,7%), le Mexique et le Chili (5,3%). La plupart tirent leur croissance de la forte demande de matières premières, minières ou agricoles, notamment celle de la Chine.

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  • Bonjour,

    Quelqu'un pourrait m'indiquer le principe d'un double taux de change svp ?

  • La dévaluation de la monnaie a pour effet de renchérir le coût des produits importés. Le taux de change artificiellement fort imposé pour les produits de première nécessité vise à limiter l'impact de la dévaluation sur le pouvoir d'achat des plus pauvres. Comme toujours dans les économies planifiées, cela échoue car il existe le troisième taux sur le marché noir, fluctuant celui-là (comme précisé dans l'article). Bien que lumineux, le sentier qui mène au socialisme est difficile à pratiquer.

  • Maintenant que vous me le dites je me demande pourquoi je n'avais pas compris. Le deuxième paragraphe est pourtant limpide ^^

    Merci beaucoup !

  • Les commentaires sont fermés.

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