Les fonctionnaires contre l’État

Invitation au débat qui se tiendra le 31 mars au soir au café de Flore

Revue du livre d’Agnès Verdier-Molinié, Les fonctionnaires contre l’Etat.

Par Aurélien Véron.

Agnès Verdier travaille pour l’Ifrap, elle y fait un travail remarquable, et dirige même la fondation Ifrap. Vous la voyez souvent, charmante mais combative, sur les plateaux de LCI, de « Ce soir où jamais », etc. Son dernier livre s’intitule Les fonctionnaires contre l’Etat. Le grand sabotage. Autant dire qu’elle met les pieds dans le plat, et en sautant. Ca promet de l’animation. Son argumentation décrit la nouvelle aristocratie qui paralyse le pays, étouffe ses talents. Pour l’entendre développer ses idées, pour lui poser vos questions et obtenir des réponses, je vous invite à venir nous retrouver le 31 mars au soir au café de Flore (inscription nécessaire).

Elle nous rappelle opportunément les avantages dont ils disposent : retraites bien plus généreuses que dans le secteur privé, garantie de l’emploi à vie, salaires aussi supérieurs  à ceux du secteur privé. Cadres supérieurs  ou directeurs des autorités administratives indépendantes, ils peuvent recevoir un revenu annuel de 180 000 euros (Hadopi) à 300 000 euros (AMF). Pas mal, non ?

130 000 fonctionnaires bénéficient de la garantie individuelle du pouvoir d’achat, les enseignants se font payer les heures de soutien scolaire en heures supplémentaires, 127 000 logements de fonction sont fournis gratuitement à des centaines de milliers d’heureux élus (dont une petite partie seulement  réellement besoin de tels logements pour des questions de disponibilité, les pompiers ou les gendarmes par exemple). En Martinique, c’est ubuesque : 37 % de la population active est fonctionnaire, avec des salaires supérieurs à la métropole et des impôts inférieurs !

Résultat de cette disproportion entre le secteur public et privé : 36 % des Français sont satisfaits de leurs services publics,  contre 48 % au Royaume-Uni. Il faut dire que « l’Education nationale estime que la satisfaction des usagers n’est pas une notion pertinente dans ses missions ». On comprend mieux…

Les fonctionnaires sont bien défendus. D’abord par les grands syndicats, financés à 80 % par les contribuables mais jusqu’ici intouchables malgré leurs pratiques mafieuses. Tous leurs dirigeants, et 56 % des syndiqués, viennent du secteur public (60 % à la CGT). Mais aussi par la politique qu’ils tiennent bien en main : 71 % des directeurs de cabinet de ministre sortent de l’ENA ; 61 % des présidents de région et 48 % des présidents de Conseil général sont issus de la fonction publique. Bref, ces fonctionnaires imposent au pays une culture d’usagers asservis qui n’ont qu’à la fermer. Rendez-vous le 31 mars pour en juger par vous-même…

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