Chypre dans la tourmente en pleine crise européenne

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Chypre dans la tourmente en pleine crise européenne

Publié le 30 juillet 2011
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Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume-Uni

La contagion européenne s’étend au-delà de la mer Égée. D’abord, la notation du crédit chypriote s’est fortement dégradée. Depuis, les banques privées ont suivi le mouvement; et désormais le gouvernement est non loin de sa chute.

C’est seulement la semaine dernière que les leaders européens ont cherché à se convaincre que la crise de l’euro était passée,  leur complaisance paresseuse ressemblant à celle de la plupart des médias traditionnels. Les fidèles lecteurs de mes chroniques, pourtant, ne seront pas surpris. Les faiblesses structurelles dans la zone euro demeurent. Le prix de la dette publique italienne est presque exactement au niveau où elle était avant l’accord, et l’Espagne n’est pas loin derrière.

Pourquoi Chypre est-elle également dans une situation précaire? Plusieurs raisons: l’adhésion à l’euro a érodé sa compétitivité, elle est de façon disproportionnée exposée aux titres grecs, elle détient un déficit lourd, ses actifs bancaires sont dramatiquement plus élevés que le PIB national, et la crise politique actuelle rend encore plus difficile le fait d’imaginer un quelconque gouvernement ayant la volonté d’imposer les réformes requises.

Le scénario nous est maintenant familier. Tous les États commencent par nier qu’un plan de sauvetage est nécessaire. Puis, comme les dénégations montent en crescendo, ils en annoncent un soudainement. Les pays de la zone euro, soutenus par d’autres membres de l’UE et par le FMI, débloquent plusieurs milliards pour ce qu’ils persistent à nommer des prêts-relais temporaires. Le plan de sauvetage échoue lamentablement, ce qui aggrave la situation de l’État destinataire, tandis que les contribuables de l’UE doivent supporter un alourdissement du poids de la dette. Puis, les eurocrates s’auto-congratulent et s’envolent dans leurs jets en direction de leurs villas toscanes.

Alors, Chypre va-t-elle vraiment suivre le chemin de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal? Pas nécessairement. Pour une raison: ce serait gênant pour l’UE d’annoncer un autre plan de sauvetage aussi rapidement après avoir déclaré que la crise de l’euro est écartée. D’autant que la patience des électeurs dans les pays donateurs – Allemagne, Autriche, Allemagne, Pays-Bas, Finlande – tend à s’effilocher.

L’effondrement de la Grèce a conduit de nombreux observateurs et hommes politiques européens à remarquer que ce pays n’aurait jamais dû être autorisé à adhérer à l’euro. Le même constat vaut, a fortiori, pour Chypre.

Je ne vais pas raconter toute l’histoire, mais, en bref, la Grèce a surmonté les réticences initiales de l’UE d’admettre Chypre sans qu’un règlement interne soit au préalable mis en place. Ceci s’est avéré être une erreur terrible, pour Chypre et pour l’Europe. Jusqu’au début des années 1990, les Chypriotes grecs et turcs avaient conclu un accord pour une « terre de paix » selon lequel les Chypriotes turcs cédaient une partie de territoire aux grecques en échange d’une garantie de reconnaissance en tant que partenaires égaux dans une fédération bi-zonale et bi-communautaire. Les deux parties avaient de bonnes raisons pour accepter le compromis: les Chypriotes grecs voulaient retrouver leurs maisons, les Chypriotes turcs voulaient mettre fin à leur isolement international.

Les contours d’un éventuel accord qui commençaient à émerger se sont effondrés à Bruxelles qui a accepté la candidature unilatérale des chypriotes grecs et ainsi éliminé toute incitation de parvenir à un accord d’un autre côté. Les Chypriotes grecs ont assuré aux négociateurs de l’UE qu’ils aboutiraient à un règlement après l’adhésion, mais, le moment venu, ils ont renié leurs promesses et fait campagne contre le plan soutenu par Bruxelles. Les Chypriotes grecs ont voté «Non» et ont été récompensés; les turques de Chypre ont voté «Oui» et ont été puni. À ce jour, le régime chypriote grec continue d’être traité comme le gouvernement souverain de toute l’île, tandis que la zone nord de l’île est soumise à une série d’embargos de l’UE.

La leçon que les Chypriotes grecs ont tiré de tout cela est, bien sûr, que s’ils devaient souffler comme un bœuf, l’UE  se résignerait à raquer à la fin. Cette leçon pourrait bientôt être testée.

Figures: Ces graphiques montrent le coût des emprunts d’États italien et espagnol. Alors, les gars, est-ce de cette façon que la politique d’ emprunt-et-sauvetage fonctionne pour vous?

—-
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  • Je ne suis pas d’accord avec l’affirmation du 3ème paragraphe : « Pourquoi Chypre est-elle également dans une situation précaire? Plusieurs raisons: l’adhésion à l’euro a érodé sa compétitivité… » car l’ancienne monnaie de Chypre (la livre chypriote) était l’une des 3 monnaies (avec la lire maltaise et le lat) à avoir une valeur supérieure à 1 € (1 EUR = 0.4292 MTL, 1 EUR = 0.585274 CYP et 1 EUR = 0,597383 LAT). Et contrairement à la Grèce, elle n’a pas trafiqué ses comptes publics, le pays satisfaisait à toutes les exigences pour adopter l’euro, ce qui a été fait mais la crise est passée par là.

  • @Vida18 : La valeur d’une monnaie n’a rien à voir avec la productivité de sa zone économique. Au mieux, il faudrait regarder l’évolution de cette valeur, et encore, ce serait oublier les effets quantitatifs.

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