Le Concours Lépine de la fiscalité

Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée nationale, reproche à la majorité de multiplier les projets de loi pour instaurer de nouveaux impôts

Impôts : on n’arrête pas le progrès. « C’est le Concours Lépine de la fiscalité ! » C’est en ces termes que le Président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer à qualifier la multiplication des projets de loi pour instaurer de nouveaux impôts.

Article publié en collaboration avec l’aleps

Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée nationale, reproche à la majorité d'ouvrir "la boîte de Pandore des nouveaux impôts"

Bernard Accoyer est président de l’Assemblée Nationale. Il n’est pas très indulgent pour ses ouailles, auxquelles il reproche de multiplier les propositions de loi pour instaurer de nouveaux impôts. Chacun y va de la sienne, l’imagination fiscale est au pouvoir. Mais Bercy n’est pas en reste.

Citons d’abord quelques passages de l’interview donnée par Bernard Accoyer à Canal + mercredi dernier à propos de la taxe soda :

Toute cette fiscalité diététique ou disciplinaire, c’est quelque chose que je n’admets pas […] On commence par le sucre, on continue par les édulcorants, demain ce sera l’alcool dans le vin, après-demain la graisse dans les fromages, tout ça c’est n’importe quoi, a-t-il insisté. Ne confondons pas la fiscalité et l’éducation à la diététique.

À propos de la taxation des transferts de footballeurs :

Encore une fois, c’est le concours Lépine, la boîte de Pandore des nouveaux impôts. Nous ne sommes pas dans cette logique.

Au jeu de la créativité fiscale, Bercy est largement gagnant. En même temps que l’on négociait à Bruxelles, le ministère des Finances lançait l’idée d’un ou plusieurs taux de TVA « intermédiaires » tandis que le taux standard, de 19,6 actuellement pourrait prendre un point. La TVA sociale chère à l’UMP revient également en force : il faut faire payer aux produits étrangers une partie du poids de nos charges sociales, puisque ces charges sont souvent inférieures ailleurs (« dumping social »). Enfin et non le moindre, la taxe Tobin, que tout le monde avait enterrée pour son irréalisme, reçoit un large soutien des gouvernements européens. Les Anglais ne suivront pas : ils ne veulent pas que Londres perde sa position de deuxième place financière du monde.

Mais, ma bonne dame, il faut prendre l’argent là où elle est !

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Article reproduit avec l’aimable autorisation de Jacques Garello, Président de l’aleps.

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