Vu de Séoul : comment ne pas créer des emplois

Séoul vu de nuit (Crédits Koshy Koshy, licence Creative Commons)

Sauver un emploi industriel à tout prix, brailler contre la délocalisation des industries, ne sauve ni ne crée d’emplois

Sauver un emploi industriel à tout prix, brailler contre la délocalisation des industries, ne sauve ni ne crée d’emplois.

Par Guy Sorman, depuis Séoul, Corée du Sud.

Colloque à Séoul : dans ce pays sans chômeurs, on s’interroge sur les emplois de demain. Ils ne seront pas industriels. Plus on investit dans l’industrie pour rester compétitifs, moins on crée d’emplois puisque les gains de productivité s’avèrent supérieurs au nombre d’emplois créés.

Pour maintenir le plein emploi, il convient donc de développer le secteur des services – tourisme, service à la personne, activités culturelles – tout en restant les meilleurs, ce que sont les Coréens pour l’automobile, l’électronique, la construction navale.

La leçon vaut pour tout le monde industriel dont la France. Sauver un emploi industriel à tout prix, brailler contre la délocalisation des industries, ne sauve ni ne crée d’emplois. Le cocktail gagnant exige d’investir dans la productivité des industries quitte à perdre des emplois et à soutenir par ailleurs les activités de service et de contenus (software etc.), moins exposées à la substitution internationale.

Il est donc contre-emploi, en France de vouloir sauver à tout prix – et le prix est élevé pour le contribuable – des activités archaïques qui pourraient, soit être maintenues sur place à condition d’investir dans la productivité, soit être abandonnées pour que les fonds soient réinvestis dans des métiers plus créatifs.

Aucun candidat en France, n’a tenu ce discours trop pédagogique ; pire, les « économistes » qui soutiennent tel ou tel candidat ne disent rien de tel. Hollande et Sarkozy nous ont préparés à affronter la guerre économique d’avant hier.

—-
Sur le web.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.