Et maintenant, ne passons pas aux choses sérieuses

Le mois d'avril s'achève sur les mêmes médiocrités qui l'ont ouvert.
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Et maintenant, ne passons pas aux choses sérieuses

Publié le 30 avril 2012
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Et c’est donc de la même façon qu’avril à commencé que le mois s’achève : les cataractes de médiocrité politique continuent de se déverser dans les médias français qui s’empressent de les relayer au bon peuple qui n’en peut plus d’une campagne présidentielle où tout s’assemble pour descendre encore plus bas que les précédentes éditions, pourtant déjà catastrophiques…

On se souvient que la présidentielle de 2007 avait déjà été d’assez piètre qualité : les thèmes, unilatéralement choisis par la classe politicienne dans une courte liste tendue par les médias, n’avaient qu’en partie intéressé le peuple lui-même. Certes, il s’était laissé bercer par le petit air de flutiau sécuritaire sarkozyste, mais ce même peuple avait réussi le tour de force de propulser en challenger une politicienne dont tout indiquait qu’elle ne maîtrisait absolument pas ses dossiers.

Mais une chose est certaine : les deux candidats n’ont pas réussi à laisser derrière eux un souvenir impérissable de leur performance de campagne. Le débat, s’il a bien contenu une ou deux petites phrases préparées, n’en a laissé qu’un goût neutre très vite oublié. L’inculture, le manque de prestance et de hauteur des deux chiffonniers ont ajouté au tableau général d’insignifiance des joutes verbales.

Le débat entre Hollande et Sarkozy n’a pas encore eu lieu, et j’y reviendrai probablement dans un court billet, mais sauf à être témoin d’une empoignade vigoureuse entre les deux candidats avec échange de bourre-pifs bien assénés, on peut déjà parier sur des échanges de délicatesses soigneusement calculées et un peu de rhétorique bon marché. Tout cela ne fera varier le vote au mieux que d’une poignée de citoyen indécis qui, de toute façon, ne modifieront pas l’issue du scrutin.

En effet, il y a fort peu de chance que le débat porte sur des questions essentielles. Je ne veux pas parler ici d’insécurité ou d’immigration (thèmes goulument embrassés par une droite en mode panique), ni sur le vote des étrangers, le mariage gay ou l’euthanasie (thèmes délicieusement évoqués par une gauche sirupeuse à l’idée de détenir le pouvoir et enfin d’avoir sa propre omni-présidence) ; ces thèmes, relativement anecdotiques, seront évidemment balancés comme autant de coups dans un débat par ailleurs déjà calibré.

Si je dis « relativement anecdotique », c’est parce que, même s’ils promettent, en fonction des orientations choisies, de façonner la société sur les prochaines générations, ils n’en sont pas moins utilisés par les deux camps pour détourner les yeux des Français des énormes problèmes qui, eux, ne reçoivent quasiment aucun écho dans la campagne.

J’y reviens régulièrement, mais ces thèmes sont essentiels puisqu’ils vont directement impacter les 60 millions de Français. Tous ne sont pas concernés, loin s’en faut, par un mariage gay, une euthanasie, des problèmes d’immigration ou de sécurité. Ces thèmes ont une importance, certes, mais en revanche, tous les Français sont, tous les jours, confrontés à une réalité qu’on aura refusé obstinément de mettre sur la table.

Chaque Français va devoir, dans les prochains mois, faire des choix, conscients ou non, pour organiser son budget, ses dépenses, ses moyens de subsistance, en fonction de paramètres dont aucun de ces politiciens ne veut discuter.

Chaque Français va, dans les prochains mois, constater qu’un euro achète de moins en moins de pain, de viande, de patates et de lait, que son salaire n’augmente pas, que les prestations sociales se dégradent, que les conditions de paiement des entreprises d’états continueront à se détériorer, que le crédit des banques se renchérira, que la croissance va dégringoler.

Dans les prochaines semaines, une fois le président élu, chaque Français recommencera à entendre les nouvelles du monde, et de ces pays qui n’embauchent plus. Chaque Français constatera, directement, que les ponctions augmentent dans des proportions qu’il croyait pourtant d’un autre temps, et ce, quel que soit le président qui aura été choisi.

Les signaux sont pourtant clairs dans les autres pays.

Aux Pays-Bas, les atermoiements interrompus, un plan de rigueur a été voté par une majorité des parlementaires. Rassurez-vous : en France, aucun vote ne sera pris en ce sens, mais le résultat sera exactement le même. Au passage, notez que l’immobilier, là-bas, est au plus mal.

Inflation : the insidious way to increase taxes

En Roumanie, le gouvernement a été renversé, suite aux tensions économiques qui traversent le pays. Tout comme la Grande-Bretagne, à nouveau en récession (et dont le marché de l’immobilier commence, lui aussi, à marquer le pas), il semble que la Roumanie ne se porte pas encore suffisamment bien pour déclarer la crise passée.

En Espagne, on parle quasiment de catastrophe économique avec un taux de chômage de la jeunesse qui dépasse les 40% et frôle les 50%. Comme par hasard, c’est le secteur immobilier qui aura été le plus sinistré dans ce pays et qui continue de montrer des signes angoissants : non seulement, ça baisse, mais il semble que ce ne soit pas terminé. Le phénomène est identique aux États-Unis où manifestement, l’accès à la propriété tente toujours moins de personnes.

En France, la consommation marque déjà les premiers signes de ralentissement clair : en pratique, depuis le début de la crise, le pays se maintient dans une sorte de lévitation artificielle essentiellement alimentée par une dette qui aura galopé à des niveaux stratosphériques.

Mais pas de de doute, pour s’en sortir, il faudra une récession. Maintenant, on peut choisir de la préparer, et en ménager ses effets en s’y prenant suffisamment tôt. Pour cela, il faut un peuple en face de ses responsabilités, et une classe politique en phase avec ses devoirs.

En France, on a choisi la procrastination, l’oubli, le déni. Ce ne sera donc pas une récession, mais une dépression.

Bon courage à tous.
—-
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  • j’espère simplement qu’on ne touchera pas trop a nos retraites et que les entreprises seront un peu plus mises a contribution.bon courage a tous dans les épreuves qui nous attendent!

    • Les retraites par répartition forcée sont justement au coeur du problème, tout comme la sécu monopolistique. On ne pourra pas sortir de la crise sans privatisation des retraites. On ne pourra pas sortir de la crise en continuant à assassiner de taxes et d’absurdes réglementations les entreprises.

  • La médiocrité (euphémisme) de la campagne est la conséquence d’un système purement représentatif.
    On s’écharpe sur les idées supposées selon lesquelles l’argent des autres sera spolié pour être dépensé en toute irresponsabilité.

    Il faut écouter Yvan Blot sur l’irresponsabilité.
    La seule solution est la démocratie directe, à la suisse.

    Des référendums imposés au gouvernement et à toute l’oligarchie, sur des textes législatifs rédigés par le privé et non par des fonctionnaires.

    La guerre de tranchée actuelle, avec bombardement d’attaques ad hominem et billevesées sur la menace fasciste de la part de tartuffes socialistes alliés à la gauche la plus extrême et violente, serait remplacée par des débats sur des sujets.

    Bien des lignes bougeraient, car si électeurs de gauche ne peuvent s’extraire de leur haine de classe face à des candidats, ils peuvent rejoindre des électeurs de droite sur un sujet précis.

    Une chose continue de me plonger dans la perplexité de la part de bloggeurs libéraux: Leur déni du problème identitaire.
    Pourquoi être lucide face à la bulle du socialisme, et aveugle devant la crise causée par le droit du sol dans un contexte démographique encore bien plus explosif ?
    Surtout, comment être libéral sans être effaré par le déni de propriété que constitue l’immigration non choisie ?
    Comment croire à l’avenir du libéralisme devant une islamisation, alors que le monde islamique se caractérise par un rejet maximal de la liberté ?

    • Votre questionnement naît de ce que vous inversez l’ordre logique du problème et par là même, vous vous empêchez de le résoudre autrement que par la violence. L’immigration ou l’islam, réduits à la sphère privée, ne sont pas le problème. Que peut bien vous faire que des gars se flagellent ou se mettent des torchons sur la tête, tant qu’ils ne vous y contraignent pas ?

      Le problème, c’est l’excès d’espace public et son occupation par l’immigration. Par définition, l’immigration dans les aires privées est choisie. Plus d’espace privé (physique ou légal) implique nécessairement moins d’immigration non choisie.

      D’ailleurs, les obsédés du socialisme veulent réduire encore plus l’espace privé par la négation de la propriété privée, des réquisitions, des faux droits opposables ou militent activement pour l’occupation de l’espace public en distribuant des tentes. Ils ont bien compris, eux, la véritable nature de la question et agissent en conséquence pour faire avancer leur idéologie, avec succès pour l’instant. Et vous devez comprendre que leur succès tient moins à leur militantisme qu’à la mauvaise réponse apportée par les politiciens qui sont aveuglés par le socialisme.

      • L’islam réduit à la sphère privée ?!?
        À mon avis, c’est vous qui inversez le problème.
        L’islam fonctionne sur le principe opposé: Il régit l’espace public mais réserve une certaine liberté chez soi (dans ses formes les plus achevées il y interdit les cultes non musulmans).
        Vous ne me convaincrez pas de vous rejoindre dans votre monde imaginaire et irénique – comme j’aimerais avoir cette faculté d’ignorer les faits …

        Il n’existe qu’une religion qui distingue Dieu et César.
        D’ailleurs notez ce paradoxe: Il faut qu’un État se dise chrétien pour qu’il y ait séparation des sphères d’autorité, celle de l’absolu et celle du séculier. A contrario, depuis qu’il s’est séparé de l’Église, le nôtre réunit l’autorité régalienne (coercitive) et morale (c’est lui qui définit l’enseignement « moral » infligé à nors enfants).
        Bien des dérives du socialisme découlent directement de cette funeste réunification des autorités: Les ravages socialistes naissent en définitive de l’imposition par l’autorité régalienne d’une morale aussi autoritaire que puérile.

        Je pense que l’accession à la citoyenneté devrait être soumise à l’appréciation des citoyens autochtones. La nécessité naturelle du droit de propriété est indiscutable; mais quel est le sens de la reconnaître si elle ne s’inscrit pas dans un contexte de cadre de vie maîtrisé ? Pourquoi, à moins d’être musulman ou islamophile, investir dans un environnement qui sera régi par la charia dans 20 ans ?

        Le droit du sol est donc absurde dans un contexte de démographie débordante et de marasme économique (causé vraisemblablement par l’incompatibilité entre libéralisme et islam) chez nos voisins musulmans, surtout alors que s’installent des régimes pro-islamistes qui, tous, vont endoctriner des générations pléthoriques dans une pensée aux antipodes du libéralisme (si les islamistes exigent une seule responsabilité, ce sera celle de l’enseignement).

  • Franchement si c’est pour aborder l’économie comme on aborde le reste je préfère encore que le sujet soit tu. Ça évitera aux candidats de trop s’engager sur des promesses idiotes.

  • Les commentaires sont fermés.

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