Le courrier du contribuable

Quelque chose dans votre quotidien vous intrigue, et ça a un tantinet rapport avec l’économie ? Bienvenue au courrier du contribuable !
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Le courrier du contribuable

Publié le 30 juin 2012
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Quelque chose dans votre quotidien vous intrigue, vous confond, vous fait pleurer ? Rire ? Et ça a un tantinet rapport avec l’économie ? Bienvenue au courrier du contribuable !

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec.

Un premier courrier, de Martin, qui m’écrit :

« M. Descôteaux, je me sens mal. Cet été, j’ai fait paver mon entrée de garage, et l’entrepreneur m’a suggéré de payer cash, pas de facture… J’ai dit oui. Mais aujourd’hui, j’ai des remords. J’ai honte. En même temps, je vois tout ce gaspillage au gouvernement, et ça m’écœure de payer des taxes. Je suis déchiré. Que faire ? »

Cher Martin,


Pour laver vos péchés, prenez votre auto et allez au « confessionnal du contribuable » le plus près. Pas à l’Église, non. À la SAQ. Où le 2/3 du prix de votre bouteille finit dans les poches du gouvernement sous forme de taxes, droits et dividendes. Vous sortirez d’une succursale tellement taxé, que vous aurez l’âme en paix. Vos péchés s’effaceront, et vous aurez de bonnes bouteilles à boire !

Francine m’écrit :

« À chaque fois qu’on dépense mes impôts sur des subventions débiles et des programmes qui enrichissent surtout ceux qui y travaillent, on me dit que c’est un « choix de société ». On me répond toujours ça! C’est fâchant, on dirait que la société choisit toujours pendant que je suis aux toilettes, ou quand je pars à Old Orchard l’été. Où puis-je laisser mes coordonnées à « la société » pour qu’elle me joigne quand je suis à l’extérieur? Merci. »

Chère Francine,

Je compatis. Les fameux choix de société, ce sont surtout les choix de groupes d’intérêt et de politiciens opportunistes, qui conspirent pour ériger des programmes qui servent d’abord leur propre profit. À les entendre, on aurait tous choisi d’avoir cet État obèse. Je propose de tirer ça au clair ! Un référendum, avec une liste de chaque programme, ce qu’il accomplit, ce qu’il vous coûte en impôts chaque année, et le nombre de bureaucrates qui en vivent juste pour l’administrer. Avec une case à cocher : « Préférez-vous garder ce programme, ou vos impôts ? » Le résultat pourrait nous surprendre, Francine…

 

Surprise! Jim Flaherty, notre ministre des Finances, m’écrit :

« David, pourquoi les gens semblent mécontents de mes nouvelles règles sur les hypothèques ? Merci d’avance. »

Cher Jim,

Voyons voir : ton ami la Banque centrale a écrasé les taux d’intérêt au plancher depuis quatre ans. Ton autre ami, la SCHL (dont les pertes éventuelles seraient épongées par les contribuables), assume le risque de milliers de prêts hypothécaires, pendant que les banques collectent les intérêts. Et toi-même en 2006, tu as allongé la durée des hypothèques à 40 ans… pour la raccourcir à 25 ans aujourd’hui. Toi et tes potes avez tout fait pour nous inciter à dépenser, et pour nous décourager à épargner. Et là tu nous fais sentir mal parce qu’on vit au-dessus de nos moyens ? Tu resserres les règles et coupes le robinet, parce que la dette nous sort par les oreilles? Prends-le pas mal, Jim, mais je comprends que certains n’arrivent pas à te suivre ! En fait, cela aurait été plus simple si toi et tes amis ne vous en étiez pas mêlés du tout…

N’hésitez pas à me confier vos histoires, vos doléances, vos joies, vos drames et vos peines à david.descoteaux@journalmtl.com !

***
P.-S. Inspiré de l’œuvre de mon estimée collègue Louise Deschâtelets… et dans une moindre mesure, de l’économiste Tim Harford.
P.-P-.S. Oui, j’aurais pu titrer la chronique « Le courrier fictif du contribuable »…

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