L’Aristocratie de l’influence

Arnaud Montebourg souhaite déléguer des experts au chevet d’entreprises fragilisées par la crise. Que faut-il en penser ?

Arnaud Montebourg souhaite déléguer des experts au chevet d’entreprises fragilisées par la crise. Que faut-il en penser ?

Par P.L.

Je viens d’apprendre que notre ministre de la croissance érectile, souhaite déléguer des experts au chevet d’entreprises fragilisées par la crise.

Imaginez-vous dans cet état d’esprit, et abstraction faite de l’ingérence intolérable de l’État dans les affaires privées, qui choisiriez-vous comme experts ?

Sans aucun doute, feriez-vous appel à des hommes et des femmes d’expériences, ayant déjà vécu des situations comparables, ou, au contraire, ayant réussi à développer des entreprises avec des résultats probants. Des Business Angels, par exemple. Des Xavier Niels (fondateur de Free), des Alain Afflelou, des Marc Simoncini (fondateur de Meetic), Olivier Heckmann (co-fondateur de Multimania) ou d’autres personnes de cette trempe dont la réussite éclatante permettrait de libérer un peu de leur temps pour devenir les pompiers d’entreprises en difficulté, en leur prodiguant conseils et expériences.

Que nenni !

En Socialie, on ne valorise pas le mérite ou le talent.

C’est un peloton de 22 commissaires régionaux, dont voici la liste et les CV, qui vont intervenir ! Des gens qui n’ont jamais été confronté aux affres de la création d’entreprise, mais, au dire même du ministre (et c’est bien ça le plus scandaleux), des hommes de réseaux, qui connaissent les bons interlocuteurs, qui peuvent avoir de l’autorité (menacer ?) sur une banque par l’intermédiaire de la Banque de France par exemple ou par les services fiscaux.

« À quoi vont servir les vingt-deux commissaires au redressement productif que vous avez nommés ? » demande le journaliste du Parisien

« Ils accompliront dans les régions, auprès des entreprises de moins de 400 salariés, le même travail que nous faisons tous les jours au ministère pour les plus grosses. Par exemple, convaincre un banquier ou un donneur d’ordre, demander des efforts à l’État, aussi, pour aider à recapitaliser, via des fonds spécialisés, ou étaler des créances. » (Extrait de Le Parisien)

« Nous fonctionnons au cas par cas, explique-t-on au service de communication du ministre. Mais nous allons nous appuyer sur la BPI [Banque publique d’investissement] pour remettre du cash dans l’économie réelle, essayer de recouvrer la souveraineté de l’État sur certains secteurs stratégiques, négocier avec les banques. On peut également proposer un arsenal législatif et réfléchir aux moyens de favoriser la préférence française. » (Marianne)

À part les commissaires du Limousin, de la Lorraine et du Languedoc Roussillon qui ont eu au moins une expérience dans des entreprises privées, les autres n’ont jamais connu le lien qui existe entre leur efficacité, la qualité de leur travail et la réussite de la structure qui les employait.

Si vous connaissez les bons interlocuteurs, vous pourrez vous en mettre plein les fouilles. Sinon vous n’êtes là que pour payer les largesses du prince.

La victoire de Hollande était déjà celle des réseaux d’énarques. Nous voilà en pleine immoralité affirmée, revendiquée même, tout en se grimant sous les traits de justice sociale, de relance juste et de normalité. Voici venu le temps, toute honte bue, de la Société de l’influence, du copinage, des réseaux, de la collusion et des passe-droits. Ayn Rand était vraiment une visionnaire !

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Le titre de ce billet « L’Aristocratie de l’influence » est celui d’un chapitre de Atlas Shrugged d’Ayn Rand.

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