Les ravages de l’obstination idéologique

Comment peut-on espérer que les socialistes relancent la croissance alors qu'ils refusent d'accepter les mécanismes de la création de richesses : le capitalisme.
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Les ravages de l’obstination idéologique

Publié le 31 août 2012
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Comment peut-on espérer que les socialistes puissent parvenir à relancer la croissance alors qu’ils refusent d’accepter les mécanismes intimes de la création de richesses portés par le capitalisme.

Les socialistes français restent fondamentalement prisonniers de leur subconscient marxiste et cette emprise est encore plus déterminante chez les écologistes et au front de gauche. Or l’analyse marxiste est totalement orientée vers l’objectif de destruction du capitalisme, inscrite selon eux dans les contradictions propres de l’économie capitaliste, mais que la dictature du prolétariat pourra considérablement accélérer.

Cet objectif conditionne les concepts, le vocabulaire et les méthodes de la pensée marxiste, interdisant une prise en compte objective des faits économiques au service d’une compréhension plus fine de la réalité économique. De là vient la méfiance quasi pathologique envers l’entreprise, le marché, les patrons, la bourse, les sponsors, l’argent voire la liberté individuelle assimilée à la jungle. La ministre de la culture, Aurélie Filippetti, ne s’est-elle pas déclarée choquée par l’irruption du sponsoring dans le financement de certaines manifestations culturelles ?

Dans ces conditions, comment peut-on espérer que les socialistes au pouvoir puissent parvenir à relancer la croissance d’une économie qui reste, et restera, fondamentalement une économie de type capitaliste ? Encore faut-il comprendre et accepter les mécanismes intimes de la création de richesses avant de pouvoir prétendre les redistribuer.

Parvenu au pouvoir, François Mitterrand s’était donné 100 jours pour « rompre avec le capitalisme ». Aujourd’hui, à défaut de renverser le capitalisme, le gouvernement français s’efforce d’accompagner la mise en place d’un capitalisme d’État, qui est une déviance du capitalisme fondé sur l’économie de marché, ou de multiplier les réglementations de tous les phénomènes économiques (prix, loyers, épargne, investissement, entreprises, travail…). Comme les phénomènes économiques ne sont que les effets de nos comportements et de nos décisions, cette inflation réglementaire revient en fait à un encadrement de plus en plus serré de nos comportements qui limite toujours plus le champ de nos libertés individuelles, censées être protégées par l’État de droit.

Et comme l’économie repose sur la capacité à faire des choix et à prendre des décisions (la science économique n’est-elle pas la science du choix ?), la réduction du champ de nos libertés et des incitations à prendre des décisions affecte nécessairement la dynamique économique. Aux choix individuels se substituent les choix collectifs prisonniers des calculs politiques, eux-mêmes soumis aux poids des lobbies et des corporatismes soucieux de préserver les rentes acquises.

Dans les années 60-70, les pays « en voie de développement » tentaient d’explorer une voie alternative à l’économie de marché, largement encouragée par l’URSS, en mettant en place des politiques d’industrialisation fondées sur la substitution aux importations. Il s’agissait de se mettre en autarcie pour protéger les industries naissantes. Malgré les aides massives au développement versées par les pays riches, ces politiques ont abouti à une impasse. À partir des années 80, et avec l’effondrement de l’URSS, ces pays ont radicalement changé de cap en s’ouvrant à l’économie mondiale et fondant leur industrialisation sur les exportations, ce qui donna naissance aux pays émergents. Ainsi s’explique la croissance vigoureuse de la Chine, la Corée du sud, l’Inde, le Brésil ou encore la Russie.

Mais les faits ont beau être têtus, les ornières idéologiques le sont tout autant. Et les gouvernements français se sont successivement fait élire, depuis trois décennies, sur la promesse de nous « protéger de la mondialisation capitaliste ». Même la droite française, profondément dominée par les schémas de pensée de la gauche, n’a jamais osé appliquer la politique du socialiste allemand Schröder qui a permis à l’Allemagne de retrouver la croissance fondée sur sa puissance exportatrice, après avoir digéré l’ex-RDA.

Mais pour bénéficier des leçons de l’histoire, encore faut-il avoir les prismes intellectuels les moins déformés.

—-
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  • C’est toujours la même histoire : la théorie marxiste est bien construite… mais sur des fondations en totale inadéquation : l’Homme.

  • Totalement en phase avec ce discours. Mais il est devenu inaudible, la crise économique actuelle étant imputée au capitalisme. Impossible d’en faire démordre un interlocuteur, persuadé de vivre dans le « capitalisme ultralibéral et mondialisé », alors qu’il vit une époque de dépense et de dette publiques inouïes en temps de paix. Et il ne s’en rend pas compte, puisque à ces dépenses ne correspondent pas les recettes adéquates. Le pain blanc avant le pain noir…

  • « le gouvernement français s’efforce […] de multiplier les réglementations de tous les phénomènes économiques (prix, loyers, épargne, investissement, entreprises, travail…). Comme les phénomènes économiques ne sont que les effets de nos comportements et de nos décisions, cette inflation réglementaire revient en fait à un encadrement de plus en plus serré de nos comportements qui limite toujours plus le champ de nos libertés individuelles, censées être protégées par l’État de droit. »

    « Aux choix individuels se substituent les choix collectifs prisonniers des calculs politiques, eux-mêmes soumis aux poids des lobbies et des corporatismes soucieux de préserver les rentes acquises. »

    Bravo! Comment en peu de mot et avec beaucoup de clarté, on arrive à expliquer des choses complexes pour le profane de façon simple.

    Pour le reste, je ne peux qu’acquiescer…

  • Très bon article. Désespérant de lucidité.
    Qui connaît la manière de déprogrammer le cerveau des étatistes de leur logiciel marxiste ?

    • He oui, excellent article.

      A mon avis, le vrai probleme n’est pas tant la deprogrammation ideologique que le renoncement a des avantages

      Ma question est plutot: comment faire pour que des personnes disposant d’avantages indus acquis au detriment des autres renoncent d’elles-memes a ces avantages ?

      Vivement la banqueroute et un bon reset du syteme.

  •  » Aux choix individuels se substituent les choix collectifs prisonniers des calculs politiques, eux-mêmes soumis aux poids des lobbies et des corporatismes soucieux de préserver les rentes acquises. »

    Prenons encore un peu plus de hauteur: Une vision fausse et puérile de la charité veut soulager l’homme de ses responsabilités et imposer l’égalité entre eux.

    C’est donc un dévoiement ou un régression de la morale qui nous frappe, et je doute fort qu’on y puisse remédier sans aborder de front ces questions, simplement par l’argument de l’efficacité

  • Les commentaires sont fermés.

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