Quand le bâtiment ne va plus, rien ne va plus !

les professionnels du bâtiment observent depuis le début 2012 une nette dégradation de la conjoncture, qui s'est confirmée de juin à août.
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Quand le bâtiment ne va plus, rien ne va plus !

Publié le 30 septembre 2012
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Quand le bâtiment va, tout va, dit-on. Mais les professionnels du bâtiment observent depuis le début 2012 une nette dégradation de la conjoncture, qui s’est confirmée de juin à août. Oiseau de mauvais augure ?

Par Loïc Abadie.

Voici un point sur la situation de l’immobilier français au troisième trimestre 2012.

Climat des affaires

Les professionnels du bâtiment observent une nette dégradation de la conjoncture depuis le début 2012, qui s’est confirmée de juin à août.
L’indicateur synthétique de l’Insee approche maintenant ses points bas de l’année 2009 :

 

Au niveau de l’emploi, la conjoncture a déjà rechuté au niveau de ses plus bas de 2009 :

 

Constructions nouvelles et ventes

Là aussi, la conjoncture se dégrade rapidement, et commence beaucoup à ressembler à celle de 2009.

Le nombre de vente soumises aux droits de mutation est en chute d’environ 20% par rapport à celles de l’année précédentes, et l’assiette des droits de mutation est en baisse de 19% :

Graphique : Friggit/ADEF.

Même constat pour ce qui est de la construction de logements neufs. Si les permis de construire se tiennent encore relativement bien, le nombre de logements commencés est retombé à ses plus bas de 2009 d’après ce graphique du ministère du développement durable.

 

Prix

En revanche, les prix n’ont pour l’instant que très peu corrigé d’après les données de Jacques Friggit :

 

Mais ces prix devraient accélérer fortement à la baisse dans les mois à venir : le nombre de ventes de logements anciens est en effet un excellent indicateur avancé des prix de vente, avec un décalage de 6 à 12 mois. Le puissant retournement intervenu sur le nombre de ventes dans l’ancien en 2012 ne peut donc prédire qu’une chose : une forte chute des prix.

Graphique : Friggit/ADEF.

 

Mesures gouvernementales

La nouvelle loi Duflot sera très restrictive. Elle sera soumise au plafonnement des niches fiscales (10 000€), comportera une double restriction, sur les loyers et sur les plafonds de ressources des locataires, et ne sera valable que pour les communes de plus de 250 000 habitants (zones A et B1 de l’ex loi Scellier). Elle ne permettra à mon avis pas de relance significative du bâtiment dans le contexte de crise actuel, d’autant que d’autres mesures (encadrement des loyers, hausse de la CSG et de la fiscalité des revenus du patrimoine en général) donnent des signaux négatifs au marché.

Conclusion : sauf cas particuliers (trouver une bonne affaire dans l’ancien avec un rendement locatif élevé, si possible optimisée fiscalement par un statut de loueur meublé non professionnel), il est urgent d’attendre la baisse des prix !

—-
Publié initialement sur ObjectifEco.

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  • Petit entrepreneur du bâtiment, je confirme, à mon niveau, la nette baisse d’activité depuis le mois d’avril.
    Ce n’est pas avec une pareille ambiance que je vais embaucher, même en CDD…

  • Petite note à l’auteur :
    le dicton du bâtiment est à inverser : c’est parce que tout va que le bâtiment va et non l’inverse qui ne colle bien qu’en rythme de phrase. Malheureusement cette inversion permet de penser faussement que c’est le bâtiment qui est le moteur du reste de l’économie.
    Ce n’est pas le cas car il est plutôt à la remorque de l’économie : quand cela s’améliore, cela s’améliore aussi pour le BTP mais avec un décalage de retard…
    Mis à part les chantiers lancés qui donnent une fausse impression, le BTP est le précurseur des secteurs en décrochage immédiat dès que la conjoncture baisse

    • Pour info, le titre et le chapeau introductif de l’article sont de la rédaction de Contrepoints et non de l’auteur.

  • Cas pratique particulièrement significatif qui confirme qu’il n’y a pas d’économie sans flux et que la taxe et son assiette ne suivent pas la logique de la multiplication comme les petits pains.

    Jeune femme, premier emploi, sollicitée pour acquérir un studio de 40m², 3m sous plafond dans un immeuble de caractère, idéalement situé à un prix d’opportunité. Choix douloureux à l’époque entre consommation et privation. Elle choisit la privation et les 5 premières années sont difficiles. Elle se marie quasiment à la fin de son prêt de 15 ans. Le loyer est faible car l’équipement est vétuste et même obsolète. Son mari s’inquiète d’une électricité sous baguette ! Il faudrait rénover – Le locataire est contacté et soumet un projet de rénovation globale pour en faire un 2 PP – le projet est accepté, le loyer est doublé, un prêt de courte durée qui rend l’opération blanche en tréso.
    Aujourd’hui – Nouvelle opportunité sur un 4PP à rénover dans le même secteur. Pour financer l’ensemble avec la rénovation, vente du studio mais son banquier se fait quand même tirer l’oreille alors que nous sommes dans les 60% d’apport. Offre légale au locataire et insertion dans un gratuit. Deux réponses seulement ! deux visites, deux accords puis deux retraits, les conditions de financement sont inacceptables. Le locataire rencontre le même problème, 40% d’apport plus les frais soit 50 %. Il trouve une banque à 20 ou 25% d’apport et accepte. Tout le système se met en route… C’est alors qu’il rencontre son notaire pour se faire une idée et là, surprise, l’opération envisagée ne vaut pas tripette car le montant de la plus-value est tel qu’elle bouffe tout. On imagine le manque à gagner pour les intervenants et l’absence de rentrées fiscales. Il n’y aura pas de changement dans ce secteur sauf la colère noire de l’épouse qui regrette son choix initial.

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