BPI : est-ce le rôle de l’État d’investir dans les entreprises ?

La BPI sera au mieux un frein au développement économique, au pire un outil politicien.
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BPI : est-ce le rôle de l’État d’investir dans les entreprises ?

Publié le 31 octobre 2012
- A +

La BPI sera au mieux un frein au développement économique, au pire un outil politicien.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Dessin: Konk

La BPI n’est pas née que déjà toutes les tares inhérentes à sa fondation apparaissent. Les ministres qui se tirent dans les pattes, les tentations de certains à utiliser la BPI pour renflouer des secteurs en perte de vitesse, la frénésie des Présidents de Conseils Régionaux qui l’imaginent comme nouvel instrument de clientélisme, bref nous voyons resurgir les plus belles pages de SDR et du Crédit Lyonnais réunies…

Lire sur ce sujet l’excellent article de L’Expansion.

Condamnée à servir la politique

Mais le fond du problème est il là ? Comment un machin étatique s’occupant d’investir dans des structures privées peut-il devenir autre chose qu’un instrument politicien au service de ses maîtres ?

Au mieux, si nos dirigeants sont honnêtes et perspicaces, la BPI n’investira que dans des projets correspondant aux objectifs politiques et économiques de l’État. Au détriment d’autres projets qui auraient pu être rentables, qui auraient pu répondre à d’autres marchés que ceux que l’État a décidé de privilégier. Car investir, c’est choisir.

Au pire, ce que nous avons déjà vécu avec les deux exemples précédemment cités, la BPI investira dans des projets sans avenir, uniquement parce que portés par des amis ou présentant une surface de communication favorable à tel ou tel élu. Parce que c’est la nature d’un politicien que d’utiliser tous les leviers qui se présentent à lui pour se faire réélire.

Dans tous les cas, le schéma choisi par nos gouvernants de prélever tout ce qui bouge, de dissuader l’investissement privé, pour, de son côté, investir là où ça lui convient, au niveau qui lui convient et sous la forme qui lui convient, procède soit d’une méconnaissance totale de l’économie, soit d’une volonté idéologique de la nationaliser.

Et si l’État commençait par s’occuper de ce qu’il gère déjà ?

Est ce le rôle de l’État d’investir dans les entreprises ? Comment, alors que tous les services régaliens, justice, sécurité intérieure et extérieure tombent en complète décrépitude, l’État décide-t-il de prendre en charge l’investissement dans les entreprises ? N’a-t-il pas assez à faire pour assurer l’Éducation qu’il a déjà voulu assurer par lui-même et la santé qui plonge chaque jour un petit peu plus ? Le bon sens, la plus élémentaire réflexion permettent de voir que plutôt que de taxer pour redistribuer (avec comme toujours une déperdition entre les deux, car il faut bien faire fonctionner les structures intermédiaires), il serait beaucoup plus efficace de laisser les investisseurs privés jouir de leurs capitaux et de les investir comme bon leur semble. D’abord parce qu’au final la proportion « montants investis sur montants disponibles » serait plus importante et ensuite parce qu’un investissement réalisé par le propriétaire des fonds est très souvent plus judicieusement placé que celui qui est décidé par une commission composée d’experts fonctionnaires disposant de fonds qu’ils n’ont pas eux-mêmes acquis.

Tout cela pour dire que nous venons de vivre la naissance de ce qui très probablement sera le prochain fiasco de l’intrusion de l’État dans l’économie productive. C’est logique, c’est génétique….


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