Shell veut un soutien pour son gaz, pas pour l’éolien et le charbon

Shell s’en prend aux effets « ridicules » de la politique énergétique européenne, estimant que les avantages obtenus des énergies renouvelables sont perdus par une trop grande consommation de charbon.

Shell s’en prend aux effets « ridicules » de la politique énergétique européenne, estimant que les avantages obtenus des énergies renouvelables sont perdus par une trop grande consommation de charbon.

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume Uni.

Andrew Brown, le « directeur atypique de Shell à l’international », dit que l’Angleterre et l’Europe « ratent le coche » en ce qui concerne leurs politiques énergétiques. « Il y a beaucoup de subventions aux énergies renouvelables » dit-il, « Le gaz et le charbon se font concurrence dans la production d’électricité. »

Mais, puisque le gaz de schiste bon marché réduit la demande en charbon aux États-Unis, il y a « une grande quantité de charbon peu cher sur le marché », et les centrales européennes brûlent alors plus de charbon. La demande en gaz, elle, diminue.

C’est une situation que Booker (Christopher Booker, journaliste au Telegraph, NdT) a récemment mise en exergue, pointant le fait qu’à la fin septembre, plus de 50% de notre électricité provient du charbon et seulement 1,3% de l’éolien.

Néanmoins, il s’agit seulement d’un effet à court terme. D’ici mars prochain, cinq de nos plus grandes centrales à charbon, capables de fournir le cinquième de nos besoins en énergie, doivent être fermées plus tôt que prévu, selon la directive européenne 2001/80/ce sur les grandes installations de combustion.

Des détails comme ceux-ci échappent à des gens comme Andrew Brown dont les intérêts industriels guident les déclarations. « Vous avez cette situation ridicule » dit-il, « où une Europe à court d’argent dépense énormément dans les énergies renouvelables pour réduire ses émissions de CO2, autorisant dans le même temps les centrales à utiliser plus de charbon et libérer plus de gaz. »

Il ajoute que « tous les bénéfices que vous obtenez des énergies renouvelables sont perdus par une trop grande consommation de charbon. »

Vous les aimez ces propos d’industriels au ton mielleux rapportés par la mignonne journaliste du Failygraph (jeu de mots sur le nom du journal, NdT). Il n’y a aucun bénéfice à tirer des énergies renouvelables. Les pressions pour utiliser cette source inefficace d’électricité ne font rien d’autre qu’augmenter nos factures et réduire l’efficacité du système.

Mais ça ne viendrait pas à l’esprit de notre industriel. Le gouvernement cherche actuellement à développer sa politique de subventions et M. Brown ne semble pas en avoir encore suffisamment.

Il nous informe alors que le Système Communautaire d’Échanges de Quotas d’Émissions (SCEQE) « développé pour réduire les émissions en mettant un prix sur le carbone » en fait « ne fonctionne pas ». Le CO2 « coûte si peu cher que ça en est insignifiant ». Nous – le « nous » de l’entreprise – « voulons un prix du CO2 plus élevé. Les fournisseurs d’énergie feraient alors les bons choix économiques pour l’Europe, en choisissant le gaz. Les énergies renouvelables et le gaz fonctionnent très bien ensemble. »

Pour résumé, M. Brown veut que l’Europe augmente le prix de notre électricité pour soutenir des choix d’investissement afin que lui et ses copains puissent faire encore plus d’argent qu’ils ne le font déjà.

Ce n’est pas une politique orientée vers le besoin sinon nous serions en train d’explorer les solutions pour augmenter l’efficacité de l’usage du charbon. En utilisant la technologie supercritique et d’autres améliorations, les meilleures centrales montrent une augmentation de 50% de leur efficacité par rapport à la moyenne.

Ceci montre qu’utiliser efficacement du charbon bon marché aurait plus d’effet sur les émissions globales (si vous croyez qu’une réduction soit nécessaire) que le parc entier d’éoliennes. Les gens comme M. Brown ne sont pas intéressés par des solutions. Les coups bas de ces entreprises sont le fruit de la cupidité sous couvert d’intérêt public, renforcés par de coûteuses campagnes de communications.

La seule chose dont vous pouvez être sûrs c’est qu’à chaque fois qu’ils parlent, ça nous coûte toujours plus d’argent.

—-
Sur le web.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.