Les libéraux ne sont pas de droite !

Belgique : mêler la droite et les libéraux est tout à fait désolant, et ignorant de l’Histoire.

Belgique : mêler la droite et les libéraux est tout à fait désolant, et ignorant de l’Histoire.

Par Christian Coppe, co-fondateur de l’UdL, Belgique.

J’ai en général beaucoup de respect pour Manuel Abramowicz, de Résistance.be, le web-journal de l’Observatoire belge de l’extrême droite, car il sait nuancer ses propos. Mais ses commentaires rapportés dans l’article de Frédéric Chardon intitulé « La droite « décomplexée » veut la peau du MR », paru dans La Libre, me déçoivent un peu.

En effet, il semble ignorer l’existence d’au moins trois orientations en politique :

  • La gauche,
  • La droite,
  • Les libéraux.

Ce sont les trois orientations politiques historiques en Belgique, pour ceux qui l’ignoreraient.

Souvenons-nous qu’au début du pays, en 1830, il existait la droite, représentée par le parti catholique, et les libéraux. En 1885 est apparue la gauche, avec le POB. À partir de ce moment, les trois axes étaient en place et ont toujours coexisté, jusqu’à il y a peu, lorsque le PSC s’est transformé en CDH, et a glissé franchement de la droite vers le centre-gauche, lorsque le PRL a conclu une alliance avec la droite catholique du MCC et avec le FDF, créant ainsi un indéfinissable « potopot », que Louis Michel a fait glisser vers le centre-gauche, lors du fameux ‘libéralisme social », et lorsque le PS a quitté son discours de gauche pour venir également au centre-gauche.

Deux des axes politiques en francophonie ont ainsi été laissés totalement vacants, créant des trous béants dans le paysage politique francophone, tandis qu’un troisième trou se créait à gauche. D’où le fameux adage populaire « on prend les mêmes et on recommence ».

Aussi, de nouveaux partis ont tout naturellement émergé pour occuper le territoire ainsi libéré :

  • À droite, on trouve le PP de M. Modrikamen, La Droite de A.M. Mungo et le VLC de Ph. Chansay-Wilmotte. Rappelons que La Droite et le VLC sont deux dissidences du PP.
  • À gauche, outre Écolo, bien ancré à gauche, il y a le PTB+, et le MG de Bernard Wesphael.
  • Chez les libéraux, on trouve le Parti Libertarien (PLib), et l’Union des Libéraux (UdL).

Non seulement mêler la droite et les libéraux est tout à fait désolant, et ignorant de l’Histoire, mais je ne comprends pas non plus pourquoi cet article de La Libre fait l’impasse sur les nouveaux partis de gauche.

C’est donc très réducteur de « dénoncer » l’émergence d’une foultitudes de partis de droite extrême, alors qu’on en est loin. Par exemple, le discours du parti La Droite est un discours de… droite ! Je sais qu’on n’est plus très habitué en Wallonie-Bruxelles d’avoir un parti de droite, mais tout de même ! Tandis que les discours du PLib et de l’UdL sont des discours libertariens et libéraux, bien éloignés des discours de droite et de gauche. Aussi, j’engage Manuel Abramowicz, et tout un chacun, à lire les programmes à son aise et à comparer. Ce sera tout bénéfice pour tous. Et pour l’Histoire…


Lire aussi : Parti libertarien belge : « Ni de gauche, ni de droite, libres tout simplement »

 

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.