La crise financière française de 1789-1799

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La crise financière française de 1789-1799

Publié le 31 octobre 2013
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Nous avons déjà eu l’occasion, ici-même, de montrer à quel point les manipulations monétaires étaient dangereuses. À travers l’histoire, cela a souvent mené à de terribles catastrophes. D’où l’actualité particulière de cet ouvrage paru en… 1912.

Par Johan Rivalland

Crise financière françaiseLa France de 2013 ressemble étrangement, sur certains points, à celle de 1789. Le prince n’est plus le même, mais la coexistence d’une dette énorme, fruit des règnes de Louis XIV et de ses successeurs Louis XV et Louis XVI, et de déficits qui perdurent d’année en année, ainsi que la stagnation économique, y font penser.

Mais ce n’est pas tout…

Les assignats, un expédient en apparence bien pratique face au problème de la dette

Turgot, on s’en souvient, avait été renvoyé et l’approche libérale avec lui. Et, de ministre des Finances en ministre des Finances, des expédients étaient trouvés pour tenter de reporter le problème de la dette et acheter la paix sociale.

En 1789, donc, Necker, malgré ses qualités reconnues, en tant que l’un des plus grands banquiers d’Europe, se trouva confronté à des demandes pressantes, de toutes parts, de recourir à l’émission de monnaie papier. Parmi eux Marat, qui accusait Necker, dans son journal L’ami du peuple, d’être « un misérable cherchant uniquement à s’enrichir en puisant dans les deniers publics ».

Necker, connaissant bien les effets pervers de ce type d’émissions, tenta au mieux de résister, mais l’Assemblée Nationale, fin 1789 – début 1790, trouva un compromis en prônant l’émission de billets reposant sur la confiscation des biens de l’Église.

En 1720, John Law, sous le règne de Louis XV, avait été l’inventeur de la planche à billets et, indirectement, des banqueroutes qui s’ensuivent, avec toutes les conséquences qu’elles engendrent.

Même si, cette fois, il y avait des contreparties officielles, avec les gages sur les propriétés de l’Église, nul n’ignorait que les grandes émissions de monnaie précédentes s’étaient soldées par la ruine. Mais il en allait de « la volonté du peuple » et « cela attachera(it) l’intérêt des citoyens au bien public ». Les objections tombèrent donc. D’autant que les lois naturelles ne jouaient plus « au sein d’une nation qui est gouvernée par une constitution », plutôt que par « un régime despotique » (M. Matrineau).

Fi, donc, des multiples effets connus de ce que presque tout le monde considérait bel et bien comme « la plus effroyable catastrophe que la France ait jamais connue ».

Les assignats, générateurs qui plus est d’un intérêt de 3%, furent donc émis en avril 1790 pour la somme, colossale à l’époque, de 400 millions de livres (le franc ne devenant la monnaie officielle qu’en 1795).

Un processus cumulatif

Très rapidement, et c’est là que l’on peut trouver un inquiétant parallèle de plus avec aujourd’hui, les résultats se firent dans un premier temps sentir dans toute l’économie, soulageant à la fois les créanciers, le gouvernement, le commerce et le peuple, relançant par ailleurs le crédit.

Mais il ne fallut pas cinq mois pour que le gouvernement ait tout dépensé et que le pays tout entier réclame une nouvelle émission de papier (cela nous rappellera l’incapacité actuelle du gouvernement français notamment, à l’instar des précédents, à diminuer la dépense publique, alors même que l’on recourt à toutes sortes d’artifices extrêmement pénalisants pour le pays, sans que ces efforts soient réellement payants ; ou encore le tonneau des Danaïdes grec ; de même que la planche à billets américaine qui, un peu dans les mêmes conditions, ne tardera pas à engendrer des effets néfastes dont certains n’estiment pas encore les conséquences).

Toute l’énergie et la verve d’un Mirabeau, au rang des adversaires influents de la monnaie papier, ne suffira pas. Malgré sa réelle conscience des dangers de l’inflation, il finit par céder à la pression et s’incliner, conforté en particulier par le rapport de Montesquieu du 27 août 1790, soutenant une nouvelle émission, jusqu’à finalement militer ardemment, dans ses discours, pour celle-ci.

Necker dut démissionner et quitter la France, pour la plus grande joie de Marat, Hébert, Desmoulins et autres fanatiques de la guillotine.

Et, malgré l’opposition convaincue d’un Du Pont de Nemours, d’un Maury ou même cette fois de Talleyrand, la verve de Mirabeau fit la différence et une nouvelle émission de 800 millions de nouveaux assignats fut votée par 508 voix contre 423.

À l’encontre des engagements solennels tenus alors, les émissions reprirent de plus belle, la mauvaise monnaie chassant la bonne (loi de Gresham), différentes régions commençant à leur tour à émettre leurs propres assignats, tandis que les « billets de confiance » et leur lot de fraudes en tous genres, achevèrent de pervertir le système, alors même que les premiers assignats, échangés contre des terres, au lieu d’être retirés de la circulation comme prévu, furent recyclés sous la forme de petits billets.

Et d’importantes nouvelles émissions nationales se succédèrent, toujours avec les mêmes engagements solennels à ce que ce soit la dernière, chacun se trouvant comme grisé par cette monnaie papier qui engendrait une inflation ressemblant à de la prospérité.

Les conséquences inévitables

Mais le pouvoir d’achat de toute cette monnaie déclinait de plus en plus vite, sans que l’on en cerne les causes a priori, les explications les plus folles courant à ce sujet, suscitant la mort de coupables désignés.

Les manufactures, quant à elles, déclinèrent brutalement, cessant leur activité les unes après les autres et le commerce s’effondra à son tour. Exactement comme cela s’était toujours passé dans tous les pays (Autriche, Russie, Amérique…) qui avaient tenté de bâtir la prospérité sur de la monnaie non convertible.

Effondrement de l’épargne, développement des paris, jeux d’argent et spéculation s’ajoutent à ce sombre tableau, de même que la corruption, qui prit une ampleur inquiétante, touchant jusqu’à certains législateurs (même Mirabeau s’y fit prendre).

Le nombre de débiteurs devint de plus en plus important et, sous l’influence de certains manipulateurs usant de leur pouvoir auprès des représentants à l’Assemblée, ils en déduisirent que leur intérêt était de déprécier la monnaie. D’où les pressions pour conduire à de nouvelles émissions, selon un mouvement irrépressible. Ce qui entraîna, bien sûr, une chute accélérée de la valeur de la monnaie.

Il est à noter que des limitations des montants maximaux à émettre étaient à chaque fois votées pour la suite, et à chaque fois bafouées. Ce qui peut rappeler, là encore et dans un registre voisin, ce qui se passe aux États-Unis en 2013 avec le nouvel épisode de « shutdown » et des négociations pour élever encore et encore le plafond de la dette.

De même, toujours cette conviction que les vieilles lois de l’Économie ne seraient plus valables dans le contexte de la fin du XVIIIème siècle, que les conditions ne sont pas les mêmes. Exactement comme certains le diraient aujourd’hui au début du XXIème siècle.

Et toujours cette idée, très en vogue encore à l’heure actuelle, que c’est l’inflation qui nous sortira d’affaire… (ce que les ménages, eux, ressentent bientôt autrement…).

Andrew Dickson White cite une phrase énoncée par Daniel Webster, qui demeure très juste et d’actualité, selon laquelle :

De tous les artifices mis en place pour duper les classes laborieuses, aucun n’a été plus efficace que celui qui les trompe avec la monnaie papier.

Puis ce furent les confiscations des grandes propriétés de propriétaires terriens (qui fuirent le pays), servant de garantie aux nouvelles émissions (cela nous rappellera cette idée, très en vogue encore aujourd’hui, consistant à « prendre l’argent là où il se trouve »).

Une dangereuse fuite en avant

Cette fuite en avant et la folle inflation qui se développaient devinrent visibles aux gens.

Dès lors, on commença à leur trouver toutes sortes d’explications et de coupables tout désignés (les riches, les commerçants…), afin de tenter de dissimuler la vérité au sujet de cette monnaie de singe.

Encouragés par Marat, des pillages de magasins eurent lieu à Paris (il recommandait aussi de pendre les marchands). Il fallait alors calmer la foule (en l’achetant), puis chercher à gagner du temps.

Ce qui fut fait de trois manières complémentaires :

1°) par l’emprunt forcé, prélevé sur les « riches » et garanti sur les terres confisquées.

Cela ne suffisant pas, on introduisit la taxe progressive, ce qui permit de toucher aussi les petits propriétaires (l’impôt progressif sur le revenu, largement admis aujourd’hui malgré son caractère contestable, date donc de cette période, puisqu’il a été mis en place le 22 juin 1793).

2°) le désaveu porté aux premiers assignats, portant l’effigie du roi, et censés avoir bénéficié aux plus riches, porté par un Danton au sommet de sa gloire (le genre de reniements que l’on connaît bien aujourd’hui encore en politique).

3°) la loi du « Maximum », suggérée par Saint Just et soutenue par l’éloquence d’un Barrère, qui revint à une sorte de blocage des prix (on voit d’ailleurs, au passage, le lien de parenté de la politique mise en œuvre par Jacques Delors en 1983).

Mais cela provoqua, bien entendu, la pénurie et l’instauration de tickets de rationnement.

Les cessations d’activité, les délations de fermiers ou commerçants ne respectant pas strictement la loi (mais aussi la guillotine), se multiplièrent.

Un processus devenu totalement incontrôlable

Bientôt, Cambon incrimina les achats d’or et d’argent, allant jusqu’à fermer la Bourse le 13 novembre 1793.

Mais malgré tout le génie, la compétence et le courage de Cambon, qu’Andrew Dickson White qualifie de « spécialiste le plus important de tous les temps », le désastre se révélait inéluctable, face aux lois de la nature.

Ainsi, « la monnaie papier du pays semblait posséder un pouvoir magique pour transformer la prospérité en adversité et l’abondance en famine. L’année 1794 fut exceptionnellement fructueuse et pourtant, avec l’automne, la pénurie de provisions fit son apparition et en hiver, ce fut la misère ».

Pendant ce temps-là, la valeur en francs du Louis d’or s’envolait, tandis que la valeur de 100 francs en papier chuta jusqu’à 2,5 francs en or.

Or, la concentration de la monnaie papier se faisait  presque exclusivement entre les mains de la classe ouvrière, des employés et des hommes à faibles ressources, sur qui les énormes pertes tombèrent, de même que la famine, les financiers et hommes disposant de grands moyens se révélant plus avisés et « suffisamment astucieux pour placer le plus possible de ce qu’ils possédaient dans de produits dont la valeur demeurait permanente ».

Les épargnants furent aussi les grands perdants de la très forte inflation qui s’était développée (comme du temps de l’hyperinflation allemande des années 1920, qui engendra l’arrivée d’Hitler au pouvoir à la décennie suivante).

L’arrivée au pouvoir du Directoire, après que la guillotine ait accéléré son œuvre, ne changea pas vraiment les choses, car les nouvelles émissions se poursuivirent, « dans des quantités plus importantes que jamais », aux assignats s’ajoutant les mandats, censés être plus sûrs (ce qui ne sera évidemment pas le cas).

Ce n’est que le 18 février 1796 que le matériel destiné à imprimer les assignats fut solennellement détruit, après que 45 000 millions de francs aient été ainsi émis, le pouvoir d’achat de tout ce papier n’ayant pratiquement plus aucune valeur.

Enfin, en février 1797, le cours légal des assignats et mandats fut supprimé, ceux-ci devenant sans valeur après mai.

Les souffrances aiguës provenant de la ruine (…) durèrent presque 10 ans, mais la période de reprise dura plus longtemps que la génération qui suivit. Cela nécessita 40 années pleines pour apporter le capital, l’industrie, le commerce et le crédit à leur niveau au début de la Révolution.

En somme, « pour guérir une maladie de caractère temporaire, on administra un poison corrosif qui a dévoré les organes vitaux de la prospérité française ».

Et c’est ainsi que Napoléon Bonaparte put s’emparer du pouvoir et refusa toujours, quant à lui, de recourir aux assignats quoiqu’il advienne, évitant ainsi les crises financières.

Mais cela se fit au prix du retour à la monarchie et de « millions de vies qu’il fallait ajouter aux millions qui avaient été sacrifiées pour la Révolution ».

Que retenir de tout cela ?

Cet ouvrage est en fait issu de conférences sur la Révolution française menées en 1876 par Andrew Dickson White, plusieurs fois ministre aux États-Unis, mais aussi ambassadeur et homme d’affaires. Il se voulait une mise en garde à l’intention de ses contemporains américains.

La relation de cause à effet entre politique et politique économique vaut dans les deux sens et c’est là que la mise en garde contre les dangers de l’inflation et des illusions persistantes à son sujet, garde toute son actualité.

N’oublions pas que la Révolution française trouve son origine dans la faillite du Trésor Public, qui a obligé Louis XVI à convoquer les États généraux.

Là où c’est inquiétant, si l’on pense à la politique monétaire américaine très récente notamment, mais aussi ensuite européenne et, plus encore peut-être, japonaise, c’est que l’effet premier de l’inflation est toujours la reprise. Mais ce n’est que plus tard que les effets toxiques deviennent apparents.

Autrement dit, gare à ne pas se laisser leurrer par l’apparence de la reprise. Et, au regard de toute cette politique d’expansion monétaire extrêmement impressionnante que l’on a connu à la suite de la « crise de 2008 », il y a de quoi être terriblement inquiets sur ce qui va suivre… (la série d’ouvrages que propose l’éditeur sur ces thèmes, et dont il présente quelques passages en fin de volume, sont d’ailleurs particulièrement effrayants).

On a bien tort, une fois de plus, de trop négliger les leçons du passé !

À ce titre, l’éditeur conseille deux intéressants mini-films accessibles par internet et revenant sur ces questions : (cf. pp. 165-166)

 

— Andrew Dickson White, La crise financière française de 1789-1799, Le jardin des Livres, octobre 2013, 200 pages.

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  • Passionnant !

    Il faut également savoir que, dans une moindre échelle et sans aller jusqu’à de telles conséquences, car l’émission fût beaucoup plus limitée, quelques décennies plus tôt, la Nouvelle-France (Canada) avait émis des carte-monnaies : des cartes de jeu (avec reine, valet, etc.) signée à l’arrière par l’intendant avec la valeur de la carte (40 livres, etc.).

    http://www.museedelamonnaie.ca/2009/10/07/4770/choix-conservateur-monnaie-carte-nouvelle-france/

    On n’a vraiment aucune raison logique de reproduire les mêmes âneries.

    • ce subterfuge était courant dans les colonies d’mérique du nord, pour la raison qu’il n’y avait jamais assez d’or ni d’ argent ( à contrario des colonies d’amériques du sud ou les mines étaient trés nombreuses). dans les colonies anglaises, ont utilisa parfois du tabac comme monnaie légale.

  • Je vais immédiatement l’acheter puisqu’il fait référence à des auteurs d’avant 1930

    ci-dessous extrait de ma biblio Gallica – vous pourrez, lors de vos pérégrinations, tomber sur un ouvrage traitant des assignats de province, de commune… pas retrouvé dans l’immédiat

    Houssay, E.. Étude sur le papier-monnaie et les assignats émis en France de 1701 à 1796 : Banque de Law, Caisse d’escompte, assignats de la Révolution, billets de confiance, assignats de la chouannerie, de Louis XVII, faux assignats / E. Houssay. 1907.
    64p.

    Anonyme. Lettre de M. Hope, négociant d’Amsterdam, à M. le Couteulx de Canteleu, membre du Comité des finances de l’Assemblée nationale, ée en communication audit – Comité, pour la circulation des assignats-monnoie dans la Hollande
    44p.

    Le Couteulx de Canteleu, Jean-Barthélemy (1746-1818). Opinion de M. Le Couteulx, député de Rouen, sur l’émission de deux milliards d’assignats-monnoie, pour le remboursement de la dette exigible. 19p.

    Opinion de M. l’évèque d’Autun sur les assignats forcés – jeudi 15 avril 1790

    Discours sur les assignats par J. Petion
    Imprimé par ordre de l’Assemblée Nationale
    24p.
    C’est du Petion LOL

    Sciout, Ludovic. Les Banqueroutes du directoire, par Ludovic Sciout. 1893.
    57p.

  •  » le rapport de montesquieu du 27 aout 1790  »

    l’auteur de ce billet doit confondre avec montesquiou – fezensac, élu de la noblesse à la constituante ? j’espère qu’il s’agit d’une faute de frappe.

  • l’auteur égraine les inconvénients de l’inflation des assignats, en présentant ce phénomène comme étant central dans le cour de la révolution française. or la révolution est avant tout une crise politique avant d’etre une crise financière ( mème si elle est le resultat du déficit de l’etat ) : qui dirige l’état, avec quelle légitimité et quelle représentation ? l’inflation est un phénomène certe important, mais secondaire.
    lors de la crise de l’été 1789, les aristocrates commencent à fuire à l’etranger, ils emportent avec eux leurs réserve de numéraire, souvent en or ! les constituants, qui eux, restent, doivent bien prendre des décisions…
    ensuite, pour plusieurs raisons concomitantes, les impots ne rentrent pas, agravant encore le defficit.
    lorsque les assignats sont crées, l’idée n’est pas si mauvaise car il sont gagés sur du foncier, comme le système de law au départ. mais les nécéssitées de la politique ( notament la guerre ) vont entrainer des émissions bien au dela de la contrepartie fonçière.
    les pauvres ont ils été les grand perdant de l’inflation ? c’est surtout les épargnants donc les riches, qui furent roulés dans la farine. les pauvres furent lèsés uniquement parce qu’il était plus facile de faire respecter le maximum sur les salaires que sur les produits de première necessité, qui se vendaient au marché noir. robespierre fut d’ailleur guillotiné sous les cris de  » foutu maximum « .
    le mécanisme de l’inflation par surabondance de monnaie, est bien compris par les dirigeants de l’époque: quand il arrive en alsace, à l’automne 93, st just veut taxer les riches pour qu’il ne puissent faire monter les prix des produits alimentaires et les enlever de la bouche des pauvres, il s’agit également d’approvisionner l’armée…
    aprés la fin des assignats, une periode de forte déflation suit: le numéraire se cache et la situation n’est pas enviable.
    lorsque le directoire se résoud à faire défaut en 97, je ne suis pas sur que c’est les pauvres qui en sont les victimes, ils n’avaient jamais rien prèté à l’état.
    enfin, pour des régions entières de france, comme l’ouest, l’inflation fut certainement le cadet des soucis: commerce transatlantique bloqué par la flotte anglaise, destruction de la vendée, guerre civile entre bourg bleu et village blanc en bretagne, guerilla , insécurité et brigandage dans de vaste zones, manque de moyen de l’etat pour faire respecter la loi presque partout.
    quant à la période de stabilité et de prospérité du consulat et du début de l’empire, jean tulard ( les thermidoriens ) à montré qu’elle était surtout du aux décisions prisent sous le directoire, en plus de la paix d’amien évidemment.

    • « lorsque le directoire se résoud à faire défaut en 97, je ne suis pas sur que c’est les pauvres qui en sont les victimes, ils n’avaient jamais rien prèté à l’état. »

      Les pauvres étaient les principaux détenteurs d’assignat, les riches favorisaient l’or. Donc quand le directoire a fait défaut, rendant la valeur des assignats nulle, c’est avant tout les pauvres qui se sont fait ratiboiser.

      C’est vrai de manière générale pour tout effondrement de monnaie. Les pauvres sont lessivés car ils ont principalement du cash. Les riches, eux, ont les moyens de prévoir et de se protéger diversifiant leurs actifs. Même s’ils leur arrive bien sûr de se faire rouler eux aussi.

      •  » quand le directoire a fait défaut, rendant la valeur des assignats nulle  »
        c’est vous qui etes nulle: vous confondez deux chose, la fin des assignats( 1796 ), et la banqueroute des 2/3 ( 1797 )
        la banqueroute des 2/3 du directoire a lèsé les créancier de l’etat, c’est à dire les riches, les pauvres eux, s’en foutaient de la banqueroutes. quand aux assignats, ils n’éxistaient plus à cette époque, et n’ont pas perdu leur valeur du jour au lendemain.
        il est interressant de noter, que les libéraux qui parlote sur la révolution française, en critiquant les assignats, et en soulignant leur rapide dépreciation, oublie qu’il y a eu une  » relative  » stabilité sous la terreur montagnarde, suivit d’une rapide perte de valeur lorsque les thermidoriens, plus libéraux, leur ont succèdé !
         » c’est vrai de manière générale, de tout effondrement de monnaie  »
        on sait depuis belle lurette, que l’inflation favorise les endettés et defavorise les épargnants: un pauvre couvert de dettes sera donc favorisé par l’inflation.

        moralité,ce n’est pas la peine de répondre quand on a rien à dire

        • Quand on ne sait pas lire, qu’on est inculte et qu’on est infoutu d’être poli, on se fait petit.
          On ne parle pas uniquement de dette.

          L’hyper-inflation de Weimar(ou n’importe quelle autre) a favorisé les pauvres? Oh oui, quel traitement de faveur que le privilège immense de pouvoir acheter le vingtième d’une baguette avec une brouette de billets.
          Crétin.

          • mon dieu, mon dieu, mon dieu …

          • @Cédric : Ce que vous dites des pauvres à l’époque est certainement vrai. Mais aujourd’hui, pour ne pas vouloir s’informer et s’instruire, il faut vraiment le vouloir. Moi, ça fait 5 ans que je m’intéresse à l’économie alors que je n’avais pas lu un seul livre sur le sujet de toute ma vie auparavant. Si « le pauvre » comme vous dites regarde les émissions télé stupides tous les soirs au lieu de s’instruire, c’est dommage pour lui. L’hyperinflation sous Weimar, contrairement à une légende tenace, qui arrange bien certains marchands, n’a pas du tout été planifiée par l’administration de cette république. Demandez aux nations victorieuses pourquoi elles ont déstabilisé le système monétaire international d’avant 1909. Par ailleurs, je ne suis pas sûr qu’il faille être « riche » pour avoir du bon sens. A toute époque, les gens sensés ont acheté des biens tangibles pour lutter contre l’inflation, toute classe sociale confondue. Ca a toujours été le réflexe premier de bien des gens en temps de crise. Quant à être pauvre à l’époque de Louis XVI, on ne pouvait pas avoir beaucoup moins que presque rien, exactement comme aujourd’hui. Quel nombre de brouettes d’assignats faisait une fortune de quelques louis ? Et, croyez-moi, je compatis avec ce genre de situation qui n’est enviable pour personne ! Mais qui étaient les imprimeurs d’assignats d’après 1789 dénonçant les erreurs d’avant 1789 ? Le peuple lui-même ! Je connais pas mal de gens qui s’acharnent à informer les « petits ». Qui s’acharnent ! Et j’en suis ! Je relaie de l’info sur le sujet dès que je peux. La plupart des gens n’en ont rien à faire ! A nouveau, pour ne pas entendre, il faut le vouloir. Juste une question : vous vous cherchez des bouc-émissaires ? A quand des manifestations de masse pour le retour stabilisateur du standard-or ??? Le vol des peuples par les Etats vient de là pour qui connaît un peu l’Histoire, les deux vidéos ci-dessus sont claires. Idem au XXe siècle et actuellement. Les élites n’ont même plus conscience de la folie que constitue un système non-adossé à l’or. L’Europe cherche à détruire l’or, la Chine cherche à s’en servir et le yuan va devenir incontournable. Ils sont beaucoup plus malins que nous. Quand N. Sarkosy vend 400 tonnes d’or pour soutenir le dollar, les USA eux, ne vendent pas un seul lingot physique ! A qui la faute ? Toute vente d’or de la France à l’étranger ne sert que les intérêts du détenteur de la monnaie de référence, le dollar. A qui la faute ? Et pourquoi taxer les détenteurs d’or pour les contraindre à détenir du papier ? (F. Hollande !). Même la gauche, soi-disant « défenseur des pauvres » soutient le système fiduciaire mis en place par les USA au lieu de le dénoncer ! A qui la faute ? De Gaulle se souciait de son peuple, lui, lorsqu’il échangeait tous les dollars détenus par la France contre de l’or. Lui, oui ! Il n’y a qu’un sujet qui vaille entre tous et dont quasi personne ne s’inquiète, se cherchant des causes multiples aux maux infinis qui en découlent partout sauf là où elles sont !

        • je ne vois pas comment un pauvre peut être couvert de dettes (qui va lui prêter ?).

  • Ces événements passés n’ont ils pas une ressembalce avec le présent?

  • Les positions de Jovanovic sur la loi « Pompidou / Giscard » de 1973 vont parfaitement dans le sens du poil de l’antilibéralisme ambiant, il me semble nécessaire de rappeler que Jovanovic ne tire pas toujours les bonnes conclusions de ses analyses. De plus il est présenté comme un auteur à succès alors que son seul best seller est je crois le livre qui planche sur les anges gardiens… Ni lui ni Max Kaiser, à ma connaissance, osent dire que les niveaux d’endettement actuels ne proviennent pas des taux d’intérêts (l’usure…) auxquels les états font face mais bel et bien d’une trentaine d’années de budgets votés sciemment en déséquilibre.

    Autre point que je ne les ai jamais entendu dire, autre que salauds de banquiers », c’est que le taux d’emprunt découle de l’analyse du banquier des risques liés au défaut de remboursement auquel on ajoute une marge pour rémunérer cette acuité financière (valeur ajoutée du banquier vs un préteur aveugle). Autrement dit lorsque les gouvernements passent des lois pour assouplir les contraintes, supprime toute responsabilité individuelle qui permettrait de mettre à l’ombre des escrocs plus fins et discrets qu’un Madoff, et n’exige aucune réserve fractionnelle face à un emprunt d’état, les états sont les seuls instigateurs des comportements anormalement risqués des banques et de leurs agissements les plus vils sont les états eux-mêmes.

    C’est une leçon invariable, à vouloir triquer le marché, les taux et les anticipations, le marché (donc tout le monde) vous le fait payer très cher à un moment ou à un autre.

  • C’est la première fois depuis les années 2007/2008 et la politique monétaire américaine que j’ai à lire un auteur qui avec des mots simples (pas de tableaux, pas de discours techniques, pas de courbes, pas d’avis d’économistes…) apporte un avis lumineux sur la question.

    Merci pour cet article.

  • Je pense que c’est intéressant

    • bonjour
      j’y vais de ma question bête car je n’ai pas tout compris…
      comment furent mis en circulation les assignats ?
      le particulier achetait il des assignats ( monnaie papier ) avec de la monnaie  » réelle ». ? puis ces assignats accumulés lui servaient ils à acheter une partie des biens confisqués à l’église qui n’avaient rien couté à l’état . ( au stade achat d’un bien , j’ai compris que les assignats auraient du etre détruits mais ne le furent pas)

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