La politique française au département des maladies neurologiques

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La politique française au département des maladies neurologiques

Publié le 30 juin 2014
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Le mois de juin s’achève et cette période favorise un petit bilan d’étape, avant la trêve estivale et la reprise du rythme frénétique de l’actualité dès septembre. Et faire le point pour savoir où l’on se trouve maintenant est d’autant plus nécessaire que les directions prises par le pays sont peu claires et qu’il est donc difficile de savoir où l’on va.

Un constat s’impose déjà : où qu’on regarde, la situation s’est, très globalement, dégradée.

Au plan économique bien sûr, l’ambiance générale n’était pas franchement rose il y a un an. Rien dans ce qui s’est passé ensuite n’a permis à la croissance de réapparaître. Les différents secteurs (immobilier, énergie, transport, tourisme, manufactures ou industries diverses) n’affichaient pas de brillantes perspectives, et les mois qui se sont écoulés n’ont que rarement amené de bonnes nouvelles sur ces fronts-là. L’emploi, par exemple, continue d’afficher sa faiblesse avec un chômage au plus haut depuis des décennies.

Au plan politique, il y a une petite année, le parti officiellement socialiste pataugeait quelque peu dans une conjoncture défavorable, et le parti d’en face, officieusement aussi socialiste mais estampillé à droite pour des raisons historiques et de commodités, ne manquait pas de faire rire un peu tout le monde avec ses querelles intestines et son indécision pour se trouver un chef et paraître un minimum rassemblé dans le combat d’opposition qu’on s’attendait à lui voir mener. Là encore, deux poignées de mois plus tard permettent d’afficher un marasme encore plus grand qui ne semble avoir profité ni à l’un, ni à l’autre.

Et c’est ce constat qui me paraît d’importance.

À gauche, le Parti Socialiste s’est mangé deux belles branlées électorales de magnitude 9. Ce n’était ni totalement fortuit, ni totalement surprenant compte tenu de la dégelée cadencée que les Français en général et les contribuables en particulier se sont prise. Mais ces volées démocratiques cinglantes n’expliquent pas tout, et notamment pas tout ce qui se passe en ce moment.

On assiste en effet à ce qui pourrait être comme un renoncement progressif, à une sorte de marche arrière désordonnée, mal ou pas assumée, hésitante et brouillonne. Progressivement, il semble qu’on modifie la portée, qu’on réduit la voilure, qu’on rabote les réformes, qui se sont contentés soit d’être des bricolages sociétaux peu coûteux financièrement mais qui se sont avérés très difficiles à gérer politiquement, soit des usines à gaz législatives aux résultats plus qu’incertains.

vite réformons les régionsOn constate l’hésitation de plus en plus marquée (et prévisible) pour la réforme territoriale dont on se demande encore comment et pourquoi elle a pu aboutir si haut dans les priorités présidentielles. Alors que le pays s’enfonce dans le chômage, la présidence décide de redessiner la carte administrative du pays sans vraiment prendre le temps de consulter ceux qui seront aux premières loges. Inévitablement, la majorité parlementaire se fracture à ce sujet, et tous ceux qui le peuvent à l’Assemblée se regroupent pour faire barrages administratifs sur chicanes procédurales. Le sujet, à l’évidence, n’a pas fini de faire parler de lui.

parcours institutionnel - étape finaleLes petits pas désordonnés en arrière sont aussi visibles dans le traitement de la Loi ALUR, catastrophe législative dont tout indique qu’il va falloir l’abandonner au niveau des décrets, en essayant de limiter autant que possible les effets des annonces et des dispositifs déjà en place qui se sont jusqu’à présent traduits par une dégringolade sur le marché de l’immobilier. Dès sa conception, la loi présentait de graves défauts de malformations. La mise bas s’est faite dans la douleur et c’est sans regret qu’on devra probablement enregistrer une morte-née dans les prochains mois, ou, à défaut, un légume sous respirateur qu’on débranchera pudiquement à la faveur d’un remaniement, d’une dissolution ou d’un changement quelconque de politique officielle. Bon débarras.

On apprend en outre que, finalement, seront abandonnés les ABCD de l’éducation, bricolage « éducatif » ajouté à la cohorte déjà affolante d’apprentissages indispensables enseignés aux élèves français entre la poterie, le macramé, l’art plastique et ces myriades d’autres choses qui n’ont rien à voir avec la lecture, l’écriture et le calcul de base. Bien évidemment, pour des raisons de politique politicienne et de ménagement d’un électorat très vocal, ce n’est officiellement que partie remise. Mais il n’est pas difficile de comprendre que ce revirement vise à ménager un peu de mou dans le front de contestations que le gouvernement sent monter.

D’ailleurs, la réaction vive et rapide de Fabius (pourtant ni spécialement vif, ni spécialement rapide d’habitude) sur la douloureuse augmentation récente des taxes hôtelières montre bien que certains, à l’Élysée et ailleurs, commencent à prendre conscience qu’il est plus que temps d’arrêter d’enfiler des boulettes. Petit à petit, plusieurs au parti socialiste font mine de prendre conscience de la criticité de la situation.

bygmillionÀ droite, pendant ce temps, c’est la déroute. Et si l’on ne connaissait pas le penchant naturel de la droite pour faire à peu près n’importe quoi n’importe comment et s’entredéchirer pour des peccadilles internes, on en serait étonné. Depuis le fiasco rigolo des primaires et de la désignation d’un chef, foirade qui aura eu le mérite d’amuser la galerie et cacher au Parti Socialiste sa propre misère intellectuelle, l’UMP n’existe plus.

Coquille vide d’idées, de chef et de direction, elle est de surcroît pourchassée par une presse qui se réjouit déjà de la voir calancher, avec en prime l’ancien chef de meute, Sarkozy, comme trophée d’exception. À ce sujet, les rebondissements joufflus de l’affaire Bygmalion ont poussé un parti déjà relativement mal en point dans un fossé profond duquel montent à présent les petits couinements faiblards de la bête en agonie, qui ne parviennent qu’assez difficilement aux oreilles des Français, trop occupés avec une crise qui n’en finit pas.

Pas étonnant, dès lors, que le pauvre Nicolas se tâte de plus en plus vigoureusement pour sortir du bois et annoncer une candidature pour une présidentielle qui, pour rappel, n’est prévue que dans trois ans. Si, pour Hollande, ces trois ans semblent probablement terriblement courts, pour Sarkozy, on les imagine sans mal terriblement longs, seule l’immunité présidentielle pouvant garantir sa peau pour une durée suffisante.

fillon.jpgD’autant que, pendant ce temps, d’autres tentent de lui savonner la planche. Si Copé ne s’est pas gêné, c’est à Fillon qu’on pense actuellement alors que, de façon presque amusante tant sa lucidité calculée tranche avec ses cinq années de pouvoir en mode automatique, il tente de faire passer l’idée d’une réforme brutale en France afin de la remettre sur pied. On est en droit de s’interroger sur la solidité de Fillon face à ses propres propositions et on est loin de voir en lui l’Homme de Fer dont le pays aurait besoin.

Je résume. À gauche, cela sent tellement le roussi qu’ils sont obligés de faire marche arrière, sans le dire, timidement, et ne peuvent malgré tout s’empêcher d’ajouter des boulettes aux bévues. À droite, alors que le PS est en grande difficulté, l’UMP ne sait plus où elle est, qui elle est, où elle va et comment elle compte y aller. Alors que le PS n’est plus qu’un parti Parkinson, tremblant de tous ses membres dans un boogie tragique, l’UMP est un parti Alzheimer, perdue dans le dédale de pensées de plus en plus enfantines et légumineuses.

La politique française est devenue une olympiade de la neurologie déficiente. Le risque évident, lorsqu’on organise une course entre grands malades, c’est que le moins atteint d’entre eux parvienne au podium avant les autres. Et pour le moment, le parti qui se détache vraiment dans cette compétition ridicule est celui qui est atteint d’une sclérose en plaque.

Ça promet.
—-
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  • Heu, désolée d’être désagréable : « Dégradée » avec un « e » , au deuxième paragraphe.
    supprimez le commentaire après correction.

  • Pourtant, j’ai pas trouvé la catégorie « politique » dans la nouvelle mouture de la réglementation handisport « Athletics Rules and Regulations 2014-2015 » ! C’est certainement dû à un oubli de l’imprimeur aveugle.

  • Ben oui, l’orthographe a un peu souffert dans cet article. Seraient-ce les incapacités politiciennes auxquelles nous sommes confrontés qui inhiberaient l’auteur? Un dommage collatéral, en quelque sorte? Tout est possible dans un pays en plein mal-être, après tout.

    Cela dit, au pays des aveugles…

    Le système politique montre qu’il a (enfin) atteint ses limites.

    Il met en avant tous les poissons crevés qui remontent à la surface.

    Bientôt, ça va puer.

    • Mathilde de St Amour
      30 juin 2014 at 12 h 29 min

      Ben avec la science, on repousse les limites, vous êtes bien optimistes ou alors montrer des limites ne veut pas dire abandonner, on peut découvrir une dégénérescence cérébrale, mais bien entraîné et colmatée, elle peut être supportable…

  • Oui, on serait mieux dirigés par des mongoliens !
    Ils auraient au moins le sens des réalités!
    🙁

    • Oui, si ça fonctionne pour la trisomie 21, pourquoi ne pas expérimenter la protéine Sonic Hedgehog (SHH) sur nos politiques ?

  • A travers les époques, lorsqu’on voulait se débarrasser d’un adversaire politique, entre autre, on pouvait utiliser des méthodes un peu radicales, certes, mais qui avaient le mérite d’être rapides et définitives : on poignardait sur des marches ou dans des carrosses, utilisait des potions miracles, employait des spadassins qui réglaient le problème au détours d’un bois, une bombe ou un fusil faisait l’affaire.
    On pouvait même « suicider » les gens. Ces méthodes, avec l’information, comportant quand même quelques risques, on s’est tourné vers l’utilisation des outils (rouges) de l’État et des médias. Que la personne soit coupable ou pas, cela n’a pas vraiment d’importance. Tout aussi efficace mais nettement plus long.
    Excellent article, comme toujours.
    On est mal, on est mal

  • Creutsfeld Jacob a bien une solution mais…entièrement oublié! !

  • Apparté sur les polémiques franco-algériennes.
    Je suis atteré par la dissymétrie de la modération qui s’applique sur les forums entre les uns et les autres.
    Les bien pensants font le lit du FN d’une manière presque comique.
    Je ne suis pas FN, je ne le serait jamais, pour les raisons qui reviennent régulièrement sur ce site : un étatisme réactionnaire qui rend difficile la distinction entre le FN et le communisme selon Staline. Antisémitisme en option. Bref.

    J’ai fait un truc inutile : essayer de souligner dans les fils de commentaires, entre deux dénis bien pensants, qu’on avait quand même un probleme en France avec l’algérie, et qu’on va encore en avoir un ce soir. Et que la politique d’autre consistant a nier jusqu’a l’absurde le probleme fait bien rigoler les principaux intéressés. Que l’algérie devient presque une marque de ralliement insurrectionnel. Et on n’est qu’en 8eme de finale. Et que le dernier france algérie a du etre interrompu avant la fin.

    => interdit de publication dans l’express. Modéré dans le nouvel obs et dans libé. Ceux qui me tombent dessus avec les mantras de la bien pensance et quelques insultes bien senties, eux, continuent evidemment a pouvoir s’exprimer.

    Jusqu’a l’absurde complet : une passe d’arme avec un islamiste aux limites du délire sur … boursorama.com. Bon c’était bien inutile la encore je l’admets. Mais j’ai du mal a laisser insulter et ridiculiser mon pays, voila ma faute. Donc sur boursorama.com : Toutes les interventions modérées… Ne restaient que les réponses de l’autre, qui apres coup semblait parler tout seul, ou a un fantome dans le fil de messages. Comiques. Ah oui boursorama m’a notifié mon interdiction de publication.

    J’ai sans doute eu le tort de ne pas dire que « on-a-tous-un-peu-d-algerie-en-nous »…
    A quel endroit exactement?

    http://www.leparisien.fr/politique/mondial-2014-aurelie-filippetti-on-a-tous-un-peu-d-algerie-en-nous-30-06-2014-3965099.php

  • Nadège Rivendel
    30 juin 2014 at 13 h 42 min

    D’ici la rentrée, ils vont s’octroyer (en sus) l’allocation handicapé.

  • La direction est parfaitement claire : 500 millions d’euros de dette supplémentaire par jour (500 000 000€ alors que la grande majorité du bon peuple ne connaît pas la couleur d’un billet de 200€). C’est un traitement psychiatrique de choc qui s’impose désormais et même dans ce cas, la classe politique me semble définitivement incurable. Bon courage à celles et ceux qui voudraient affronter les hommes en armes qui protègent cette caste de fous furieux, au cas ou l’envie les prendrait de les remplacer pour reprendre leur vie en main. Sinon il reste encore l’exil.
    http://www.boursorama.com/actualites/france-nette-augmentation-de-la-dette-publique-au-premier-trimestre-insee-0a215ee7664af2f6bacb6be3efdbde6e

    • 45,5 milliards en un trimestre? soit du (45.5 x 4) / 1986 = 9,2% l’an!…

      Pas de commentaires du gouvernement, tiens…

  • Si le monde était comme minecraft, il serait simple d’enlever ou d’ajouter des mods, packs et autre. D’ailleurs, certains post cartonnent avec plus de 1 000 000 de vues. Il y a même des jeunes qui gagnent plusieurs millions chaque année avec cela.

    En gros, la politique est morte, la jeunesse plane, il reste quelques râleurs pour nous informer de notre glissade. Mais finalement, où se trouve la réalité.

    Les vieux croûtons de la politique, sont de toute façon condamnés, soon or later, par une nouvelle génération qui ne va pas s’emmerder avec des détails.

  • Que les partis politiques traditionnels (UMPSFN et satellites) soient OUT est un bonne nouvelle. Qu’ils crèvent tous de leur démagogie et de leur étatisme.

    La place est libre pour de nouveaux acteurs politiques notamment venus du monde de l’entreprise. Qui connaissent et défendent le moteur de la société que sont les libertés économiques.

    Il y a Nous Citoyens qui est un espoir, mais qui ne transformera en essai qu’avec le concours de la société civile.

    Seul dans son coin on n’est que spectateur. Alors un petit soviet de la liberté dans chaque entreprise, école, commune. Se connaître, faire connaître les solutions de la liberté. Agir est portée de main de chacun.

  • juillet/août j’envisage de créer un florilège de citations de Gustave Le BON – Je le vois rarement cité alors que c’est un redoutable pourfendeur du socialisme, complément indispensable à Bastiat dans un autre domaine. Vous avez des auteurs qui vous permettent de grimper les étages de la connaissance et surtout de la compréhension. Merci à Le Bon qui terrasse la brute dogmatique et tabasse le truand socialiste.

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