Smart Grid : un investissement économique d’avenir

Smart Grid (Crédits : Argonne, licence Creative Commons)

Correctement implantés, les réseaux énergétiques intelligents permettraient d’économiser en 2020 près de 9% de la production électrique française.

Correctement implantés, les réseaux énergétiques intelligents permettraient d’économiser en 2020 près de 9% de la production électrique française, ce qui représente un bénéfice de plusieurs millions d’euros par an.

Par Jean Bertin

Smart Grid Credit Argonne (Creative Commons)

La France est aujourd’hui largement exportatrice d’énergie puisque qu’elle a produit en 2014 plus de 548 TWh d’énergie pour une consommation de 476 TWh. Elle pourrait cependant améliorer nettement le bénéfice de son marché énergétique par la mise en place des réseaux électriques intelligents. Par l’intermédiaire de compteurs installés chez le consommateur et reliés à un puissant système d’analyse informatique, ce procédé permet d’optimiser l’insertion des parts énergétiques sur le marché. Les études réalisées auprès des cabinets de conseil montrent ainsi que l’investissement financier réalisé pour mettre en place ces infrastructures serait rentabilisé en moins d’une dizaine d’années.

Un investissement rentable

Selon Capgemini, l’énergie économisée par les Smart Grids en Europe en 2020 devrait ainsi s’élever à 59 TWh par an. En se basant sur le prix de vente par EDF du tarif normal d’un kWh fixé à 0,14 euros, l’économie liée à cette baisse de consommation représenterait d’ici 5 ans près de 9% de la production dans l’hexagone, soit un bénéfice de plus de six millions d’euros par an.

Mais ce n’est pas tout. Rappelons que la production par intermittence de sources d’énergies renouvelables comme l’éolien ou le solaire nécessite des investissements considérables dans des dispositifs de stockage et de distribution énergétiques. Selon la CRE (Commission de Régulation d’Énergie), les Smart Grids devraient ainsi permettre d’ici une trentaine d’année de diminuer de 40% les coûts liés à la mise en place des infrastructures de stockage propres au développement des énergies nouvelles. Mais rappelons que le nucléaire occupe la première place dans le bilan énergétique français. Les 58 réacteurs atomiques, produisant actuellement 73,7% de la part électrique française, ne peuvent être mis en service ou arrêtés facilement, aussi bien pour des raisons logistiques que financières. La production énergétique française est par conséquent difficilement modulable, et a priori peu adaptée aux fortes variations de la demande énergétique journalière.

Conséquences sur le réseau énergétique…

L’utilisation des réseaux intelligents revêt dans ce contexte un intérêt majeur, permettant de répartir la charge électrique sur l’ensemble des consommateurs afin de lisser la demande énergétique.

Smart Grid

Cela implique forcément une diminution des quantités d’énergie à stocker, et par conséquent des investissements moindres dans les infrastructures prévues à cet effet. Selon IFP Énergies Nouvelles, le système de Station de Transfert d’Énergie par Pompage (STEP) représente en effet 99% des capacités de stockage massif d’énergie dans le monde. Ce procédé, basé sur le principe de l’énergie gravitaire, repose sur l’utilisation de retenues d’eau placées à des hauteurs différentes. De par cette spécificité, la technique de stockage requiert des installations de grande envergure dans des zones géographiques particulières, ce qui occasionne des coûts importants.

Autre aspect économique majeur : l’Agence Internationale de l’Énergie estime que la mise en place des réseaux énergétiques intelligents permettrait une réduction du pic de production journalier français de 6 GW. Et l’on sait bien que les heures dites pleines, enregistrées généralement en début de soirée, sont particulièrement coûteuses pour les compagnies électriques qui doivent mettre en œuvre des moyens de production permettant de répondre à une explosion de la demande. Direct Energie facture ainsi le kWh 30% plus cher pendant les périodes pleines afin d’inciter les particuliers à repousser une partie de leur consommation sur des plages horaires moins élevées.

Et après…

À l’avènement des systèmes de télécommunication et des méthodes de gestion informatique, l’installation des Smart Grids s’inscrit dans la logique des intelligences artificielles, lesquelles susciteront à n’en pas douter un engouement majeur dans les années à venir.

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