Il y a 70 ans, la libération d’Auschwitz

Auschwitz credits Yam Amir (licence creative commons)

70 ans après la libération d’Auschwitz, un poème pour ne pas oublier.

Un article de Trop Libre

Auschwitz credits Yam Amir (licence creative commons)

Pour commémorer cet événement et la mémoire des victimes du nazisme et de la barbarie antisémite, Trop Libre publie ce poème, qui ouvre l’oeuvre de Primo Levi.

« Vous qui vivez en toute quiétude

Bien au chaud dans vos maisons,

Vous qui trouvez le soir en rentrant

La table mise et des visages amis,

Considérez si c’ est un homme

Que celui qui peine dans la boue,

Qui ne connaît pas de repos,

Qui se bat pour un quignon de pain,

Qui meurt pour un oui pour un non.

Considérez si c’est une femme

Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux

Et jusqu’à la force de se souvenir,

Les yeux vides et le sein froid

Comme une grenouille en hiver.

N’oubliez pas que cela fut,

Non, ne l’oubliez pas :

Gravez ces mots dans votre cœur.

Pensez-y chez vous, dans la rue,

En vous couchant, en vous levant ;

Répétez-les à vos enfants.

Ou que votre maison s’écroule,

Que la maladie vous accable,

Que vos enfants se détournent de vous. »

Primo Levi, Si c’est un homme

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