Service civique : pour quoi faire ?

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Par René Le Honzec.

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C’est une vieille lune, le « service civique obligatoire », enterré et déterré régulièrement dès que les politiciens ne comprennent plus les bordels récurrents des jeunesses qui défilent (là, on s’inquiète plutôt de leur apathie qui met en danger la République) ou qui s’en foutent, (forme aggravée d’insulte à l’égard de tous ces bolcho-trotskystes qui ont risqué leur vie sur les barricades rêvés de Mai ou en lisant le Che) ou quand ces politicards ont peur de ne pas savoir faire face à ce délitement du vouloir-vivre collectif. Les Charlie auront au moins servi à ressortir cette ardente nécessité de jouer à l’armée pour rassurer le peuple souverain, qui se demande comment dresser ces gosses qui s’en branlent (comme Charlie). L’idée que Cabu pourrait servir à réintroduire ne serait-ce qu’un vague succédané de service militaire me remplit de joie, lui qui haïssait l’Armée française.

À part ça, comme d’habitude, c’est du grand n’importe quoi : un service pour faire quoi ? Les chiottes ? Balayer les rues et les squares ? Couper à la faucille les blés de Beauce pour satisfaire le retour à la terre des écolos ? Devenir « agent d’ambiance », comme les créations d’emplois de la dame des 35 heures ?

On les paye quoi, sur quels budgets, on leur fait des casernes, ou iront-ils balayer à côté de chez Papa-Maman ? Ou visiter des vieux isolés dans des cités à risques-défavorisés-interdits-dealers (sous protection policière). Ou aider à vider les pots-de-chambre dans les hôpitaux déficitaires ? Aucun des crétins qui ont bavé sur cette proposition n’a été capable de donner une vision claire, des exemples précis de l’utilité des volontaires-obligés du service civique.

Par contre, il est certain que l’interruption du service militaire a été une autre des grosses conneries de Chirac. L’avenir a montré que l’on a toujours besoin de bataillons, que personne n’a rien vu venir sur les conflits actuels de par le monde et chez nous. Dans Vers l’Armée de métier, de Gaulle prônait la création de corps d’armées professionnalisés, manœuvriers mais aussi le maintien de la circonscription. Les soldats pros devaient former l’armée moderne et bien équipée (blindés) absorbant le premier choc de l’ennemi (Allemand !) pendant que les mobilisés rejoignaient le front.

Modeste sergent du 35ème RIméca de Belfort, j’ai vu la vie d’appelés en caserne : où contents ou pas, ils apprenaient leurs différences pour former un groupe plus homogène qu’au départ. Et mon ami ser’pat’ G… était très fier d’avoir été nommé sergent, lui, simple paysan de Savoie, peu diplômé, tandis que des bacheliers restaient simple GV. Car l’Armée, c’était aussi un lieu d’égalité, ou le diplôme ne faisait pas l’Homme, mais l’Homme pouvait faire le grade.

Dernière chose : le service était devenu dès les années 70 très injuste, car les classes nombreuses donnaient des exemptions nombreuses. Comment organiserait-on ce service civil obligatoire pour éponger les centaines de milliers de jeunes conscrits d’une seule classe d’âge ? (800 000 naissances en 2014)

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