AirBnB Paris vs AirBnB London !

La chasse au propriétaire est ouverte à Paris, tandis que s’envole vers Londres AirBnB !

Par Le Parisien Libéral.

Anne Hidalgo - Credits Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)
Anne Hidalgo – Credits Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

 

Ah ah ah, pauvres électeurs des arrondissements 1 à 5 et 10 à 12 ! Ils pensaient élire des démocrates bon teint à la tête de l’exécutif parisien, ils se retrouvent avec des commissaires politiques assumés qui traquent le koulak qui ose louer son appartement sur AirBnB.

Eh oui, camarades, on ne peut pas dire, pourtant, que vous n’étiez pas prévenus ! Souvenez-vous de l’article du 27 mai 2014, « AirBnB : ces parisiens, de gauche, qui vont comprendre leur douleur« .

Alors, vous direz : il faut bien lutter contre ces locations sauvages qui raréfient l’offre de logement dans la capitale, ne sont pas déclarées, au fisc notamment, et génèrent trop de va et vient. D’ailleurs, Ian Brossat, l’adjoint communiste à la mairie de Paris, en charge du logement, le dit lui-même : ce sont les riverains qui sont les principaux pourvoyeurs de plaintes contre les appartements AirBnB.

Vous direz également : Barcelone lutte bien contre ces sous-locations, alors pourquoi pas Paris ?

Soit. Mais à votre avis, pourquoi AirBnB marche si bien à Paris ? N’est-ce-pas parce que l’offre hôtelière est saturée ? Les taux de remplissage des hôtels parisiens ne sont-ils pas en cause, qu’ils soient liés à l’industrie des congrès professionnels, à l’attrait touristique de la capitale ou, pour le bas de gamme, au scandale des locations, aux frais des contribuables, de chambres à prix d’or et à la limite de la salubrité, fournies aux sans-papiers ?

Autrement dit, le succès de AirBnB n’est-il pas tout simplement la réponse que le marché fournit à un besoin ?

Peut-être que les méchants propriétaires qui louaient sur AirBnB choisiront de passer à la location classique, plutôt que de devenir de vrais hôteliers. Mais pensez-vous vraiment, dans ce cas, qu’ils seront enclins à entretenir leur bien, surtout si le rendement locatif est contraint par les lois sur le blocage des loyers ? Ou alors, la situation actuelle perdurera : pour se prémunir contre les risques, la sélection (des années de fiches de paye, les avis d’imposition, etc.) sera encore plus forte, et seuls les hauts fonctionnaires genre Agnès Saal (très haut salaire et totale sécurité de l’emploi…) parviendront à se loger !

Franchement, en jouant aux inspecteurs du fisc, la mairie de Paris s’engage dans une voie qui ne se révélera pas être à l’avantage des Parisiens. Alors que la capitale, et Anne Hidalgo, ouvre les yeux et note que l’alternative existe.

Apparemment, à 2 heures et quelques d’Eurostar d’ici, ils ont une toute autre approche : ils « dérégulent » et autorisent les Londoniens à louer librement leur logement, ou une propriété, jusqu’à 90 jours par an sans risquer une amende, ou avoir besoin de demander une autorisation.

parisien libéral tweet

Oui vous avez bien lu : quand Paris lutte contre Airbnb, Londres l’accueille à bras ouverts (et Airbnb sait dire merci).

Eh oui les amis, il n’y a pas de fatalité à ce que, comme dirait H16, des fonctionnaires sachent mieux que des propriétaires ce qui est bon pour leur logement !

Mais bon, si ce sont les touristes qui nous gênent, il faut le dire. Après tout, ils ne sont juste que ceux qui font vivre les employés de Roissy Charles de Gaulle, le Louvre, Louis Vuitton, Eurodisney ou tous ces cafés et restos si charmants du Marais, n’est-ce pas ?

Pour conclure, juste un chiffre : il y a 100 000 Français à Londres. Demandez-leur s’ils sont tous SDF, au pays de l’ultralibéralisme, ou bien si c’est plus facile de se loger à Londres qu’en Socialie, à Paris.

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