Fait divers, terrorisme, et un mahométan

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Fait divers, terrorisme, et un mahométan

Publié le 30 juin 2015
- A +

Par Michel Desgranges

grenade terrorisme credits Israel defense forces (licence creative commons)
grenade terrorisme credits Israel defense forces (licence creative commons)

J’ai toujours éprouvé pour les faits-divers le plus vif intérêt, aussi étais-je fort heureux de collaborer, il y a quelques décennies, à un hebdomadaire spécialisé en ce matériau, apprenant des reporters envoyés sur le terrain la réalité d’affaires souvent sanguinolentes, ce qui était ensuite écrit et publié, that’s another story.

Le fait divers n’est autre que la révélation d’une action humaine qui sort de l’ordinaire, ordinaire des conduites ou des normes sociales, et qui donc nous instruit sur la capacité de l’être humain à bafouer ces règles, sur les motivations qui l’y conduisent et, parfois, sur la rare ingéniosité qu’il y emploie.

Au-delà de l’auteur de l’acte, généralement criminel, le fait divers est un puissant indicateur des mœurs et coutumes, et état d’esprit (ce que l’on nomme aujourd’hui mentalités) des individus qui vont y être mêlés pour enquêter, punir et raconter, et ce traitement apporté à une action humaine singulière est le plus exact miroir d’une société.

La caractéristique première de ce traitement est qu’il tend à grossir l’affaire ; comme le pêcheur qui augmente la taille de la carpe prise, policiers et magistrats se valorisent, tant à leurs propres yeux qu’à ceux du public, en déguisant le banal en exceptionnel, rien de plus humain, et dont il faut se résigner à s’accommoder. Quant aux journalistes, que le sensationnel fasse vendre est le b-a ba de leur métier, et ils savent que ce sont les mots (particulièrement les adjectifs) qui créent le sensationnel, non le fait en soi, de ces mots, ils ont une ample réserve, c’est même leur capital.

À ces catégories professionnelles, dont nous constatons l’activité déformante (mensongère ?) dans les Histoires (dès l’invention de l’écriture) et les gazettes (dès M. Renaudot) se sont ajoutés, depuis peu…, les politiciens, pour qui certains faits divers qu’ils rendent spectaculaires par des artifices rhétoriques bien connus sont une occasion miraculeuse d’affermir et augmenter (rattraper ?) leur pouvoir.

Les politiciens ont, sur les autres conteurs de faits-divers, l’avantage de pouvoir édicter des lois au service de leurs intérêts, ainsi de cette loi donnant à un certain crime une définition si large et si imprécise que l’on peut y faire tomber bien des actes qui, selon le simple bon sens, et un honnête dictionnaire, n’en relèvent pas ; il s’agit du terrorisme.

Si, selon la définition du grand Leopold von Ranke, l’Histoire consiste à écrire ce qui s’est réellement passé, on aura compris qu’il n’en va pas de même pour le récit journalistique ou le touitt de politicien (ni pour le blogueur militant , qu’il soit « de gauche » ou « de droite »), et le souci de l’information s’efface comme le sourire du chat de Cheshire, de celui-ci, il demeure une délicieuse image, de celui-là, rien.

C’était mon commentaire sur l’affaire d’un mahométan imbécile qui a tué son employeur, pour avoir eu l’audace de lui reprocher de mal travailler.

P.S.- J’ai commencé de regarder la série The newsroom, écrite par M. Aaron Sorkin,  qui est d’une grande qualité intellectuelle, et dont le sujet est la possibilité d’une information objective ; voilà qui mériterait une analyse argumentée, que, par paresse, je ne ferai pas.

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  • j’ai déjà eu le plaisir d’écrire le 28 juin 2015 à 13 h 02: « (…) Nous sommes une société tout entière basée sur le développement libre (par ‘trial and error’ ou encore par la poppérienne ‘Falsifizierbarkeit’) des sciences. De toutes les sciences. Y compris la science historique qui tout comme la médecine p. ex., est tributaire de ‘sciences auxiliaires’ telles que la numismatique, l’archéologie ou la linguistique. Une quelconque entrave à n’importe laquelle de nos sciences signifierait à terme, la fin des sciences càd la fin des haricots »,
    http://www.contrepoints.org/2015/06/28/212274-contre-la-loi-renseignement-un-memorandum-en-faveur-des-libertes#comment-1140424,

    dans lequel
    http://leblogdenathaliemp.com/2015/06/24/israel-blocus-de-gaza-flottilles-de-la-liberte-et-quelques-non-dits/

    donne des informations supplémentaires

  • Pour moi, il s’agit de terrorisme. Du moment où il envoi une image à un de ses coreligionnaire en syrie, ce qui peut être pris pour un fait divers devient acte terroriste.

    Vous en avez beaucoup des potes qui pourraient recevoir des photos pareilles ?

  • « (…) actes profondément racistes envers des blancs, des juifs, des arabes ou des africains qui ont intégré les principes fondateurs de la civilisation occidentale » – – – que voulez-vous: ce sont précisément ces principes fondateurs qui sont en ligne de mire non seulement de la part des terroristes, mais encore et d’une façon bien plus insidieuse, de la part de nos gouvernements (comme en témoignent pas mal d’articles que j’ai eu le plaisir de lire sur Contrepoints)

  • « C’était mon commentaire sur l’affaire d’un mahométan imbécile qui a tué son employeur, pour avoir eu l’audace de lui reprocher de mal travailler. »

    Qu’est-ce qui permet à l’auteur de ce billet de dire que ce salarié travaillait mal, ou que le mobile de l’assassinat était un conflit individuel du travail ?

    La mise en scène du crime montre le mobile de l’assassin. C’est l’idée qui se faisait de l’Islam. Il se trouve que de nombreux assassinats sont perpetrés dans le monde et que leurs auteurs se revendique de l’Islam et de son Califat. (Daech est un acronyme de Califat Islamique, le Calife étant le lieutenant d’Allah sur terre, et le successeur de Mahomet.

    J’encourage le lecteur de Contrepoints à prendre connaissance de ce qui est réellement écrit dans le Coran. Parole d’Allah, le Dieu des musulmans ou des islamiques qui n’est PAS notre Dieu trinitaire, (Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit) et dont les enseignements non vraiment rien à voir.

    Parmi les enseignements de Mahomet figure la Takiya, technique de dissimulation des objectifs de l’Islam. Les islamistes ou musulmans officiels type « l’UOIF », ou la Grande Mosquée de Paris » sont des maîtres de cet art de la ruse.

    Les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont souhaité que les Catholiques puissent connaître objectivement l’Islam, de manière à pouvoir s’y confronter, et ne pas le subir. L’Abbé Guy Pagès (prêtre au Diocèse de Djibouti et de Paris) a écrit « Interroger l’Islam » au éditions DMM.

    Cet ouvrage permettra de détromper ceux qui croient que le Coran est aussi pacifique que l’Evangile, ou même que l’Ancien Testament.

  • le procureur de la République de Paris, François Molins a estimé qu’il s’agissait bien d’un accte terroriste et que c’est lié à l’état islamique

  • AlainCo (@alain_co)
    30 juin 2015 at 14 h 41 min

    ce que certains disent de cette affaire c’est que la psychiatrie exploite les délire terroristes…
    a une époque on massacrait ses collègues de boulot au fusil au nom d’aucune idéologie, ou au nom de marx, ou du grand rien, ou de la révolution… maintenant c’est Dieu…

    sinon le fait divers qui me choque actuellement, parce qu’il est bien plus absurde que de buter son patron en essayant de passer à la télé en faisant un truc vraiment gros et salle…

    c’est que des boulets ont fait bruler la psicne de villejuif…
    que quelque semaine avant c’est la luidothèque qui a brulé
    que queles années avant une voiture bélier avait attaqué la piscine en tentant de la bruler aussi

    que c’est même pas un gang de skinhead mais des gamins.

    la folie je veux bien comprendre.
    la haine de la civilisation des autres, des pauvres, des riches, des autres, aussi.

    mais ca… faire péter sa piscine.

    c’est peut êre la haine du bien commun.
    qu’on la privatise et ca va s’arrêter ? je pense pas…

  • Liesse oui Clown
    30 juin 2015 at 16 h 07 min

    Pas con fondre :
    – Une tête creuse qui zigouille 1% de son lycée avec un fusil d’assaut offert par sa grannie
    – Une tête creuse qui zigouille, heu? Une île remplie de jeune libertaires
    – Une tête creuse qui zigouille des acheteurs d’un supermarché
    – Une tête creuse qui zigouille son patron
    – Une (Plusieurs en fait) qui zigouille 30 000 gus en août 1572 (Devoir de repentance excuse nationale indemnisation des victimes et « Plus jamais ça, par ma femme je suis lié avec les protestants)
    – Une tête creuse qui pour épurer la race zigouille une Péta chié de gus
    – Une tête creuse qui au nom du parti zigouille une Méga chiée de zèbres

    Bon c’est pas tout ça faudrait voir à limiter la limitation du contrôle de la réduction (Ou y mettre une taxe)

  • Blablablablabla….

    ‘C’était mon commentaire sur l’affaire d’un mahométan imbécile qui a tué son employeur, pour avoir eu l’audace de lui reprocher de mal travailler.’

    Quel déni de réalité (ou quelle tentative de minimisation des faits)! Et la mise en scène macabre avec le drapeau de l’EI? Et l’envoi du selfie? Et le fait d’avoir tenté de faire exploser le stock d’acétylène? Tout ça serait à mettre sur le compte d’un différend avec son employeur (à ce propos, quel heureux hasard, pour un apprenti djihadiste, d’avoir un employeur qui dispose d’une autorisation d’entrée sur un site Seveso! la vie est vraiment bien faite….).

    Le plus criminel, dans toutes ces histoires, c’est le paternalisme aveugle et présomptueux d’analyses telles que la vôtre. Vous devriez pourtant savoir qu’il ne faut jamais sous-estimer son ennemi.

    Une bonne analyse du traitement médiatique de l’affaire aurait été de souligner à quel point, dès le départ, la victime a été occultée: son nom et sa situation familiale (c’est un père de famille) ne sont apparus que très récemment dans les médias – tandis qu’on apportait un tas d’explications psychanalytico-foireuses au comportement du tueur. Le pauvre homme a été décapité peut-être à vif, et tout le monde s’en fout. Tout ce qui compte, c’est ce malheureux assassin ‘que c’est peut-être pas vraiment de sa faute après tout’. Le voila le vrai problème: l’inversion constante des valeurs ad nauseam.

  • « C’était mon commentaire sur un allemand imbécile qui a tué quelques (millions de) personnes pour avoir eu l’audace de lui reprocher (silencieusement, simplement par l’exemple) de mal travailler (en gagnant, pensait-il, plus d’argent que lui et les siens). »

    Je m’auto attribue le point Godwin mérité mais logiquement placé ici).

    A cette aune, tout meurtre, toute agression, toute guerre n’est jamais que l’acte imbécile d’un idiot à qui on a dit qu’il travaillait mal ou qui a cru qu’on le lui disait. C’est sûr ça fait moins peur et ça permet d’éviter le très méchant « amalgame » (qui est pourtant la base de toute compréhension du monde, des sciences et des mathématiques… ) mais, grands dieux, que c’est intellectuellement laid, petit et sans espoir !

  • Perso, je pense qu’en qualifiant des actes d’acte terroriste on valide et justifie l’assassinat politique comme des exceptions.
    Alors que ce sont juste des assassinats que l’on devrait juger comme tels, donc avec circontances aggravantes dues à la préméditation, sans leur donner une portée qu’ils n’ont pas.

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