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Perdre la paix, de Christophe Girard

Publié le 1 septembre 2015
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Par Francis Richard.

Christophe Girard Perdre la paixFaire d’une personne historique, connue universellement (que d’aucuns admirent et contre laquelle d’autres vitupèrent), un personnage de roman, est toujours une véritable gageure. Christophe Girard s’est livré à cet exercice avec John Maynard Keynes, un homme dont se réclament aujourd’hui encore les économistes mainstream, malgré les démentis cinglants infligés par la réalité à ses théories.

Perdre la paix – Keynes, Paris, 1919, est un roman historique qui, comme tout roman du genre, concilie réalité et fiction. Tout n’y est donc pas à prendre au pied de la lettre romanesque, bien sûr, mais, souvent, un roman, avec la liberté qu’il donne à l’auteur de combler les lacunes et de rendre plus proche le protagoniste, peut s’avérer plus vrai qu’un livre d’histoire et certainement plus vrai qu’une hagiographie.

Ce roman se présente essentiellement sous la forme d’un carnet inventé, qu’aurait rédigé Keynes lors des premiers mois de l’année 1919. Pour l’élaborer, Christophe Girard s’est largement servi des Conséquences économiques de la paix. Les phrases tirées de ce best-seller de l’époque, paru en décembre 1919, sont honnêtement mises entre guillemets pour les distinguer des phrases qu’il a imaginées, sans qu’il n’y ait de solution de continuité entre elles.

Ce roman comprend aussi des lettres, adressées par la femme de Keynes, Lydia Lopokova, à un certain Volodia, après la mort du héros, en 1946. Volodia est une créature de l’auteur, mais une créature vraisemblable : Keynes aurait connu, à la Conférence de Paris, ce jeune interprète français, aux origines russes et allemandes. Il l’aurait connu au sens biblique, Keynes étant encore à l’époque surtout attiré par les hommes…

John Maynard Keynes est un témoin privilégié de la Conférence de Paris. Il fait en effet partie de plusieurs commissions de ladite conférence, en qualité de financier de la délégation britannique. Et ce qu’il dit au sujet de cette occasion perdue de faire la paix entre pays européens est certainement plus juste que ses théories économiques, qui, pourtant, sont nées en grande partie de cette expérience parisienne.

Les quatorze points du Président américain Wilson (en parfaite contradiction avec ce que les Américains ont fait chez eux), la surenchère dans les demandes de réparations aux Allemands de la part des Alliés, le refus de livrer des vivres à la population allemande sans reddition préalable de sa marine marchande, l’humiliation de négocier un traité sans donner la parole à ses représentants etc. étaient bien de nature, dixit Keynes, à préparer une nouvelle guerre.

Indépendamment du bonheur de lecture, quel intérêt ce livre peut-il présenter pour quelqu’un qui ne partage pas le moins du monde les vues économiques contestables du grand homme ? Celui de revisiter son livre Les conséquences économiques de la paix, qui est le livre d’un témoin lucide de la Conférence de Paris de 1919 accouchant d’un mauvais traité, et celui de mieux connaître l’homme, jusque dans son intimité, ce qui est toujours instructif.

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