Hommage à Jacques de Guénin (1931-2015)

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Hommage à Jacques de Guénin (1931-2015)

Publié le 31 octobre 2015
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Par Gérard Dupuy.
Un article du Cercle Frédéric Bastiat

Jacques_de_GueninPour ses amis du Cercle, nous savions que Jacques était ingénieur de l’École des Mines de Paris et Master of Sciences de l’Université de Berkeley ; que sa carrière s’était déroulée chez Exxon Mobil et PSA Peugeot Citroën. Mais ce qui nous concernait au premier chef, c’était qu’il nous avait fait connaître Bastiat. Lui-même l’avait découvert à travers l’Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS). Au cours d’un colloque de l’ALEPS en 1983 consacré à Bastiat, il s’aperçut que cet auteur, qu’il ne connaissait pas, était familier aux Américains présents. Ceux-ci s’étaient étonnés que Jacques n’ait pas entendu parler de ce penseur et économiste français du XIXe siècle, apprécié et étudié chez eux. Ses écrits avaient beaucoup influencé les débats autour des tarifs douaniers américains au XIXe siècle. Plus près de nous, Bastiat fut un des auteurs préférés de Ronald Reagan qui s’en inspirait clairement dans ses discours.

Curieux de connaître cet auteur tant apprécié outre-Atlantique, Jacques découvrit que Bastiat était landais, son proche voisin, habitant Mugron, à une trentaine de kilomètres de son village familial de St-Loubouer. La lecture de ses œuvres, leur clarté, leur modernité l’enthousiasma et il devint un promoteur de cette pensée porteuse de liberté.

À sa retraite à St-Loubouer, il commença à faire des conférences sur Bastiat et sur le libéralisme. Très rapidement il créa en juillet 1990 le Cercle Frédéric Bastiat dédié à la diffusion de la pensée de cet économiste. Peu à peu, les amis du Cercle se firent plus nombreux autour de Jacques, attirés par sa démarche et sa personnalité. Il organisa des dîners-débats trimestriels à St-Sever puis à Dax, où les plus brillants connaisseurs de la pensée libérale se déplaçaient volontiers sur son invitation. À partir de 2009, il organisa chaque année un week-end de la Liberté où, pendant 48 heures, tout ce qui compte comme partisans de la liberté et du libéralisme apportaient leur expérience et leurs travaux.

À travers ces deux types de manifestations, dîner-débat et week-end, le Cercle Frédéric Bastiat reçut 90 orateurs au cours de 140 conférences. Les intervenants étaient français bien entendu, mais aussi anglais, allemands, suisses, belges, africains.

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Frédéric Bastiat, en 2001, Vince Miller, le Président de l’International Society for Individual Liberty, sur la suggestion de Jacques, demanda au Cercle de l’aider à organiser son congrès annuel. Il souhaitait en effet dédier ce congrès à Frédéric Bastiat. C’est ainsi qu’un groupe de 200 personnes rejoignit le Cercle pour dévoiler une plaque sur la maison natale de Bastiat à Bayonne, visiter sa propriété de Mugron, et entendre une vingtaine de communications sur Bastiat et le libéralisme. Ce fut vraiment un congrès international car une trentaine de nationalités était présente, où se trouvaient des fans de Bastiat éminents. Ainsi le Président de la Banque de la Réserve Fédérale du Texas, Bob McTeer fit une conférence intitulée « Pourquoi Bastiat est mon héros ».

C’est à cette occasion que Jacques se mit d’accord avec des membres du Conseil d’administration du Liberty Fund, une fondation destinée à diffuser les œuvres dédiées à la défense des libertés. Ils décidèrent de démarrer une édition complète des œuvres de Frédéric Bastiat en anglais. En effet, il n’en existait pas aux USA où il n’y avait que des traductions d’œuvres maitresses isolées. Jacques devint le maitre d’œuvre de cette édition américaine dont la traduction anglaise fut faite en France.
Enfin Jacques suscita la publication des Œuvres complètes de Bastiat en France par les Éditions Charles Coquelin. Jusque-là, les seules éditions françaises dataient de 1855, republiées à plusieurs reprises par les Éditions Guillaumin.

Les nouvelles éditions française et américaine intègrent des lettres inédites de Bastiat à la famille Cheuvreux, et d’autres lettres et articles découverts par Jean-Claude Paul-Dejean, historien et érudit Bayonnais. L’édition française contient une introduction de Jacques de Guénin décrivant précisément la vie et l’œuvre de Frédéric Bastiat. M. Paul-Dejean a ajouté une chronologie détaillée avec en regard les principaux événements historiques et économiques de chaque période.

Entre temps, Jacques publia plusieurs ouvrages dont Logique du libéralisme et divers pamphlets.
En 2011, Jacques voulant se consacrer aux éditions complètes, passa la Présidence à Patrick de Casanove. Bien entendu sa connaissance de Bastiat et des réseaux libéraux, sa présence dans les débats, ses interventions, ses conférences toujours attendues, le rendaient toujours présent.
Son départ est un coup cruel pour le Cercle. Il l’avait créé et développé en un lieu privilégié de rencontres et d’échanges des libéraux français et étrangers.

Jacques de Guénin restera dans notre cœur et continuera à nous inspirer.


Sur le web.

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  • Effectivement Jacques de Guénin a beaucoup fait pour le libéralisme, les éditions Charles Coquelin ont publié certains des plus beaux textes du libéralisme. Mais à titre personnel je tiens à lui rendre hommage pour son ouvrage Logique du Libéralisme qui ma beaucoup marqué, cet ouvrage est d’une très grande clarté il gagnerait à être plus connu. Le libéralisme français vient de perdre un de ses plus grands pédagogues.
    Mes pensées vont évidement à ses proches.

  • Jean-Pierre Ferro
    1 novembre 2015 at 17 h 48 min

    J’ai bien connu Jacques, j’ai eu la chance d’intervenir dans plusieurs de ses manifestations ou dîners débats.. C’était un homme d’une culture et d’une éducation devenues introuvables..
    Son apologie de Bastiat « le libéralisme qui n’a finalement pas encore gouverné, faute de combattants » est son oeuvre majeure.
    Il a bataillé dans les Landes contre des adversaires politiques plus inspires par la conservation de leurs avantages locaux que par l’intérêt public. Moqué régulièrement par les socialistes locaux, il les dépassait pourtant de plusieurs têtes.
    Reposez en paix Jacques…

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