Azincourt 600 ans après, toujours d’actualité !

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Azincourt 600 ans après, toujours d’actualité !

Publié le 31 octobre 2015
- A +

Par Serge Federbusch.

Coq (Crédits : Olibac, licence CC-BY 2.0)
Coq (Crédits : Olibac, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

Il y a six cents ans la fine fleur de la chevalerie française était quasiment anéantie dans les labours détrempés d’Azincourt, vaincue par l’armée du roi Henry V d’Angleterre pourtant inférieure en nombre et en armement dans un rapport d’au moins un à trois, si ce n’est d’un à dix selon certains historiens. La troupe anglaise était exténuée, affamée, loin de ses terres et, malgré tout, elle a vaincu.

Les raisons de ce désastre national ? La multiplicité de chefs qui se chamaillaient et défendaient leurs baronnies, leurs préséances et leurs titres, l’absence totale de prise en compte des échecs précédents comme ceux de Crécy ou Poitiers qui avaient pourtant montré que la cavalerie et les lourdes armures étaient fragiles face aux archers, le défaut de pragmatisme qui négligea la réalité d’un terrain boueux dû à une pluie incessante, l’entêtement à suivre des plans de bataille clairement erronés et inadaptés à la tactique de l’adversaire, l’absence de coordination entre l’avant-garde et les deuxième et troisième lignes du fait d’un mépris des grands féodaux pour le destin de la masse censée les suivre.

Cela ne vous rappelle rien ? L’incapacité à tirer la conclusion qui s’impose de l’erreur monumentale de l’union monétaire européenne, la pléthore de cadres entourant un pouvoir réduit à quelques individus qui n’écoutent personne et ne croient qu’en la manipulation, le sentiment cyclothymique qui va de l’orgueil à l’abattement et fait qu’on surestime la France autant qu’on la déprécie, des outils démocratiques obsolètes, etc. Le désastre d’Azincourt fut toutefois le début du renouveau d’un sentiment national et, si l’État s’enfonça encore dans la crise et la déréliction, les premiers penseurs de sa rénovation commencèrent à cogiter.

Nous vivons aujourd’hui un Azincourt lent.

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  • Sauf si ce « désastre » est parfaitement voulu, car concerté et organisé, ce qui rendrait nos politiques non pas incapables, entêtés ou aveuglés, mais parfaitement complices……….

    • je pense que nous avons surtout à faire à des élus bornés , avides , égoïstes , avec beaucoup de caca dans les yeux et les oreilles ….et un manque d’intélligence de plus en plus flagrant…..

      • En contrepartie, ies non-élus sont tous plus intelligents, généreux, altruistes les uns que les autres, ils voient et entendent tout… et font preuve d’une intelligence écrasante sur les réseaux sociaux 🙂
        La tendance actuelle est de dénigrer les élus, une mode lancée par le FN qui n’aime rien tant que critiquer les « zélites » et de désigner à la vindicte les « tous pourris » sauf eux… et ça marche.

        • Le FN actuel est de loin le pire de ce microcosme : des ultra-socialistes décomplexés, nationalistes de surcroît et pour certains des antilibéraux acharnés (Philippot, Marine…) ce n’est plus le FN « reaganien » des années 1980s, ni même le parti pourfendeur de la gabegie des années 1990s…

          • Si Le Pen a parlé de Reagan a un moment c’est sans doute qu’il n’y comprenait rien. Il faut arrêter avec cette histoire d’un FN plus ou moins libéral, c’est une légende. Il s’agissait d’une vision hyper simpliste de l’économie, avec l’idée d’une société concrète et des chaînes d’interdépendances en nombre limité, étroites et courtes. Le libéralisme à l’inverse considère depuis toujours des systèmes complexes, même si les outils de représentation à travers les époques utilisent des mots différents de la notre.

            • Bonjour robic

              Le Pen avait un discours libéral tout à fait classique dans les années 1980.
              Historiquement il venait de la contestation anti-fiscal poujadiste.

              Apres son discours n’était pas du tout libéral pour le reste (immigration, moeurs etc..).

              • On peut être anti-fiscal et pas du tout libéral.
                Il y a d’ailleurs tout un tas de choses qu’on retrouve dans l’extrême-droite et qui ne sont pas propres à l’extrême-droite et ça me parait tout à fait normal.

        • Les non élus ne cherchent pas, ou en tout cas n’ont pas le pouvoir, à ordonner aux autres ce qu’ils ont à faire de leurs libertés et de leurs propriétés.

          Si le « tous pourris » fait autant écho dans la société française, c’est sans doute un signe.

          Que les « zélites » et autres « élus » s’occupent de leurs ognons et se trouvent un vrai job.

        • Le plus grave n’est pas que le FN et les français non moutonniers le disent, le plus grave est que c’est vrai.

    • René de Sévérac
      31 octobre 2015 at 15 h 42 min

      LpV, d’accord avec vous.

      « Le désastre d’Azincourt fut toutefois le début du renouveau d’un sentiment national et, (…) les premiers penseurs de sa rénovation commencèrent à cogiter. »
      LpV a raison, aujourd’hui les « penseurs » sont complices : une des preuves étant qu’un parti « dit socialiste » participe à l’anéantissement !

  • Sauf que nous sommes 600 ans plus tard. C’est à dire qu’à Azincourt il y a eu sans doute des personnes ayant l’idée d’un commandement unique avec une hiérarchie pyramidale… bref les idées qui sont devenues prépondérantes dans le monde d’après la Guerre de Cent Ans. Mais ces personnes étaient sans doute minoritaires car « l’élite » de l’époque avait gardé les représentations du monde d’avant et prônaient donc les structures hiérarchiques qui avaient montré leur pertinence pendans les siècles précédents.
    Aujourd’hui il n’est sans doute pas pertinent de considérer les modèles qui ont démontré leur force à la sortie de la Guerre de Cent Ans. Ainsi si la construction de l’Europe est dirigée dans le mur c’est parce que les états-nations en ont pris le pilotage… l’idée de la souveraineté nationale, y compris monétaire, c’est justement la défaite d’Asincourt à venir. Si la monaie unique n’est clairement pas un modèle à conserver sur l’ensemble des territoires de l’union européenne c’est sans doute vrai aussi pour le territoire national. C’est l’identité entre un territoire, une population d’individus, une organisation hiérarchique, une dynamique économique qui est en train de disparaître.

    Azincourt n’a pas été le début du renouveau du sentiment national qui a permis à la France de retrouver un statut quelconque. C’est le début du sentiment national tout court, qui n’était pas pertinent avant et qui a été pertinent après, la France n’existait pas. La défaite c’est de considérer que ce qui était pertinent avant restera toujours pertinent, que l’Histoire est due à des malfaisants (les anglais, ou le roi qui cassait les pieds des seigneurs locaux dans leur administration, ou les paysans qui étaient en trop grand nombre, ou les maladies qui tuaient en trop grand nombre les paysans en trop grand nombre… très vite on tombe sur des contradictions).

    • ropib ,

      Dans les facs d’histoire , on enseigne ( ou on enseignait ???) que si la France avait perdu la guerre de Cent Ans , les Anglais parleraient actuellement Français , car il y avait environ une vingtaine de millions de français en France contre 3 millions d’angliches …donc , lesdits angliches auraient été submergés par les franchouilles et auraient perdu leur particularités linguistiques ( l’ anglais étant un mix de français normand et de germanique Angle e Saxon ) e se seraient mis à parler le français du temps …
      Même analyse pour la grande victoire française qu’ a été l’intervention de Johann of Arc …

      On peut se poser la question de savoir s’il valait mieux la victoire française à l’issue de la guerre de Cent ans u une défaite française avec un seul état anglo français … Uchronie …

      • Excusez-moi mais je ne vois pas le rapport.
        Dans mon commentaire je parle de changement profond d’organisation sociale, valable aussi bien pour l’Angleterre que pour la France. De plus il me semble en fait assez difficile de déterminer un camp totalement cohérent entre ceux d’avant et celui d’après la Guerre de Cent Ans qu’on pourrait nommer simplement « France »… c’est justement le processus national qui était en jeu. Alors en effet, quelles que soient les personnes de l’élite à la tête de l’organisation sociale le résultat aurait été une Nation. Et à mon avis à long terme l’élite anglo-normande n’aurait pas pu se maintenir partout (elle ne l’a pas fait).

        Uchronie… il pourrait y avoir une certaine élasticité de l’Histoire (mais comment le prouver ou prouver le contraire ?), où des faits précis et locaux pourraient avoir des conséquences importantes mais uniquement sur une échelle temporaire, les tensions suivantes pouvant revenir à la ligne historique que nous connaissons à long-terme : nous ne savons pas.

  • Je n’avais pas analysé la bataille d’Azincourt ainsi : depuis Agincourt (on dit aussi ainsi), les années en 15 ont toujours marqué l’histoire de France : https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/09/27/comme-cest-beau-la-guerre/

  • Le V de la victoire, celui de Churchill, c’est avant tout le signe que faisaient les archers anglais à leurs ennemis pour leur montrer qu’ils pouvaient en ore utiliser leur arc  » longbow », celui avec lequel ils trouaient armures et corps (puissance de pénétration égalée par le fusil de la première guerre mondiale).
    Car lorsque les français capturaient un archer anglais ils lui tranchaient ces deux doigts.

    • l’ armure était transpercée de 0 à 50m ou plus ? avec une 1re 2me 3me ligne d’ archers ça doit faire un sacré carnage sur des guss juchés sur les bourins , terrain bourbeux, ceux qui tombent genent les suivants…..

      • Les anglois organisaient des concours d’archerie dans chaque village. Lors des combats, les hommes avaient reçu un bon entrainement. En France, la piétaille mettait le soc de la charrue sur un manche avant le combat, ou prenait la fourche. Le métier des armes étant réservé à la classe supérieure, à cheval pour bien montrer la différence. Et ces seigneurs n’hésitaient à tailler dans la piétaille (française) pour s’ouvrir le chemin qui menait aux anglois. Pauvre pays. Rien n’a vraiment changé.

  • Sauf que les élites ont payée le prix fort à Azincourt et ont perdu de fait beaucoup de pouvoirs alors qu’actuellement ils se gavent de privilèges et resserrent encore leur étreinte mortifère sur la société.

    Pour le peuple, l’incitation à quitter la sécurité sociale par répartition (totalement en faillite avec une ardoise de 220 milliards) est puni de trois ans d’emprisonnement.

    Les élus, eux, ont une caisse par capitalisation qui va très bien merci. Justement une de ces caisse que le peuple n’a même pas le droit d’évoquer comme alternative.

    • comme je suis d’accord !

    • La Guerre de Cent Ans a duré… longtemps, et est principalement une guerre civile. L’émergence d’une structure hiérarchique, notamment dans le commandement militaire, et qui est proche de celle que nous connaissons aujourd’hui à l’échelon national ou en entreprise, suit une époque d’assez grand désordre.
      Nous n’en sommes d’ailleurs pas encore à la phase de l’affrontement nécessaire pour montrer les errances de la conservation d’un système obsolète… nous n’en sommes pas à Azincourt, nous en sommes encore à croire que les dysfonctionnements actuels sont dus à des hommes.

  • En France – je ne sais à l’étranger – on ne dit pas mandaté mais élu ce n’ est pas tout à fait pareil , la distinction mérite réflexion ! par exemple on élit le plus beau caniche de la foire ou du salon on ne le mandate pas ! c’ est à dire que ce chien n’ a pas de compte à rendre , le mot élu – sauf erreur – on le trouve dans le Nouveau Testament il y a une connotation de sainteté ,
    ces mots élu , élection , en disent long à eux seuls sur notre système politique

    • Les « mythes » de Charlemagne, Vercingétorix, Napoléon, De Gaulle et consorts ont fait beaucoup de mal dans le sens que la dynamique du pouvoir ne se conçoit pas autrement que verticale en France.

      Il est très difficile de faire passer le concept de « démocratie » (pouvoir du peuple et non pas « élection de roitelets aux ordres de quelques corporations ») dans ce pays.
      Les élus se comportent en despotes, mais il y a une fascination amorphe du peuple qui les laisse tout faire sans réclamer ni le pouvoir ni des comptes.

      Pourtant, avec une bonne démocratie participative (le peuple vote les lois) se serait le massacre des privilèges et des corporations.

  • Digne fils des chevaliers foireux d’Azincourt, vous continuez à attribuer à la « méchante Europe » la déglingue française qu’elle ne doit qu’à elle seule.???

    Vous me faites songer à cette vieille blague

    – à la frontière française, les fiers gaulois plantent un panneau « ici, on cause français » !

    – quelques instants plus tard, un autre panneau apparaît dans le pays voisin « ici on travaille ».

  • Avec la gauche c’est un désastre avec la droite c’est la cagade
    Attendons l’homme providentiel

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