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Le parc, d’Olivier Chapuis

Publié le 31 octobre 2015
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Par Francis Richard.

Le parc Olivier ChapuisLa couverture du livre est éloquente : une pellicule de cinéma argentique perforée, sur les vignettes de laquelle gît un homme à plat ventre tenant dans sa main droite un attaché-case, une flaque de sang s’écoulant de sa tête et s’agrandissant d’une image l’autre. Le roman ne peut être que noir, et policier.

Le titre du livre est dès lors éloquent : Le parc. Les parcs ne sont pas seulement des lieux de promenade. Ce sont aussi, bien souvent, des scènes de crime. Le parc dont il s’agit se trouve à Lausanne. C’est le Parc de Mon-Repos. En l’occurrence il porte bien son nom, puisque c’est d’un repos qu’il faut bien qualifier d’éternel, dont il est question dans le livre.

Le Parc de Mon-Repos est bien choisi pour servir de décor à un crime, car, dans ce parc, s’il y a bien sûr des arbres et des pelouses, il y a aussi la plus haute instance juridique du pays, le Tribunal fédéral, une piscine, la Piscine de Mon-Repos, des volières, une orangerie, une ferme, une tour néo-gothique… Bref un véritable microcosme, propice à toutes les éventualités.

Le procédé narratif est cinématographique, ce qui ne surprendra pas, compte tenu de la couverture et du titre. En six flash-back, l’auteur, Olivier Chapuis, mène l’enquête sur le crime en racontant les derniers moments vécus par six personnages qui vont bien involontairement se trouver en rapport avec celui-ci, juste avant qu’il ne se produise.

Il raconte ainsi un attaché commercial dont le rendez-vous avec un client a été décalé, un agent de police chargé avec deux collègues d’une visite domiciliaire, un jeune au chômage ayant quelque chose à se reprocher, une jeune femme qui vient le voir pour l’accompagner à un entretien d’embauche, un gamin qui n’a pas cours ce matin-là, un père de famille adepte du tir sportif.

Cédric Vallotton, l’attaché commercial, a trompé sa femme, une fois. Il s’entend dire par un autre : « On ne peut pas être irréprochable, se contenir tout le temps. C’est comme le besoin de pisser, on ne peut pas le retenir pendant dix heures. » 

Baumann, l’agent de police, aime faire respecter l’ordre : « Les anarchistes, les poseurs de bombes, tous ces marginaux et autres révoltés n’étaient que la pointe d’un iceberg dont l’État devait scier les bases pour mieux l’éliminer. »

Loïc Menetrey, le jeune chômeur, pense que ce sont toujours les mêmes qui écopent. C’est pourquoi « il n’avait aucun remords à ne plus travailler pour ces salauds de banquiers, assureurs, gérants immobiliers… des mafieux, dans l’ensemble. »

Sabrina, la jeune femme qui doit emmener Loïc à un entretien d’embauche, a d’autres idées en tête : « Sabrina avait très envie de coucher avec Loïc. maintenant. Tout le temps, en fait, sauf quand elle ne pensait pas à lui, ce qui était rare. »

Sam, le gamin de treize ans qui a congé, rencontre Antoine : « Avec Antoine, Sam osait ce qu’il n’aurait jamais osé faire tout seul : resquiller dans le bus, cracher depuis un pont sur la tête des gens, piquer des macarons à la confiserie ou les insignes sur les capots des voitures en stationnement. »

Michel Auberson, le père de famille adepte du tir sportif, le préfère au foot : « Voilà ce qu’il appelait un vrai sport et un art. Adrénaline, précision, beauté du geste dans son immobilité, trajectoire parfaite, impact. Virilité de l’instant. »

Olivier Chapuis zoome ainsi sur chacun de ses six personnages dont les destins se croisent par un matin enneigé de janvier. Et les portraits qu’il dresse de chacun d’eux mettent en lumière son don d’observation et sa capacité à regarder les êtres et les choses de différents points de vue. Ce faisant il restitue le crime dans toutes les dimensions de son contexte.

Plus que l’histoire d’un crime, Le parc est l’histoire de gens tout ce qu’il y a d’ordinaire qui s’y trouvent mêlés, bien malgré eux, de près ou de loin. Ça n’arrive pas qu’aux autres…

  • Le parc, Olivier Chapuis, 96 pages, BSN Press (sortie en Suisse le 30 octobre 2015, en France le 16 novembre 2015).

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