Libération de Jacqueline Sauvage, justice ou déni de justice ?

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Libération de Jacqueline Sauvage, justice ou déni de justice ?

Publié le 31 décembre 2016
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Un billet d’humeur de Marc Suivre.

Libération de Jacqueline Sauvage, un déni de justice ?Dans le règne sans fin de François Hollande, nous sommes tombés de Charybde en Scylla. Avec application, il aura mis un point d’honneur à prendre les décisions les plus contestables.

La décision qu’il vient de rendre dans l’affaire Jacqueline Sauvage, alors que le monde se remettait à peine de la mort de George Michael, en est la plus parfaite démonstration. Pour comprendre la portée de cette « grâce totale » présidentielle, il convient de s’arrêter sur quelques principes qui sont, hélas, absents des séances de propagandes dispensées par l’Éducation nationale sous le terme galvaudé « d’éducation civique ». Dans un État de droit, le monopole de la violence légitime appartient précisément à l’État, à lui, et à personne d’autre. Toutes les questions soulevées par la classe bêlante, à l’occasion des procès de Madame Sauvage tournent autour de cette notion fondamentale. Sous prétexte qu’elle subissait depuis des dizaines d’années la violence de son mari, Jacqueline Sauvage avait-elle le droit de le tuer ? François Hollande vient de répondre oui et cette réponse soulève bien des questions.

Un meurtre reste un meurtre

Résumons les faits. Lassée de subir les violences de son époux, un beau jour Jacqueline Sauvage se saisit de l’arme de chasse de ce dernier et lui tire trois balles dans le dos. Ce faisant, elle se rend coupable de meurtre avec préméditation. En d’autres termes, plutôt que de saisir les autorités, elle a préféré se saisir d’une arme pour se faire justice elle-même et c’est LA raison pour laquelle la Justice l’a condamnée et maintenue en détention, en dépit des cris d’orfraie de tout ce que le monde politico-médiatique compte de consciences galactiques. En l’absolvant, François Hollande vient de mettre à bas le monopole d’État de la violence légitime, rien de moins.

Évacuons tout de suite la requalification des faits à laquelle se livre nos grandes âmes. Non, Jacqueline Sauvage n’était pas en état de légitime défense. Pour invoquer cette circonstance atténuante, il n’aurait pas fallu monter une arme de chasse pour tirer ensuite, à trois reprises, dans le dos d’un individu, fût-il abject. Notons au passage qu’une telle arme ne comportant que deux coups, il faut vider les cartouches et recharger pour en tirer un troisième. Nous sommes donc plus près de l’acharnement prémédité que de la légitime défense. On nous explique ensuite que, victime de violences conjugales répétées, elle n’avait pas la force de demander l’aide de la Justice. Elle a tout de même trouvé celle de prendre une arme à feu, elle avait donc un peu de caractère… Compte tenu de ces circonstances, la peine qui lui a été infligée n’était ni disproportionnée ni injuste, cette dernière notion ne figurant du reste pas dans le Code pénal. Comme dans le jeu bien connu des dominos, gracier la condamnée entraîne tout un tas de réactions en chaîne que le pouvoir socialiste agonisant et les idiots utiles qui ont appelé à cette décision sont bien loin de mesurer.

La jurisprudence Jacqueline Sauvage

En vérité, les « avocats » de Jacqueline Sauvage (je parle des professionnels de l’indignation, pas des professionnels du droit, eux n’ont fait que leur métier) ont obtenu ce qu’ils voulaient : faire de ce meurtre ordinaire, le symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes. Si le combat est légitime, l’icône est catastrophique et se retournera tôt ou tard contre la cause. Pour que ce cas ait servi à quelque chose, il aurait fallu plusieurs facteurs cumulatifs :

  • Que Mme Sauvage ait, en vain, tenté d’alerter la justice sur sa condition de femme battue,
  • Que son mari ait, une nouvelle fois, levé la main sur elle, en mettant sa vie en danger,
  • Qu’elle lui ait, de ce fait, ôté la vie en défendant la sienne.

Un meurtre avec prémédication, érigé au rang de symbole, ne sert qu’à justifier la violence privée, ce qui peut très bien se plaider, mais pas sous les oripeaux de l’État de droit.

Il va maintenant être bien compliqué d’expliquer au père d’une fille violée et assassinée (épinglé au « mur des cons » d’un syndicat de « magistrats ») qu’il n’a pas le droit d’émasculer le tortionnaire de son enfant, lorsque celui-ci aura « purgé sa peine ». Il ne va pas être plus simple de faire un meurtrier d’un bijoutier ayant abattu un de ses braqueurs. Dans la même veine, il va être intéressant d’observer les contorsions des ministres de l’Intérieur successifs, pour justifier le fait que la légitime défense n’est jamais un a priori, lors de l’utilisation de l’arme de service d’un policier, même lorsque « des sauvageons » tentent de l’immoler. Enfin, par pure charité chrétienne, je ne m’appesantirai pas trop sur le fait que les contempteurs du droit à se débarrasser par balle d’un mari violent soient les mêmes qui nous abrutissent depuis des années sur le scandale que constitue la peine de mort…

De la politique de caniveau

Sachant tout cela, pourquoi François Hollande, qui n’est pas ignorant, a-t-il pris le risque d’ouvrir, à ce point, la boite de Pandore ? Au vu de ses multiples hésitations sur le même sujet, le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas une décision impulsive. Un coup je rejette la grâce, un autre je l’accorde partiellement et à la fin je gracie totalement. Le Roi dit nous voulons ! Une analyse rapide tendrait à conclure que, ne se représentant pas et n’ayant donc que faire des institutions qu’il avait pourtant juré de servir, pépère s’assoit dessus pour se faire de la popularité à bon compte. Mais à quoi cette popularité pourrait-elle bien lui servir, puisqu’il n’y retourne pas ?

En vérité, depuis qu’il a renoncé à se faire battre aux primaires – qu’il n’a pas su éviter – il organise en sous-main un intéressant bruit de fond consistant à instiller le doute sur le caractère irréversible de ce choix. Venant d’un homme qui n’a jamais été fichu de prendre une décision et de s’y tenir, cela n’a rien de très surprenant. Depuis la publication des chiffres du chômage lesquels, sans baisser, se contentent de ne plus monter, les quelques rares soutiens du polygame « n’excluent rien » et surtout ne soutiennent personne dans la pantalonnade destinée à désigner le candidat socialiste.

La stratégie est limpide. Si, ce qui est probable, personne (ou presque) ne vote et qu’aucun impétrant ne sort nettement du chapeau fin janvier, le Président périmé se sentira légitime pour « céder à l’amicale pression de ses amis » et faire don de son corps d’albâtre à la France pour un nouveau mandat de 5 longues années. C’est dans cet objectif qu’il faut analyser cette grâce ahurissante. Le plus fascinant là dedans, c’est qu’il a raison. Il n’est qu’à lire le flot de conneries qui se déverse depuis sa décision de majesté, pour s’apercevoir que plus personne ne s’en remet à la raison. De droite comme de gauche, celles et ceux qui ont à cœur la défense des femmes (ou dont le silence pourrait laisser à croire que cette cause leur importe peu) bêlent à l’unisson, pour louer la clairvoyance du calculateur.

Mettre à bas des siècles de construction du droit, pour pouvoir se présenter à une élection en dit très long sur les motivations du personnage. Car, soyons réalistes, même s’il est candidat, Hollande a de fortes chances de perdre. Ceci étant, s’il ne l’est pas, il a toutes les chances de ne pas gagner. Qui ne tente rien n’a rien et la place est bonne ! Après nous avoir inondé de moraline et seriné ses « moi Président », le génie de Tulle se livre à une manœuvre, très mitterrandienne au demeurant, pour tenter sa chance, envers et contre tout et tous. Peu importe les dégâts collatéraux, seul le résultat compte. Les intérêts à l’œuvre doivent être très puissants, pour s’en remettre à pareil gambit. Faut-il qu’il n’ait pas envie que l’on découvre la réalité de son règne, pour tenter de se maintenir sur son trône à pareil prix. Nous sommes au moins sûrs d’une chose, c’est que François Hollande est en bonne santé. Il sait qu’il ne pourra pas attendrir son successeur, comme Mitterrand a su si bien le faire avec Chirac, pour éviter d’avoir à rendre des comptes. Il faut donc qu’il tente sa chance… ne soyons pas dupes !


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  • BASTA Cet état de droit, nous devons le chambouler car par la faute des politicards de tous ordres depuis 1974 renforcée par l’année 1981 et le nouveau garde des sceaux, la dite Justice n’existe plus en France…..Des millions de Français ont compris que votre Droit défend en fait la racaille ! Je ne suis pas socialiste mais je salue la décision de ce président….Il est urgent de transformer tout le ministère de la justice afin de la mettre au service des victimes par des sanctions draconiennes allant jusqu’à la mise en place d’une nouvelle forme de peine capitale et en réformant la légitime défense. Je soutiens aussi bien Mme Sauvage que le bijoutier de Nice qui ne devrait pas être en prison…..Et tant pis si ce commentaire vous défrise!!!!

    • Sauvage une victime ? Laissez-moi rire. Une femme qui couvre par son silence le viol de ses filles (Si viol i y a eu) ; va rechercher son mari chez sa maîtresse armée de ce fameux fusil (sans doute ne l’avait-il pas violée depuis quinze jours et elle était en manque…). C’est ça une victime ? Je suggère plutôt ce commentaire de la psychanalyste Françoise Couchard :
      « Pour bien des mères dont les maris sont incestueux avec leur fille, le refus de voir les manœuvres douteuses du père trahit, à l’évidence, derrière un désir de préserver la paix du ménage, « une volonté d’emprise sur la sexualité de la fille en même temps que sur celle du mari. La mère ne se considérera pas comme « trompée », puisque le mari reproduit avec celle qui lui ressemble le plus ce qu’il a fait si longtemps avec elle »

      • Le vrai scandale (puisque beaucoup aiment ça ) c’est de n’avoir pas retenu la préméditation.
        Sans doute qu’elle se baladait en permanence l’arme sur elle.

    • Puisque l’État de droit vous déplaît tant, allez donc aux Philippines, en Russie, ou en Chine, et ne revenez pas…

      • Puisque l’État de droit vous déplaît tant

        Quel état de droit ?

        -Il existe 750 zones de non-droits en France.
        -110’000 peines de prison ne sont pas appliquées faute de places dans les prisons.
        -Les prisons sont tellement pleines, que les juges relâchent des multirécidivistes dangereux et requalifient les crimes à tour de bras.
        -Ainsi les tribunaux sont tellement engorgés que 75% des viols sont requalifiés en simple agression pour aller plus vite: 5 ans max au lieu de 15, ils sont condamnés à quatre et sortent au bout de deux ans.
        -40’000 voitures brûlent chaque année
        -568’000 ménages ont été cambriolés l’an passé, 65 par heure.
        -8 braquages par jour, 5 par heure (ouvrables).

        On ne parle pas des dénis de justices divers et les abus de l’état qui touchent les gens honnête.

        • Vous pouvez donc ajouter à votre liste (sources?) le cas Sauvage … Un nom qui illustre bien dans quelle ère nous sommes entrés. L’auteur de l’article décrit bien la gravité de la situation, le mépris des institutions responsabilisantes . Vous avez trouvé votre ennemi: l’Etat . Or l’Etat c’est nous… nous tous.

          • José Lopez-Martinez
            1 janvier 2017 at 20 h 44 min

            On imagine que, selon vous, De Gaulle aurait montré son mépris des institutions républicaines voire même de l’État de droit en graciant le général Edmond Jouhaud condamné à mort en 1962 pour sa participation au putsch d’Alger d’avril 1961.

    • On ne peut pas incriminer toute la justice parce qu’une minorité de magistrats fait passer ses options politiques avant le droit.
      Concernant l’affaire dont traite cet article, elle met en relief:
      – la manipulation de l’opinion publique par certaines associations dont le but (quand il existe réellement) est noyé dans des considérations purement lucratives: les subventions sont souvent liées à la visibilité. Bien souvent, nous ne sommes pas loin de phénomènes de corruption…
      – la paresse des médias qui instrumentalisent les réflexes émotionnels au lieu de donner des éléments objectifs d’appréciation. En découle un dangereux glissement de la justice vers la subjectivité. Certaines lois qui font quasiment prévaloir des sentiments ou des intentions sur les faits, vont d’ailleurs dans le même sens.
      – je ne connais pas tout le dossier, mais pour avoir fait partie d’un jury d’Assises, je peux témoigner que tout est fait pour qu’aucune décision ne soit prise à la légère, pour que chaque juré se prononce en son âme et conscience et que le doute bénéficie à l’accusé.
      – avec les remises de peine, Mme Sauvage serait bientôt sortie de prison. Le président de la République, par une décision avant tout politicienne, fait primer l’émotion sur la raison, et la démagogie sur le droit. Il donne un appui à tous ceux qui sapent de l’intérieur les fondements de la démocratie, sous couvert de bonnes intentions.

  • José Lopez-Martinez
    31 décembre 2016 at 10 h 51 min

    « En l’absolvant, François Hollande vient de mettre à bas le monopole d’État de la violence légitime, rien de moins. »

    Le droit de grâce existe dans l’ordre juridique français. On peut contester sa légitimité, mais on peut difficilement accuser Hollande de porter atteinte à l’ordre juridique lorsqu’il fait usage d’une de ses prérogatives constitutionnelles. D’autant plus que la grâce présidentielle n’efface en rien la condamnation de l’acte criminel – et donc, l’État conserve bien son monopole de la violence légitime. Bref, le médiocre Hollande bashing de Marc Suivre tape particulièrement à côté de la plaque.

    • @ José Lopez-Martinez

      Bien d’accord avec vous: oui la « grâce présidentielle » est un privilège « monarchique » anachronique et peu « républicain »!
      Mais il est légal jusqu’à présent et, évidemment, « arbitraire et injuste » face à d’autres grâces refusées!
      Sans me faire d’illusion sur les « nobles motivations » de Fr. Hollande.
      Par contre, il est peu de dire que la justice française est, actuellement, également contestée, à tendance idéologique, peu démocratique; est-elle « sous influence »?
      La peine décidée de 10 ans ferme ne semblait pas « adéquate » en première instance comme en appel.
      Les juges ont un « arsenal » pour adapter la peine: sursis partiel, total, travaux d’intérêt général …
      Cette femme n’est sans doute pas « dangereuse » pour la population: l’enfermer coûterait cher et ne servirait à rien de bon.
      Le président Hollande a voulu une « grâce partielle » par libération (conditionnelle, je présume) anticipée:
      cette « demi-mesure » aurait affirmé et le crime et la compréhension des « circonstances atténuantes ».
      Il n’a pas obtenu gain de cause, raison de la « grâce totale » qui pêche par le manque de condamnation de l’acte criminel!
      Une fois de plus, la « polémique » a abouti à une solution binaire: « tout noir » ou « tout blanc », c’est « LA-MEN-TABLE »!
      Et il n’y a pas qu’un seul responsable / coupable de cette « malfaçon »!

      • José Lopez-Martinez
        31 décembre 2016 at 15 h 25 min

        « …raison de la « grâce totale » qui pêche par le manque de condamnation de l’acte criminel… »

        La grâce n’efface en rien la condamnation par la justice française de Jacqueline Sauvage. Cette dernière n’est en rien absoute de son crime. Justice a bien été rendue puisque, par définition, on ne gracie que les coupables.

    • oui, parfaitement, curieux que l’auteur se goure sur le fond, hollande avait le droit de le faire…il l’a fait…
      C’est la cinquième …

    • ce droit de grâce est l’un des nombreux reliquats (débris) de l’ancien régime qui faisait du chef de l’état (le roi) le détenteur d’un pouvoir de droit divin lui donnant la capacité de décider de la vie ou de la mort des individus sous son règne. La république était sensé rompre avec l’ancien régime qui n’était rien d’autre qu’une forme de dictature et de tyrannie mais au final l’hypocrisie et la soif du pouvoir ont eu raison des intentions originales. Dans les faits le pouvoir royale se retrouve presque intégralement dans notre république ou nos dirigeant officient dans d’indécents palais et on toujours d’écrasants pouvoirs sur les français.

      • José Lopez-Martinez
        31 décembre 2016 at 16 h 49 min

        Bah… on observera quand même que le droit de grâce existe peu ou prou partout dans le monde. Et notamment aux États-Unis, pays peu susceptible d’être qualifié de successeur de l’Ancien Régime.

        • Création des USA 4 juillet 1776. Avant notre révolution. Il n’est pas surprenant qu’ils aient repris bons nombres de règles du vieux continent

          • José Lopez-Martinez
            31 décembre 2016 at 17 h 03 min

            « Il n’est pas surprenant qu’ils aient repris bons nombres de règles du vieux continent… »

            Peut-être parce que toutes les règles du Vieux Continent n’étaient pas si mauvaises que ça.

            • A l’époque peut être. ..maintenant il faudrait dépoussiérer tout ça

              • José Lopez-Martinez
                31 décembre 2016 at 17 h 16 min

                Je vois mal en quoi la grâce serait plus « poussiéreuse » aujourd’hui qu’hier.

                • Retablissons le droit de cuissage en ce cas ?

                  • Exemple de loi obsolète toujours en vigueur aujourd’hui :
                    L’ordonnance du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) :
                    « Le Préfet de Police,

                    Informé que beaucoup de femmes se travestissent, et persuadé qu’aucune d’elles ne quitte les habits de son sexe que pour cause de santé ;

                    Considérant que les femmes travesties sont exposées à une infinité de désagréments, et même aux méprises des agents de la police, si elles ne sont pas munies d’une autorisation spéciale qu’elles puissent représenter au besoin ;

                    Considérant que cette autorisation doit être uniforme, et que, jusqu’à ce jour, des permissions différentes ont été accordées par diverses autorités ;

                    Considérant, enfin, que toute femme qui, après la publication de la présente ordonnance, s’habillerait en homme, sans avoir rempli les formalités prescrites, donnerait lieu de croire qu’elle aurait l’intention coupable d’abuser de son travestissement,

                    Ordonne ce qui suit :

                    1 – Toutes les permissions de travestissement accordées jusqu’à ce jour, par les sous-préfets ou les maires du département de la Seine, et les maires des communes de Saint-Cloud, Sèvres et Meudon, et même celles accordées à la préfecture de police, sont et demeurent annulées.

                    2 – Toute femme, désirant s’habiller en homme, devra se présenter à la Préfecture de Police pour en obtenir l’autorisation.

                    3 – Cette autorisation ne sera donnée que sur le certificat d’un officier de santé, dont la signature sera dûment légalisée, et en outre, sur l’attestation des maires ou commissaires de police, portant les nom et prénoms, profession et demeure de la requérante.

                    4 – Toute femme trouvée travestie, qui ne se sera pas conformée aux dispositions des articles précédents, sera arrêtée et conduite à la préfecture de police.

                    5 – La présente ordonnance sera imprimée, affichée dans toute l’étendue du département de la Seine et dans les communes de Saint-Cloud, Sèvres et Meudon, et envoyée au général commandant les 15e et 17e divisions militaires, au général commandant d’armes de la place de Paris, aux capitaines de la gendarmerie dans les départements de la Seine et de Seine et Oise, aux maires, aux commissaires de police et aux officiers de paix, pour que chacun, en ce qui le concerne, en assure l’exécution. »

                    Le Préfet de Police Dubois

                    • José Lopez-Martinez
                      31 décembre 2016 at 17 h 31 min

                      « Exemple de loi obsolète… »

                      Que des lois obsolètes – et tombées en parfaite désuétude – existent ne nous éclairent en rien sur la légitimité ou non du droit de grâce. La Suisse connaît le droit de grâce. Un remugle du droit de cuissage, j’imagine…

                    • Pour chipoter il me semble que l’ordonnance citée a été officiellement annulée ces dernières années.

                • On aura compris que vous êtes pour le droit de grâce. Moi je suis contre.
                  Bien à vous

                  • José Lopez-Martinez
                    31 décembre 2016 at 17 h 38 min

                    Il existe de nombreux et excellents arguments pour être contre le droit de grâce. Mais se contenter de dire qu’il existait sous l’Ancien Régime n’en fait pas partie.

    • Je fais davantage confiance en la justice populaire qu’en la justice populiste! Celle d’un groupe de personnes honnêtes qui ont eu tout le dossier en main pendant des jours , examiné tous les faits, l’historique, etc. n’est elle pas plus fiable que la justice des mots d’ordre, des slogans, des banderoles, des mouvements pour ou contre etc. d’avocates militantes qui fonctionnent à 100% sur l’émotion. Je crois encore malgré tout ce tapage médiatique que le travail quotidien, les démarches longues mais argumentées y compris pour faire tomber le « droit de grâce » dans les mains d’un seul homme principe hérité de l’époque des rois de droit divin . La main de Salomon commandée par Dieu comme celle du »bon roi saint Louis  » rendant justice sous son arbre s’appuient sur des légendes réservées aux seuls croyants… comme d’autres s’appuient sur la charia.
      Qui a inspiré la décision de Hollande? Sa conscience? Ses communicants? Ses conseillers? A t il étudié le dossier? Nul ne le sait!

      • José Lopez-Martinez
        1 janvier 2017 at 20 h 53 min

        Manifestement vous ne savez pas ce qu’est une grâce. Ce n’est pas un jugement. La justice a tranché et a jugé le crime de Jacqueline Sauvage. Et celle-ci n’a pas été absoute de son crime par Hollande. La grâce concerne très précisément, et par définition, des coupables et l’application de leur peine.

        Quant au laïus sur le fait que le droit de grâce était exercé sous l’Ancien Régime, il est parfaitement sans pertinence. Sous l’Ancien Régime, le roi nommait également ses ministres. Est-ce un motif valable pour douter aujourd’hui de la légitimité du président de la République à nommer ses ministres sous prétexte qu’il serait un héritage obsolète d’une prérogative royale ?

  • Cet article repose sur une confusion. L’auteur met sur le même plan la justice et la grâce, et, ce faisant, il ignore ce qu’est la grâce. À l’époque où on avait encore un peu de formation chrétienne, tout le monde savait que la grâce est, comme son nom l’indique, un don gratuit, qui n’est pas mérité (pour ceux qui n’auraient pas compris), qui s’établit au dessus des règles de justice, et qui ne tient pas compte des procédures normales de sanctions ou de rétributions. Aucune grâce ne saurait constituer une jurisprudence, justement parce qu’elle est grâce, puisque c’est un don pur, qui, par sa nature même, échappe à la logique qui préside à la procédure judiciaire. Par là même, on n’a pas à rendre compte de la grâce: le don gratuit ne résulte pas d’un calcul et ne saurait, sauf à se nier, avoir à se justifier. La grâce n’est pas une instance de plus, qui s’ajouterait à l’appel et à la cassation, puisque, par son essence même, elle les transcende. On va certes, alors, crier au scandale: mais le président se prend pour Dieu! En un sens, oui, mais pour qui se prennent les magistrats, qui se considèrent comme faiseurs de vérité? Le principe de la grâce a manifestement une origine religieuse, mais celui de la justice ne relève pas moins de cette même origine (comme disent les évangiles, Dieu est le seul juge). Alors, n’est-ce qu’une survivance malheureuse et obsolète? Sans doute serait-il plus sain de voir là une instance qui montre que l’humanité peut, parfois, échapper à la logique procédurale dans laquelle on veut à tout prix la faire entrer. Que les juges s’interrogent un peu sur eux-mêmes: qui sont-ils pour juger?

  • Et si, et si, dans les fameux jury populaires qui l’ont condamnée par 2 fois à la peine de 10 ans de prison, il n’y avait eu que des hommes. En tout cas, une « minorité » de femmes. Et si, par 2 fois, l’avocat général, un vieux des prétoires, un donneur de leçon (morale ou de droit publique) qui vous juge et vous met mal à l’aise dans vos propres convictions. Donc, si l’ensemble de ces jurés avait été manipulé par un juge sûr de son jugement et de sa fonction régalienne et inamovible, alors, elle n’avait aucune chance d’être « jugée humainement ». Et ça, les journalistes, n’ouvriront pas leurs enquêtes de voisinage sur chacun des jurés ou de la constitution de la Cour.
    Avez vous vu « 12 hommes en colère » de Sydnet Lumet arrivé en octobre 57 en France?. Le jury est presque exclusivement « masculin ». Et le « coupable est « de couleur ».
    Alors, je ne suis pas du même avis que celui de l’auteur de l’article, monsieur Marc Suivre. Et s’il est vrai que monsieur Hollande, en accordant une première fois, une demi grâce, suivi un an plus tard d’une grâce complète, s’amuse à se la jouer « compasionneux » envers madame Jacqueline Sauvage, et faire preuve ainsi de sa maitrise du jeu de dupe dont il est le maitre.
    De sorte qu’en graciant Jacqueline Sauvage malgré les décisions de justice, François Hollande sape l’ État de droit en France, sans doute, mais on oublie surtout que c’était une femme « battue et rebattue » et que ça, les hommes ne peuvent pas « comprendre ».
    Et monsieur Hollande, après avoir répudié sa compagne par sms, après avoir mis la France en état de guerre et état d’urgence, après nous avoir fait la comédie nationale « Charly », après nous avoir fait mettre TOUS dans un fichier informatique de surveillance généralisée national, tout cela ne lui rapportera rien. Tout sera « éffacé », et même son « droit de grâce » ne lui rapporteront aucune voie électorale à lui et à ses partisans. Ils ont « oubliés » que la moitié du monde, en France, est majoritaire électoralement, mais minoritaire financièrement. Et qu’elles s’en souviendront en mai prochain.

  • N’en déplaise à Monsieur Marc Suivre qui à force de fréquenter les hautes sphères à une vision quelque peu faussée des réalités du terrain. Un peu comme ces juges de tous bords qui imbus de leur personne rendent une justice surannée et refusent de se remettre en question et ne supporte pas que l’on puisse commenter et émettre des réserves sur leurs décisions.
    Jacqueline Sauvage n’avait pas à tirer 3 coups de fusil dans le dos d’un mari qui la violentée depuis des années (soit dit en passant un fusil de chasse à répétition peut contenir 3 cartouches: et oui on ne sait pas toujours tout Monsieur Suivre). Mais de toute évidence cette dame n’a ni votre culture, ni votre niveau intellectuel. Quand on voit les arguments des juges pour refuser sa remise en liberté alors que l’on gracie ou que l’on condamne à minima des multirécidivistes, hommes et femme politiques, ministres et autres faisant fi de toute morale la plus élémentaire.
    Vous parlez que son geste aurait pu se justifier si la justice avait failli. Combien de gens attendent pendant des années une décision, un jugement, une action de cette justice et qui subissent quotidiennement les désagréments sans pouvoir faire valoir leur droit?
    Je pense que notre salut viendra d’une purge profonde de tous ces coquins et des juges qui ne sont plus efficace ainsi que de cette école de la magistrature qui forme cette caste. Comme toute les grande écoles d’ailleurs qui forment ces gens copains des copains qui nous mènent doucement vers la faillite et la misère. Monsieur Hollande aura certainement le pire président de la cinquième république, mais regarder de plus près les Mitterrand Chirac Sarkozy n’étaient pas mal non plus sur d’autres registres. Alors de grâce cette dame aura la possibilité de finir sa vie libre et cela est un juste retour des choses.

    • Les fusils de chasses à trois coups sont assez rares si je ne m’abuse ou alors c’est un fusil à pompe et alors elle aurait pu lui en mettre 8 ou 10 dans le buffet…
      Au lieu de jouer les princes magnanimes redresseur de tords nos gouvernants ferait mieux de réformer la justice pour qu’elle soient plus efficace d’une part et simplifier la législation pour chacun puisse facilement la comprendre et savoir à l’avance naturellement si il enfreint ou non celle ci.
      Tué une personne qui ne menace pas directement votre vie est « libéralement » un crime et celui ci doit être punis de manière approprié. Personne ne peut être absout de ses responsabilités sauf par la victimes elle même ou ses représentants ce qui s’appel alors le pardon.

  • C’est un droit qui existe, alors les juges n’ont rien à dire, de la même façon que l’on ne critique pas leurs décisions de justice. Après ils peuvent toujours demander un changement de loi, mais là c’est une autre histoire.

    • On critique et on doit pouvoir critiquer les décisions de justices. C’est pour cela qu’il existe les procédure d’appel, de cours de cassation, le conseil d’état, la cours de justice européenne…
      Ce droit n’est qu’un reliquat d’une époque révolue (ou qui devrait l’être) ou les gouvernants n’étaient rien d’autre que des tyrans. ce droit aurait du être supprimé en même temps que la peine de mort.

  • Le sujet n’est pas Hollande, mais le manque de confiance des citoyens envers notre justice.
    Ce faire justice soit même devrait vous interloquer.
    Pourquoi des personnes peuvent-elle être violentées des années ?
    Pourquoi des personnes se fond justice eux mêmes?
    Pensez-vous réellement que si l’image et l’efficacité de la justice existait, cette femme aurait agit ainsi?

    Puisque le droit dont vous faite référence est très souvent bafoué, il serait temps de revoir notre organisation et nos règles juridiques.
    Ne pensez-vous pas?

    Bonne année à tous.

  • J’ai honte : dès l’allusion à George Michael, je me suis étouffé de rire et ai failli rejoindre le défunt dans son trépas !

    • Pareil. Cependant le droit de grâce , reliquat du moyen âge comme le droit de cuissage, ne devrait pas exister dans une république digne de ce nom

  • on voit bien que vous n’avez pas connu de femmes battues.. certaines ont honte de l’avouer, d’autres sont tellement désespérées qu’elles en recours aux armes.. son geste est de l’autodéfense… … c’est plus compliqué qu’on le pense. Son mari la battait.. c’etait aussi un criminel ..

    • Vous y étiez ?
      S’il y a bien un truc que j’ai appris dans ce genre d’affaire, c’est qu’il faut toujours avoir les deux versions …

    • ce qui grattouille c’est que beaucoup de gens qui ont défendu Jacqueline sauvage sont des opposants à l’autodéfense.

      Moi ce que je vois, c’est qu’il y a des histoires où je n’ai aucune espèce d’idée d’une façon « juste » de régler le bidule.
      Quoiqu’on en dise il y a une problème que beaucoup de gens ont déjà rencontré, un couple où il existe de la violence, mais dans lequel la personne victime ne souhaite en aucun cas la condamnation de son bourreau… De temps en temps , après avoir essayé d’ »améliorer » les choses et s’être pris une baffe au propre comme au figuré par la victime, on se barre on dit démerdez, vous vous me faites chier…

      Je suis le crétin de base quand je vois une personne se prendre des baffes de la part de son amour, qu’elle a les moyens de partir mais qu’elle reste…je ne comprends pas …

      SI on interroge des policiers , je pense que de temps à autres on entendra l’histoire de la personne qui les a appelés pour des violences et qui se retournent contre eux quand ils agissent conforment à la loi.

      Ce qui m’ennuie beaucoup avec cette histoire c’est les abus sur les gamines du couple…

      Pour l(aspect du doit…ça a été dit la grâce est légale point barre.

      • En définitive, ce n’est pas parce que c’est la loi que c’est juste. Et en l’occurrence, une loi consistant à donner au président le droit de passer au-dessus de tous les procès et de tous les jugements, même confirmés après cassation, sur la foi d’un caprice princier quelconque, ce n’est pas seulement injuste, c’est un privilège inacceptable dans un pays qui se veut démocratique.
        Mais n’oublions pas que nos élites n’ont que la « république » comme modèle, et la démocratie y compte peu pour eux.

    • Il faut avoir connu des femmes battues pour comprendre le cas Jacqueline Sauvage ?
      Vous sous entendez qu’une femme battue peut se faire justice soi-même et tuer son mari/conjoint/concubin violent ?
      Vous mettez au même niveau le fait de frapper quelqu’un et le fait de le tuer ?

    • D’accord. Mais elle l’a flingué dans le dos, le Norbert. En prononçant des mots grossiers en plus. Pas à la loyale.

      Ca doit être d’ailleurs pour ça que Hollande l’a graciée.

  • les journalistes devraient se pencher un peu plus sur le contenu du procès lui même. en effet la sentence prononcé à 2 reprises par des jurés, qui sont, comme tout le monde, pour la défense des femmes battues, ne plaide pas beaucoup pour cette femme en particulier.

  • Je ne porte pas en haute estime ces juges , autoproclamés dieux qui ne répondent jamais de leurs méfaits et pourtant diantre qu’il y en a !

    Le système judiciaire doit être revu impérativement ! Les juges doivent être élus

    • Non les juges doivent pouvoir être jugés. Ils doivent être comptable de leur actes (et des conséquences de ceux ci) exactement comme n’importe qu’elle individus et il devrait en être de même pour la police. nulle individus ne doit être au dessus des autres.

      • Tout à fait. Rappelez vous Outreau.
        Il y a la police des polices.
        Il doit y avoir la justice ou police de la justice.

        • José Lopez-Martinez
          31 décembre 2016 at 18 h 05 min

          « Il doit y avoir la justice ou police de la justice. »

          Le Conseil supérieur de la magistrature… ça vous dit quelque chose ?

  • L’auteur applique tout simplement le langage de bois de la jurisprudence en retrait par rapport à l’opinion de la grande majorité des citoyens sur cette affaire. Les uns considèrent qu’on ne peut faire justice soi-même et appliquent sans discernement le droit à quelques variantes près pour faire croire qu’ils auraient pris en compte des circonstances « atténuantes » (Mme Sauvage auraient pu être condamnée à 20 ans) ; Les autres excusent un homicide parce qu’il est une réponse aux multiples agressions que Mme Sauvage a subies. Dans le premier cas, la victime devient un coupable, dans le deuxième cas la même victime ne change pas de statut et son acte est excusable en raison de la gravité des agressions.

    Le problème fondamental qui transpire dans l’article de l’auteur, c’est que ce dernier ne peut admettre qu’un acte aussi grave qu’un homicide est explicable dans certaines circonstances et que Mme Sauvage n’est pas forcément un véritable assassin au sens strict du droit. Et pour se justifier, l’auteur invoque l’absence de légitime défense, accuse Me Sauvage de meurtre avec préméditation et le Pt Hollande de manœuvres politiciennes comme si un Pt de la République ne pouvait épouser par conviction l’opinion de la grande majorité des français. Il prétend même qu’on ne peut excuser un bijoutier qui abat un braqueur, injure ceux qui ont demandé la grâce de Me Sauvage les accusant d’ « idiots utiles qui ont appelé à cette décision » et de ne pas mesurer les conséquences de cette grâce … Transparaît également dans cet article le fonds de commerce d’une idéologie réactionnaire faussement protectrice du droit et de la justice pour tous au profit de ceux qui commettent des agressions en réduisant les conséquences de leurs actes et en limitant singulièrement le principe de la légitime défense. Un braqueur qui se fait buté par un bijoutier assume les conséquences de ses actes sans que cela devient un permis de tuer, comme tous les bourreaux des femmes battues quand celles-ci décident de réagir.

  • Sirius –
    La corporation des juges place le formalisme juridique avant la justice . Cet article le montre à l’évidence .
    Qui a le droit de juger une femme victime d’un sadique doublé d’un violeur ?
    Certainement pas des juges capables d’absoudre les puissants et de condamner les humbles ,directement en correctionnelle ou en influençant les jurés en assises .

  • 47 ans de vie conjugale abominable…et 4 ans de prison…. ça fait 51 ans d’enfer terrestre…ça fait beaucoup…non????
    Que dirait ce monsieur si c’était un homme qui avait tué sa femme( j’en ai connu une qui tapait violemment son compagnon)..J. Sauvage avait elle les moyens financiers de partir? La police avertie aurait fait quoi???la justice l’aurait condamné à la prison …6 mois… ? Peut-être avec sursis…il suffit de voir combien les juges sont laxistes avec tous ses multirecidivistes qui continuent leurs exactions…
    Pour moi…bonne décision, Mr Hollande…avant de partir..merci..
    Ce droit est dans la constitution.

    • Allez… continuons.. »elle n’a pas protégé ses enfants »..bref , tout est de sa faute…d’ailleurs…elle devait l’aguicher…toutes des putes..!!! Le pauvre homme!!!
      Et puis  » un gos mensonge »…etc ..etc..etc..

    • Anne: Ce droit est dans la constitution.

      L’esclavage, l’apartheid et nombre de génocides étaient parfaitement légaux.
      Ce n’est pas parce que c’est légal que c’est juste.

      Anne: bref , tout est de sa faute…d’ailleurs…elle devait l’aguicher…toutes des putes..!!!

      Redescendez, personne ne dit de telles horreurs ici (sauf vous) et se laisser gouverner par ses émotions et ses préjugés est le plus sur moyen de créer des injustices.

      Deux jurys populaires composés d’hommes et de femmes dotés de leurs capacités de discernement ont jugé de sa culpabilité en examinant les faits. Le dossier contient des éléments qui démontre qu’elle n’était de loin pas sans défense :

      « …C’est aussi une femme qui est capable de répondre, de s’en prendre à la maîtresse de son mari, d’insulter une voisine, et faire preuve de violence. Selon l’administration pénitentiaire, elle est capable d’être méchante. Le personnel pénitentiaire la décrit comme autoritaire, indiquant qu’elle refusait les ordres. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Jacqueline_Sauvage

      Le droit est ainsi fait que l’état a l’usage exclusif de la violence et ceci pour éviter la justice sommaire, si vous voulez revenir là-dessus, je vous signale que 149’000 hommes sont victimes de violences conjugales chaque année et que si on accorde le droit de se faire justice soit même, les femmes ont tout a y perdre.

      • justice independante
        3 janvier 2017 at 18 h 04 min

        Voilà quelqu’un qui connaît le dossier.
        Ça fait plaisir.
        Il ne faut pas s’en tenir à une vérité tronquée jetée en pâture au peuple par les médias et certaines associations ?

  • « le monopole de la violence légitime appartient précisément à l’État, à lui, et à personne d’autre »…
    Certes mais alors pourquoi et comment le mari de Jacqueline Sauvage a pu se montrer violent pendant 47 ans, sans que personne n’y fasse rien ?
    Et si l’Etat s’est montré déficient dans l’expression de ce monopole, n’y avait-il pas une « fenêtre de tir » (si j’ose dire) pour que quelqu’un d’autre fasse le boulot à sa place ?
    Ce qu’on reproche aujourd’hui à Jacqueline Sauvage – en gros, de s’être tue jusqu’à ce qu’elle mette fin à cette violence – en oubliant qu’une femme sous emprise a peu de marge de manoeuvre, c’est un peu ce qu’on reprochait jadis aux victimes de viol : « mais ma pauvre fille, vous avez vu comment vous étiez habillée, ne vous étonnez pas des conséquences »…. Les forces de l’ordre ont longtemps traité les victimes de violences conjugales comme les victimes de viol : avec une certaine indifférence. D’où le sentiment que ça pouvait être pire si on portait plainte. Et si en plus, elles n’avaient pas trouvé la force de se rebeller ou d’aller voir la police, c’est que finalement, elles l’avaient un peu cherché, ou que finalement, ça ne devait pas être bien terrible…

  • La décision choque en ce qu’on n’a jamais vu un président gracier 2 fois la même personne pour les mêmes faits.

  • Pourquoi tant de haine à propos d’un fait divers ?
    Pourquoi tant de belles certitudes ?
    On peut certes supprimer la grâce présidentielle, une vieillerie qui nous vient du temps des rois, mais tant qu’elle existe, je trouve l’attitude de Hollande digne et respectable dans le contexte de cette affaire.
    C’est la première fois que je ne suis pas en désaccord avec Hollande depuis cinq ans. Ne gâchez pas mon plaisir.

  • Si j’ai bien compris « accorder à Madame Jacqueline SAUVAGE une remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement de 2 ans et 4 mois ainsi que de l’ensemble de la période de sûreté qu’il lui reste à accomplir. » n’est pas une « grâce totale » mais d’une mesure où le président se substitue, de manière arbitraire et très exceptionnelle, au juge d’application des peines.
    Tout les commentaires consistant à refaire le procès sont inutiles, la culpabilité et la condamnation ne sont pas remises en cause.
    Si des cas d’exception n’ont pas lieu d’être alors il faut que des robots nous dirigent afin que l’ordre règne absolument ; mais qui programmera les robots ?

    • Non on ne va pas refaire le procès (que certains connaissent mal). Des circonstances atténuantes lui ont été accordées.
      C’est le droit de grâce (que FH avait promis de supprimer dans son programme ) qui est remis en cause.
      Je reconnais que ce droit de grâce avait son utilité quand la peine de mort existait dans notre droit.

    • justice independante
      2 janvier 2017 at 10 h 20 min

      Non on ne va pas refaire le procès (que certains connaissent mal). Des circonstances atténuantes lui ont été accordées.
      C’est le droit de grâce (que FH avait promis de supprimer dans son programme ) qui est remis en cause.
      Je reconnais que ce droit de grâce avait son utilité quand la peine de mort existait dans notre droit.

  • Cette grâce d’une meurtrière érigée en symbole de la cause féministe est non seulement une honte d’État, mais aussi une imposture juridique et surtout une dramatique erreur dans le registre des relations sociales.

    Hollande saccage un peu plus encore le tissu sociétal comme il a commencé de le faire en 2013 avec la conséquence du « mariage pour tous » ouvrant droit à la suppression des pères/mères pour les enfants adoptés par des couples homosexuels, et ce faisant il prépare sans le savoir, le terrain aux exactions futures d’un nouveau type, dont les femmes feront toujours davantage l’objet que les hommes.

    Car ce que cache cette décision d’une grande immaturité idéologique, c’est la réinstauration de la peine de mort à titre de pratique privée.

    En effet, si la grâce présidentielle s’entendait comme amodiation à la peine de mort, elle devient avec la grâce de J. Sauvage une esquive à la condamnation pour meurtre dans le cadre familial, pour peu que l’argumentaire justificateur de l’exécution du futur défunt soit efficacement scénarisé par tout lobby soutenant le coupable.

    C’est une évolution de la justice vers sa pratique en dehors des Tribunaux, une justice de la doxa, du pathos et du storytelling, où des prestataires de service de talent, de la communication, de la publicité, des médias et du spectacle auront une place sans cesse croissante et pourront même se substituer à terme aux avocats.

    Désormais la confrontation entre « prévenu » et  « Ministère public » se fera sur le net à coup de pétition et c’est celle qui aura remporté le meilleur score qui fera force de loi; elle vaudra ratification par le tribunal et la question même de la grâce présidentielle se trouvera de fait rendue caduque puisque Vox populi vox Dei…

    Hollande, en plus d’être un médiocre politique (ignorant et inculte) est un « réformateur institutionnel » irresponsable qui confond « humanisme raisonné » et « populisme judiciaire ». Qu’il (re)lise Tocqueville, José Ortega y Gasset, Philippe Muray… pour apprendre s’il en est capable, ce que « l’homme masse » est à la justice et comment il « rapetisse en s’assemblant »… pas la peine de l’y pousser en plus!

    Pour bien finir de saloper la France, il lui reste quatre mois, afin de rendre obligatoire la castration chimique sur simple dépôt d’une main courante contre tout harceleur sexuel, avec recours si nécessaire à la populace pétitionnaire approbatrice, pour bien complaire à sa soif des jeux du cirque médiatique et fermer en fanfare son bal des débutantes ayant duré cinq ans.

  • Merci à José Lopez-Martinez et à Jojo pour leurs éclaircissements sur le sens de la grâce. Leurs propos sont réconfortants au regard de la brutalité de certains propos à l’encontre de la grâce présidentielle. Jacqueline Sauvage devait être condamnée par la justice des hommes, car nul n’a le droit de se faire justice soi-même. Mais elle devait aussi être graciée au nom d’une justice supérieure. Bravo à François Hollande de s’être mis au service de cette justice qui nous dépasse en usant de son droit de grâce. Finalement justice a été rendue et l’Etat de droit en sort grandi. Puisse le droit de grâce ne pas être aboli et rester un pouvoir régalien qui appartient au président de la République.

  • Pour plus de précisions sur le dossier même.

    http://www.maitre-eolas.fr/post/2016/02/03/De-gr%C3%A2ce

    • justice independante
      3 janvier 2017 at 13 h 58 min

      Merci Melissa de ne pas faire partie du féminisme aveugle. Bien sûr les violences doivent être condamnées. ?

  • Les commentaires sont fermés.

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