Macron : un programme fiscal démagogique au détriment de la croissance

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Macron : un programme fiscal démagogique au détriment de la croissance

Publié le 28 février 2017
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L’augmentation continue des prélèvements obligatoires depuis plusieurs décennies (ces derniers représenteront environ 1009 milliards d’euros, soit 44 % du PIB en 2017) a fortement contribué à plonger la France dans une crise économique abyssale et chronique.

Fort de ce constat, François Fillon a annoncé des mesures fiscales ambitieuses, visant principalement les entreprises, et ce, dans le but affiché de relancer rapidement la croissance française.

À l’inverse, Emmanuel Macron a, dans la plus pure tradition socialiste, présenté un catalogue de mesurettes fiscales électoralement porteuses.

Ces dernières, qui se présentent comme des hérésies fiscales, entrent, bien évidemment, en contradiction totale avec ce qu’il serait nécessaire de mettre en œuvre pour relancer rapidement la croissance française, laquelle reste désespérément atone.

Opposition fallacieuse des ménages et des entreprises

Première hérésie fiscale : le candidat à la Présidentielle propose que les baisses d’impôts soient réparties équitablement entre ménages et entreprises. Ce faisant, Emmanuel Macron entretient le mythe politico-médiatique pernicieux selon lequel il existerait un principe de justice fiscale qui imposerait que les efforts des ménages et des entreprises soient strictement équilibrés.

Or, ce pseudo-principe, qui soit dit en passant pervertit la politique fiscale française depuis des décennies, se révèle économiquement insoutenable pour des raisons de compétitivité des entreprises et, surtout, économiquement infondé. Les entreprises et les ménages ne sont, en effet, pas des contribuables de même nature dès lors que les premières constituent un lieu où s’organise la production de richesse tandis que les seconds en sont in fine les bénéficiaires, par le biais de versement de salaires ou de dividendes.

Il est ainsi parfaitement absurde, d’un point de vue économique, d’opposer les intérêts des entreprises et des ménages dans la mesure où ils sont consubstantiellement liés (les baisses d’impôts accordées aux entreprises profitent directement aux ménages) et a fortiori d’exiger que ces derniers bénéficient équitablement des baisses d’impôts.

Emmanuel Macron fonde donc son programme fiscal sur un postulat idéologique absurde d’égalité entre deux catégories de contribuables dont les intérêts économiques sont inséparables. Bien qu’une telle approche soit politiquement efficace, celle-ci s’avère économiquement inefficace puisqu’elle ne vise absolument pas à remédier au problème de la croissance française.

Maintien des taux de TVA

Deuxième hérésie fiscale : Emmanuel Macron rejette, comme François Hollande en 2012, l’idée d’instaurer une TVA sociale et s’engage à maintenir les taux actuellement en vigueur.

Pour mémoire, la TVA sociale a été votée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais n’est jamais entrée en vigueur en raison de sa suppression par François Hollande, dès le début de son quinquennat. Précisons que ce choix, guidé davantage par des enjeux politiques que par des considérations économiques, a été amèrement regretté par l’actuel Président, lequel s’est d’ailleurs empressé d’augmenter l’ensemble des taux de TVA quelques mois plus tard.

François Hollande a, par la suite, confessé qu’il avait commis une grave erreur économique en supprimant la TVA sociale dans la mesure où l’instauration de celle-ci aurait pu éviter l’augmentation inconsidérée d’autres impôts pesant sur les entreprises.

D’un point de vue politique, la TVA sociale, qui se matérialise par une augmentation des taux de cet impôt, s’avère extrêmement impopulaire étant donné qu’elle est perçue par l’opinion publique comme totalement injuste puisque également supportée par l’ensemble des français.

Toujours est-il que, d’un point de vue économique, la TVA sociale se présente comme la mesure idoine pour relancer la croissance française. Son instauration permettrait de réduire le montant des cotisations sociales finançant la sécurité sociale, ces cotisations pesant lourdement sur le coût du travail et sur la compétitivité économique des entreprises françaises. De surcroît, il ressort de diverses études économiques, notamment de l’OCDE, que la TVA est l’un des impôts dont l’augmentation pèserait le moins sur la croissance.

Force est donc de constater que, bien qu’impopulaire et incomprise sur le plan politique, la TVA sociale constitue une mesure fiscale phare pour relancer la croissance française. En la rejetant, Emmanuel Macron ne fait que réitérer l’erreur économique commise, quelques années plus tôt, par son mentor politique.

Exonération de taxe d’habitation

Troisième hérésie fiscale : Emmanuel Macron a annoncé qu’il entendait exonérer de taxe d’habitation 80 % des ménages français.

L’Association des maires de France est immédiatement montée au créneau pour dénoncer cette mesure démagogique et rappeler « qu’il existe déjà de nombreux dispositifs d’allègement, de dégrèvement, d’exonération ou de plafonnement de la taxe d’habitation » qui bénéficient à environ « 42% des foyers, soit 13 millions de foyers ».

Il est incontestable que la taxe d’habitation s’inscrit aujourd’hui comme un impôt injuste en raison de l’absence d’actualisation, depuis 1970, des valeurs cadastrales et de l’existence de taux d’imposition très divers selon les communes. Pour autant, la solution à ce problème n’est pas d’exonérer de cet impôt 4 ménages sur 5, ce qui serait très préjudiciable pour les finances des communes, mais d’opérer les réformes structurelles pour rendre cet impôt plus juste.

Les mesures pro-croissance

Cela étant dit, Emmanuel Macron a annoncé quelques mesures fiscales intéressantes, bien qu’insuffisantes, pour les entreprises : baisse du taux de l’impôt sur les sociétés à 25 %, instauration d’un prélèvement forfaitaire unique de l’ordre de 30 % pour tous les revenus du capital et transformation du CICE en baisse de charges.

En somme, il est manifeste que le programme fiscal du jeune candidat à la Présidentielle pêche, dans son ensemble, par excès d’idéologie égalitariste et par manque de vision économique. En cela, il s’oppose viscéralement à celui de François Fillon qui fait incontestablement preuve de cohérence et de pragmatisme économique, dès lors qu’il se présente comme ouvertement pro-entreprises et pro-croissance.

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  • Tiens voici l’article complètement à charge anti-Macron du jour.
    Macron veut baisser la fiscalité sur le capital et sur les entreprises et vous allez nous dire que c’est dans la plus pure tradition socialiste et égalitariste? C’est se moquer du monde, merci les fake news.
    Gardez aussi vos postulats de droite complètement faux qui vendent la baisse du coup du travail comme une solution, alors que l’objectif devrait être d’avoir les actifs les mieux payés et les plus productifs possible.
    Autre bêtise de l’article: nous vendre la hausse d’un impôt (« la TVA « sociale ») comme « mesure idoine pour relancer la croissance française »: désolé mais une hausse d’impôt n’améliorera strictement rien, même en baissant simultanément les charges sociales.

    Bref, vous essayez de défendre Fillon avec les mauvaises idées de son programme, et vous cherchez des poux à Macron au mauvais endroit.

    • « l’objectif devrait être d’avoir les actifs les mieux payés et les plus productifs possible »

      Quand un actif touche 100€, il coute 208€ à son employeur, c’est donc sa valeur sur le marché international. Sur les 100€ restant, il devra s’aquiter de l’IR, des impots locaux, de la TVA, de la redevance, de la TIPP et j’en passe, pour environ 25€ selon les cas..
      Au final, sur les 208€, l’état en prend les 2/3.

      Pour que l’actif soit mieu payé, c’est indispensable de réduire la fiscalité de façon significative.

      • Encore un qui confond impôt et cotisation social…

        • Les deux sont des prélèvements obligatoires. Vous pouvez aussi les appeler taxes, prélèvements, contributions ce sera toujours une spoliation imposée par l’état.

    • Figurez vous qu’il est possible d’investir loin des pattes velues et boudinées de l’état français. Que face au risque de dérapages de la fiscalité due à la gourmandise irrépressible de l’état français, les individus mettront en balance le risque de change et les risque d’entreprises à l’étranger, et s’apercevront que le risque en France est nettement plus élevé.
      Du coup, ils financeront les entreprises étrangères au lieu de bloquer bêtement ses revenus durement gagnés. Les étrangers vous diront « merci les français » .

    • Il est clair que la TVA est supportée par le consommateur français ( et -un peu – les touristes) . Elle est donc bien plus légitime pour financer les avantages qui ne profitent qu’aux Français – tout ce que notre « modèle social » apporte en plus, à vrai dire d’abord la retraite plus importante qu’ailleurs – que toute « charge sociale » ajoutée sur les coûts de production – et donc les prix des produits – d’ entreprises en concurrence avec des entreprises étrangères qui ne la paient pas.

      Comment croyez-vous que les Danois qui ont un modèle social aussi coûteux que le nôtre font-ils pour avoir une agriculture et une industrie de la machine outil compétitive ?

    • alors que l’objectif devrait être d’avoir les actifs les mieux payés et les plus productifs possible.

      Un caissière suisse touche 4300 euros chez Aldi alors qu’une caissière française touche 1308 euros pour le même emploi.

      Les français sont classé 9eme pour le pouvoir d’achat en Europe, la France est classée no 2 mondial pour la fiscalité.

      Gardez aussi vos postulats de droite complètement faux qui vendent la baisse du coup du travail comme une solution

      Ce n’est pas un « postulat de droite » mais de la simple logique, vous n’achèteriez pas vos kinder bueno 12 euros la pièce.

      Voilà pourquoi une caissière gagne un salaire de misère en France :

      Sur 148 pays la France est classée:
      -134ème pour les prélèvements obligatoires.
      -130ème place pour le poids global des réglementations
      -117ème pour la flexibilité.
      -144ème pour les règles trop strictes encadrant les licenciements.
      -137ème pour la fiscalité défavorable à l’investissement privé,
      -135ème pour la dette publique,
      -134ème pour le taux d’imposition en pourcentage des profits,
      -127ème pour les incitations fiscales à travailler
      -137ème pour les règlementations liées au fait d’entreprendre.
      -135ème pour les relations conflictuelles entre entrepreneurs et salariés

  • Ben… un article à charge contre Macron, ça change du paysage actuel en France où il est encensé tous les jours depuis des mois.

    Macron ne veut rien baisser du tout. Il veut nous la jouer boneto en déplaçant quelques sommes à droite pour les reprendre à gauche.

    Les postulats de droite sont peut-être faux, mais ceux de gauche nous ont mis dans une panade noire depuis des années. La France va mal à tous points de vue et personne n’en parle. Continuons comme ça, un jour, ça va péter.

    Les charges sociales sont un des freins les plus forts à l’emploi en France. Le travail est cher, très cher, les entreprises ne « l’achètent » pas. => Chômage. C’est aussi simple que ça.

    • D’accord avec Laurent.
      Pour la TVA sociale elle a le très grand avantage de faire participer les importations à notre système social qui pèse essentiellement sur les entreprises françaises, et permettrait d’abaisser un peu leurs charges les rendant plus compétitives. Combien d’entre nous regardent le prix d’un produit avant de regarder son origine et préfèrent acheter français ?… Nos entreprises se sont nos emplois, la source de notre richesse nationale. Elles n’ont pas à supporter un système social de plus en plus lourd qui les plombe. C’est à l’ Etat de le faire…

      • Le « acheter français » est un sophisme économique.
        Le but d’une taxe est de financer les dépenses publiques, certainement pas de pénaliser les importations dans une optique protectionniste.
        La TVA est au moins aussi néfaste que les autres impôts: en plus d’encourager les fusions verticales entre boites et d’avoir un impact catastrophique sur la concurrence, c’est un impôt sournois très facile à augmenter car diffus

    • Non, ce n’est pas aussi simple que ça. Les charges font parti du salaire. Le travail en Suisse (modèle libéral) est encore plus cher qu’en France et ils n’ont pas de chomage. En suivant votre raisonnement, l’Afrique devient un modèle à suivre avec ses salaires très faibles.

      • Le travail en Suisse (modèle libéral) est encore plus cher qu’en France et ils n’ont pas de chomage.

        Vous fournissez l’explication : la Suisse est en situation de quasi plein emploi, d’où les salaires élevés. Seulement 4 lignes de déductions sur le bulletin mensuel.

      • Les charges font parti du salaire.

        Non, car dans les charges il y a dans les pays étatisés comme en France des sommes folles qui ne servent absolument pas au citoyen-contribuable et qui n’ont rien à faire dans son salaire.
        http://www.observatoiredesgaspillages.com/2009/05/associations-les-subventions-les-plus-delirantes

        Et ce n’est qu’une goutte d’eau, la dépense publique représente 67’000 euros par salarié du privé.

        Le travail en Suisse (modèle libéral) est encore plus cher qu’en France et ils n’ont pas de chomage.

        C’est un tout, dans les pays du nord ils ont beaucoup de charges, MAIS une économie très libre donc très dynamique, en Afrique les salaires sont bas, MAIS le droit et les libertés ne sont pas assurés donc le risque est énorme.

        La France cumule tous les mauvais points, sur 148 pays la France est classée :
        -134ème pour les prélèvements obligatoires.
        -130ème place pour le poids global des réglementations
        -137ème pour les réglementations liées au fait d’entreprendre.
        -117ème pour la flexibilité.
        -144ème pour les règles trop strictes encadrant les licenciements.
        -137ème pour la fiscalité défavorable à l’investissement privé,
        -135ème pour la dette publique,
        -134ème pour le taux d’imposition en pourcentage des profits,
        -127ème pour les incitations fiscales à travailler
        -135ème pour les relations conflictuelles entre entrepreneurs et salariés

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