François Fillon, victime d’un parquet soumis au pouvoir politique ?

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François Fillon, victime d’un parquet soumis au pouvoir politique ?

Cet article en est un d’opinion. Il ne représente que le point de vue de son auteur
Publié le 12 avril 2017
- A +

Par Vincent le Coq.

Je m’empresse de préciser, à l’attention des suppôts de Fillon très actifs en ce moment sur le Net, que mon propos revêt un caractère général et que je l’illustre par la situation de leur champion seulement parce qu’il constitue un excellent révélateur de la nécessité de réformer l’articulation des pouvoirs. Singulièrement d’organiser enfin l’indépendance des parquetiers.

François Fillon victime de la soumission du parquet au politique

Depuis le 24 janvier dernier et les premières révélations par la presse du financement singulier de la PME Fillon ayant conduit à l’enquête du PNF puis à la saisie de trois juges d’instruction, François Fillon, par ailleurs incontestable « fashion victim », n’a eu de cesse de reconnaître ses « erreurs » passées (employer femme et enfants à prix d’or sur fonds publics, accepter des « cadeaux », des « prêts sans intérêts » fort tardivement remboursés), sans jamais tirer les conséquences pratiques de ses actes de contritions cathodiques. Parallèlement, François Fillon se déclare victime d’une « tentative d’assassinat politique », puis d’un « coup d’État institutionnel venu de la gauche ». Bref d’une justice partiale.

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Force est de constater que lorsque, à l’inverse, François Fillon ambitionne de faire perdre le sommeil à tous ceux qui étaient à l’origine de la révélation de son mode de vie sardanapalesque, en se fondant sur quelques lignes d’un livre, Bienvenue Place Beauvau, le PNF s’empresse de refuser de se saisir. « Les affirmations du livre  sont trop imprécises et manquent trop d’étai pour pouvoir justifier l’ouverture d’une enquête préliminaire », explique le procureur national financier, Éliane Houlette.

François Fillon découvre empiriquement qu’il n’est pas sain que le parquet ne soit pas indépendant du pouvoir politique.

François Fillon bénéficiaire aussi de la soumission du parquet au politique

Dans la famille Fillon, on aime les belles caisses. Papa craque littéralement pour les Ferrari, prêtées par de riches mécènes ; plus modeste, fifils se contente de jouer avec le 4×4 Toyota de papa. Le 9 mai 2009 sur la rocade de Rennes, Fillon fils frôle un scooter et oblige sa conductrice à mordre le bas-côté pour éviter le choc (Voir aussi cet article). Le fils Fillon refuse de s’arrêter et gratifie la jeune femme d’un élégant doigt d’honneur.

Après la plainte déposée par Guylène G. aide-ménagère et mère de trois enfants qui s’est vue poussée par jeu et a cru « sa dernière heure arrivée », le chauffard a été vite identifié. Et l’enquête encore plus vite classée.

Envoyé devant le délégué du procureur qui prononce un simple « rappel à la loi », Fillon fils « accepte de payer le coffre à bagages du scooter endommagé, même s’il n’a pas le sentiment de l’avoir abîmé, et veut bien réfléchir à une indemnisation ». Et de préciser que « sa réponse parviendra sous huitaine avec ou sans chèque ».

Finalement, le fils Fillon bien élevé a envoyé une lettre à la victime. Il regrette de lui avoir fait peur, mais refuse le principe même d’une indemnisation car il y a eu dans les médias une utilisation de l’incident « qui n’est pas acceptable ». « Pour l’heure, le procureur de Rennes n’a rien trouvé à y redire, souligne le Canard ». En 2009, François Fillon était Premier ministre.

François Fillon favorable à la soumission du parquet au politique

François Fillon candidat à l’élection présidentielle de 2017, s’était initialement déclaré en faveur d’une « justice indépendante ». Il prônait notamment « l’impartialité et l’indépendance des juges du siège », « une plus grande autonomie du parquet ». Il suggérait de « nommer les magistrats du parquet sur proposition du gouvernement avec avis conforme du CSM », ce qui a été la pratique constante des gardes des Sceaux du quinquennat Hollande.

Mais, si le candidat Fillon plaidait pour « une plus grande autonomie du parquet », il exposait dans le même temps qu’il faut « répondre en même temps à l’exigence de maintien d’un lien organique avec le pouvoir exécutif issu du jeu démocratique pour s’assurer que la volonté du peuple en matière de justice pénale soit appliquée et respectée ». C’est parfois bien pratique, en effet, un parquet qui devance les desideratas- exprimés ou implicites- du pouvoir du moment.

Nul ne peut évidemment se réjouir que les ennuis judiciaires du candidat « de la droite républicaine » contraigne aujourd’hui son épouse, Penelope, à devoir mettre son réveil à l’heure où la France qui travaille se lève. Toutefois, il est bon que, de temps en temps, un politicien de carrière, devenu « hors sol », car il a cessé de partager le sort des Français, touche du doigt la réalité de ses concitoyens. Pour rappel, François Fillon, à 63 ans, est élu depuis 35 ans, « en politique » depuis 42 ans, selon les calculs de Philippe Pascot (Allez (presque tous) vous faire…, p. 129).

Désormais, les justiciables du quotidien, dont le sort indiffère au plus haut point les hommes politiques, ne peuvent qu’espérer que les tribulations judiciaires de François Fillon feront enfin prendre conscience à l’ensemble du personnel politique qu’il est judicieux de doter la France d’un véritable pouvoir judiciaire et d’un parquet indépendant, car c’est parfois bien utile, quand on est dans l’opposition.

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  • madame fillon n’a donc pas eu le temps d’éduquer sa progéniture ? ne serait ce que le respect à autrui ? entre son travail pour son mari , son jardin , ses fleurs et ses chevaux , il faut croire qu’il restait peu de place pour l’éducation parentale ;

    • Véra,
      Et encore, vous oubliez ses nombreuses missions (depuis 1982 semble-t-il) son important travail comme assistant parlementaire, ses nombrables (deux) notes de lecture outre ses conseils stratégiques pour repositionner une revue… et je ne suis pas certain d’avoir épuisé les compétences de ce Pic de la Mirandole en jupon.

  • Allez enquêter chez Macron, votre haine n’a d’égal que votre frustration. Il y aura toujours des gens comme vous qui trouveront matière à critiquer. Si nos critiques vous nourrissent, bon appétit. Signé, suppôt de Fillon.

    • Crunch,
      « votre haine », « votre frustration ».
      La dernière fois, c’était « (votre) esprit totalement français ( petit) »
      Vous n’avez rien à répliquer concernant le message, alors vous attaquez- mal (de chacun selon ses moyens)- le messager.

      « Il y aura toujours des gens comme vous qui trouveront matière à critiquer ».
      En effet, quand un chauffard manque, par jeu, de tuer une femme sur un deux roues, il y a matière à critique.
      Quand le procureur de la République refuse d’engager des poursuites, il y a matière à critique.

      Mais vous n’êtes pas très cohérent : « Allez enquêter chez Macron ». Je suis un frustré haineux quand je m’intéresse à François Fillon, mais je deviendrais selon vous très objectif et mon travail très utile si j’enquêtais sur Macron? Il est dix heures et vous n’avez pas pris vos pilules.

  • Vous savez monsieur Le Coq, cela fait déjà quelques semaines que l’acharnement anti-Fillon est devenu sans effet, voire contre-productif.

    • Hug,
      Deux brèves observations.
      – Dès que l’on écrit F-i-l-l-o-n dans un texte, un fillonniste se précipite pour qualifier l’auteur du papier de pauvre type : « un, qui se permet de juger avec son esprit totalement français ( petit) » (Crunch sous mon précédent papier) ou que l’analyse proposée relève de « l’acharnement anti-Fillon », comme vous le faites.
      – Vous considérez que mon papier sert plutôt ses intérêts : « cela fait déjà quelques semaines que l’acharnement anti-Fillon est devenu sans effet, voire contre-productif ». Vous devriez donc me remercier de favoriser votre champion, et vous devriez vous-mêmes écrire des papiers saignants à son encontre.

      Le procureur de la République se désintéresse du fait que l’un des fils Fillon confonde un 4×4 et des auto-tamponneuses et cela vous laisse indifférent. Je vous souhaite de ne pas croiser la route du chauffard ni en qualité de victime celle de ce magistrat.

      • Je préfère de loin que l’on s’attache à parler de son programme, bien qu’il ne le favorise en fait pas vraiment, tant les français restent aveugles sur la situation de plus en plus délicate de notre pays et ne veulent pas comprendre que le socialo-étatisme qui n’a fait qu’étendre ses tentacules depuis 40 ans nous étouffe progressivement à vouloir trop nous protéger.

        • Je crois que le pays a déjà le nez dans le mur. Dans quelques microsecondes, quelques mois à l’échelle des polytocards, cela va se voir.

  • Combien d’affaires judiciaires aboutissent à une condamnation lorsque les preuves manquent alors que l’on est sur qu’il y a eu delit ?
    Un juge devant tant d’injustices n’a pas besoin de pressions lorsqu’il a un gros poisson dans ses filets pour aller au delà de l’abus de pouvoir….Les affaires politiques comme celles concernant Sarkozy ou Fillon sont des abus de pouvoir avant d’être des affaires de juges ‘rouges’ ou d’etat !

  • Pour illustrer votre article, je vous informe que les actes de violences volontaires avec ITT < 8 j (incapacité totale volontaire) sont à Montpellier classé sans suite par le procureur. L'action civile est dès lors éteinte, et les victimes et Caisse d'assurance maladie sont déboutés. Imaginer ces victimes ayant à payer de leur poche les frais dentaires et d'optiques après avoir été agressées ! Dans le même temps l'arrachage d'une chemise d'un PDG (absence d'ITT) donne lieu à des poursuites et à des condamnations !
    Selon que vous serez riche ou misérable….

    • Despi,
      Je vous remercie de cette information, que j’ignorais.
      L’étudiant en droit rétorquerait qu’il est possible de vaincre la résistance du parquet par une constitution de partie civile.
      Mais, outre que le coût du procès s’ajoute alors à celui de l’agression, en cas de constitution de partie civile faisant suite à un classement sans suite, la victime ne peut espérer- dans les faits- la moindre aide du parquet, et il n’est pas assuré de celle du juge d’instruction (effet de la solidarité corporatiste des magistrats).
      Je partage évidemment votre conclusion.

  • Mouis… il faudrait quand-même être un peu plus précis.
    Il y a d’un côté l’indépendance du juge (en ce compris le juge d’instruction) qui doit être totale. Elle doit être assurée par une sécurité d’emploi – pour éviter les pressions surtout. En contrepartie, le juge devea

  • L’indépendance de la justice, un sujet récurent sur lequel Vincent LE COQ nous apporte un éclairage objectif.
    L’indépendance de la justice est souvent présentée comme un gage essentiel de l’impartialité des magistrats qui sont sensés rendre la justice.
    Dans les faits, cette « indépendance » est devenue créatrice d’une corporation politisée, composée de magistrats qui se comportent comme des citoyens au dessus des lois, inattaquables et inamovibles, adoubés par leurs pairs dès leur admission au concours d’entrée à l’Ecole Nationale de la Magistrature dont les professeurs ont tous des liens avec la magistrature.
    Dans ces mêmes faits, la carrière professionnelle des magistrats est régentée par l’allégeance nécessaire à certains « dominants » ayant un pouvoir interne de notation et d’orientation sur le devenir professionnel de chacun des membres.
    De toute évidence, le Conseil Supérieur de la Magistrature n’est qu’une chambre d’enregistrement des représentants d’une corporation.
    Or, comme dans tous les corporatismes, la discipline, de droit ou de fait, exercée par les « dominants », entraîne de facto l’adhésion aveugle de l’ensemble.
    Il suffit donc, pour le pouvoir en place, d’influer sur un nombre limité de personnages pour entraîner le restant de la meute…
    Un tel procédé est aussi anormal qu’antidémocratique car, il constitue un moyen important pour conforter et pérenniser le pouvoir politique en place.
    La campagne actuelle pour l’élection du « Roi de France » en est l’expression flagrante…

    • @ Duglandin,
      Je vous remercie de votre intervention.
      En effet, pour être crédible, la justice doit être une institution neutre.
      Trois dangers la guettent. Les pressions politiques, les tentations d’argent, les connivences corporatistes.
      Il me semble- et nous partageons manifestement cette position- qu’il faut imaginer un statut des magistrats qui les protège efficacement des tentations et sanctionne sévèrement les dérives.

  • Désolé pour le premier envoi. Je reprends donc: il faudrait quand-même être un peu plus précis.
    Il y a d’un côté l’indépendance du juge (en ce compris le juge d’instruction) qui doit être totale. Elle doit être assurée par une sécurité d’emploi – pour éviter les pressions surtout. En contrepartie, le juge devrait se conformer à un strict devoir de réserve (une affiliation à un syndicat est problématique, surtout si celui-ci est politiquement engagé).
    Par contre, la situation pour le parquet est un peu différente. Le gouvernement doit pouvoir leur donner les priorités en matière de politique pénale par exemple. Ce qui est scandaleux, ce sont les injonctions particulières (enquêtez sur telle personne, n’enquêtez pas sur telle autre), qui sont en fait et en droit des ruptures de l’égalité devant la loi. En d’autres termes des privilèges.

    • Bruno Dandolo,
      Vous retenez la distinction cardinale entre les « assis » et les « debout ».
      J’ai essayé de montré dans mon bouquin que les projets de carrière, l’ambition politique ou le goût des médailles transcendent cette distinction. Un magistrat- indépendamment de son statut- a tout intérêt à servir les intérêts de ceux qui maîtrisent sa carrière professionnelle et peuvent favoriser ses ambitions. D’où la tentation de rendre des services.

      S’agissant de votre remarque sur le parquet, vous avez raison d’écrire que « le gouvernement doit pouvoir leur donner les priorités en matière de politique pénale ».
      Je crois pourtant que vous n’allez pas assez loin en vous arrêtant aux seules instructions individuelles formalisées.
      Dans mon exemple : le fils du Premier ministre se conduit comme un danger public. Y a-t-il eu « instruction particulière » en bonne forme? Je l’ignore, mais elle n’était pas nécessaire.
      Il est certain que le parqueter sait pertinemment que poursuivre Edouard Fillon en 2009 ne peut que nuire à son avancement et que faire prestement disparaître le dossier sous le tapis sera apprécié en haut lieu (procureur général, Chancellerie, Matignon).

      Je reviens donc à mon propos général. Il faut séparer l’institution judiciaire du pouvoir politique en termes de gestion de carrières professionnelles, d’attribution de médailles, de perspectives de mandats politiques. Vous avez raison d’écrire : « une affiliation à un syndicat est problématique, surtout si celui-ci est politiquement engagé ».
      Un parlementaire ne peut, par application de son statut, recevoir la Légion d’honneur. Les justiciables gagneraient à ce que cette prohibition soit étendue aux magistrats.
      Cette séparation institutionnelle ne ferait évidemment pas obstacle à l’existence d’une politique pénale.
      A titre personnel, je suis soumis à des obligations statutaires. Je n’ai pourtant aucun compte à rendre à mon ministre « de tutelle ».

      • Aïe,
        « J’ai essayé de montré »
        J’avais initialement écrit « j’ai montré », puis j’ai opté pour une formule plus modeste, « j’ai essayé de » et j’ai omis de corriger « montrer ».

  • Article qui met le doigt sur un des maux de notre beau pays. Nous n’avons pas une justice mais des justices et ce à tous les niveaux. C’est extrêmement dangereux et sape absolument tout : la justice est une des pierres d’angle d’un pays . Rien ne peut décemment se construire sur une justice défaillante. Nos hommes politiques, en l’utilisant à leurs petits ou gros profits ont une lourde responsabilité dans ce qui risque d’advenir au pays. Honte à eux .

  • Les considérations générales sont intéressantes mais l’article vire à une prose digne du tabloïd le plus tabloïd.

  • Bonjour

    La justice en france n’est pas indépendante et les poursuites judiciaires sont entravées par le politique quand elles les concernent.

    Nous vivons dans un capitalisme de connivence faite d’interventions politiques favorables à l’entreprise amie avec retour d’ascenseur (les petits cadeaux). Dans le cas de Fillon, il a fait comme tout le monde (malheureusement), mais le pouvoir voulait sa peau et n’a pas bloqué la procédure.

    En plus rajoutez des médias massivement de gauche, on obtient un lynchage médiatique (bien mérité).

    C’est comme en Russie, quand un politique devient gênant on le fait passer par la case justice.

    Une démocratie libérale, c’est une séparation des pouvoirs et non la justice instrumentalisée par l’état.

    • Nous sommes en -49 av JC :
      Jules César veut se présenter aux élections pour le Consulat. Pour éviter l’attaque en justice que lui a jurée Caton et qui l’empêcherait de faire campagne, il lui faut conserver son mandat de proconsul Gaule, et être candidat malgré son absence de Rome. Incapable de sortir de ce piège, il franchira le Rubicon.
      Comme vous le voyez, l’instrumentalisation de la justice par le politique n’est pas une nouveauté.

  • Vous pourriez citer le fiston Hollande qui se permet des poules party dans les domaines de l’état, et aux frais de cet état. Que fait la justice ❓ N’est-ce pas du recel ou de l’ABS ❓

    • @ Michel C,
      « Vous pourriez citer le fiston Hollande », et, comme le mentionne GN, Jules César…
      Un article sur le Net est toujours trop court. Mais c’est toujours le médium qui formate le message.
      Techniquement, l’ABS est spécifique au droit des sociétés.
      Pour autant, j’ai comme vous lu que Thomas Hollande avait privatisé la Lanterne.
      http://www.valeursactuelles.com/politique/hollande-les-soirees-de-son-fils-aux-frais-de-letat-62814
      Vous constaterez que l’article ne mentionnait pas les écarts de conduite d’Edouard Fillon, ni Jules César.

      • En principe, c’est Fillon qui devrait être en cause dans l’article, pas son fils même si celui-ci est mal éduqué et se comporte en brute.

        Mais bon, en un certain sens, vous avez raison : la fille Hollande participe aussi à la fête en Corse. On ne peut tous les citer. C’est pourquoi je prend un malin plaisir à le souligner.

        Toute la classe politique est pourrie. Pourrie de l’argent gratuit des autres à qui il suffit de balancer des leçons de morale pour les tondre.

  • Cet article démontre avec justesse la nécessité d’avoir une justice indépendante, de passer d’une autorité à un pouvoir judiciaire.
    Malheureusement, vous ne précisez pas les modalité d’une telle transformation qui n’est pas sans risque.
    Le danger est de voir se former un état dans l’état, une caste auto-reproductible sans aucun contrôle démocratique.
    De plus, les magistrats seront toujours des humains, avec leurs faiblesses et leurs convictions, qui seront toujours tentés d’utiliser leurs pouvoir à des fins non judiciaires.
    La mise en place d’un contrôle interne et externe à l’institution judiciaire ne fait l’objet d’aucun débat public en France.

    • Il faudrait une réforme de la justice dans le sens des intérêts de tous les citoyens sans considération de leur position sociale ou de leur orientation politique et ce, dans le respect strict de la législation.
      Par exemple, si la loi institue le secret de l’instruction, il faudra sanctionner sévèrement toute divulgation d’information par quelque moyen que ce soit.
      Il faudrait que tout justiciable puisse, optionnellement, exiger que les magistrats professionnels soient complétés par un jury de simples citoyens; les décisions de justice étant ainsi prises à la majorité…
      Il faudrait réformer le CSM – Conseil Supérieur de la Magistrature – qui passerait de ses fonctions actuelles de chambre d’enregistrement de décisions corporatistes, en organisme réel de discipline car intégrant, au moins à parité avec les magistrats, des membres du Parlement.

    • GN,
      – Vous avez absolument raison d’écrire que « le danger est de voir se former un état dans l’état, une caste auto-reproductible sans aucun contrôle démocratique. ».

      – « Malheureusement, vous ne précisez pas les modalité d’une telle transformation qui n’est pas sans risque. » Le format d’un article du Net est toujours trop court pour traiter de façon exhaustive une question.

      – « La mise en place d’un contrôle interne et externe à l’institution judiciaire ne fait l’objet d’aucun débat public en France. » Je cite, dans mon bouquin, la proposition de réforme du CSM par Renaud Van Ruymbeke.
      Sa proposition, pour éviter la dérive corporatiste, est d’ouvrir le CSM à la « société civile » et de le fermer aux magistrats. C’est une piste intéressante. On pourrait également étudier les propositions d’Etienne Chouard de contrôle citoyen des institutions (ici judiciaires). On pourrait encore s’intéresser aux modalités de désignation des magistrats à l’étranger. Je songe ici à l’élection (Etats-Unis, Suisse). Mais c’est un débat qui appelle de trop longs développements pour le Net.

      • @Vincent Le Coq
        Merci pour votre réponse.
        Je constate que vous évoquez l’élection des magistrats pour modérer le corporatisme judiciaire.
        J’ai plusieurs fois évoqué cette solution, en particulier au pieds des articles de Philippe Bilger, mais cette idée n’a pas eu d’écho favorable.

  • D’une manière plus générale, nos chers législateurs prennent bien soin de ne jamais être concernés par les lois qu’ils votent.
    Ce qui les rend complètement irresponsables, car contrairement au reste des Français, ils n’ont pas à subir les conséquences de leurs actes.

    Peut etre faudrait-il commencer par là, et par leur appliquer leurs lois en avant première à eux exclusivement, pendant une période « de test » ?

  • Monsieur Le Coq,
    1er point : Les suppôts de Fillon, dont je fais partie, sont très actifs sur le net car les autres médias journaux, radios et télés roulent à fond pour la gauche et Macron.
    2ème point : il n’y a pas que Fillon qui est victime de cet acharnement judiciaire à sens unique ( qu’en est-il des millions évaporés de Macron, entre autres…), il y a les millions d’électeurs qui l’ont choisi pour candidat et il y a la démocratie qui est détournée au profit d’une caste qui entend bien garder le pouvoir.
    Et pour ma part, je pense que la première victime sera la France !
    Votre article est d’une grande malhonnêteté et montre bien de quel bord vous êtes. Vous instruisez totalement à charge dans des termes qui ne méritent que mépris et vous n’avez aucune notion de la présomption d’innocence. Vous prétendez défendre une justice indépendante, mais c’est certainement celle du « Mur des cons »…

    • Odidole,
      Ayant précédemment été agressé par deux fillonnistes au pied d’un papier qui critiquait- il faut le rappeler- l’instrumentalisation de la justice par François Hollande, j’ai décidé d’être désormais un peu taquin.

      1er point : Vous écrivez « les autres médias journaux, radios et télés roulent à fond pour la gauche et Macron. » Et c’est exact s’agissant de Macron, qui n’est pas de gauche. Je l’ai d’ailleurs mentionné dans mon dernier bouquin (p. 14). Mais vous ne l’avez pas lu, vous êtes fillonniste, ce qui vous tient lieu de culture.

      2eme point : « Et pour ma part, je pense que la première victime sera la France ! »
      Depuis 1981 (et non 1983), une très grande continuité caractérise la politique économique française. Les alternances ne sont aucunement des alternatives.
      Son projet- toujours au plan économique- ne diffère guère de celui d’Emmanuel Macron. Mais vous ne les avez pas comparé, vous êtes fillonniste, ce qui vous tient lieu de pensée.

      Le bilan de Fillon?
      Quand il arrive au pouvoir, le déficit de la France est de 2, 7 % du PIB. Quand il rend les clés, le déficit atteint 7, 1 %. Le déficit est creusé de 600 milliards.
      Politique de défense? Il soumet la France au commandement intégré de l’OTAN.
      Je ne développe pas. Dans tous les domaines, la purge néolibérale du bon docteur Fillon avait aggravé la situation de la France et dégradé la situation des Français.

      « Votre article est d’une grande malhonnêteté (…) Vous instruisez totalement à charge dans des termes qui ne méritent que mépris (…) Vous prétendez défendre une justice indépendante, mais c’est certainement celle du « Mur des cons »… »
      Vous ne savez rien sur moi. Vous n’avez lu aucun de mes bouquins. Mais vous avez une idée arrêtée. C’est parfaitement normal, vous êtes un fillonniste…

    • Le pb de fillon n’est pas que juridique… les puissants ne sont d’ailleurs jamais condamnés.

      Le pb de De fillon est avant tout une question d éthique.
      – il a lui même fixé des exigences fortes, gagnant les primaires en partie sur ce thème. Il continue de citer De Gaulle… qui payait de sa poche les repas non « professionnels « …
      – il a avoué lui même avoir embauché femme et enfants, pour des travaux qu’il lui suffisaient de mettre sur la place publique… il a beaucoup menti sur ses propres déclarations..
      – penelope explique elle même ne pas du tout bosser pour son mari, au delà de quelques tâches comme le font bénévolement tellement de conjoint de personne engagée dans la vie sociale, syndicale, associative, politique.
      – la justice rattrape de temps à autre ces élites hors sol… quand on est pris les doigts dans le pot de confiture, pas la peine de s’en prendre à un quelqconque cabinet noir…

      Fillon est pitoyable, indigne, parjure….
      Ses supporters envers et contre tout, au sujet de sa personnalité de sa capacité à gérer les affaires du pays, étc.. sont pathétiques,

  • Je conçois tout à fait que ceux en charge de la mise en oeuvre de la politique pénale (les parquetiers) ne perdent pas leur lien organique avec le souverain (le peuple).

    Aujourd’hui, nous avons résolu cette question en plaçant le parquet sous la tutelle de l’exécutif. Mais nous pourrions alternativement élire les parquetiers, ce qui permettrait d’éviter cette tutelle assez critiquable. C’est, de mémoire, ce qui se fait aux Etats-Unis pour les district attorneys.

    Je ne suis pas sûr en revanche que l’élection des juges du siège soit quelque chose de souhaitable dès lors qu’ils doivent juger en toute impartialité, ce qui suppose leur indépendance y compris par rapport au peuple (même s’il juge en son nom).

    • @ Romain D,
      Heureux de poursuivre notre échange.
      Mon propos pourrait en définitive se ramasser en deux formules :
      – Pas d’autorité judiciaire (car subordonnée au pouvoir politique). Eviter la dérive politique.
      – Pas de pouvoir judiciaire sans contre-pouvoir. Eviter la dérive corporatiste.

      Au plan des modalités, je n’ai pas de religion arrêtée.
      Votre proposition, consistant à distinguer un parquet qui met en oeuvre une politique pénale et des magistrats du siège est intéressante. Mais, un contrôle doit (à mon sens) également être prévu concernant les magistrats du siège, qui, comme vous le rappelez à juste titre jugent « au nom du peuple français ».

      • Très interessant !
        Concernant le contrôle des magistrats du siège, n’en existe-t-il pas déjà plusieurs avec les différents niveaux d’appels disponibles ? (1ere instance, appel, cour de cassation / conseil d’etat) ?
        Est-ce suffisant ?
        Je ne connais pas suffisament le droit sur ce point, un justiciable impliqué dans un procès peut-il demander la récusation d’un juge si ce dernier commet une faute ?

        • @AxS,
          « un justiciable impliqué dans un procès peut-il demander la récusation d’un juge si ce dernier commet une faute ? » C’est tout le problème.
          Dans les faits, un magistrat est irresponsable.
          – Pas de responsabilité pénale. La Cour de cassation a affirmé qu’une décision de justice n’est pas constitutive d’une infraction pénale (Cass crim. 9 décembre 1981). Avec un trompe l’oeil en 2006;
          – responsabilité disciplinaire inexistante, (corporatisme);
          – responsabilité civile jamais engagée, alors que depuis 1972 l’Etat dispose d’une action reconventionnelle contre le magistrat fautif.

          • Donc, ces gens ne méritent pas d’être fonctionnaires.

          • Qu’ils ne soient pas personnellement responsables pénalement peut se comprendre : Si le juge pouvait etre poursuivi personnellement, ça pourrait entrainer des situations avec pressions, etc, l’empechant de juger impartialement.

            Mais ça n’empeche pas qu’on devrait pouvoir récuser un juge compromis (à définir ce qu’est ce compromis), qui serait alors remplacé par un autre « étranger » à l’affaire.

            • AxS,
              Dans un arrêt du 13 juillet 2011, le Conseil d’Etat (1ère et 6ème sous-sections) a jugé qu’un événement dont il n’est pas discuté qu’il s’est produit le 15 septembre 2010 était antérieur au 4 août de la même année.
              C’est à l’évidence un faux intellectuel.
              Mais il est impossible, en pratique, d’obtenir que les magistrats qui rendent ce genre de décisions soient sanctionnés.
              Je précise que la présidente de la 6ème sous-section est, ultérieurement, devenu directrice de cabinet de Christiane Taubira.
              J’ai attiré l’attention de Christiane Taubira sur le fait qu’elle avait désigné comme sa première collaboratrice une faussaire.
              Christiane Taubira ne m’a évidemment jamais répondu.
              Illustration banale, mais intéressante dans sa banalité même, de la radicale indifférence du personnel politique vis-à-vis de l’honnêteté la plus élémentaire.

  • Monsieur Le Coq, je ne risque pas de lire vos bouquins. Votre prose m’a amplement suffi et je ne partage pas votre analyse du bilan de F.Fillon. Si j’ai choisi Fillon lors des primaires, ce n’ est pas pour la personne, c’est pour son programme, le seul pour moi susceptible de relever la France à la suite des 5 années de destruction massive de FHollande (qui l’a avoué lui-même il y a quelques semaines …). Si j’avais pu voter Sarkozy, je l’aurais fait, mais avec l’ acharnement politico-judiciaire et médiatique qu’il subissait depuis 2012, je savais qu’il n’ avait aucune chance d’être élu. Je savais aussi que cet acharnement se repporterait
    sur Fillon à la seconde de l’annonce de son élection aux primaires, mais il en aurait été de même pour n’importe quel candidat élu par la droite…Vous conviendrez avec moi que malgré cet acharnement, N.Sarkozy n’a encore jamais été condamné… mais son image est détruite dans l’esprit de beaucoup de Français, tout comme celle de Fillon, alors que cet homme n’a fait que ce que font tous les autres parlementaires et membres du gouvernement et certainement beaucoup moins que nombre d’entre eux, profiter des avantages liés à sa fonction.

    • Impayable Odidole,
      A 12 heures 50, vous soutenez « que cet homme n’a fait que ce que font tous les autres parlementaires et membres du gouvernement et certainement beaucoup moins que nombre d’entre eux, profiter des avantages liés à sa fonction ». A 11 heures 48 vous écriviez que je n’avais « aucune notion de la présomption d’innocence ».

      Donc,
      – vous savez ce font tous les autres parlementaires et membres de gouvernement (tous pourris);
      – et vous connaissez même le montant des détournements de chacun.
      Et bien sûr, vous, vous respectez scrupuleusement la présomption d’innocence…

      « je ne partage pas votre analyse du bilan de F.Fillon »
      J’ai rappelé des faits :
      – La dette. Le déficit public de la France est passé de 2,7% du PIB en 2007 à 7,5% en 2009, avant de redescendre à 7,1% en 2010, puis à 5,2% en 2011. Vous avez d’autres chiffres?
      – Le chômage. En mai 2007, le nombre de chômeurs de catégorie 1 (devenu catégorie A) atteignait 2, 1 millions de personnes En janvier 2012, 2, 9. Mais on peut retenir les catégories B, C, D ou E si cela vous chante. Vous contestez?
      – Le triple A de la France, a été perdu à l’époque Sarko-Fillon… Un autre oubli de votre part?

      A la lumière de son bilan économique, il est à tout le moins aventureux de soutenir que le programme de F. Fillon  » (est)le seul pour moi susceptible de relever la France ».

      Puisque vous avez manifestement du temps libre, je vous invite à pointer les ressemblances-dissemblances entre les programmes (Fillon/Macron). Ils sont, pour l’essentiel, largement interchangeables.

      D’ailleurs, depuis quarante ans, les politiques de la « deuxième gauche » et de la « droite républicaine » sont interchangeables. C’est précisément pourquoi se profile un second tour MLP Mélenchon.

      • Et c’est exact s’agissant de Macron, qui n’est pas de gauche.

        Ah bon : et d’un il suffit de le déclarer pour l’être. Et de deux, c’est le nain survolté à piles et talonnettes qu’il faudrait critiquer en premier lieu pour ce bilan : Sarkonain, capitaine total(itaire) à cette époque. Même si je partage vos critiques qui sont recevables. Cependant si Fillon n’est pas libéral, Macron l’est encore moins, c’est un étatiste dans la veine Hollande. Il aurait fait ce qu’à fait Sarkozy. La libéralisation des bus est une immense plaisanterie. Mes proches ont vu leurs taxes exploser. Un restaurant qui fermait le dimanche doit maintenant ouvrir 7/7 jours pour payer les nouvelles taxes. Une scierie qui perdait de l’argent a vu ses taxes foncières augmenter brutalement, passant à 17000 Euros, et on se demande bien quel est l’apport de la commune, vu les coupures internet fréquentes, le débit ridicules, les expertises de la nappe payées par l’entreprise et non la commune ou la région, le manque de souplesse dans la gestion du personnel qui fait que vous devez payer des gens à se branler se produire. Et après on vient accuser les salauds de patrons. Tout cela sous l’égide de votre chère idole Macron.

        Pour ma part, je préfererai voter Melenchon ou Asselineau que de voter pour type qui a été au pouvoir pendant 2 ans et n’a pas fait grand chose. Au moins tenter quelque chose de vraiment nouveau. Bientôt, je pense mettre une fois, de rage, du PQ dans l’enveloppe de vote, si la situation n’est corrigée dans le bon sens.

        Non Macron n’est pas la solution, il fait partie du problème.

  • Même en faisant abstraction de toute cette affaire qui remonte à très longtemps et qui est chose habituelle dans les paradis fiscaux du sénat et le l’assemblée nationale, François Fillon n’est pas le candidat de la souveraineté et de l’indépendance de la France. En digne héritier d’une droite scélérate frappée du sceau de l’infamie depuis viol du référendum de 2005 sur la constitution européenne, il ne fera que se soumettre à la commission européenne dont il a déjà reçu la feuille de route, laquelle transparait dans son programme d’austérité et de démolition de la Nation.

  • Article bien vu avec humour qui nous rappelle que F Fillon est un vieux routier de la politique. Et fait penser qu’on a besoin de sang neuf!

    • Macron est un pur produit du système (ENA, commission Attali qui lui crée le réseau de contacts lui permettant de faire des affaires chez Rothschild, carrière gérée par ses copains de l’Inspection des Finances, etc.).

      Ses soutiens : Attali, Minc, Bergé, Bayrou, que du sang neuf !

      Fillon est de fait un vieux routier de la politique. Vu ce qui attend le prochain président on peut voir cela comme rassurant. On peut ne pas aimer son programme, mais il tranche sur l’immobilisme chiraquien, le velléitaire sarkozien et l’indécision hollandaise. Il propose d’appliquer enfin en France des mesures qui ont de fait amélioré la situation au Canada, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande, etc.

      On peut discuter tel ou tel point de son programme, toutes les propositions de Macron ne sont pas idiotes, seul Fillon assume l’effort à faire.

      • Vu ce qu’a fait Macron, je me permet de douter de ses capacités.
        Voir le commentaire du 12 avr. 14h35.
        Pour moi, c’est du Hollande bis tout juste lifté chez Otis.
        Je demande à voir les cartes.

  • François Gerber
    12 avril 2017 at 13 h 06 min

    Je souscris entièrement au point de vue développé par l’auteur. La justice en France n’est pas réellement indépendante du pouvoir politique, et pas assez transparente. Ce qui pose de « petits » problèmes avec les habitués du pouvoir en posera d’énormes avec une justice entre les mains des extrêmes. Elle est également atrophiée, le tableau de bord de l’UE sur la justice (le dernier a un an) met en lumière de façon évidente les carences françaises.

    Une question tout de même : les soutiens de Fillon, dont je fais partie, forment-ils un corps établi dont l’unique objectif est de servir leur chef ? Je ne crois pas qu’une telle entité existe. Ce qui existe, c’est un ensemble de personnes qui ont choisi de voter pour un candidat, afin de défendre un programme, selon certaines priorités. Le premier n’est pas sans reproche et le second pas idéal, mais l’offre politique est ainsi. J’en déduis qu’il faut prendre le terme « suppôt » au sens figuré, tel que défini par le Littré : « Celui qui sert aux mauvais desseins d’un autre. »
    Sous entendu : pour accomplir le mal. C’est là que je me sens franchement insulté par l’auteur. On peut voter pour un candidat, le soutenir même, voire le défendre ainsi que la présomption d’innocence, sans avoir à se faire traiter de « suppôt ». L’auteur pourrait-il préciser s’il a commis une maladresse ou s’il a voulu insulter délibérément ?

    • @ François Gerber,
      Je vous remercie de présenter une analyse raisonnée. Et je pense la partager grandement.

      Je réponds maintenant à votre interrogation :
      Contrepoints.org a mis en ligne un précédent papier, le 4 avril dernier.
      En résumé, je critiquais le choix de François Hollande d’instrumentaliser la justice et dessinais la perspective de l’élection de MLP comme conséquence de ce choix.
      Huit jours plus tard semble se profiler un possible second tour MLP Mélenchon, ce qui aurait pour effet de ne pas m’infliger un démenti cinglant.

      Je me suis fait agresser par deux « fillonnistes » qui intervenaient, non pour débattre sur le fond, ce qui est l’objet de ce blog, mais pour m’insulter.

      Je prends dons désormais soin de distinguer des suppôts de Fillon dont les capacités sont bornées par le tronc cérébral de mes interlocuteurs- soutiens de Fillon compris-qui possèdent et utilisent cerveau.

      • @Vincent Le Coq, étant un des deux fillonistes qui vous ont « insulté » (pardon ! mon étroitesse d’esprit ne me l’a même pas fait réaliser), je tiens juste à vous informer de trois choses :
        – vos articles partent d’un point de vue intéressant mais que, du haut de mon étroitesse d’esprit, je trouve très limites du fait d’une confusion entre allégations et faits. Vous n’entendez pas ce point de vue, c’est votre droit, mais de là à vous poser en victime, il y a un pas que vous franchissez bien allègrement !
        – vous êtes semble-t-il juriste de formation et de profession. Or, toujours dans cette propension à flouter la frontière entre allégations et faits, vous oubliez un peu vite la présomption d’innocence et la tendance des médias (français) à présenter les choses de manière partielle et partiale. J’ai pu moi-même le constater à chaque fois qu’un sujet que je connais bien est présenté. J’en déduis que sur les sujets que je connais pas, ils peuvent me faire gober bien des choses si je ne garde pas une certaine distance. Je crédite donc, peut-être à tort j’en conviens, François Fillon de cette part de doute.
        – enfin, je me méfie des gens aussi prompt que vous à juger les autres, et à disqualifier les points de vue comme vous le faites. A méditer, si vous acceptez un conseil de ma part (si vous ne l’acceptez pas, cela ne m’empêchera pas de dormir).

        • @ Elmar,
          « sur les clients de Fillon : là encore, pardon de vous le dire mais êtes dans les élucubrations. » Ca, c’est un refus du débat.

          Quand vous ne disqualifiez pas votre interlocuteur, c’est pour avancer une contre-vérité : « ce qui est permis au citoyen lambda est permis à un ancien PM, et inversement. La loi n’est pas à géométrie variable. »

          Pour être garde-champêtre, il faut disposer d’un casier judiciaire vierge (Philippe Pascot a dénombre près de 400 professions). Mais on peut très bien avoir été condamné pénalement et être ministre (nombreux exemples), Premier ministre (Jean-Marc Ayrault) ou président de la République (l’ambition d’Alain Juppé). Le débat est difficile dans ces conditions.

          « Je trouve très limites du fait d’une confusion entre allégations et faits ».
          Examinons mon dernier papier à la lumière de cette affirmation :
          – François Fillon est poursuivi par le parquet et mis en examen par trois juges d’instruction. C’est un fait.
          – Le PNF refuse en d’enquêter sur la plainte de F. Fillon. C’est un fait.
          – Edouard Fillon a eu une conduite (à tous les sens du terme) critiquable. C’est un fait.
          – Edouard Fillon n’est pas poursuivi par le parquet. C’est un fait.
          – Dans son programme, François Fillon refuse de couper le lien entre parquet et ministre de la Justice. c’est un fait.
          Il n’y a pas « d’allégations ».

          Et vous répétez : « toujours dans cette propension à flouter la frontière entre allégations et faits » C’est toujours faux, pour conclure : « je me méfie des gens aussi prompt que vous à juger les autres, et à disqualifier les points de vue comme vous le faites ». Cette fois ce ne sont pas mes arguments qui sont en cause, mais une certaine disposition d’esprit que vous me prêtez. Nouvelle tentative de disqualifier l’interlocuteur.
          Mon sommeil également est de bonne qualité.

          • @VLC
            Elucubration n°1 : « Je me suis fait agresser par deux « fillonnistes » qui intervenaient, non pour débattre sur le fond, ce qui est l’objet de ce blog, mais pour m’insulter » : j’attends les photos de vos hématomes et une copie des noms d’oiseaux que je vous aurais adressés.

            Elucubration n°2 : « Quand vous ne disqualifiez pas votre interlocuteur… » : contre-argumenter, c’est vous disqualifier ? Vous ai-je traité de menteur, de voleur, d’escroc ou autre ? Non. Je mets en doute la solidité de votre argumentaire et je critique votre manière de présenter les choses, c’est-à-dire votre méthode. Contrairement à ce que vous faites avec Fillon (le discréditer), je n’ai pas porté de jugement sur votre personne.

            Elucubration n°3 : « …c’est pour avancer une contre-vérité : « ce qui est permis au citoyen lambda est permis à un ancien PM, et inversement. La loi n’est pas à géométrie variable. » » Vous me remettez une tartine assommante sur le casier judiciaire, alors que je parlais de la présomption d’innocence. Ah pardon, ce n’est pas une élucubration, mais un hors-sujet.

            Elucubration n°4 : vous rappelez des faits, mais ce ne sont pas les faits que je critique, c’est l’utilisation que vous en faites, qui consiste à laisser entendre que Fillon est un homme profondément malhonnête (ce que vous dites d’ailleurs de manière plus libre dans les commentaires). Pourtant, sauf erreur de ma part, vous n’êtes pas partie prenante au dossier (c’est aussi un fait), et en conséquence vous n’êtes pas mieux placé que les « observateurs » qui commentent l’affaire Fillon à longueur de journée. Donc asséner que Fillon est malhonnête sans être en possession du dossier et en l’absence de jugement, personnellement j’appelle ça une élucubration, parce qu’aboyer avec la meute ne donne pas raison sur le fond. Et pardon d’insister, mais venant d’un juriste, je trouve ça particulièrement désolant. Contrepoints a publié des articles de juristes bien plus éclairants que les vôtres du point de vue du droit, avec notamment un point de vue intéressant de M. Bilger sur la séparation des pouvoirs, notion devenue mineure et obsolète semble-t-il.
            Elucubration n°4 bis (et j’en viens au contenu de cet article) : vous utilisez une « affaire » relative au fils de Fillon pour, là encore, supputer la malhonnêteté de ce dernier. Or, si le fils est réellement responsable des faits qui lui sont reprochés, il est majeur et vacciné ; Fillon père et Fillon fils étant deux individus différents, je ne vois pas en quoi la faute du fils serait imputable au père. Et j’avance de plus (au risque de passer à nouveau pour un fillonniste insultant et agressif), que les articles que vous mentionnez ne prouvent en aucun cas qu’Edouard Fillon a réellement fait ce qui lui est reproché, d’abord parce que cette affaire semble être « parole contre parole », et ensuite parce que les journalistes n’ont semble-t-il pas pris la peine d’essayer d’avoir sa version, sans quoi ils se seraient fendus d’un « contacté par nos services, Edouard Fillon n’a pas jugé bon de nous répondre », ce qui en langage journalistique français vous place d’emblée dans le camp du Mal (les anglo-saxons ont un peu plus d’éthique professionnelle). J’observe d’ailleurs que d’autres commentateurs que moi (d’affreux fillonnistes, beurk) s’insurgent quelque peu de votre manière de présenter les choses… C’est peut-être qu’il y a un fond de vérité dans mon point de vue. Pour la petite histoire, j’ai moi-même failli passer devant un juge pour une altercation avec une automobiliste qui a failli m’écraser sur un passage piéton, et c’est pourtant moi que l’on a accusé car tout semblait aller dans le sens d’une agression de ma part. Il s’est même trouvé un « témoin » imaginatif, qui n’avait pas pu voir comment les choses se sont déroulées mais avait trouvé en moi un coupable idéal… Bref, depuis j’ai pris du recul sur la distinction faits vs. apparences. Enfin, tout ça pour dire que si Edouard Fillon n’a eu qu’un rappel à la loi, il n’est pas inenvisageable qu’il n’y avait rien d’autre à lui reprocher, tout fils de Bête Immonde qu’il est, et donc votre argumentaire alambiqué sur l’intervention de Fillon père tombe à l’eau. Ce n’est pas parce que l’on trouve un poulet, un balai, un chat noir et une boule de cristal dans une maison que cela en fait l’antre d’une sorcière (ok, là je poussais un peu, pour essayer de vous empêcher de dormir).

            « ce ne sont pas mes arguments qui sont en cause » (si si) « mais une certaine disposition d’esprit que vous me prêtez » : également, parce que mon métier est justement de faire évoluer les gens dans leur disposition d’esprit, alors je crois avoir un peu de pratique à ce sujet. Vous utilisez les mêmes techniques dans les 3 articles que vous venez de publier. Libre à vous d’interpréter ma méfiance comme une disqualification, pour moi cette interprétation ne fait que confirmer mon diagnostic : vous jugez beaucoup à l’emporte-pièce.

            • @ Elmar,
              1. Vous me reprochez un propos imaginaire : « donc votre argumentaire alambiqué sur l’intervention de Fillon père tombe à l’eau ».
              Sauf que je n’ai à aucun moment mentionné une quelconque intervention de François Fillon, ni du garde des Sceaux.
              Je cite dans un livre que vous ne lirez pas, un dialogue entre Henri Nallet et Béatrice Patrie.
              La magistrate réplique au ministre qui prétend ne pas être intervenu dans l’affaire Urba qu’un ministre n’a même pas à intervenir, tant les magistrats devancent ses désirs (pp. 164 165).

              2. Vous contestez la réalité d’un fait avéré. « si le fils est réellement responsable des faits qui lui sont reprochés, »
              Sauf que Edouard Fillon s’est fendu d’une lettre d’excuse à la victime. C’est donc qu’il ne conteste pas le fait qui lui est reproché.

              Si vous inventez des propos et niez des faits avérés, le dialogue devient difficile.

              3. « un point de vue intéressant de M. Bilger sur la séparation des pouvoirs »
              – Le père de Philippe Bilger était un des leaders des chemises vertes pendant la guerre. Dix ans de taule à la Libération.
              – Philippe Bilger a accepté de représenter le parquet dans le procès intenté par Maurice Duverger contre un journaliste (la question portait sur le point de savoir si les articles de l’agrégatif Duverger étaient antisémites) ? Le fils d’un collabo contribue donc à exonérer un écrit- à tout le moins- controversé. Il s’en vante dans un de ses livres.
              – Pour tenter de maintenir Philippe El Shennawy en prison jusqu’à 2032, Philippe Bilger a recouru a des contre-vérités (cinq je crois, mais il faudrait vérifier). Vous trouverez toutes les références dans un de mes précédents bouquins. Que vous ne lirez pas. Je sais. Vous préférez lire l’intéressant Philippe Bilger.
              Fillonniste, disiez-vous?

              • 1. « Sauf que je n’ai à aucun moment mentionné une quelconque intervention de François Fillon, ni du garde des Sceaux. » C’est pourtant ce que vous laissez largement entendre, puisque votre article s’intitule « François Fillon, victime d’un parquet soumis au pouvoir politique ? ». Vous utilisez l’histoire d’Edouard Fillon pour montrer que le parquet est soumis au pouvoir. Je ne comprends vraiment plus où est votre logique. Soit vous dites que Fillon intervient quand il est au pouvoir – sans le démontrer ?! – et se plaint des interventions quand il n’y est plus, soit vous dites que le parquet devance les desiderata des politiques au point qu’ils n’ont pas besoin d’intervenir, et vous accréditez de facto ce dont se plaint Fillon aujourd’hui.
                2. « Edouard Fillon s’est fendu d’une lettre d’excuse à la victime. C’est donc qu’il ne conteste pas le fait qui lui est reproché ». Non, désolé mais c’est aller un peu vite en besogne. Il peut avoir eu un comportement contestable ou dangereux et s’en excuser auprès de cette dame ; cela ne signifie pas que la version présentée soit par cette dame, soit par la presse colle à la réalité des faits. La réalité est bien plus imaginative et complexe que nos supputations individuelles. Si vous ne reconnaissez pas cela, soit vous vivez dans une cour de récréation, soit vous faites des raccourcis intellectuels et c’est bien ce que je vous reproche depuis le début. D’où mon exemple balai + chat noir + boule de cristal => sorcière.
                3. Je ne me prononcerai pas sur Philippe Bilger dont je ne connais pas les arrières-pensées idéologiques et la pratique professionnelle. Je faisais référence à un principe qu’il a défendu, la séparation des pouvoirs. Je n’ai pas dit qu’il avait raison à 10O% (c’est un peu facile pour les politiques de s’abriter derrière ce principe, évidemment), mais cela fait partie des questions que vous éludez dans votre argumentation. Peut-être à raison, mais cela me semble mériter une explication.
                Je note au passage qu’une fois de plus, vous accablez une personne par rapport à ses liens familiaux, pratique que je trouve assez nauséabonde et anti-libérale.

                Et je confirme, vous ne me donnez pas envie de lire vos livres. Pourtant, quand je lis dans le résumé de votre livre « Impunités », au sujet des juges « singulièrement, ceux qui atteignent les plus hautes fonctions ont su prendre les « bonnes » décisions dans leurs emplois précédents », je suis d’accord sur le fond. La méthode de démonstration ne me convainc pas pour le moment.

                • Elmar,
                  1. Je n’écris pas, je n’ai jamais écrit, qu’il y avait eu une intervention.
                  Je soutiens, ce qui est tout-à-fait différent, que la carrière des magistrats étant maîtrisée par le pouvoir politique, les juges ont professionnellement intérêt à complaire aux hommes politiques.
                  Je conclus donc que la question des instructions individuelles est à côté de la plaque (loi du 17 juillet 2013) et qu’il faut que la carrière des magistrats elle-même ne dépende plus des hommes politiques.
                  Voir, outre mes livres (que vous ne lirez pas), mes précédents commentaires.

                  2. Fifils a fait l’objet d’un rappel à la loi.
                  C’est donc nécessairement que le procureur estime que le fait qui lui est reproché revêt une qualification pénale.
                  Vous écrivez : « La réalité est bien plus imaginative et complexe que nos supputations individuelles. Si vous ne reconnaissez pas cela, soit vous vivez dans une cour de récréation, soit vous faites des raccourcis intellectuels et c’est bien ce que je vous reproche depuis le début. » Donc soit je suis de votre avis (au cas d’espèce erroné) soit j’ai tort. La méthode est connue.
                  D’après vous, fifils est victime d’une erreur judiciaire? Un nouveau Dreyfus.

                  3. J’ai gardé le meilleur pour la fin.
                  « vous accablez une personne par rapport à ses liens familiaux, pratique que je trouve assez nauséabonde et anti-libérale »
                  J’avais évidemment prévu cette réplique. Vous n’êtes décidément pas un créatif.
                  Philippe Bilger a- personnellement, lui-même, pas un membre plus ou moins éloigné de sa parentèle- écrit un livre sur le procès de Robert Brasillach. C’est l’auteur de cette suggestion : « il faut se séparer des juifs en bloc et ne pas garder les petits ».
                  Nauséabond, écrivez-vous à mon propos ?

              • – Le père de Philippe Bilger était un des leaders des chemises vertes pendant la guerre. Dix ans de taule à la Libération.

                Dites voir : le fils est-il responsable de son père ❓ Puisque selon vous, le père est responsable du fils, on va tirer la conclusion suivante : père=fils. Donc si le fils fait une connerie, le père est coupable tout comme le fils est coupable des fautes du père.

                Ah, quel monde merveilleux que le votre :mrgreen:

                • @ MichelC,
                  J’avais à dessein fait référence au père pour m’attirer cette objection : le père n’est pas le fils et inversement.
                  Car il se trouve que Philippe Bilger himself a choisi de consacrer un livre au procès de Robert Brasillach. Rien ne l’y obligeait.
                  Robert Brasillach est cet auteur délicat qui avait écrit pendant la guerre : « il faut se séparer des juifs en bloc et ne pas garder les petits ».
                  Manifestement Philippe Bilger choisit des causes assez parentes de celles du père.

                  • Là je me demande si j’échange avec un auteur ou avec un petit gamin crasseux qui emplâtre toujours son voisin pour espérer avoir l’air moins sale que lui…

                    • @ Elmar,
                      Avant de citer une référence, il est bon de se renseigner sur l’auteur du propos.
                      Vous citez Philippe Bilger, parce que vous avez vu une fois son nom traîner quelque part.
                      Avant de me prononcer, j’ai évidemment lu les livres de Philippe Bilger, je me suis renseigné sur sa biographie et son activité professionnelle.
                      Bref, j’ai bossé la question, et vous pas.

                  • @Vincent Le Coq : décidément votre méthode n’est pas de débattre des arguments mais de discréditer votre interlocuteur. Je me suis renseigné sur Philippe Bilger et ses engagement ne me semblent pas aussi scandaleux que vous le dépeignez, et si Brasillach ne m’attire aucune sympathie, son procès semble avoir été éminemment politique et sa grâce a été demandée par de nombreux intellectuels de l’époque, de tous bords. En tout cas au lieu de discuter sur ses arguments, vous démolissez le personnage (Bilger). Et vos articles sur lesquels j’ai réagi sont du même tonneau, ainsi que la plainte qui a suscité à nouveau une réaction de ma part, à savoir que vous avez été « agressé » et « insulté ». Les mots ne semblent pas avoir de sens pour vous. Peut-être vos livres sont-ils plus fouillés et argumentés – je vous accorde le bénéfice du doute, notion qui vous semble inconnue-, mais du coup vos articles en font une mauvaise pub.

                    • @ Elmar,
                      « Je me suis renseigné sur Philippe Bilger ». Comprendre, ce matin vous avez lu en diagonale une fiche wikipedia.
                      J’ai lu ses livres. J’ai étudié son parcours.
                      Philippe Bilger et moi nous nous sommes opposés sur le traitement judiciaire de Philippe El Shennawy (auquel j’ai consacré un livre).

                      S’agissant du livre consacré au procès de Brasillach, il semble que vous n’ayez pas perçu la portée du choix de Philippe Bilger.
                      Choisir le procès Brasillach permet, au-delà du cas d’espèce, de critiquer l’épuration, donc à relativiser les fautes de Vichy. Philippe Bilger s’inscrit dans l’école de pensée néo-vichyste qui critique l’épuration pour mieux célébrer Vichy.

                      « Peut-être vos livres sont-ils ». Ou peut-être pas…Vous n’en savez rien. Mais surtout vous ne faites rien pour le savoir, par paresse intellectuelle.
                      Bref, vous êtes depuis le début de vos interventions relèvent du réflexe, moi, j’opte pour la réflexion (ça exige un peu de boulot).

                  • Car il se trouve que Philippe Bilger himself a choisi de consacrer un livre au procès de Robert Brasillach. Rien ne l’y obligeait.

                    Donc, Bilger aurait encensé les actes de Brasillach ❓

                    • MichelC,
                      J’ai déjà rappelé ci-dessus que le courant néo-vichyste tend à déconsidérer l’épuration pour tenter de justifier Vichy.
                      Vous employez le même procédé qu’Elmar :
                      1. me prêter un propos que je ne tiens;
                      2. puis contester la pertinence du propos que je n’ai pas tenu.

          • Edouard Fillon

            Heureusement que ce n’est pas Charles-Edouard … Quoique on ne parlerait plus de François 🙂

  • Stéphane Boulots
    12 avril 2017 at 16 h 56 min

    Après avoir lu les commentaires et l’article, je suis très étonné par l’étroitesse de la discussion : l’indépendance de la justice est-elle seulement possible dans un modèle démocratique centralisé et hiérarchisé, pour lequel le magistrat suprême ayant sinon dans la réalité, du moins dans l’ambition un pouvoir quasiment absolu (à en croire les discours pendant les périodes électorales, il aurait le pouvoir de mettre hors la loi chômage, inégalités et autres injustices de tout ordre)

    La justice n’est pas un modèle démocratique, la justice est un modèle légal : elle repose sur le droit et pas sur la majorité ni sur le consensus moral.

    Comme en France, cette contradiction ne gène personne, on continue à demander aux juges d’être justes, aux homme politiques d’être moraux et aux citoyens d’être crédules …. tout va bien se passer dans le meilleur des mondes.

    Le droit positif n’est-il pas en fin de compte qu’une immense escroquerie destinée à alimenter le système politique et à le faire vivre en vase clos, alimentant le système par la tartuferie de la probité et l’illusion du pouvoir ?

    C’est ce que pensent dans le fond pas mal de libéraux : si la justice pouvait juste se cantonner au droit naturel, au contractuel, au constitutionnel et à la jurisprudence, on éviterait toute cette mascarade de « justice apolitique » qui n’est qu’une pensée magique, une utopie yakafokon.

    Un humain sans opinion et sans préjugé, ca n’existe pas : c’est soit un menteur, soit un accidenté en coma végétatif.

  • L’indépendance des juges n’a de sens que si elle est au service de l’impartialité. Celle-ci n’est pas dans la tradition de la magistrature française, qui a toujours oscillé entre soumission au pouvoir (que d’exemples !) et croisade idéologique (le mur des cons).

    Il faut revoir de fond en comble le système, depuis le recrutement (la plupart des pays demandent aux futurs juges d’avoir déjà pratiqué le droit comme juristes ou comme avocats) jusqu’à la formation, l’ENM étant très colorée idéologiquement.

    Par ailleurs la féminisation excessive de la magistrature (80 % des promos de l’ENM !) est un problème en soi.

    • Aristote,
      « L’indépendance des juges n’a de sens que si elle est au service de l’impartialité ».
      Effectivement et, je pense que l’article de Vincent LE COQ peut contribuer à faire prendre conscience de l’impérieuse nécessité qu’il y aurait à modifier profondément le fonctionnement et le contrôle de la justice de ce pays.
      Il est impératif de définir des règles déontologiques précises et, il est nécessaire que les manquements professionnels puissent être sanctionnés avec une obligation d’indemnisation à la charge des magistrats fautifs.

  • Effectivement, ce papier est fondé sur des faits soigneusement choisis et seuls certains sont développés de manière à faire mal. Tout d’abord Fillon est mis en cause en pleine élection présidentielle alors que le sujet n’est pas nouveau et aurait pu être ouvert il y a plusieurs années ou simplement après les élections. Ensuite, les magistrats au manettes de cette opération ont été nommés par le gouvernement en place, et comprenant notamment une amie proche de madame Taubira connue pour ses manœuvres peu orthodoxes. Aussi, il semblerait que ce parquet financier ne soit pas éligible pour adresser ce cas. Pour finir, Fillon a été mis en examen, mais de trop nombreux commentaires accompagnent souvent cet élément factuel d’insinuations de culpabilité, ce qui est objectivement malhonnête. Tout cela, chacun le sait, et c’est pourquoi cet article génère autant de buzz.

    • FBo,
      Dans mon bouquin, je rappelle que Jean-Christophe Cambadélis (un repris de justice) a succédé à la tête du PS à Harlem Désir, lui-même pénalement condamné, lorsque ce dernier a été prestement exfiltré au gouvernement (pp. 319 et 320) où il occupe un emploi apparement fictif puisque personne n’a plus jamais entendu parler de lui.
      Mais mon bouquin fait un peu plus de 360 pages.

      Sur le Net, en effet, je suis contraint de sélectionner et, en effet, je retiens les faits les plus saillants.
      Pour autant, je crois que je pose une vraie question. Lorsque François Fillon sera sorti de la lessiveuse en mode essorage, j’imagine que la classe politique réfléchira enfin à l’indépendance du parquet.
      Et si les sortants sont sortis en mai prochain, la classe politique n’aura vraiment que cela à faire : réfléchir.

      « De trop nombreux commentaires accompagnent souvent cet élément factuel d’insinuations de culpabilité, ce qui est objectivement malhonnête ».
      Lorsque Jacques Chirac a acheté son château de Bity, Georges Pompidou passe pour avoir déclaré que, lorsque l’on fait de la politique, on n’a pas de château. Sauf s’il est dans la famille depuis Louis XV, au moins. Je cite de mémoire.

      – François Fillon achète un château et souscrit pour ce faire un emprunt. Je crois qu’il possède également un pied à terre à Paris.
      – Sa rémunération de député ne lui permet pas d’assumer les charges annuelles d’entretien du château.
      – Il est donc conduit à affecter à cet effet tout ou partie de l’IRFM. Cette somme est notamment censée financer la permanence électorale du candidat. François Fillon n’a pas de permanence.
      – Mais cela ne suffit encore pas. Il fait rémunérer son épouse comme assistante parlemenaire. Pour mémoire, dans son bouquin de 2006, il montre tout son intérêt pour l’assistanat parlementaire qu’il connaît, nous le savons depuis, en praticien avisé.
      – Mais il en veut encore plus. Il fait cette fois rémunérer ses enfants par de l’argent public, qui lui rembourse une fraction significative des sommes perçues.
      – Mais c’est encore insuffisant. Il souscrit un prêt sans intérêt qu’il ne rembourse qu’une fois l’information publiée dans la presse.
      – Mais il en veut plus encore. Sa femme est engagée à prix d’or par un ami, pour donner, c’est décidément de famille, des conseils en stratégie.
      – Puis il fonde une société de conseils douteux. Je rappelle qu’il se refuse en effet à donner la liste de ses clients et des prestations réalisées.
      Cet homme, qui gagne plus de 22 000 euros par mois, ne parvient pas à faire d’économies.
      Dans ce qui précède, qu’est-ce qui est, selon vous « objectivement malhonnête »? Mis à part bien sûr la vie et l’oeuvre de François Fillon (qui bénéficie évidemment de la présomption d’innocence) ?

  • Monsieur Lecoq, merci pour votre réponse. En effet, votre livre semble être très complet et adresser le sujet dans son ensemble. Vous m’avez convaincu, je vais le lire 🙂

  • Monsieur ,
    Cela fait deux articles que vous faites à charge contre Fillon, ce qui est tout à fait votre droit , par contre employer à chaque fois la méthode qui consiste à mettre un titre qui semble en faveur de Fillon pour attirer le lecteur ( et pour mieux descendre Fillon )n’est pas digne d’un journaliste ni de Contrepoints.

    • @ Hobs,
      Mon premier papier avait pour objet de souligner que l’instrumentalisation de la justice par François Hollande risquait de conduire à l’élection de Marine Le Pen. Vous le déclarez « à charge contre Fillon ».

      Celui-ci rappelle que François Fillon est favorable à la soumission du parquet. Il est victime d’une articulation des institutions qu’il a voulu. Je fais observer que François Fillon est donc ici l’arroseur arrosé.
      Dès les premiers mots, je souligne que la cas FF n’est retenu qu’à titre d’exemple.

      • Vous faites des liens qui n’en sont pas, c’est votre méthode, votre procédé. je vous laisse à vos allégations ( ex Bettencourt aurait financé la campagne de Sarkozy et que celui-ci lui avait rendu via le bouclier fiscal ! hahaha). Fillon serait favorable à ouvrir la formation des magistrats aussi à l’université pour ouvrir à d’autres modes de pensée. il a entièrement raison quand on voit le résultat. Allez je passe mon chemin et vous laisse à vos propos.

  • Voncent Le Coq …
    Le monsieur qui veut toujours avoir le dernier mot !…

  • Vincent, excusez-moi d’avoir écorché votre prénom, c’était bien involontaire… l’inconvénient d’écrire sur un portable… Désolée.

    • Odidole,
      Vous êtes tout excusé.
      Si je prends soin de vous répondre (Le monsieur qui veut toujours avoir le dernier mot !), c’est parce que je conçois Contrepoints.org comme un lieu d’échange et de dialogue.
      Je pourrais en effet écrire un papier et me désintéresser de la discussion. Mais cela me paraît un peu pauvre.

  • @Vincent Lecoq: j’étais sérieux. Quel est st le titre du livre en question (il semble que vous en ayez écrit pal mal !). Est il dispo sur Amazon (le lis sur Kindle essentiellement). Merci.

    • @ FBo,
      Si je vous réponds, les autres intervenants vont croire que nous sommes de connivence.
      Mon dernier bouquin (dont le titre figure sous mon nom) a pour objet de montrer que les hommes politiques ne sont usuellement pas condamnés par les magistrats, quel que soit le degré de leur culpabilité.
      Première partie : pourquoi?
      – D’une part, l’ethos des magistrats. Les juges se croient investis de la mission de sauvegarder les institutions de la République (et pour ce faire déclarer innocents les hommes et femmes qui les incarnent).
      – D’autre part, parce que les hommes politiques maîtrisent la carrière des magistrats. C’est assez pratique.
      Seconde partie (la plus développée) : comment?
      J’analyse, étape par étape un procès pénal et montre comment, techniquement, le magistrat s’y prend.
      Le dernier chapitre est évidemment consacré à l’élimination judiciaire d’un opposant. C’est-à-dire s’attache à montrer que les magistrats utilisent les mêmes méthodes pour parvenir au résultat inverse.
      Bonne lecture.

      • D’autre part, parce que les hommes politiques maîtrisent la carrière des magistrats. C’est assez pratique.

        Par contre, Outreau, cela leur coule dessus comme l’huile sur l’eau. Aucune prise.

  • Commentaire d’ordre général : merci à l’auteur pour son implication dans les commentaires, c’est interessant de pouvoir échanger les points de vue et d’aller plus loin que le seul article !

    J’aimerais voir ça plus souvent sur ce site 🙂

  • Les commentaires sont fermés.

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