Derrière le progressisme de Macron, l’immobilisme ?

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Derrière le progressisme de Macron, l’immobilisme ?

Cet article en est un d’opinion. Il ne représente que le point de vue de son auteur
Publié le 30 juin 2017
- A +

Par Sébastien Laye.

Il y a soixante-dix ans décédait Tomasi De Lampedusa, auteur du roman Le Guépard,  à l’origine d’un concept de science politique, tiré de la phrase la plus célèbre du roman, prononcée par Tancrède : « Crois-moi mon petit oncle, si nous ne nous en mêlons pas, ils vont nous fabriquer une république. Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. »

Changement en surface, statu quo en profondeur

Ainsi naissait le « gattopardisme », synonyme de changements spectaculaires en surface… pour mieux préserver le statu quo des choses profondes. Notre note récente pour l’Institut Thomas More[1. “Les Failles du Programme Économique de la Republique en Marche”, Institut Thomas More, 7 Juin 2017.] sur le programme économique de LREM montre combien ce plan de réformes, loin de rompre avec l’atavisme étatique et bureaucratique de la France, s’inscrit dans la continuité du compromis social-démocrate Hollande-Valls-Macron.

Emmanuel Macron sera-t-il un président réformateur ? Il est permis d’en douter quand on analyse de près le programme de LREM.  Au-delà d’acrobaties fiscales comme le basculement de certaines cotisations sur la CSG ou la transformation du CICE, il ne prévoit ni baisse des prélèvements obligatoires ni diminution de la dette publique.

Des mesures non financées

Certaines mesures essentielles (étatisation de l’assurance chômage, ISF immobilier, nouvelle taxe d’habitation, indemnités chômages pour les démissionnaires) ne sont tout simplement pas financées alors qu’Emmanuel Macron prétend respecter nos engagements européens, se livrant ainsi à un jeu de dupes avec notre partenaire allemand.

Ces mesures font fi de toute politique réelle de l’offre et font reporter l’essentiel de l’effort d’adaptation sur certaines catégories précises : retraités, propriétaires immobiliers, investisseurs. Nous aurons rarement vu dans notre histoire économique de telles catégories ainsi ciblées au nom de la lutte contre une suppose économie de la rente.

Le jacobinisme au pouvoir

De la même manière, LREM fait fi de la richesse de nos territoires, de nos PME, pour se concentrer sur les seules grandes entreprises et renforcer le jacobinisme dans notre pays : les clivages Paris/territoires, Grandes Entreprises/PME, Start Up/ Industrie, sont artificiellement mis en exergue pour justifier un programme fondamentalement déséquilibré.

Même la réforme annoncée du marché du travail parait bien pusillanime, dans la mesure où elle ne remet en cause aucune des vaches sacrées françaises : 35h, distinction CDD/CDI, seuils d’employés. La modification annoncée du RSI est emblématique à elle seule de l’approche Macron : au lieu de remettre en cause l’ubuesque calcul actuel des cotisations et leur gestion, on se contente de déléguer la gestion des entrepreneurs au régime général…

De même, loin d’imposer une règle d’or d’équilibre aux partenaires sociaux, on étatise autoritairement l’assurance chômage. Ce gattopardisme français pourrait permettre une amélioration de l’économie, mais très graduelle, limitée, dépendante de la conjoncture et surtout des taux d’intérêt. Un programme insuffisant pour sortir la France de l’ornière en cinq ans, surtout en cas de nouvelle récession mondiale.

 

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  • sortir la france de l’ornière….même en 10 ans , c’est impossible ; c’est qu’elle est bigrement profonde l’ornière en question……..

  • Une seule solution après ces volées de bois vert à moins d’un mois de la présidentielle: remplacer les élections par des tirages au sort. Ça coûtera nettement moins cher, et ça fera parler autant, ou plus encore.

    • Une autre solution : pas de députés ni de sénateurs pendant 5 ans, afin d’éviter de creuser l’ornière à chaque nouvelle Loi, décret, réglementation.
      Gouvernement restreint sans budget à dépenser hormis la reconduction à l’€ près du budget de l’année écoulée, mais sans possibilité d’emprunt (règle d’or à intégrer dans la Constitution : aucun déficit autorisé).
      Moratoire sur le Code du Travail pendant 12 mois : tout nouveau contrat de travail sera hors application des accords de branche et de la législation en vigueur, sur tous les domaines. Au bout des 12 mois on fait le point. Si le chômage a diminué, on confirme l’abrogation du monstre et la dissolution des syndicats. Si au bout de 12 mois ça n’a pas marché, on s’assied par terre et on pleure on bon coup, car on comprend que c’est foutu définitivement…

  • Notre petit, tout petit énarque oublie complètement que la Fed est en train de remonter les taux!

  • Les commentaires sont fermés.

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