Et si Netflix sauvait le cinéma français ? Ainsi que les contribuables…

La France dépense une fortune en aides au secteur du cinéma et de l’audiovisuel

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Le tribunal du festival de cinéma de Cannes a décidé de ne pas présenter de films proposés et financés par la plate-forme américaine de vidéos en ligne qui ne sont pas sortis obligatoirement au cinéma. Le protectionnisme français va même plus loin car la France empêche Netflix de diffuser un film sur sa plate-forme pendant trois ans si celui-ci sort en salles. C’est même plus long que les sorties en version DVD. Les défenseurs de l’exception culturelle française devraient, au contraire, profiter du succès de Netflix.

Tout d’abord, sa clientèle est en forte augmentation : la société a recruté 7, 4 millions d’abonnés supplémentaires durant les trois premiers mois de l’année, ce qui porte leur nombre à 125 millions dans le monde entier. Netflix est présent dans 190 pays et encourage de plus en plus les productions nationales en faisant connaître plusieurs séries européennes comme Dark (série allemande) ou The Rain (série danois). De plus en plus, certains films pourront être vus seulement sur la plate-forme, comme le prochain Scorsese. Netflix est en train de devenir un véritable producteur.

Au lieu de cela, la France pérennise son système d’aides au cinéma à travers le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), organisme para-public, sans équivalent à l’étranger, qui décide à lui seul quel film bénéficie des aides publiques. Environ 800 M€ par an sont distribués à des productions françaises dont certaines ne sortent même pas en salles ! Et la France dépense en aides au secteur du cinéma et de l’audiovisuel deux fois plus que l’Allemagne, quatre fois plus que l’Italie, six fois plus que le Royaume-Uni. Ne serait-il pas plus intéressant de s’allier au géant Netflix pour au moins sauver l’argent des contribuables ?

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