Insurrection au Venezuela : le bilan catastrophique du chavisme et de Maduro

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Insurrection au Venezuela : le bilan catastrophique du chavisme et de Maduro

Publié le 30 avril 2019
- A +

Par Chris Hattingh.
Un article de Libre Afrique

Après des élections entachées par un boycott de l’opposition et des accusations de truquage des votes, Nicolás Maduro a été élu pour un second mandat à la présidence du Venezuela. L’ensemble du processus électoral et son résultat ont provoqué de grandes manifestations anti-Maduro. Au lieu de dialoguer avec l’opposition son gouvernement a choisi la répression violente des manifestants.

Chaque jour nous voyons des photos et des vidéos rapportant des violations des droits de l’homme perpétrées par ce gouvernement. Il est impératif de relier ces actes à la philosophie qui les a créés, à savoir le socialisme. Ainsi, en Afrique du Sud, alors que le gouvernement s’oriente de plus en plus vers des politiques socialistes, nous devons nous méfier et lutter quotidiennement contre les politiques et actions gouvernementales qui portent atteinte à nos droits individuels. Si nous ne le faisons pas à cause de petites lâchetés ou par indifférence, nous risquons d’emprunter la voie venezuélienne.

Qu’est-ce que le socialisme ?

La plupart des gens pensent que le socialisme est une théorie politique et économique de l’organisation sociale qui préconise que les moyens de production, de distribution et d’échange soient détenus ou réglementés par la communauté dans son ensemble. Le problème est qu’ils ne comprennent pas ce que cela signifie philosophiquement. Le socialisme place le groupe, généralement le groupe qui se trouve au pouvoir à un moment donné, au-dessus de l’individu. Cela signifie que tous les autres groupes doivent se mettre au service des objectifs du groupe au pouvoir, en clair du gouvernement. Philosophiquement, tant que vous considérez qu’un groupe ou une société est plus important que l’individu, vous ouvrez la porte au socialisme.

Lorsqu’un groupe indésirable, qu’il s’agisse d’hommes d’affaires, de personnes noires ou blanches, de personnes juives, d’étrangers ou d’un quelconque opposant, critiquant les projets du groupe au pouvoir, ces indésirables seront éliminés par tous les moyens disponibles. Le gouvernement socialiste du Venezuela a ciblé divers groupes de personnes critiques sur son bilan au cours des dernières années.

Socialisme et descente aux enfers

En plaçant le Venezuela sur la voie du socialisme, Hugo Chávez l’a mis dans les flammes de l’enfer où il est aujourd’hui. De 2000 à 2013, les dépenses publiques sont passées de 28 % à 40 % du PIB. Le salaire minimum a été augmenté à maintes reprises. Au lieu d’être basée sur les entreprises privées, l’économie venezuélienne a été réorganisée autour de coopératives. L’industrie pétrolière du Venezuela a été officiellement nationalisée en 1976 et sous Chávez dès 1999, le gouvernement a pris davantage le contrôle de l’industrie pétrolière. Il a alors promis à la population que l’État assumerait la responsabilité de la fabrication et de la vente et que les profits seraient redistribués pour le « bien de la société ».

Mais d’évidence lorsque les gouvernements assument le rôle central dans n’importe quel secteur de l’économie, l’inefficacité et la corruption sont au rendez-vous. L’impact le plus dévastateur de la nationalisation a été de décourager les investissements privés. Lorsque les biens des entreprises, tant nationales qu’étrangères, ne sont pas à l’abri d’une saisie arbitraire par un gouvernement, cela ne leur laisse aucune raison de rester. Les droits de propriété sont un concept oublié depuis longtemps au Venezuela : posséder ne signifie plus rien. Dès lors, il n’est pas étonnant que le socialisme ait provoqué l’effondrement de l’économie du pays à la fin de 2018, avec son taux d’inflation annuel de 80 000 %.

Quelles mesures pourraient aider à transformer le Venezuela ?

Un nouveau président aussi charmant soit-il n’apportera pas à lui seul le changement dont les populations ont besoin. Des réformes concrètes sont nécessaires. La protection constitutionnelle des droits de propriété individuels, la liberté d’expression, l’instauration de l’état de droit, la protection de la saisie arbitraire des entreprises, etc. Ce ne sont là que quelques-unes des mesures pro-liberté que le pays doit adopter pour que le peuple se remette sur pied. Il ne s’agit pas de savoir ce qui est le mieux pour le pays, mais plutôt ce qui est le mieux pour chaque citoyen du Venezuela.

Quand la diplomatie l’emporte sur la prise en compte du fléau humanitaire

Le gouvernement sud-africain reconnaît Maduro comme le président légitime, malgré toutes les horreurs qu’il a infligées à son peuple. La semaine dernière, la ministre des Affaires étrangères, Lindiwe Sisulu, a déclaré : « Nous reconnaissons le président élu démocratiquement du Venezuela, dûment élu, jusqu’à ce qu’il démissionne ou qu’il y ait une élection ». Les gouvernements qui soutiennent Maduro omettent de porter des jugements moraux sur ses actions en vue de causer des souffrances au peuple vénézuélien.

Sur le plan économique, nous avons constaté les effets dévastateurs du socialisme dans le monde entier. Le socialisme au Venezuela a entraîné une famine généralisée, une pénurie de médicaments à un niveau critique, une explosion de la criminalité dans tout le pays et une crise des réfugiés comparable à celle de la Syrie. D’un point de vue pragmatique, le socialisme ne fonctionne pas car les gouvernements sont incapables de gérer des économies hyper interventionnistes et planificatrices à l’excès. D’un point de vue moral, le socialisme ne peut pas fonctionner car il est fondamentalement opposé à la liberté humaine. Il ne peut être considéré comme moral car il est fondé sur la coercition puisque le rôle du gouvernement est de forcer chacun à vivre comme bon lui semble, selon le modèle qu’il a décidé.

Le gouvernement sud africain doit donc tirer des leçons des échecs du socialisme pour ne pas infliger aux populations du pays une descente aux enfers à l’image du Venezuela.

Sur le web

Voir les commentaires (9)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (9)
  • Il faut rappeler que le processus de destitution du président, enagé conformément aux prescrits de la constitution, a été enterré par la cour constitutionnelle, qui a depuis également bloqué quasi toutes les décisions de l’assemblée générale, élue sans trucage, mais anti-Maduro.

  • Le socialisme est une plaie, mais la crise vénézulienne doit être replacée dans un contexte géopolique plus large. Ce débat, animé par F. Taddeï (obligé d’aller sur RT pour pouvoir inviter des gens aux opinions variées…) est intéressant
    https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/58600-interdit-d-interdire-crise-venezuelienne-le-debat
    Si on est attentif aux éléments factuels avancés par les intervenants et qu’on les différencie des slogans…

  • Vous êtes à deux doigts de théoriser le blocus économique qui découragerait les investisseurs…

  • @lucx Ou vous êtes naïf ou bien vous avez de la sympathie pour cet ours mal léché
    Le plus comique est lorsqu’il demande l’aide du christ comme Chávez avant sa mort

  • Heureusement que nous n’avons pas de petrole sinon nous aurions un gvt socialiste…..c’est vrai , j’oubliais , on avait du petrole…,le petrole est parti mais les socialistes sont restes..tout ca me depasse.

  • De toute façon tout ça c’est la faute des américains et du kapitalism.
    Le system communiste/socialiste est parfait, il a juste été mal appliqué.
    Il faut recommencer jusqu’à ce que ça marche.

    J’ai bon ? C’est le tiercé gagnant de la penseé anti-libérale et anti-capitaliste de 80% de la population française.

    • claude henry de chasne
      1 mai 2019 at 3 h 31 min

      Peu importe la méthode le jeu consiste à garder le pouvoir
      Soit par l’économie soit par la violence.. Quand les idéologies n’assurent plus la réalité economique et qu’elles sont au pouvoir il leur reste la violence
      Vous verrez en france

  • claude henry de chasne
    1 mai 2019 at 3 h 26 min

    Mêmes causes mêmes effets

  •  » Und aus dem Chaos sprach eine Stimme zu mir:
    ‘ Lächle und sei froh, es könnte schlimmer kommen! ‘,
    und ich lächelte und war froh,
    und es kam schlimmer…!  »

    Une voix surgit du chaos et me dit :
    ‘ Souris et sois heureux, cela pourrait être pire’,
    alors je souris et fus heureux;
    Et le pire arriva… « 

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Patrick Aulnas.

La radicalité politique a le vent en poupe. Les extrémistes d’aujourd’hui ne veulent plus de ce qualificatif dépréciatif. Le mot radical permet de laisser entendre aux insatisfaits que le changement sera profond. La politique ne pouvant pas grand-chose à elle seule, cette radicalité n’est qu’une illusion pour esprit manipulable. Mais la manipulation a pris une ampleur inédite avec internet.

Comme Janus, la radicalité a deux visages. Celui de l’extrême gauche regarde vers un avenir imaginaire et totalitaire (l... Poursuivre la lecture

Par Emmanuel Martin.

Il y a tout juste cent ans Lénine initiait une « Nouvelle Politique Économique », après quelque trois ou quatre années de catastrophe collectiviste suite à la Révolution rouge en Russie. Il s’agissait d’éviter l’écroulement de la nouvelle Union soviétique, en acceptant un compromis : la réintroduction très partielle de la propriété privée et du commerce. Ces mesures, ainsi que le marché noir, mais évidemment aussi une effroyable et impitoyable répression permettra de faire tenir le système durant près de soixante-d... Poursuivre la lecture

Par Frédéric Mas.

Drones, biométrie, pass sanitaire étendu, surveillance et récolte des données pour prédire et influencer : nous avons l’habitude de faire de la Chine l’origine de la dystopie d’un nouveau genre qui utilise la technologie à des fins de surveillance politique et de contrôle des comportements. Pourtant, le mariage entre socialisme technocratique et surveillance par les machines a été expérimenté bien avant le boum de la révolution numérique des années 2000.

C’est en effet en 1971 au Chili que le gouvernement socia... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles