Européennes : mais où sont passés les Gilets jaunes ?

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Européennes : mais où sont passés les Gilets jaunes ?

Publié le 31 mai 2019
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Par Olivier Costa[1. Directeur de recherche au CNRS / Directeur des Études politiques au Collège d’Europe, Sciences Po Bordeaux.].

Un article de The Conversation

Depuis six mois, les éditorialistes les plus écoutés, les commentateurs les plus aguerris, les politologues les plus capables nous annoncent une mutation radicale de la vie politique française. À la première occasion, on allait voir ce qu’on allait voir : le mouvement des Gilets jaunes allait bouleverser le paysage partisan et faire cesser l’illusion d’un soutien populaire au gouvernement, aux institutions de la Cinquième République et à l’intégration européenne. L’irruption des Gilets jaunes au Parlement européen serait la grande surprise des élections européennes, en France et peut-être même ailleurs.

À force de refaire le monde sur les plateaux, dans les colonnes des journaux ou dans les amphis des facultés, ces analystes ont perdu de vue la réalité sociologique et politique de ce mouvement que l’on peut enfin mesurer avec précision à l’issue de ces élections européennes.

Une fois encore, un simulacre d’élection présidentielle

Que nous apprend le scrutin de dimanche dernier ? D’abord, il confirme la bipolarisation de la vie politique française autour du Rassemblement national et de la République en marche, apparue à l’occasion de l’élection présidentielle de 2017.

Alors que les commentateurs ont souligné à loisir la victoire du premier sur la seconde, il nous semble plus exact de dire que les deux partis sortent également vainqueurs de cette élection en confirmant leur centralité. En effet, une fois de plus, la France a fait de l’élection européenne une présidentielle par procuration, comme cela avait été systématiquement le cas de 1979 à 1999, quand s’imposait déjà la règle de la circonscription nationale.

À l’époque, ce sont les leaders des partis qui prenaient la tête des listes pour préparer ou rejouer l’élection présidentielle. En ces temps-là, tout comme dimanche dernier, l’attention des médias se portait pour l’essentiel sur les deux listes arrivées en tête. C’est absurde, puisqu’il s’agit d’une élection visant à désigner un ensemble de députés européens, et non de la conquête d’un unique siège : toutes les listes qui franchissent le seuil des 5 % participent à la répartition des sièges à pourvoir. Il n’y a pas même de « prime majoritaire » venant gratifier la liste arrivée première, comme c’est le cas pour les municipales ou les régionales, qui justifierait de s’intéresser au « vainqueur ». Ce concept est donc purement symbolique, produit d’un réflexe pavlovien de commentateurs obsédés par l’élection présidentielle.

En 2019, les règles relatives au cumul des mandats devaient empêcher ce détournement de l’élection européenne, en privant les responsables des partis de la possibilité de se présenter sans intention de siéger. La campagne s’est néanmoins muée une fois de plus en simulacre d’élection présidentielle : les têtes de listes étaient pour la plupart des inconnus, choisis pour ne pas faire d’ombre aux leaders des partis, qui ont conservé un rôle-clé dans la campagne.

Dans ce contexte présidentialiste, Emmanuel Macron et Marine Le Pen – qui ne siègeront ni l’un ni l’autre au Parlement européen – ont réussi à imposer l’idée que l’élection était une sorte de revanche de l’élection présidentielle, et que le vote utile s’imposait.

L’évaporation des Gilets jaunes ?

Les exégètes du mouvement des Gilets jaunes, qui n’ont pas tari de pronostics et d’interprétations depuis six mois, sont aujourd’hui étrangement silencieux. Ils sont bien en peine de nous expliquer pour qui a voté le peuple en colère qu’ils décrivent si bien depuis le 17 novembre 2018.

Comme toujours en pareil cas, ils inventeront des intentions aux abstentionnistes. Mais l’argument tournera court, puisque la participation a fait un bond remarquable : dimanche dernier, 50,1 % des électeurs se sont déplacés pour aller voter, contre 42,4 % en 2014 et 42,6 % au second tour des législatives de 2017. L’abstention reste massive, mais pas au point de pouvoir être interprétée comme un rejet du système politique français.

Il est par ailleurs difficile de considérer que les Gilets jaunes auraient boudé l’élection faute de liste à leur goût : 34 étaient en compétition, dont pas moins de trois issues du mouvement, qui ont toutes fait des scores anecdotiques (Ensemble Patriotes et Gilets jaunes : 0,6 %, Alliance jaune : 0,5 %, Mouvement pour l’initiative citoyenne : 0,03 %)

Électoralement, tout se passe comme si le mouvement des Gilets jaunes n’avait jamais eu lieu : il est impossible d’en trouver une trace dans les résultats du scrutin de dimanche – sauf à considérer que les partisans de la détaxation du gazole auraient massivement voté pour la liste de Yannick Jadot.

Les Gilets jaunes : 0,5 % de la population

Pour comprendre cette invisibilité du vote des Gilets jaunes, les faits ne doivent pas être analysés à la lumière d’intérêts ou de convictions.

Il faut en revanche se souvenir que au plus fort de la mobilisation, le mouvement n’a réuni que moins de 0,5 % de la population française (287 000, selon le ministère de l’Intérieur), ce qui est modeste au regard de l’histoire des mobilisations sociales et politiques des dernières décennies.

À l’origine, ce mouvement inédit dans sa forme et ses revendications a certes rencontré un fort écho de sympathie, mais comprendre le désarroi des populations les plus fragiles ou le ras-le-bol de l’automobiliste matraqué par les taxes et les radars automatiques, avant de l’être par les CRS, ne vaut pas rejet du système politique français dans son ensemble ou appel au remplacement d’Emmanuel Macron par Éric Drouet.

Ce qui a réellement singularisé ce mouvement n’est pas son ampleur, c’est l’écho qui lui a été offert par les médias et les réseaux sociaux. Sa médiatisation s’est nourrie de leaders hauts en couleur, prompts aux déclarations outrancières et aux dérapages, invités permanents des médias audiovisuels. Elle s’est repue du recours systématique à une violence télégénique contre les personnes et les biens, et au refus constant de respecter les formes légales de la mobilisation civique. Elle a été alimentée par l’esprit de revanche de l’ensemble des battus de l’élection présidentielle de 2017, ayant pour toute explication à leur échec les trahisons d’Emmanuel Macron. Elle a été sur-interprétée par des intellectuels en mal de révolution prolétarienne que le style présidentiel hérissait.

En somme, il n’y a pas de trace électorale du mouvement des Gilets jaunes parce qu’il n’a jamais eu l’ampleur qu’ont bien voulu lui prêter certains journalistes, commentateurs et responsables politiques.

Comprendre néanmoins la mobilisation des Gilets jaunes

Le mouvement n’en reste pas moins un phénomène sociologique et politique digne d’intérêt. Il convient d’en comprendre les sources, les formes et les ressorts, comme essaient de le faire patiemment certains chercheurs plus épris de science que de gloire médiatique. Il faut analyser ce que ce mouvement dit de l’épuisement des formes traditionnelles de la représentation en France, de la défiance d’une partie de la population vis-à-vis du pouvoir, des partis et des institutions, de l’émergence des réseaux sociaux comme outils de mobilisation et d’information.

De même, il convient d’analyser les résultats des scrutins de 2017 et de dimanche dernier avec les concepts de la sociologie et de la géographie électorale, pour voir se dessiner deux France : celle, prospère et urbaine des électeurs de LREM et celle, déclassée, périurbaine et rurale de ceux du RN. Le mouvement des Gilets jaunes ne doit pas être appréhendé comme un phénomène qui vient bousculer les équilibres politiques existants, mais comme un révélateur de ceux-ci.

La révolution politique annoncée n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu, faute de dynamique et de structuration du mouvement et de l’émergence d’un leader suffisamment légitime, charismatique et compétent. Dès le 17 novembre 2018, des enquêtes ont montré que les Gilets jaunes se recrutaient principalement chez les électeurs du RN et de LFI, et chez les abstentionnistes. Ces citoyens s’étaient donc largement exprimés – ou tus – lors des élections de 2017.

Dimanche dernier, leur comportement électoral a été conforme à ces analyses. Plusieurs enquêtes révèlent en effet que les électeurs proches du mouvement ont massivement voté pour la liste du RN (44 %) et quasiment aucun pour la liste Renaissance (4 %).

Un emballement médiatique et intellectuel

Cette France déclassée, ces citoyens mus par le sentiment d’être les perdants du système et de la mondialisation, ces électeurs en révolte contre les institutions ont toujours existé. Ils puisent leurs références dans les révolutions de 1789 et 1848 et dans la Commune de Paris. Ils ont alimenté depuis les débuts de la Cinquième République un vote protestataire, d’extrême gauche puis d’extrême droite, ou des mouvements politiques atypiques. Souvenons-nous du succès du parti de Pierre Poujade, qui recueillit 52 députés aux législatives de 1956, ou encore de la liste Chasse, pêche, nature et traditions, qui obtint 6 sièges aux européennes de 1999.

Les Gilets jaunes ont acquis une visibilité sans rapport avec leur nombre par la conjonction de trois facteurs : la puissance de mobilisation et de communication permise par les réseaux sociaux, la course à l’audience des chaînes d’information continue et la soif de revanche des leaders politiques victimes de l’émergence de LREM. Ils ont aussi capitalisé sur le ras-le-bol, déjà ancien, des classes moyennes, éternelles victimes des évolutions socio-économiques contemporaines, et sur les maladresses d’un exécutif qui n’a pas compris qu’il a été, en partie, élu par défaut.

Samedi 25 mai, 12 000 personnes ont défilé en France pour demander, une fois encore, la prise en compte de revendications assez peu claires. Les cortèges continuent à offrir aux chaînes de télévision des échauffourées spectaculaires.

Il reste que l’élection européenne a démontré que des citoyens qui représentent désormais 0,02 % de la population française, quand bien même ils seraient qualifiés par certains de « peuple en colère », n’ont pas les moyens de bouleverser le paysage politique français.

Espérons que le scrutin de dimanche dernier marquera la fin d’un emballement médiatique et intellectuel dont le principal intérêt aura été de nous mettre en garde contre les fragilités de la démocratie à l’heure de l’information continue, des réseaux sociaux et des fake news.

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Voir les commentaires (29)

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  • claude henry de chasne
    31 mai 2019 at 6 h 05 min

    D’un autre coté la notion de droite et de gauche , s’efface devant la réalité du terrain..
    L’oligarchie française apparaît dans toute sa splendeur avec LREM,
    parti de « drauche » qui mets en evidence la complicité des tenants de la droite et ceux de la gauche..qui n’ont rien d’autre a faire que de franciser des directives pondues par Bruxelles
    Nous avons affaire désormais a deux courants majeurs:
    les supporters d’une europe fédérale et une intégration a marche forcée
    les supporters d’une france qui decide pour elle meme en fonction de ses intérêts nationaux..

    le paradoxe c’est que les structures politiques ne se voient pas a la baisse , alors que les centres de decision se voient déportées
    ailleurs, pourquoi maintenir un milliers de parlementaires alors qu’il suffit d’entériner des directives européennes?
    Pourquoi alors maintenir regions , départements , cantons, communautés de communes, communes .. dans ces conditions?
    çà sera a quoi? combien çà coûte..

    Quand on reforme en france , ce n’est jamais pour diminuer les structures , et c’est l’inflation des structures qui nous tuent..
    et pour dire çà il n’y a personne

    • jacques lemiere
      31 mai 2019 at 6 h 54 min

      cpef…

    • La petite bête
      31 mai 2019 at 13 h 55 min

      Oui tout à fait. En précisant que l’un de ces courants majeurs, qui tient tous les pouvoirs – y compris médiatique – s’appliquera à continuer de diaboliser l’autre sous les étiquettes « nationaliste », « extrême-droite », « fasciste », « peste brune »… liste non exhaustive.
      Il reste à l’électeur de décrypter les inversions accusatoires…
      http://www.revuemethode.org/m021907.html

    • N’oubliez surtout pas une chose : les « directives pondues par Bruxelles » sont en grande partie téléguidées… par Paris !
      Le Conseil Européen et les Conseil des Ministres de l’UE, qui sont les organes décisionnaires principaux de l’UE, sont l’union des chefs de gouvernement et des ministres des pays membres de l’UE.

  • jacques lemiere
    31 mai 2019 at 6 h 53 min

    ben si les médias ont beaucoup parlé des gilets jaunes, il faut bien admettre qu’ils n’ont pas vraiment cherché à comprendre les gilets jaunes quitte , le cas échéant, à démontrer que ces derniers étaient « incompréhensibles ».

    mais ne pas parler des gilets jaunes de la violence et des blocages aurait été difficile.

    ce fut une pseudo révolution..macron dehors..

    bon mai 1968…
    wiki
    « Le premier tour s’est déroulé le 1er juin et le second le 15 du même mois1. Elle vit la victoire de Georges Pompidou dans des circonstances assez particulières, aucun candidat de gauche n’accédant au second tour. »
    il est possible que le mouvement des gilets jaunes laisse une trace..mais j’en doute un peu car en effet du fait de lapaerticpiation du rn ..

    • claude henry de chasne
      31 mai 2019 at 8 h 10 min

      le mouvement des gilets jaunes est né d’un raz le bol fiscal lié aux taxes sur les carburants..
      Apres il a été phagocyté par les uns et les autres.. détourné en revendications de gauche.. pour noyer le poisson..
      Mais le raz le bol fiscal est toujours là, gageons que la révolte se fera sous une autre forme

      • jacques lemiere
        31 mai 2019 at 22 h 36 min

        un raz le bol fiscal boiteux…pas de taxe pour moi taxez si vous voulez mais pas moi..

        • jacques lemiere
          31 mai 2019 at 22 h 44 min

          et de fait il n’y a pas de raz le bol fiscal à avoir quand par ailleurs on veut de l’etat partout…

  • Le gilet jaune n’est ce pas ce vetement obligatoire que l’on revet pour eviter un accident apres un accident ?
    L’accident etait la derroute de lerm aux europeennes . Pour sauver lerm il fallait des gilets jaunes..ca a marche mieux que prevu ,la taxation va pouvoir repartir de plus belle grace a la montee des verts sur le tapis rouge de la République….qui semble en voie d’acceleration en europe

    • La petite bête
      31 mai 2019 at 13 h 46 min

      Le machiavélisme consiste aussi à retourner en sa faveur des vents contraires. C’est d’autant plus facile qu’on a tous les pouvoirs.

  • Ils ont peut-être disparus du paysage politique mais ils ont laissé aux Contribuables Français la facture à régler pour la casse matérielle qu’ils ont provoquée.

    • Plus celle de 17 milliards minimum pour la distribution des cadeaux à la prochaine élection.

      • Oui enfin entre ce qui est annoncé et ce qu’il y a réellement ya une marge. Déjà pour les fameux 10 milliard de cet hiver :
        le retour des heures supp défiscalisées c’est pas fait encore
        La prime d’activité c’était prévu pour 2022, on a gagné 3 ans …
        La prime exceptionnelle, bah c’est l’argent des entreprises, c’est pas un cout pour l’état, au mieux un manque à gagner, la confusion est hélas plus que fréquente…
        Par contre la punition verte, oui ça on va se la manger….

        • Le retour des heures supp défiscalisées, c’est fait,
          La prime d’activité, c’est donc 3 ans de gagné,
          La prime exceptionnelle, oui, c’est l’argent des entreprises, mais du fait de l’absence de charges sociales, davantage d’entreprises ont versé une prime (la mienne en fait partie, il en était question, puis non, puis oui du fait de l’absence de coût supplémentaire.
          C’est drôle comme certains ne sont jamais contents.
          En passant, il y a autre chose qui est passé complètement inaperçue l’année dernière : la fin des cotisations chômage (et une autre mais je ne sais plus laquelle là tout de suite) des salariés. Tout le monde l’a oublié.
          Au final, oui le pouvoir d’achat a pas mal augmenté depuis quelques mois. Mais certains n’en ont jamais assez de la part des autres.

          • claude henry de chasne
            1 juin 2019 at 4 h 47 min

            oui le pouvoir d’achat a augmenté pour ceux qui travaillent ,mais ce sont encore leurs parents retraités qui les payent
            franchement , personne n’a honte?

            • Mes parents sont décédés depuis longtemps, n’étaient pas ponctionnaires et m’ont laissé des sous gagnés à la sueur, donc non je n’ai pas honte. Les retraités actuels sont bien des ex-68ard non ? Ont-ils lutté pour changer ce système pourri de répartition dont j’hérite ? Non. La gilet jaune intermittente du travail se retrouvera retraitée un jour et défilera dans la rue pour dénoncer sa petite retraite ! Vous la soutiendrez, pas moi.
              Ne généralisez pas les situations, aujourd’hui je sais ce que je paie comme cotisations et impôts et je n’ai absolument pas le sentiment que les retraités paient quoi que ce soit pour ma génération. Donc non je n’ai pas honte.

          • C’est pas question d’être content ou pas, juste de souligner que l’état est moins généreux que ce qu’il nous annonce, et qu’il y a quelques entourloupes…
            Après à titre personnel, n’étant concerné par aucun des dispositifs, non je suis pas spécialement content.

            • En attendant, les heures supp défiscalisées, c’est fait. Oui il y a des entourloupes mais c’est quand même des sous en plus tout de suite. De toutes façons, les gj n’existent plus. Quelles réactions à la hausse de l’électricité, dont on sait que les salariés coûtent une blinde ? Ce sont certainement ces salariés-là, ultra-protégés, ultra-profiteurs et ultra-chers, synonymes de ponctionnaires, qui défilaient, cassaient, bloquaient et provoquaient. Du coup, ce qui était faisable contre une taxe sur l’essence n’est plus faisable contre EDF.

        • D’accord avec vous pour la punition verte et avec l’Europe en plus, ça va être salé…

    • Pas pire que les antifas, blackblocks, zadistes en tout genre
      et encore beaucoup moins que la racaille chaque nouvel an, et même tout le long de l’année….

    • La petite bête
      1 juin 2019 at 7 h 22 min

      Ne mettez pas sur le dos des GJ ce qui relève de la responsabilité de Macron.
      Il aurait pu…
      Ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle comportant une possibilité de RIC,
      Dissoudre l’AN
      Annoncer une vraie baisse des dépenses publiques pernettant de supprimer certaines taxes et de baisser les impôts.
      Il ne l’a pas fait, car son but n’était pas de répondre à une urgence tout en sauvegardant l’intérêt du pays, mais que ceux qui n’ont oas (encore) trop de soucis de fins de mois disent: « ils ont eu ce qu’ils voulaient, qu’ils arrêtent de manifester ». Bref que les classes moyennes oublient leur propre révolte fiscale et se désolidarisent de ce mouvement.
      Le machiavélisme remplace la gouvernance…

  • La petite bête
    31 mai 2019 at 13 h 41 min

    l’élection était moins une sorte de revanche de l’élection présidentielle que la préparation de la suivante. Toute la macronie s’y est mise (médias et sondeurs compris) pour favoriser le duel souhaité en 2022.
    Et ce n’est sans doute pas fini.
    Car le seul adversaire que Macron pourrait craindre, c’est une droite (relativement) libérale qui ressuscite le programme Fillon.

    • La petite bête
      31 mai 2019 at 13 h 45 min

      Quant aux Gilets jaunes, c’était dès le départ un mouvement transpartisan, il est donc logique que leurs voix se soient réparties sur différentes listes. Affirmer qu’ils ne sont représentés que par les listes estampillées GJ est à la limite de la mauvaise foi.
      Ceux qui sont (encore) favorisés malgré la sooliation étatique (j’en suis) ne vont peut-être pas pouvoir ignorer encore longtemps le déclassement et la relégation d’une partie importante de la population.

    • La droite gagnera lorsqu’elle sera unie, RN+LR+DLF+LIBERAUX+…

    • claude henry de chasne
      1 juin 2019 at 4 h 48 min

      non c’est mort, le seul créneau c’est une alliance rn lr , sinon c’est macron

  • L’un d’entre vous a-t-il parlé avec un gilet jaune ?
    Peut-on transformer un mouvement en liste avec programme en quelques-mois, en l’absence de structure en place, la construire lorsqu’on s’arrange pour mettre un mouvement qui vous permet de manifester hors jour de travail parce-que vous ne pouvez-pas, comme d’autres salariés fréquemment en grève en pleine semaine, vous permettre de permettre de perdre (même un tout petit peu) de salaire ? En 1789, c’est la masse qui est allée à la Bastille. Je doute qu’ils avaient de quoi structurer, ils y sont allés, c’est tout. Mais aujourd’hui, l’arme, c’est la com’. Pour ça il faut une structure, des leaders, et des directeurs de campagne. Je n’ai pas réellement vu d’article de fond sur ce mouvement. Des réactions, oui, de l’investigation, peu. Vis la vie fiscale d’un infirmier en psy dans le public, et reparlons-en.

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