3 raisons de ne pas subventionner les artistes

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artistes (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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3 raisons de ne pas subventionner les artistes

Publié le 29 juillet 2019
- A +

Par Meredith Bragg et Nick Gillespie.
Un article de Reason

Il y a quelques semaines, des stars d’Hollywood et des groupes d’influence comme le Creative Coalition ont déboulé à Washington D.C. pour faire du lobbying en faveur d’une augmentation des subventions des contribuables pour les arts et la culture.

On se rappellera ainsi notablement l’acteur oscarisé Kevin Spacey qui a expliqué à Chris Matthew dans son émission Hardball qu’Abraham Lincoln était un très grand passionné de théâtre qui « comprenait avoir besoin de l’art pour reconstituer son âme » (sans surprise, Spacey ne mentionna pas où Lincoln fut assassiné ni la profession de son meurtrier).

Mais en tout cas, subventionner l’art avec l’argent des contribuables est une mauvaise idée pour au moins trois raisons.

1. L’art financé par l’impôt est de l’art facilement censuré

En décembre dernier, La National Portrait Gallery a ainsi immédiatement retiré une vidéo de quatre minute intitulée « A Fire in My Belly » après avoir reçu des plaintes d’une Ligue catholique et de politiciens comme le républicain Eric Cantor (de Virginie), ou du représentant de la Chambre John Boehner (de l’Ohio), qui s’insurgeaient contre des images montrant des fourmis trottinant sur un crucifix.

Il est difficile d’imaginer un musée privé retirer si vite et si lâchement une œuvre polémique. Mais lorsque ce sont les contribuables qui payent, ceux qui sont les plus facilement offensés peuvent opposer un veto quasi-maffieux.

En fait, en février dernier, le démocrate Anthony Weiner (de New-York), scandalisé, a même appelé a l’élimination d’une statue de 1922 à New-York pour l’aspect selon lui sexiste de la représentation qu’elle faisait des femmes.

2. Nous n’avons plus un rond

Les tenants des subventions pour la culture argumentent généralement que le budget de groupes comme le National Endowment for the Arts ne représente finalement qu’un cent par citoyen, et que le coût d’un bombardier, par comparaison, est immense.

Mais le gouvernement est sans le sou à tous les niveaux, et c’est donc de l’argent que nous n’avons pas. Les dépenses de défense, qui ont explosé de plus de 70 % (en tenant compte de l’inflation) depuis 2001, devraient être considérablement réduites.

Mais cela ne signifie pas que les plus petites dépenses pourraient continuer aussi, ou que les contribuables doivent à nouveau cracher au bassinet pour une nouvelle rediffusion des aventures du Dr. Who sur PBS (NDT : chaîne publique américaine).

3. C’est inutile

Rocco Landesman, le chef du National Endowment for the Arts, défendait l’octroi de subventions à des groupes comme la Troupe des Mimes de San Francisco en se basant sur le fait que ce groupe est connu mondialement et qu’il a grandement contribué à l’art en question. Ce qui revient à dire que ce groupe ne devrait avoir aucun problème à trouver des fonds auprès de mécènes privés pour l’aider.

Les Américains donnent tous les ans autour de 13 milliards de dollars en dons divers pour les arts et la culture. C’est beaucoup d’argent et si cela ne suffit pas à financer toutes les demandes, des groupes comme cette fameuse Troupe de Mimes de San Francisco auront simplement à trouver de meilleurs moyens d’intéresser leur public…

Article initialement publié en juin 2011.

Traduction par Contrepoints de Three Reasons Not to Fund Art With Taxes.

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  • Un internaute sur Youtube : « As an artist myself, if you cannot make a living by yourself in the FREE MARKET, then perhaps you should try another field. Perhaps everyone around you is too nice to tell you, « your art sucks »! »

    Personnellement, je trouve tout à fait immoral de prendre de l’argent à la population pour financer des expositions, quelque soit leur contenu.

  • C’est inutile mais aussi néfaste, puisque les subventions développent l’art qui est médiocre au détriment de celui qui plait. Une forme de concurrence déloyale, en somme.

  • Même si je suis d’accord sur le principe de la non-subvention des artistes (quoique ça sert à mettre en valeur ceux qui ne sont pas subventionnés…) je ne trouve pas les arguments invoqués dans cet article très convaincants.
    Alors pour quelqu’un qui ne serait pas d’accord sur le principe à la base, j’imagine que ce serait pire.

  • Y-a-il des exemples historiques de mouvement artistiques, notamment de théâtre, qui aient été financés exclusivement par du mécénat?

    • Antique, renaissance, moderne, la majeur partie de l’art à toujours été financé sur mécénat ou fond privé. La comédie Française fondée en 1680 par exemple ne représentait à l’époque qu’une infime partie des troupes de théâtres. La subvention massive de l’art arrive après la guerre.

      • Je ne crois pas. Le théâtre antique, par exemple, était très largement financé par des commandes publiques (et même exclusivement en ce qui concerne le théâtre grec, par exemple, la chorégie étant une charge fiscale). L’art de la Renaissance comme le théâtre classique étaient financés par des mécènes, mais ces derniers étaient la plupart du temps des nobles qui tiraient leurs revenus de rentes fiscales.
        L’exemple vénitien est plus intéressant, puisque la cité vivait du commerce et finançait nombre d’activités et notamment la production artistique via les Scuole, qui étaient des associations privées. Ces dernières ont soutenu des courants artistiques qui ont révolutionné les techniques de peinture, en inventant rien moins que la perspective. Cependant, même dans un tel système les commandes publiques tiennent une part non négligeable dans le travail des Tintoret, Véronèse, etc.
        Je ne connais donc pas d’exemple susceptible de constituer un modèle (mais je suis loin d’être versé en histoire de l’art).

        • Hipopolyte Cacanasson
          22 mars 2014 at 17 h 26 min

          Que certains artistes aient été jadis à la botte du pouvoir ne justifie pas le subventionnement aujourd’hui.

          l’Art n’est qu’un miasme de la civilisation.

  • VOUS ETES DES SALES CONS, j’espère vivement que vous allez mourir de stress, étouffés par votre sueur dans une chambre du commerce. je ne l’ai jamais pensé aussi sincèrement.

    • donnez moi des sous pour faire ce que je veux parce que c’est vachement important;..et continuez à bosser comme des cons pour ça même si .mon travail consiste à vous cracher dessus…serait plus complet…

      que c’est ridicule de moquer le travail des autres pour exiger leur argent..

      • ceci dit qu’on ait plus de sous n’est pas un argument recevable ..si l’art public et remplissait une vraie mission qui « élève le peuple », « valait le coup » il n’y aurait aucun problème à emprunter pour le financer…

      • le plus rigolo est que les maires subventionnent des festivals pour stimuler le vilain commerce…

    • Cela ne m’étonnerais pas qu’un tel commentaire soit punissable par la loi. Je vous rappelle que dans notre pays, la liberté d’expression a des limites (beaucoup).
      Heureusement pour vous, nous ne sommes pas sur un site musulman ou gouvernemental, il ne vous arrivera donc rien.

    • Le régime des intermittents du spectacle : 3% des cotisations de l’assurance chômage, 30% du budget de celle-ci qui permet aux sociétés de production de financer à bas coûts leurs productions et festivals merdiques pour attirer le citoyen afin de bien lui bourrer le crâne ensuite avec des « œuvres » à message sociétal : CAPITALISME DE CONNIVENCE encore.
      Le mécénat privé lui encourage les poductions de qualité

    • « je ne l’ai jamais pensé aussi sincèrement »
      Parce qu’on a parlé de vous couper les vivres et de vous obliger à vivre de votre labeur ? Joli cri du coeur, intéressant sens des priorités ^^

  • claude henry de chasne
    29 juillet 2019 at 7 h 36 min

    si on considère l’art comme un métier , on comprend que certains se laissent aller a se faire fonctionnariser..
    Si le talent manque c’est pareil…
    si on considère la creation artistique comme une aventure , là
    se faire payer empêche de la vivre pleinement..

  • Si la « bonne culture » à un sens et mérite d’exister, c’est qu’il y a suffisamment de gens pour se la financer. En revanche, il n’y a aucune raison pour que l’Etat finance ou subventionne les transporteurs de « mauvaise » culture, par exemple la radio ou la télé .

    • claude henry de chasne
      29 juillet 2019 at 8 h 00 min

      la « cuture » est un parcours individuel.. la « culture de masse » un projet politique qui tombe dans la caricaturé

  • Et une raison, celle qui est essentielle, de financer non pas l’art, mais plutôt les artistes: si l’art financé par l’impôt est de l’art facilement censuré, les artistes financés par l’impôt sont des relais efficaces du pouvoir!

    • Amahuit et Dernier
      29 juillet 2019 at 12 h 36 min

      Votre connaissance de l’art s’arrête aux sculptures des rond-points non ?
      Allez voir une fois ce qui se passe dans les animations socio-culturelles publiques, les trucs un peu alternatifs, les machins gaucho-libertaro-communisto-écolo-autres, vous verrez si ce sont des adorateurs de l’Etat…

      • Amahuit et Dernier
        29 juillet 2019 at 16 h 25 min

        Ah oui… le pouvoir profond. Forcément. Ça explique tout. Tssss.

      • Vous voulez parlez des alternatifs et/ou artistes , soit disant anti état, qui gueulent sans rien comprendre mais qui vivent allègrement du rsa?
        J’en ai connu plein.

        • Amahuit et Dernier
          29 juillet 2019 at 18 h 58 min

          Il y en a, oui. Mais vous manquez de nuance encore et encore.

          • J’ai traîné mes guêtres dans beaucoup d’endroits, discuté avec pas mal de gens dont je ne partage absolument pas les idées.
            Et des nuances j’en ai pas vu des masses dans l’intelligence des idées (à part l’exception qui vient de temps à autre)
            Donc pour moi ce que vous racontez tient plus wishful thinking qu’autre chose.

            Ceci dit, heureusement que l’art ne s’arrête pas la ou les subventions s’arrêtent, sinon ca serait un peu pauvre.

            • Amahuit et Dernier
              30 juillet 2019 at 0 h 35 min

              en tant qu’amateur d’art, je suis assez allergique à l’art contemporain, qui est malheureusement souvent l’art « officiel ».
              Je ne vois pas en quoi je fais du wishful thinking.

  • Un milliard par an pris aux salariés a travers l’assurance chômage pour subventionner l’intermittence du spectacle (« Belle de jour » y compris). Valls puis Macron ont défendus et continuent a défendre avec acharnement cette spoliation.

  • Comme disent les mèmes : « this did not age well ».

    Anthony Weiner celui qui s’offusquait de la statue sexiste a été condamné pour « sexual misconduct » à 21 mois de prison (il est sorti en fevrier 2019), c’est aussi sur son ordinateur qu’on a retrouvé une partie des e-mails par ailleurs effacés d’Hilary Clinton, son ex-femme (qui a divorcé suite au scandale sexuel) était la vice-directrice de campagne d’Hilary 2016….

  • Le point 1 est quand même présenté de façon franchement tendancieuse : l’auteur ne trouve comme exemple à citer qu’une « oeuvre » (passablement nulle à mon avis, pauvre assemblage de séquences vidéos, mais cela relève de mes goûts personnels) ouvertement faite pour choquer (il aurait pu préciser que les images du crucifix étaient suivies d’images d’un homme en train de se… masturber, ainsi que d’images religieuses en train de brûler : la vidéo ne fait pas 4 minutes, mais plus de 20 en réalité), parlant de « veto quasi-maffieux » (excusez du peu) parce que des Américains (rappelons qu’ils sont bien plus religieux que les Européens) avaient trouvés choquant de voir ce genre « d’oeuvre » financée par leurs impôts, et présentée dans un musée ouvert aux enfants, alors que les exemples de censure gauchiste, et là n’émanant pas du peuple ou de ses représentants mais d’une caste vivant en vase clôt, envers tout ce qui les défrise sont légions…

    Ne parlons même pas de la nullité hallucinante, mais facturée à prix astronomique, que lesdits « artistes » produisent sur fond public parce que sans cela, personne ou peu s’en faut n’investirait un centime dans leurs délires…

  • Pars les temps qui court, facile de jouer les avant gardes du progressisme. La grosse rigolade arrivera le jour ou une Marion / Marine (ou autre incarnation du camp d’en face) arrivera au pouvoir. L’argent des autres risque de devenir malodorant … ou pas. Dans un premier temps ça va jouer les fiers a bras et très vite ils se tortillerons pour essayer de gratter ce qu’ils peuvent comme en 40. Une belle bande de tocards.

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