Déploiement de l’armée et guerre sanitaire : une urgence au sommet de l’État

La déclaration de guerre au COVID-19 de Macron vient de prendre un sens littéral : mais à quoi bon déployer l’armée quand on ne sait pas quoi en faire ?
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Déploiement de l’armée et guerre sanitaire : une urgence au sommet de l’État

Publié le 31 mars 2020
- A +

Par Sabine Lula.

Le 25 mars 2020, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une opération militaire baptisée Résilience, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Bien qu’il ait annoncé que l’armée serait déployée afin d’apporter un soutien à la population, les actions concrètes qui vont être entreprises demeurent floues.

Il est annoncé que le déploiement militaire ne servira en aucun cas à faire respecter le confinement, bien que certains médecins semblent le demander pour certaines zones sensibles ; quelles seront alors ses missions principales ?

Mettre un nom sur le peu qui est déjà en place ?

Depuis le début de la crise, l’armée est déjà intervenue plusieurs fois dans les zones les plus fortement touchées, par exemple en installant un hôpital militaire sur le parking de l’hôpital civil de Mulhouse.

Résilience devrait donc poursuivre de façon plus centralisée, et mettre en place ces mesures d’urgence à échelle nationale. Il est prévu également que les militaires effectuent des missions de désinfection dans les grands centres urbains.

On peut craindre cependant la centralisation et le monopole d’action de l’État dans la gestion d’une crise d’une telle ampleur alors qu’il semble bien incapable de faire respecter l’ordre sur l’intégralité du territoire, encore moins quand des vies sont en jeu.

L’appui martial ne rendra certainement pas les membres du gouvernement – qui nous ont prouvé plus d’une fois qu’ils pouvaient tout à fait sacrifier la santé des Français si cela leur offrait davantage de pouvoir – plus compétents, mais sûrement plus menaçants aux yeux d’une population déjà trop privée de libertés individuelles.

« Le poisson qui étouffe sur la berge s’agite toujours plus que celui qui est dans l’eau »

On peut alors légitimement se demander si la mobilisation « officielle » de l’armée ne serait pas une ruade vaine d’un État ruiné, mis à genoux par la crise sanitaire.

Un État en ruines

Depuis le début de la crise, la communication a été l’arme privilégiée des élites, au détriment des mesures concrètes qui pourraient sauver des vies. La France semble toujours avoir un temps de retard et agir par défaut, face aux politiques menées par les voisins.

On peut notamment citer la fermeture des frontières : si la République Tchèque fut le premier pays de l’UE à interdire l’entrée sur le territoire aux résidents des pays « à risque » dès le 13 mars 2020, puis une fermeture totale des frontières le 16 mars – alors que le patient zéro y est arrivé le 1er mars 2020 – la France a attendu que tous les pays voisins fassent de même avant d’oser fermer ses frontières.

Dans un contexte pareil, la mobilisation d’une armée qui ne sait pas dire pourquoi on l’appelle apparaît comme la dernière absurdité en date. Mais il ne faut cependant pas oublier que l’usage de la force, qu’elle soit psychologique avec le matraquage des médias ou physique avec la mise en place éventuelle de contrôles musclés, est peut-être le dernier moyen qu’ont nos élites pour assurer un contrôle sur cette cocotte-minute qu’est la France. Encore plus quand certains redoutent d’avoir à rendre des comptes sur leur gestion calamiteuse.

Il convient donc de surveiller ce soudain sursaut de nos élites, et leur bras armé martial. Seul le temps nous dira s’il s’agit là d’une énième manœuvre de communication de crise pour sauver les apparences et conserver leur pouvoir, ou bien le début de quelque chose de plus grave.

Quoi qu’il en soit, rester sur ses gardes, faire attention à soi et à ses proches, et chercher le peu de liberté qu’il nous reste dans ce pays, en d’autres termes rester indépendant, voilà le meilleur moyen de survivre à cette crise sanitaire, et à toutes les autres qui en découleront.

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  • Pas sûr que les militaires cautionnent une dérive dictatoriale. La Défense a beaucoup souffert ces dernières années. Il y avait autrefois 6 hôpitaux de campagne et il a fallu 10 jours pour en armer 1 de bric et de broc parait-il.

  •  » déploiement de l’armée »….parce que ça va péter dans les banlieue ; la racaille s’ennuie , elle ne peut plus dealer comme elle l’entend , et elle n’attend qu’une occasion pour mettre un bordel monstre ; le gouvernement le sait , les renseignements généraux le savent ; sous couvert d’objectifs sanitaires on prépare l’armée à une éventualité qui ne présage rien de bon pour la France ;

    • l’armée n’est pas en état de mener victorieusement une nouvelle « bataille d’Alger ».

      • Tout dépend des « conditions d’engament ». Si elles sont claires et réalisées dans le cadre d’un état d’urgence mettant de côté notre justice c’est réalisable.
        C’est d’ailleurs une condition sine qua non…
        C’est ce qui fait craindre que la démocratie soit mise en confinement…(encore un peu plus)

        • « si elles sont claires… »
          En gros, s’ils ont la possibilité de tirer?
          Connaissant notre administration, ce sera après en avoir référé à la hiérarchie militaire puis administrative et enfin politique, ce qui devra déboucher sur une autorisation tamponnée pour chaque balle tirée avec une cible qui sera désignée après réunion interservice…
          On est sauvé! 🙂

          • Avec notre gouvernement ce sera un noui mou, le premier mort deviendra un martyr du vivrensemble et un officier sera jeté aux chiens comme n’ayant pas compris les ordres.

  • Tous ceux qui parlent de déployer l’Armée se garde bien de dire quelle devra être sa mission, sinon l’ultime rempart à leur lâcheté et à leur renoncement.
    Ce sont les mêmes qui ont forcé l’Armée à faire un travail de police à Alger en 1957, et étaient bien contents que d’autres qu’eux se salissent les mains à leur place, et qui ont craché sur cette même Armée après…
    L’Armée n’est pas là pour que de jeunes boutonneux en mal d’autorité jouent aux soldats de plomb.

    • C’est surtout que cela pourrait servir de détonateur à l’affrontement généralisé craint par Collomb (entre autres)

      • claude henry de chasne
        31 mars 2020 at 11 h 47 min

        que dans les banlieues .. mais si on confie des missions précises a l’armée.. en 2 jours c’est bâché

        • Le problème est là, pour décider une mission précise, il faut connaitre la situation, l’analyser, décider des conséquences et gains, prendre des décisions et s’y tenir. 5 points bien au delà de ce que peux faire notre gouvernement.

  • La petite bête
    31 mars 2020 at 9 h 31 min

    Petite correction: la France n’a pas fermé ses frontières, elle a demandé et obtenu la fermeture des frontières de l’espace Schengen…
    Quant à la rhétorique de guerre, on est dans la pure communication. La guerre suppose de donner la priorité à la survie de la nation au prix de la vie de soldats. Si la priorité était telle, l’économie ne serait pas sacrifiée à ce point. D’autant que les pertes humaines peuvent être limitées en confinant seulement les personnes âgées et fragiles.
    Cette pseudo guerre fait plutôt penser à un sabordage… faute de moyens de faire autrement.

  • On peut constater que l’armée française est principalement mise au service des (T.O.E) pour défendre une cause qui n’est pas la notre.

    Maintenue éloignée du pouvoir, elle finit d’user jusqu’à la corde un matériel déjà vétuste.
    Pour donner une apparence contraire, ils projettent de plus en plus souvent les forces spéciales devant les caméras. (Je me rappelle d’une l’époque où elles se faisaient beaucoup plus discrètes.)

    Bref, dernièrement j’ai vu un représentant de chez 3M se faire filmer avec des militaires en tenue de travail pour bien montrer que nous sommes en guerre et par conséquent exiger leur assistance.

    Pour ce qui est d’envoyer l’armée dans les « zones dites sensibles » ça n’aurait pour seul effet que d’offrir aux médias et pas seulement, un «Sarajevo de la com» dont vous pouvez imaginer les conséquences.

    Si la police était bien équipée (véhicules, armes, matériel de détection et protection) avec une législation plus favorable, le tout dirigée par une personne forte qui met en œuvre une police de protection, et non une police punitive qui a le devoir de rapporter de l’argent, tout serait possible…

    Seulement dans ce que je viens d’écrire il y a trop de si, si, si…

    • claude henry de chasne
      31 mars 2020 at 12 h 01 min

      ce n’est pas une affaire de police mais de justice..
      quand c’est la justice qui decide en dernier ressort , impossible d’utiliser l’armée çà ne servirait a rien

      • « impossible d’utiliser l’armée çà ne servirait a rien »

        Ai-je écris qu’il conviendrait d’employer l’armée ?
        Ou ai-je écris que son emploi était déconseillé ?

        • claude henry de chasne
          31 mars 2020 at 12 h 14 min

          mais meme déployer la police ne sers a rien.. c’était le sens de mon propos..
          « ce n’est pas une affaire de police mais de justice.. »

          • A propos de la police:
            j’ai écris « avec une législation plus favorable »

            • écrit

              • claude henry de chasne
                31 mars 2020 at 14 h 05 min

                tres bien
                la solution des militaires c’est éliminer la menace par « extreme préjudice », c’est a dire tirer dans le tas..
                la solution de la police c’est d’arrêter des présumés coupables sous le controle d’un juge d’instruction..
                çà n’a rien a voir..

  • Pourquoi le déploiement de l’armée? Pour animer le théâtre mis en scène par M. Macron avec son scénario de guerre et tout le vocabulaire qui va avec? Du cinéma!

  • jacques lemiere
    31 mars 2020 at 15 h 40 min

    il ya aussi le fait qu’on ne sait pas si les gens vont accepter sur la durée le confinement, je crois qu’il ya eu un cas de magasin pillé en Italie.

  • Bon, un sentinelle bis. Des patrouilles sans autorisation d’intervenir (type Bataclan), tout juste de se défendre et encore si la hiérarchie ne vous tombe pas dessus pour réaction trop « fasciste ». Comme nos policiers et gendarmes, tétanisés devant le moindre manquement (voir les cailleras qui récemment ont « dansé » sur le capot d’une voiture de police). Ce sont les lascars qui vont rire, plus de cibles dans les rues sans aucun risque. A force de vouloir ménager tous ces allogènes… « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. »

  • Pourquoi l’armée?
    Parce qu »il » en est le chef et qu’il estime avoir le droit de jouer avec ses soldats de plomb!
    Et parce qu’il a déclaré la guerre à un ennemi qui n’en est pas un, simplement une pandémie demandant solidarité et raison, alors qu’il a toujours refusé de déclarer la guerre à un vrai ennemi de l’intérieur parfaitement identifié.
    Si donc les territoires dits perdus de la république mais tout simplement de la France habités et gérés par certains de ceux qui nous ont virés de leur propre territoire avant d’envahir le notre secteur par secteur et nous en virer devaient profiter de la situation actuelle pour nous faire la peau, il est douteux que notre généralissime ait le courage (la mâle virilité…) de donner l’ordre à l’armée d’agir.
    Pour la défense de la France et de son intégrité , il serait probablement plus sage d’espérer que l’armée avec le soutien de nombreux français décide d’assumer sa mission première!

  • Les parlementaires et en particulier ceux du sénat dont son président a voulu à tout prix maintenir le 1 er tour des élections municipales pour sauver celle à venir du sénat en ayant son cheptel de grands électeurs pour protéger son pré carré ,ont bien su faire appel à l’armée et notamment à un régiment spécialisé en NRBC pour décontaminer l’assemblée et le sénat!!!!!Alors que depuis des années ils n’ont cessé de voter des budgets défense à la baisse alors que ces mêmes parlementaires se vautrent dans leurs avantages,6 ou 7 cuisiniers mof au sénat par ex.

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