Le problème du système de santé en France n’est pas le manque de moyens

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Le problème du système de santé en France n’est pas le manque de moyens

Publié le 31 mars 2020
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Par Philippe Alezard.

Le 24 mars, l’Inde a annoncé le confinement de la totalité de sa population, soit 1,3 milliard d’habitants. Un peu plus de deux milliards d’habitants de la planète sont confinés. Tous les continents sont touchés. L’Europe est le principal foyer. L’Italie cumule les tristes records du nombre de cas et de morts, le taux de létalité y atteint 8,3 %.

À l’exception du Royaume-Uni, bien que le gouvernement semble faire machine arrière, et des Pays-Bas, l’Europe a choisi la stratégie du confinement strict et généralisé. C’est le choix de la gestion de la propagation du virus afin de ralentir sa progression. En Asie du Sud-Est, le choix s’est porté sur la gestion du virus lui- même, au travers d’une gestion de dispositif épidémiologique avec un suivi et des actions individualisées et non généralisées.

 

Au-delà de la pandémie, des approches différentes

Cette crise du Covid-19 a mis en exergue les approches différentes entre les pays en matière de gestion et d’efficacité des dépenses de santé, de discipline collective ainsi que d’intégration de la technologie, de l’intelligence artificielle, du big data, dans toutes les strates de la démocratie.

Dans les pays de l’OCDE, les dépenses de santé ont atteint 8,8 % du PIB en 2018. Les dernières projections font apparaître une croissance à 10,2 % du PIB à horizon 2030. L’espérance de vie est de 81 ans. La part des personnes âgées de plus de 80 ans va plus que doubler d’ici 2050.

La moyenne des dépenses de santé est de 4000 dollars par habitant, ajusté des pouvoirs d’achat. Mais on note de fortes disparités entre les États-Unis par exemple, où elles dépassent les 10 000 dollars par habitant et le Mexique avec 1150 dollars par habitant.

L’objectif de tout système de santé est d’améliorer la santé des individus et de la population tout en respectant un cadre budgétaire soutenable. Le cadre conceptuel pour l’évaluation de la performance de celui-ci est très complexe. Il fait intervenir le contexte démographique, économique et social des pays.

La France dépense un peu plus de 11 % de son PIB dans son système de santé. C’est au même niveau que l’Allemagne, 0,5 % de plus que le Japon et 3 % de plus que la Corée du Sud. À l’exception des États-Unis, la France, l’Allemagne et la Suisse sont les pays qui ont les dépenses de santé les plus élevées des pays de l’OCDE.

Selon les pays, les dépenses de santé sont constituées par des régimes obligatoires et/ou volontaires, les assurances maladies, qui donnent un droit automatique aux soins pour les individus. Pour les pays de l’OCDE, les trois-quarts des dépenses de santé sont couverts par des régimes publics. Dans ce domaine, seule la Corée du Sud, avec 60 %, se différencie de l’Allemagne, de la France et du Japon dont les dépenses sont prises en charge à 85 % ou plus par un dispositif public obligatoire.

Les offres de soins ont évidemment une incidence sur les dépenses. L’éventail est large, hôpitaux, cabinets médicaux, pharmacies. Les activités hospitalières représentent la plus forte proportion des dépenses de santé pour l’ensemble des pays. Dans ce domaine également, on note de fortes disparités. La Grèce, par exemple, consacre 43 % de sa dépense dans les soins hospitaliers alors qu’ils représentent 28 % en Allemagne. La France y consacre la moyenne de l’OCDE, à savoir 38 %.

Un autre poids lourd des dépenses de santé est le personnel du secteur médico-social. Ce secteur est un rouage essentiel au bon fonctionnement d’une société. Il représente plus de 10 % de l’emploi des pays de l’OCDE, en progression de plus de 42 % depuis 2000. En France ce secteur représente 14 % des emplois. Cette tendance devrait se poursuivre sous l’effet du vieillissement des populations. De nombreux pays mettent en place de nouvelles structures, de nouveaux métiers, aidés par les nouvelles technologies pour accompagner ce phénomène. Des basculements technologiques sont à attendre pour gagner en productivité.

L’Allemagne compte 4,3 médecins pour 1000 habitants, la France 3,2, le Japon et la Corée 2,4. Pour le personnel infirmier, l’Allemagne en compte 13 pour 1000 habitants contre 12 au Japon, 10 en France et 7 en Corée.

En matière de rémunération, la France se classe parmi les plus mauvais élèves, particulièrement pour le personnel infirmier. Un médecin salarié de la fonction publique hospitalière est rémunéré en moyenne 2,2 fois le salaire moyen français. C’est 40 % inférieur à son collègue allemand. Le personnel infirmier est à 0,9 fois le salaire moyen, 20 % de moins qu’un Allemand et 40% de moins qu’un infirmier espagnol.

Le nombre de lits par habitant donne une bonne mesure des ressources disponibles pour fournir des services aux patients hospitalisés. On recense en moyenne 4,7 lits pour 1000 habitant dans les pays de l’OCDE. Le Japon en compte 13, dont 4,5 en réanimation ; la Corée 12, dont 4 de réanimation ; l’Allemagne 8 dont 2,9 de réanimation ; et la France 6 dont 1,2 est consacré à la réanimation.

Les dépenses d’investissement dans le domaine de la santé, les dépenses dites « en capital », sont d’une importance vitale. Les besoins en nouveaux dispositifs de santé, en équipements de diagnostics, de thérapeutiques, en systèmes d’information et de communication, en intelligence artificielle auront une incidence déterminante sur la capacité de notre système de santé à satisfaire les besoins de la population. Le manque d’équipement, IRM, scanners, a des répercussions directes sur les capacités de dépistages précoces. On a vu combien le manque de respirateurs, de salles de réanimation a influencé la gestion de la crise du coronavirus.

La France investit 0,6 % de son PIB dans ces nouvelles technologies pour l’hôpital alors que l’Allemagne et le Japon y consacrent près du double. Dans ces pays, ce sont 10 % des dépenses de santé qui sont investis pour le futur, contre 5 % en France.

Résumons ces quelques points de benchmark par rapport à l’Allemagne, le Japon et la Corée.

La France est le pays qui a la plus lourde dépense de santé, soit 11 % de son PIB. Elle compte deux fois moins d’infirmières qu’en Allemagne et 50 % de moins de médecins. De plus, les médecins et personnels soignants sont payés entre -20 % à -40 % de moins que leurs collègues allemands. Il y a deux à trois fois moins de lits par habitant en France qu’en Allemagne, au Japon ou Corée du Sud. Pour finir, la France investit deux fois moins que les autres pays dans les nouvelles technologies et intelligence artificielle pour l’hôpital.

Il est donc évident que le problème de l’hôpital en France ne provient pas du manque de moyens.

 

Un bouc émissaire tout trouvé

Et une fois de plus les mêmes antiennes reviennent. Un bouc émissaire est désigné, le capitalisme, le libéralisme, ou néo, ultra-libéralisme, ainsi que son corollaire, la globalisation. Dans une tribune, signée dans L’Humanité du 27 mars, Philippe Martinez, Cécile Duflot et 16 autres responsables syndicaux, crient « Plus jamais ça ! Préparons le jour d’après ». Ils dénoncent la mainmise des forces économiques et le néolibéralisme qui ont réduit à peau de chagrin la capacité de nos États à répondre à des crises telles que celle-ci.

Les pays du Sud-Est asiatique, Singapour, Japon, Corée du Sud, Taiwan, ont retenu les leçons malheureuses du SRAS en 2003 et du MERS en 2015. Des procédures ont été instaurées et respectées. Les stocks étaient suffisants : quatre masques FFP2 par foyer et par semaine étaient prévus à Singapour.

Des centres nationaux pour maladies infectieuses avaient été mis en place en 2018 en Corée du Sud et 2019 à Singapour avec des unités spécialisés et des chambres d’isolement. Les kits de test par écouvillons ainsi que les salles de dépistages aux différents points de contrôles d’entrée des pays, aéroports, ports, frontières ont été développés dès mi-janvier.

Surtout ces pays ont eu recours à un usage massif de la technologie pour le suivi des patients et des contaminés.

 

L’usage massif de la technologie

Le partenariat public-privé joue à fond le développement de plateformes. L’application Face Mask Map permet de localiser instantanément les pharmacies disposant de masques. Cette même application permet la gestion de la fabrication de masques en pilotant les stocks, leur distribution et leur réallocation.

D’autres exemples se sont multipliés. La géolocalisation s’est généralisée, permettant de cibler le virus, d’éviter les mises en contact mais également les anticipations de moyens à allouer aux hôpitaux.

L’investissement et la technologie sont présents à tous les échelons de la santé, l’épidémiologie, la médecine préventive, l’urgence, le diagnostic. L’innovation privée et/ou associative est intégrée, connectée aux systèmes de santé public. La société civile, Civic Technology a un rôle prépondérant dans les systèmes de soin. Les scientifiques, les universitaires, les sociétés de hautes technologies, les big data et les data scientists sont parties prenantes du système de santé.

Dans ces démocraties libérales, respectueuses des libertés individuelles, l’intérêt collectif peut prendre le pas momentanément sur l’intérêt individuel. Le doute envers les institutions n’existe quasiment pas. En France, la défiance envers celles-ci est à son paroxysme.

La France souffre de la complexité de son fonctionnement. Il aura fallu attendre le plus haut degré d’urgence pour voir la création d’un conseil scientifique pour aider à la gestion de la crise.

 

La mondialisation a bon dos

Ce n’est pas à cause de la mondialisation que le pays n’avait aucun stock de masques ou de gel hydro-alcoolique. Ce n’est toujours pas la mondialisation, mais ce serait plutôt grâce à elle, que LVMH et Pernod-Ricard doivent se substituer à l’État pour fournir aux hôpitaux ce minimum d’équipements.

C’est l’impréparation.

Cette société qui a sanctuarisé le principe de précaution a institué un système hiérarchisé dans lequel toutes les facettes de l’individu sont gérées par des procédures, des règles, des normes, des dispositifs de régulation, à un point tel que tout est prévu. Une armée de fonctionnaires écrit des textes de plus en plus abscons alors qu’une autre armée tente de les faire appliquer.

Tout est prévu sauf l’imprévisible. Et quand il se présente, tout se bloque. Tout le monde est surpris et personne n’est responsable. Le système est totalement imperméable au sens commun, à la responsabilité, à l’intelligence.

La France est le système le plus « socialisé » des pays de l’OCDE. La dépense publique engouffre 57 % de la richesse créée. Les prélèvements obligatoires ont également le record de l’OCDE. La pression fiscale est à son comble. Et cependant, le système éducatif s’enfonce chaque année un peu plus dans les limbes des classements, les tribunaux sont tous submergés par les retards accumulés, la police n’a plus les moyens de travailler, l’hôpital est sous-équipé et les investissements ont disparu depuis des années. L’efficacité et l’efficience de ces dépenses posent question.

Il n’y aura pas un avant et un après coronavirus comme il n’y a pas eu d’avant et d’après 2008. Pour la France, un jour, il y aura un avant et après prise de conscience que notre modèle social doit changer. L’efficacité, la responsabilité, le courage politique doivent être les points de triangulation qui devront guider cette évolution avant que n’éclate la bulle technocratique et administrative.

Dans L’ordre social, Jacques Rueff écrivait déjà :

« Toutes les turpitudes de notre régime, j’en ai toujours trouvé la source dans les interventions de l’État. Les systèmes malthusiens donnent à leurs auteurs toutes les apparences de l’action généreuse alors qu’ils organisent la misère et la ruine. »

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  • jacques lemiere
    31 mars 2020 at 8 h 02 min

    oui je dois dire que j’ai regardé un peu les mêmes données.. et fait des remarques similaires en réponse à des commentaires.
    sauf que..on parle à des idéologues.

    • jacques lemiere
      31 mars 2020 at 8 h 06 min

      le niveau absolu des dépenses publics par habitants aux usa est élevé!! au point qu’on se demande si un jour il ne sera pas proposé massivement d’aller ses soigner à l’étranger dans les pays plus competitifs.

  • Ce n’est pas le manque de moyens c’est le détournement de moyens ,où
    passe l’argent à 56% de prélèvements?

    • « Détournement » laisse penser que certains en profitent, alors que c’est marginal. Ce qui nous plombe est l’inefficacité assumée dans l’emploi de ces moyens, leur gaspillage pour respecter des critères purement normatifs, administratifs, idéologiques.

      • J’aimerai vous croire mais j’ai vraiment un doute, j’irais quand m^me pas jusqu’a faire la liste mais les ptit ruisseau finissent toujours en rivière

      • C’est faux, il y en a qui en profitent : les bureaucrates qui inventent des missions inutiles justifiant leur rôle, parce que c’est plus amusant de jouer avec des subordonnés comme des marionnettes plutôt que de s’emmerder à produire ce pour quoi on est entré dans la maison administration (le même raisonnement vaut pour les administrations des grandes entreprises).

        • Supprimer le statut de fonctionnaire, le réservant a des cas rarissimes, et aussi amaigrir ou supprimer le droit public.
          Empêcher les fonctionnaires de faire une carrière politique.
          Favoriser l’accession aux hautes fonctions 2/3 par promotion interne et 1/3 par recrutement externe sans que les jeunes puissent démarrer directement sur des postes de direction ou de chef de bureau.
          Négocier les objectifs au préalable et sanctionner les équipes. (Aujourd’hui sanctions jamais appliquées, responsables (et bien payé(e)s) mais pas coupables).

      • Il suffit d’observer le ratio personnel soignant/ personnel administratif. Le problème est le même dans l’éducation .

  • 1) La recherche dans le domaine de la santé évolue à une vitesse fulgurante.
    2) Les dépenses de santé augmentent chaque année nettement plus vite que les PIBs.
    Il en résulte que les pays (comme la France) qui cherchent à contenir les dépenses de santé dans leurs budgets, n’investissent pas assez dans les nouveaux outils issus de la recherche parce qu’il est très tentant, pour les bureaucrates, de repousser les investissements en matériel au profit de dépenses plus « sociales ». Et au bout de 20, 30 ans, les différences entre pays deviennent colossales, malgré que le pourcentage de dépenses consacrées à la santé apparaisse globalement très élevé dans le cas de la France.
    Ayant expérimenté les hôpitaux en France et aux USA, je peux dire que les différences en matériels sont considérables. D’ailleurs, existe-t-il encore du matériel médical made in France ? Je ne le crois pas, à part peut-être les pinces et les pansements…
    Ces différences entre pays me laissent penser que contrairement à ce que la grande majorité des Français croit, il vaut mieux être soigné aux USA qu’en France…

    • claude henry de chasne
      31 mars 2020 at 8 h 48 min

      je le confirme ! mieux pour moins cher!

    • En effet. Si vous avez un cancer quelconque quelque part dans le monde le prédicteur de survie numéro 1 c’est « être aux USA »… quelque soit votre age et vos revenus etc.

      • jacques lemiere
        31 mars 2020 at 13 h 47 min

        oui ils sont en pointe..on peut comprendre qu’être en pointe coûte pus cher..
        il n’est pas aisé de comparer les performances non plus..
        d’abord parce que les besoins de soins sont différents d’un pays à l’autre.

    • Punaise ca fait peur ce que vous dites , On nous mentirait

    • les dépenses plus sociales , c’est quoi ???? pas les salaires des opérationnels !!!! en quoi une sur administration étouffante ou sclérosante serait un choix social ?????

    • Les américains ont achetés les producteurs de matériel médical français dans les années 90 pour les relocaliser ensuite chez eux. Après petite couche de brevets pour que la concurrence ne repousse pas.

  • claude henry de chasne
    31 mars 2020 at 8 h 47 min

     » notre modèle social doit changer. »
    oui mais j vous fiche mon billet que c’est pour se complexifier un peu plus..
    La complexification est là pour justifier des postes dans l’administration nous n’y pourront rien.
    le seul moyen valable est d’en finir avec le statut!
    Bonne Chance

  • Ce que j’aimerais connaitre c’est la part budgétaire liée à l’administration dans les hôpitaux des différents pays.
    Je pense que ce « prélèvement » est beaucoup plus important qu’ailleurs sur ce budget.

    Il y a 2,5 fois plus d’administratifs dans les hôpitaux publics que dans les établissements privés par exemple en France.

    Il y a 35 ans de cela dans un hôpital de la deuxième métropole de France il y avait par exemple : 12 sous-directeurs (!) et chacun lors de sa prise de poste (mutés environ tous les trois ans) se voyait proposer de changer la moquette de son bureau, voire les meubles pour que tout soit à son goût…mais l’on manquait déjà d’infirmières…

    J’ai appris récemment qu’une des trois secrétaires d’un directeur d’hôpital de ville moyenne travaille également pour organiser les week-ends, les vacances du directeur…ce dont il semble donc incapable !

    La gabegie est à tous les niveaux en commençant par le non soignant ( = non productif)

    • Actuellement, la création de poste dans les hôpitaux publiques se fait essentiellement dans l’administration sur des postes sensés contrôler les soignants pour faire des économies…

      • eh oui nos énarques ont oublié que le contrôle des prix de revient avait également un coût !!!! si le gain est inférieur au coût il faut cesser d’urgence !!!!

    • Une pratique courante des maires (surtout de gauche) consiste à faire pression sur le directeur qui n’a aucun pouvoir pour embaucher du personnel sans qualification à l’hôpital .
      Avantage : c’est des gens qui voteront pour lui et çà résorbe le chômage local .
      Les hôpitaux sont ainsi devenus les premiers employeurs des villes.

  • Et les syndicats qui font grève pour obtenir des avantages catégoriels et sociaux et de toujours plus d’embauches d’administratifs ,on ne les a pas vu faire grève pour avoir des respirateurs made in France.

  • « L’Europe a choisi la stratégie du confinement strict et généralisé »

    S’il y a confinement partout, la divergence majeure entre les pays ou les régions concerne les déplacements professionnels. Dans certains cas, se rendre à son travail est considéré comme une raison valable de sortir de son domicile durant le confinement, sans notion d’activité essentielle. Reste à mesurer les conséquences pratiques de ces nuances dans le confinement, probablement déterminantes à l’issue de la crise.

    « L’Italie cumule les tristes records »

    L’Espagne et la Suisse ont provisoirement dépassé l’Italie pour le nombre de cas détectés en proportion de la population (plus de 1800 cas pour un million d’habitants contre 1680 en Italie), mais l’Italie reste le pays où la mortalité générale du Covid est la plus élevée avec 192 décès/million (contre 165 en Espagne et 44 en Suisse). Début d’espoir (très provisoire) en Italie où le nombre de nouveaux cas a chuté à son plus bas depuis le 17 mars.

  • La petite bête
    31 mars 2020 at 9 h 23 min

    Je me rappelle un vieil article de Contrepoints das lequel le chef de service d’un grand hôpital parisien avat calculé qu’en 30 ans le nombre d’administratifs/lit avait été multiplié par 15. Pas la peine de chercher plus loin: on dépense assez, mais mal.

    • Sûr que si on réduit le nombre de lits pour faire des économies tout en maintenant à niveau les effectifs administratifs au nom du statut de la FPH, fatalement l’argent ne sert plus à l’amélioration des soins mais à financer l’accessoire, pour ne pas dire l’inutile.

    • c’est la question : « où passe le pognon » ??? (sûrement pas perdu pour tout le monde).

      • Bof. Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat, pour celui qui le ramasse, dit le dicton. Punir ce soldat ne sert à rien, il faut punir ceux qui l’ont laissé tomber ou trouver toute autre manière d’empêcher que ça se retrouve dans le fossé.

      • En fait si, perdu pour tout le monde… Ce pognon sert à payer du personnel de santé en sur-nombre et sous employé. Qui aurait pu, à titre individuel, gagner plus à être employé correctement dans une structure efficace (clinique privée soumise à moins de normes, entreprise concurrentielle en général, etc.)

        • Les établissement privés sont soumis exactement aux mêmes normes, qui sont européennes ou nationales. En revanche par de « règlement interne » qui exclut le bon sens…
          Quant aux personnes « sous employées » que pensez-vous qu’un établissement privé en fasse ? (si elles existent)

        • Les normes ne sont pas un mal au contraire. Mais il faut aussi utiliser son intelligence pour comprendre son idée sous jacente et ne pas payer des gens à vérifier que l’on a pas violé le sous paragraphe 5.

          • Il y a énormément de cas où une recommandation suffirait, et où transformer cette recommandation en norme déresponsabilise et empêche les progrès pourtant souhaitables.

    • Normal quand on voit l’investissement matèriel.
      Quand on voit la numérisation des postes non réalisé.
      Tous part de là nul en investissement numérique donc des postes mal répartis ….

    • CHU de Rennes 8000 salariés dont 5000 administratifs : tout est dit !!!!!

  • Pourtant nous avons les gouvernements qui prennent le plus soin de nos vie, le dernier en étant le summum en ralentissant le nombre de décès à 80 de l’heure. Ça c’est de la politique de santé. Mais, pendant ce temps là, d’autres prennent à 100 à l’heure de meilleures trajectoires.

  • Esprit critique
    31 mars 2020 at 9 h 47 min

    « Le système est totalement imperméable au sens commun, à la responsabilité, à l’intelligence……L’efficacité, la responsabilité, le courage politique doivent être les points de triangulation … »
    C’est clair, c’est parfait.
    J’ajouterais peut-être La Question de la Corruption. Servier n’a pas pu, tout seul continuer a vendre une molécules jugée néfaste. Les conflits d’intérêts entre Buzyn et Levy, ne sont pas des bricoles !!!!

  • L’inflation comptable est juste punitive en France! Oui, la France est certainement le pays qui dépense le plus mal du monde! C’est aussi le pays qui cumule dans un hopital jusqu’à 11 échelons administratifs avec des directeurs qui ne font que des réunions, rémunérés 250 000 euros /an. C’est tout un maillage, et une gestion du territoire catastrophique ! Vu que les médecins ne sont plus que des prescripteurs de médicaments, que l’on charge en plus de toujours plus d’exercice comptable, vu que le tout hôpital est devenu la seule norme, il n’est tout simplement guère étonnant, qu’en 20 ans, le nombre de passage aux urgences ait doublé ! Aussi, cette gestion calamiteuse, se traduit paradoxalement là encore, par des exercices mesquins, pour faire des « économies » on ferme les lits, exactement comme on a limité le numerus clausus, les abrutis de technocrates, pensant réduire et le nombre de médecins, et le nombre d’ordonnances et de soins ! C’est bien une logique inflationniste, toujours moins de soins, on pressure le personnel hospitalier mal payé, on continue de créer une industrie de la santé, sur la base de décisions qui pour limiter la faillite, force la bureaucratie a sacrifier sur l’hôtel du serment d’hypocrite, la mission qui était la sienne. Les coupables sont tout désignés !

  • Il faut etre honnete. On (et moi avec) a crié au gaspillage quand on a stocke des masques et des vaccins pour le SRAS alors que ca n a servis a rien. Donc aujoud hui on paie cette erreur.

    Utiliser les nouvelles techno. pourquoi pas ? mais si c est pour contraindre chaque francais a transporter sur lui un mouchard, je suis pas sur que c est une bonne idee. a quand une amende car vous n avez pas de smartphone sur vous (rigolez pas c est deja en cours dans la province du Xinjiand (ou les chinois repriment les ouigours))

    Oui il y a des gaspillages dans le systeme social francais. Quand on voit que l etat rembourse encore l homeopathie ou les cures, qu on peut aller voir 5 docteurs dans une journee sans penalite financiere, on se dit que la lutte contre la gabegie n est pas encore a l ordre du jour

    Apres il faut quand meme signaler que ce virus est inoffensif pour les moins de 45 ans (0.2 % de mort) et que le gros des victimes a plus de 80 ans. On a flingue l economie, fait flamber le chomage pour sauver des gens qui seraient pour la plupart mort dans les 5 ans.

    • Je vous aurais bien mis +1 pour le début, mais la fin ressemble trop à « Les vieux ne servent plus à rien, ils peuvent et doivent crever ». C’est à eux de décider, pas à vous de faire le choix pour eux.

      • Effectivement, c’est leur responsabilité personnelle (ou celle des Ehpad) de décider de se confiner sans obliger toute la population à l’être également. En l’absence de vaccin et de tests généralisés, c’est un discours de responsabilité individuelle qui sera bientôt largement diffusé car c’est comme ça qu’on sortira de l’expérience du confinement généralisé, lorsque le nombre d’hospitalisés aura suffisamment baissé pour ne plus risquer la saturation des lits de réanimation (indicateur clairement énoncé hier soir).

      • j ai jamais dit ca, j ai juste dit que le virus est inoffensif pour les moins de 45 ans (ce qui d ailleurs n est pas mon cas).
        Apres on aurait pu trouver des solution moins invasives : confinement pour les personnes a risques (malade + vieux), demande de reduire les deplacement pour les autres (mais pas cohercitif)
        La suede ne fait pas de confinement (ou nos banlieue « sensible »). on verra apres l epidemie s ils ont sensiblement plus de mort

        • Là aussi, je sais bien que vous n’avez pas dit ça, mais ceux qui le pensent s’en trouvent confortés quand même… Le point important est que l’information qui circule est exacte, le virus est pratiquement inoffensif pour les moins de 45 ans comme vous le dites, mais que l’information qui devrait circuler ne circule pas : la responsabilité des moins de 45 ans dans la diffusion du virus est considérable, et ils devraient y penser.
          La Suède ne fait peut-être pas de confinement, mais j’ai un ami suédois statisticien émérite dont le premier papier marquant remonte à un demi-siècle, il m’a écrit hier combien ça lui manquait de ne plus garder ses petits-enfants le lundi comme avant. Si la Suède a moins de morts, sera-ce bien attribué à une meilleure responsabilisation des jeunes, comme cela le devrait à mon avis ?

        • Je vous cite: On a flingue l economie, fait flamber le chomage pour sauver des gens qui seraient pour la plupart mort dans les 5 ans.
          Vous ne l’avez pas dit?
          Un peu que vous l’avez dit! Et permettez moi de vous signaler que c’est ignoble, ou alors vous écrivez des horreurs sans même vous en rendre compte? On réfléchit avant d’écrire!

    • Mouchard si vous avez quelque chose caché oui sinon rien que d’etre sur contrepoint ou d’allumer votre PC et hop on vous trouve a moins que vous utilisiez 3 Vpn pour votre PC et pas WINDOWS ni apple, et que vous soyez un as de la sécurité.Sinon dèjà actuellement tous le monde est pisté donc vous juste ouvrez les yeux.
      Dès que vous allumez votre portable le réseau par triangulation vous a repéré.
      oui pour un repérage ouvert et su et non pour celui caché comme actuellement. Liberté de choix et d’utilisation

      • Il n’y a pas besoin de triangulation pour vous repérer, on fait bien mieux sous couvert de « c’est bien pour vous ».

      • « oui pour un repérage ouvert et su  » disons que vous n avez pas tellement le choix. Ca devient difficile de vivre sans telephone portable ou internet

        Apres il y a ce qu on fera de vos donnees. Vous n avez peut etre rien a cacher mais en cherchant bien je suis sur qu on va trouver.
        Par ex:
        – jamais fait d exces de vitesse ? (facile a trouver avec la localisation)
        – vous frequentez les fast food -> risque accru de maladie et d obesite -> augmentation prime d assurance santé

        vous voyez en moins de 5 min j ai deja trouve. pas besoin de se droguer ou d avoir une maitresse pour refuser la surveillance generalisee

    • Vous ne devez plus avoir de génération avant vous, celle des grands-parents, pour dire une connerie pareille.
      La réalité est que l’on paye surtout les lubies de nos responsables de la santé : pas de confinement au départ, pas de recherche d’antécédents, pas de masques, etc… lubies adoptées par des politiques qui ont oublié que c’est à eux de prendre les décisions, les bonnes.

    • On est d’accord pour les masques (qui existaient déjà avant H1N1) et dont un stock de précaution doit subsister, mais pas pour les vaccins H1N1 où l’on a cumulé trois erreurs, 1°) croire aux courbes épidémiologiques tragiques qui prévoyaient comme d’habitude des « millions de morts » (cf. Albert Osterhaus et Neil Ferguson), 2°) faire le choix d’un vaccin très cher avec double injection et en prime des douleurs pour les vaccinés !, 3°) ne pas faire confiance aux médecins généralistes pour conseiller et traiter cette vaccination.

      Du coup, de mémoire, la couverture vaccinale a été en France la plus faible jamais observée (très inférieure à 10%) et un échec médical et économique…

      Bien entendu, on est en train de revoir les courbes épidémiologiques traditionnelles :
      – avant le confinement pour paniquer tout le monde style William DAB le 16/03 dernier (http://www.leparisien.fr/societe/sante/coronavirus-si-les-francais-ne-prennent-pas-plus-conscience-du-danger-16-03-2020-8281356.php) : 800.000 morts en France si on ne confine pas !!
      – pendant et après le confinement pour nous calculer le « nombre de morts évitées », comme je l’ai entendu ce matin avec une étude (anglaise ?) qui dit que la France a « évité » 2.500 morts avec le confinement et des calculs semblables pour l’Italie, l’Espagne,…

      Quand vous regardez les hypothèses relatives à ce genre de courbes (taux de transmission, taux de létalité, etc…), vous vous demandez comment on peut raconter de telles c… au « doigt mouillé. Surtout quand on constate que l’on ne sait toujours pas le taux de létalité du Covid-19 (entre 0,1 et 7%) et les autres paramètres de l’épidémie et que, par le passé, ces courbes se sont invariablement révélées remarquablement fausses.

  • Je ne sais pas si c’est mon logiciel interne qui bug mais pourquoi ai-je la nette impression que les 3/4 de l’article égrene le déficit de moyens pour la santé, pour conclure ensuite que le problème est le fonctionnement administratif et pas les moyens.

    Sinon je suis d’accord, même si nos moyens sont un peu inférieurs à d’autres pays ce qui compte avant tout concerne le niveau d’optimisation et de vitesse à laquelle on les mobilise. C’est sur la logistique que l’Etat et ses succursales régionales sont mauvais : coordination public/privé, mise en place de structures médicales d’appoint (soutien de l’armée ou transformation d’un gymnase), transfert de moyens interrégionaux…
    Bref que de la verticalité et presque aucune horizontalité qui provoque un manque de réactivité et de fluidité.

    • Avez-vous lu l’article ? Il n’y a pas de manque de moyens puisque la France est dans le trio de tete mondiale des dépenses. Il y a un manque de résultats certain par contre…

      • J’étais connecté sur les moyens matériels, on en parle tellement en ce moment.

        • Cela fait des dizaines d’années qu’on en parle, aussi bien à la santé qu’à l’éducation, mais tout ce que ces syndicats gauchistes savent dire c’est manque de moyen, alors qu’on dépense plus que les autres, et c’est à cause du néolibéralisme! Or c’est l’inverse puisque les résultats devraient être meilleurs que chez nos voisins.

  • L’article est très intéressant. Il faut toutefois faire attention aux comparaisons internationales : par exemple, les salaires comparés sont-ils les salaires complets ? Les dépenses de santé intègrent-elles les dépenses personnelles ? Les différences de prix sont également importantes : pour 1000 €, on n’a pas la même chose en France et aux Etats Unis, ce qui fait que les Etats unis dépensent beaucoup plus pour des soins comparables.
    C’est toujours le même problème : la prise en charge de dépenses qui devraient être individuelles par l’Etat fausse les comparaisons internationales.

  • Ressources financières ne manquant pas il ne peut s’agir que de manques de resources intellectuelles… Ça ne se guéri pas d’un coup de baguette magique libérale ou pas.

  • Analyse remarquable

  • 1- Dans le budget de la santé, figure le coût de gestion de la sécurité sociale (voir IFRAP).

    2- La sécurité sociale prend en charge des prestations qui ne sont pas liées à la maladie ou au handicap.

    3- La sécurité sociale prend en charge des patients qui n’ont jamais cotisé.

    4- Les hôpitaux comptent beaucoup trop de personnels administratifs

    2 solutions :

    Soit on change le modèle et faisons des économies
    Soit on change le modèle et disposons d’un budget plus important pour la santé.

    • Une autre solution rien et on fait une réformette comme d’hab et on clame au et fort que c’est une grande réforme.
      Sérieusement il sera rien fait comme d’habitude jusqu’au prochain clash et on sera pire que l’italie et la ca sera le drame

    • Décision de l’Etat:
      on garde le modèle, on augmente (un peu) le budget, on diminue les investissements et on embauche des administratifs pour contrôler les dépenses de ces gaspilleurs de soignants!
      Cela va bien se passer… 🙂

  • France is fucked up

  • On se demande ce qu’ils font avec l’argent, car bien que la France dépense le plus pour la santé mais avec 2 fois moins de personnel que l’Allemagne ce ne sont pas les frais de personnel qui la plombe. Donc où va ce pognon?

  • Les commentaires sont fermés.

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