Conseil de défense écologique : interdictions et taxations au programme

Les institutions sur lesquelles reposent les sociétés libres et prospères assureront mieux la protection de la santé publique et des valeurs écologiques.
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Conseil de défense écologique : interdictions et taxations au programme

Publié le 6 août 2020
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Par Max Falque.

La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts. — Georges Clemenceau.

Après la publication des recommandations de la Convention citoyenne pour le climat le gouvernement réactive le Conseil de défense écologique chargé de coordonner  les actions proposées par des citoyens incompétents encadrés par un quarteron de militants et fonctionnaires écologistes acquis aux vertus de la réglementation environnementale, centralisée et bureaucratisée.

Le gouvernement s’est réuni en Conseil de défense écologique avec un mot d’ordre : commencer à mettre en place les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, a déclaré Barbara Pompili.

Cette première étape sera suivie d’un projet de loi dédiée aux propositions de la Convention. Pour l’heure, le Conseil de défense écologique s’est focalisé sur les sujets majeurs pour la lutte contre le réchauffement climatique : la rénovation thermique des bâtiments, la lutte contre l’artificialisation des sols et l’élargissement des aires protégées (Le Point).

Ainsi au prétexte de sauver la planète, les pouvoirs publics multiplient les règlementations, et le nombre de fonctionnaires pour les mettre en œuvre et les contrôler.

Bien entendu cette diarrhée règlementaire implique non seulement des impôts mais des coûts pour les collectivités locales, les acteurs économiques et les citoyens, des dépenses cachées hors budget.

Les résultats n’étant pas au rendez-vous il convient de renforcer la règlementation et le cycle infernal ne connait pas de limites tant il est vrai que la qualité de l’environnement, comme la santé, sont des notions subjectives.

Or, toute réglementation implique une limitation de la liberté et des droits de propriété de certains citoyens au profit d’un intérêt général toujours brandi sous forme de slogan mais jamais concrètement défini.

Encore et toujours des règlementations

Les priorités avancées ne peuvent qu’inciter au doute voire à l’inquiétude.

L’interdiction des terrasses chauffées va lourdement pénaliser une activité en voie de faillite et contribuer à l’interdiction de la socialisation non règlementée.

La lutte contre les passoires thermiques fait depuis une année l’objet d’un harcèlement téléphonique massif et mensonger : « votre isolation de votre logement à un euro ». On peut penser que cette campagne a été financée par les pouvoirs publics et que les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Éviter l’artificialisation des sols : les multiples contraintes règlementaires serait-elles insuffisantes pour éviter que les friches agricoles connaissent d’autres modalités d’usages plus utiles ? Il suffit d’observer les résultats des politiques de planification urbaine bureaucratique du dernier demi-siècle pour se méfier de la bienveillance écologique.

L’interdiction des chaudières au mazout pénalisera les plus pauvres et nécessitera des subventions, notamment pour le dégazage et l’enlèvement des citernes.

Les parcs naturels régionaux, qui à terme semblent devoir recouvrir l’ensemble du territoire sont-ils autre chose qu’une nouvelle couche bureaucratique et réglementariste facilitant la mise en œuvre de concepts et notamment la préférence pour la multiplication du loup aux dépens des moutons, et des cerfs aux dépens de la forêt ?

Mon expérience d’expert pour le parc du Marais poitevin, les analyses de Jean-Pierre Le Goff concernant le parc du Luberon dans son excellent ouvrage La fin du Village et l’observation de la chaotique genèse du parc du Ventoux, me conduisent à être sceptique sur l’utilité de ces institutions budgétivores.

La multiplication des réglementations est non seulement inutile mais trop souvent contre-productive tant il vrai que les problèmes environnementaux sont locaux et spécifiques aux conditions sociales.

Le choix de l’hyper-règlementation est la marque d’un État non seulement impuissant mais aussi corrompu comme l’a dénoncé Tacite au premier siècle de notre ère « Corruptissima republica plurimae leges » (plus l’État est corrompu, plus les lois se multiplient), analyse reprise par la philosophe Chantal Delsol :

« À l’aurore seulement une législation joue son vrai rôle : elle assure l’équité. Ensuite, très tôt le temps corrupteur courant sur son ère, les lois sont détournées de leur but… le plus souvent elles se multiplient comme moyen de se débarrasser d’un adversaire, de se venger d’un groupe, d’empêcher un puissant de monter davantage. Qu’on pense à nos lois de circonstance, ajoutées les unes aux autres aussitôt qu’un gêneur s’impose, ou plus souvent arrachées par quelque groupuscule qui crie plus fort que l’orage, en dépit de son étroitesse. »

Conclusion

Les arguments en faveur d’une réforme environnementale globale sont clairs. Les lois environnementales actuelles entravent le développement de technologies plus propres, pénalisent agriculteurs et propriétaires fonciers qui possèdent des espaces de grande valeur.

En outre elles ne tiennent pas compte des risques environnementaux les plus importants.

Les institutions sur lesquelles reposent les sociétés libres et prospères – propriété privée, échange volontaire, liberté de contrat et État de droit – assureront mieux la protection de la santé publique et des valeurs écologiques. Une autre voie serait possible, celle de la responsabilité des citoyens attachés à gérer leur environnement et en premier lieu celui qu’ils possèdent ; ce que proposait Roger Scruton sous le vocable « Oikophilia », soit l’amour de son territoire.

Ces approches ne sont peut-être pas parfaites, mais elles sont plus prometteuses que les stratégies conventionnelles de protection de l’environnement. Il est important de leur donner une  chance.

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  • Votre article fait un état des lieux que nous connaissons ou pressentons tous ici. Hélas en égard des offres politiques proposées lors des scrutins je ne vois pas de solution pour sortir de ce cycle infernal.
    Localement par exemple et pour grapiller les quelques voix qui feront élire, la soumission des programmes électoraux (toutes tendances politiques confondues) à la nouvelle religion verte et le règle. Un florilège de pistes cyclables bien vides quand il pleut (à Brest…) de trams idéologiques vides et autres singeries “ecoconscientes” devient un pré requis aux sus dit programmes.

    Pour le reste, règlementation, taxes ou interdiction planent sur nos têtes. Comme si mon voisin ayant six enfants, il était urgent que je me coupe les c…

    Je me demande vraiment quoi faire pour enrayer cette marche vers un futur normatif, gris et désespérant.

    • jacques lemiere
      6 août 2020 at 7 h 11 min

      nous avons, dans, une commune rurale, installé des garages à vélos depuis déjà deux ans car subventionné..et je n’ai toujours pas vu le moindre vélo utiliser ces trucs.. la quantité de pognon qui disparaît la dedans est déjà importante….

    • Commencer par ne plus voter.

      • Obtenir de ceux qui votent pour ces zouaves à casseroles qu’ils ne votent plus, parce que tant que les quelques personnes sensées sont les seules à s’abstenir, il n’y a pas de mieux à attendre, bien au contraire.

        • C’est probablement pour cela que les votes blancs ne sont pas comptés car ils n’obtiendraient pas de légitimité à pouvoir dépenser, faire et dire n’importe quoi.

          • Comment comptez vous les votes blancs ?

            Une élection – du latin eligere, choisir – consiste à choisir. A aboutir à un résultat, parmis plusieurs propositions.
            En quoi un vote blanc est-il un résultat, un « candidat éligible » ?

            — En fait il y a une façon de prendre en compte le vote blanc : le quorum.
            Si un certain nombre de suffrages n’est pas atteint – le quorum – alors tous les candidats sont disqualifiés, et on part sur un nouveau tour avec de nouveaux candidats.

            Et je me dis qu’une telle mesure pourrait etre bénéfique : ça diminuerait le cout des campagnes — les candidats ne dépenseront plus des millions s’ils risquent d’échouer
            et ça permettrait de renouveler le choix plus rapidement.
            Et c’est justement pour ça que la classe politique ne le mettra jamais en place, ils tiennent trop à leur bout jambon.

            • Les subventions sont données en fonction des électeurs inscrits!

            • Donc vous comptez bien les votes blancs pour savoir si le quorum est atteint ou non?
              Mais je suis d’accord avec vous sur le principe d’un quorum car cela contraindrait les politiques à être élus en tenant compte de l’avis de ses « administrés » et non grâce à des idées saugrenues qui flattent l’égo de quelques minorités.

              • Dans ce système, seuls les votes vers des candidats sont comptés pour le quorum. Les votes blancs sont comptés comme absention.

                Ils deviennent alors un vote pour « refuser tous les candidats présentés ».
                Et je pense que c’est là leur meilleure signification.

            • Oui, le vote blanc veut dire que je choisis de donner mon vote à aucun des prétendants. Dans le cas ou le vote blanc est supérieur en nombre au premier des prétendants, alors il devraient être tous éliminés, puisque cela veut dire que ces gens et leurs idées/programmes ne plaisent pas au plus grand nombre d’électeurs.

              • Idée interessante, mais je pense qu’il faudrait aussi prendre en compte les non votants. Car sinon on risque encore d’avoir une victoire d’une minorité qui a fait l’effort de se déplacer.

      • Ce n’est pas une solution car les autres continuent de voter. Le vainqueur est celui qui obtient le plus grand nombre de bulletins à son nom, donc peut être élu par une petite minorité.

      • @Théo31 : bravo, vous avez gagné la médaille des alliés objectifs et complices méritants de l’escrologie !
        C’est justement parce qu’il y a eu autant d’abstentions lors des dernières municipales que des escrologistes ont pu remporter des victoires inespérés : maintenant, on les a pour 6 ans et comme ils ont réussi à mettre la main – pour 6 ans, ne l’oublions pas – sur des grandes villes, à commencer par Lyon, les dégâts seront considérables. Et il ne faut pas oublier que ces résultats auront des conséquences sur la composition du Sénat.
        Voilà donc les beaux effets de la désertion électorale ! Pour ma part, comme je l’ai déjà écrit, j’ai contribué à mon modestissime niveau (1 voix sur 747) à maintenir en place une bonne équipe municipale face à une coalition gauchardo-escrologiste. Certes, c’est peu ; mais si davantage d’électeurs avaient assumé leur responsabilité de citoyens d’un pays démocratique (situation que nous envient les infortunés Hongkongais), nous aurions évité l’arrivée au pouvoir d’escrologistes dans certaines communes.

  • jacques lemiere
    6 août 2020 at 7 h 07 min

    c’est l’idée d’écologie politique qu’il faut repousser…
    geste écologique vert OU propre tout ça ça n’existe pas..sauf dans la non consommation..

    ce n’est juste que l’imposition d’une grille d’évaluation absolument arbitraire non fondée sur la santé publique ou le « respect de l’environnement » ..

    nucléaire caca, voiture thermique caca,camions thermique caca, engrais de synthèse caca, pesticide de synthèse caca.pétrole caca , charbon caca…plastique caca..chasse caca..

    alors en effet, il faut l’argument de la surconsommation pour faire tenir l’édifice idéologique devant la critique..

    on va le répéter au cas ou un écolo vient lire les articles,

    si tu n’utilises pas d’énergie fossile, tu vas tirer tes ressources de la biomasse.. et tu vas vivre comprendre ce que signifie VRAIMENT « consommer deux planètes »..

    on peut certainement être heureux avec globalement moins d’argent..

  • la maire de Strasbourg , ville écolo , déclare  » l’urgence écologique  » ,alors que la délinquance explose dans cette ville ; idem à Grenoble et Bordeaux ….l’écologie avant la sécurité des citoyens ; je pense que les électeurs de ces villes là ne voteront pas écolo en 2022 ; leur vie est devenu un enfer ;

    • Les délinquants voteront écolo, et comme leur nombre explose…

    • Bon, jusqu’en 2022 « on » caresse la secte pseudo-écolo dans le sens du poil parce qu’elle est électoralement influente, comme naguère en Allemagne; après, elle aura tellement fait chier le peuple qu’on la jettera aux oubliettes: même tactique que Mitterrand qui s’est débarrassé des communistes en les invitant à sa table (même coup de maître que la CCCP macronienne).
      Et en plus, peu après 2022, si je suis bien renseigné, il risque de faire durablement froid et le RCAnular du siècle pourra exploser en plein vol. Un peu de patience que diable!

      • Ca, c’est de la politique politicienne. Mais les ralentisseurs et rétrécissements, interdictions de chaudières et terrasses, et autres piques de l’enfer quotidien ne disparaîtront pas pour autant. Les syndicats ont-ils disparu une fois les communistes évincés ?

        • Absolument. Quel homme (femme) politique pourra, osera, faire table rase de toutes ces lois qui auront été mises en place?

      • @mc2 : vous oubliez que les escrologistes sont en place dans les communes qu’ils ont conquises jusqu’en 2026 et que les résultats de cette année auront des conséquences sur la composition du Sénat. Vous oubliez enfin que, lors de chaque élection, une petite mais réelle fraction de l’électorat vote « légitimiste » (= pour le pouvoir en place).

        La moisissure verte est tenace et s’infiltre partout : il faudra du temps et bien des efforts pour désintoxiquer les institutions et les esprits…

        • Quand on crèvera de froid et de faim et qu’il n’y aura plus de ressources pour se chauffer et cultiver, les esprits commenceront à se désintoxiquer après avoir pendu haut et court les complices de cette grosse arnaque.

  • Pour un écologiste la nature est prioritaire et l’homme un parasite de cette nature, l’euthanasie économique n’est pas loin puis l’homme suivra.les réglementations mortiferes vont fleurir jusqu’à notre complet anéantissement…. Ça c’est leur projet, mais quand une bête est acculée à se défendre pour sa vie…. Ça va leur faire tout drôle.

  • Il y eu de grandes peurs dans l’histoire:
    – celle que le ciel leur tombre sur la tête des gaulois (même si inventée)
    – celle de l’an mille (elle aussi inventée pour l’essentiel)
    – celle de mourir asphyxié dans un train chaque fois qu’on passe sous in tunnel (sans oublier le lait des vaches qui allait tourner)
    – celle des communistes à l’époque du Mc Carthysme (pas si vieux)
    – et désormais celle de mourir par cuisson lente, le tout dû au vilain CO2 rejeté par les vilains humains (les mêmes qui vont mourir par cuisson)
    Les hommes doivent-ils toujours être aussi cons??
    Près de trois mille ans de culture depuis Homère jusqu’à Camus, en passant par Platon, Aristote, Thucydide, …..Montaigne, ….Shakespeare, …Bastiat, Hayek et tant d’autres pour en arriver à tant de sottises. C’est à se flinguer!

    • Les communistes ont massacré 100 millions de personnes au bas mot. C’était plutôt une peur justifiée!

    • C’est quoi pour vous une « grande peur » ? Un danger réel qui ne s’est pas produit ou un fantasme ?

  • Mais un monde sans nouvelles lois idiotes pour se faire réélire, comment ferait donc l’élite pour rester l’élite, donc rester au pouvoir et pouvoir nous emmerder?

  • Je ne sais pas si c’est mon côté « platiste », mais je veux un environnement sain dans mon foyer : des murs qui respirent pour réguler l’humidité, une aération naturelle pour évacuer les formaldéhydes, un système de chauffage qui ne se transforme pas en usine à microbe, et une solution adaptée aussi bien à l’été qu’à l’hiver.

    J’ai quelques doutes sur les compétences sanitaires du comité de bulots écologique. Mais je le répète, c’est surement mon côté « platiste ».

    • Comme dirait l’autre : « Plus je vois d’anti platistes, plus j’apprécie les platistes… »
      Au fond, les Platistes sont des gens qui font d’abord confiance à leur sens, plutôt qu’aux sachants. Et de leurs sens, à leurs propres réflexions et finalement à leurs propres études et expériences.
      Certes, me direz vous, ils le font un peu trop. Mais comme désormais la mesure d’une opinion divergente est dans l’oeil de son détracteur, qui peut s’y fier ?

    • Ca a l’air d’une plaisanterie de potache, mais pour le moment, certaines patrouilles de police c’est presque ça: de l’abus de pouvoir.

  • « Plus il y a d’interdits et de prohibitions, plus le peuple s’appauvrit …. plus se multiplient les lois et les ordonnances, plus foisonnent les voleurs et les bandits » Lao Tseu, Le livre de la Voie et de la Vertu, ch 57

    Lao Tseu n’est visiblement pas au programme de l’ENA

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