Relocalisation : comment font les autres pays ?

Tout le monde parle de relocalisation et c’est très bien. Est-ce qu’il y a effectivement l’opportunité de le faire aujourd’hui ?
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Relocalisation : comment font les autres pays ?

Publié le 29 août 2020
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Par Xavier Fontanet.

Tout le monde parle de relocalisation et c’est très bien. Est-ce qu’il y a effectivement l’opportunité de le faire aujourd’hui ? Probablement. Ceci dit ça ne se fera pas par un simple claquement de doigts.

D’abord, on ne peut pas qualifier la délocalisation d’erreur ou alors cela signifie qu’on n’a rien compris à ce qui s’est passé. Pour prendre les bonnes décisions il faut commencer par analyser les raisons pour lesquelles notre industrie l’a fait.

La première idée simple à faire passer c’est que la délocalisation s’est faite à la demande… des clients. Si les productions sont parties en Asie c’est parce qu’ils l’ont demandé ; ce n’est pas le PDG qui a délocalisé par avidité, c’est le client qui les a imposées ; si les entreprises n’avaient pas fait ce mouvement elles auraient disparu ; tant que cette réalité ne sera pas acceptée, les choses n’avanceront pas.

Le moteur du déplacement des usines c’est les coûts de facteurs. Il faut savoir que lorsque la technologie est banalisée, un petit concurrent bien situé est nettement moins cher qu’un concurrent disposant d’une énorme expérience mais localisé dans un pays ou la main-d’œuvre est chère et les impôts sont élevés.

Qu’est-ce qui change aujourd’hui ?

D’abord, la première tendance vers la personnalisation, la recherche de produits qui durent, donc un retour en vogue de la qualité et la sensibilité à l’empreinte carbone qui exige de réduire les transports indissociables de toute production lointaine. En localisant les usines beaucoup plus près des clients, la personnalisation permet d’éviter une chaîne logistique coûteuse si les clients sont prêts à payer plus cher les produits réalisés localement.

D’autres facteurs favorables sont la robotisation et de nouveaux procédés de production comme les imprimantes 3D qui mettent à la disposition de l’ingénierie des outils plus puissants et plus précis que ceux dont elle disposait quand les usines délocalisées se sont montées.

La combinaison de ces facteurs permet d’amorcer la pompe. Mais la question qui se pose est alors de savoir si il convient de le faire au niveau du pays, de la région, de la ville ? Il faut un minimum d’échelle et donc un champ géographique assez large. La bonne vision est évidemment l’Europe ; mais se pose alors le lancinant problème du coût du facteur français trop élevé par rapport à celui de nos collègues européens.

On n’expliquera  jamais assez que la clé dans cette affaire est davantage de rendre le terreau français favorable aux entreprises plutôt que d’inventer des « politiques industrielles ». Le travail de fond est la chasse aux handicaps bien connus : l’excroissance de notre sphère publique, l’empilement des réglementations, le principe de précaution et les taxes sur la production et le capital.  Tout cela est dit et redit. C’est du bon sens, ce n’est pas la peine d’en rajouter.

Mais ce n’est pas suffisant. Pour rendre l’environnement français compétitif le point crucial est de revenir sur les deux décisions les plus catastrophiques des 40 dernières années : les 35 heures et la retraite à 60 ans dont les dégâts cumulés se mesurent en milliers de milliards d’euros intégrés dans la dette de l’État.

Pour remonter la pente il faut évidemment travailler plus, c’est-à-dire à la fois plus longtemps dans sa vie et plus longtemps chaque année. Il faut faire évoluer les contrats de travail.

Relocalisation : prendre exemple sur nos voisins

Pour imaginer des solutions, le plus simple est par exemple de s’inspirer de nos voisins suisses et allemands en apportant évidemment une touche française.

Les Suisses nous donnent une première partie de la réponse avec leur droit du travail qui favorise l’embauche et explique en partie leur chômage quasi nul depuis quarante ans.

En Allemagne, c’est la solidarité exigeante qui a été la pierre angulaire de toutes les politiques et a permis un chômage nul depuis les réformes Hartz et Schröder : on aide, mais en échange, on exige un effort. Elle a permis la mise en œuvre d’un CDI à temps variable pour lequel l’entrepreneur et les syndicats s’accordent chaque année : en cas de récession, un minimum de 4 × 7 soit 28 heures, à un maximum de 5 x 9 soit 45 quand l’économie tourne fort.

Certains groupes les ont adoptées pour augmenter leur résilience aux fluctuations naturelles des économies. Cette modification sensible du contrat en vigueur autour des années 2000 a été compensée par une association très significative au résultat de l’entreprise. La firme Volkswagen l’a éloquemment montré.

La France peut trouver une voie originale sous la forme d’une conjugaison des systèmes suisse et allemand associée à un actionnariat salarié musclé.

La compensation de la sortie, par le haut, des 35 heures, peut très bien être un accès raisonné mais significatif au capital des entreprises. L’actionnariat salarié est une spécialité française qui a très bien fonctionné dans certains grands groupes cotés ; elle est la pierre angulaire à partir de laquelle reconstruire la relation entre l’entreprise et son collaborateur.

La piste est d’autant plus tentante qu’elle permettrait de construire un deuxième pilier à notre système de retraite qui nécessite une telle proposition pour être admise dans l’opinion.

Il faudra forcément parvenir à ce genre de formule ; cela prendra beaucoup de temps compte tenu des mentalités actuelles. Voilà pourquoi il faut dès maintenant commencer à semer ces idées fécondes qui ont déjà fait leur preuve ailleurs, et depuis longtemps.

Article initialement publié en juin 2020.

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  • Et pourquoi quelqu’un voudrait il payer plus cher un produit local alors qu’à qualité égale il trouve la même chose plus loin et moins cher ?
    À part pour les fruits et légumes frais, les produits industrialisés ne perdent pas leur qualité durant le voyage.
    Le rapport qualité prix devrait être le seul critère de choix. La compétition est nécessaire pour l’amélioration d’un produit, choisir le local à tout prix est la garanti de n’a pas atteindre le but voulu, des emplois, puisqu’il n’y a que ça qui compte, et quel emploi sera le votre dans un système non compétitif ?
    Mais on a une piste, travailler plus pour travailler tous… Comme quoi, le local est un mythe, on peut laisser le choix et être un peu plus esclave du travail que de ses loisirs.. Le soleil du sud n’aide pas ce genre de comportement mais la pauvreté qui arrive peut faire des miracles . La Grèce semble aller mieux !

    • Les gens sont pret a payer plus cher pour du « made in germany » et en france un francais preferera acheter un produit francais qui donnera du travail a un compatriote qu un produit etranger.

      Apres il y a aussi des cotés pratique: par ex avoir des pieces detaché, un service apres vente (achetez un voiture chinoise par ex) ou tout simplement un produit plus adapté a vos gouts (je suppose qu il est plus facile pour des franacis de faire un produit adapte a la france qu a des chinois).
      En plus sur pas mal de produits, le cout de la main d oeuvre c est pas enorme (en moyenne il me semble que c est 20 % du cout, ca depend evidement enormement s il s agit d un airbus ou de petit pois)

      • les usines sur les territoires asiatiques et surtout chinois ne pourront pas être relocalisées sans y laisser de plumes en particulier avec Xi qui fera copier (en robotisant à l’extrême) les usines qui seront jugées stratégiques. Quelques mois après la nouvelle usine flambant neuve ayant vu le jour produisant encore moins cher que précédemment pourra envahir tous les marchés de sa défunte concurrente aux débris fumants, tout en étant priés de bien vouloir remettre en état gazonné les espaces qu’elle occupait, malgré les négociations . . . qui allaient presque aboutir . . .

        • C’est déjà fait. Airbus a eu la mauvaise idée d’installer une usine de montage. Résultat les Chinois produisent une copie, le C919.

          • Le c919 a l’allure générale du A320, mais pas les mêmes dimensions de fuselage, quasi tous les équipements, dont les moteurs, sont soit achetés hors de Chine soit fabriqués en joint ventures avec des firmes occidentales. Malgré un espionnage industriel érigé en dogme d’état, on estime que le C919 a une vingtaine d’années de retard sur l’A320 néo.

      • Jusqu’à présent les injonctions d’acheter français n’ont pas marché, donc je ne vois pas pour qu’elle raison elle marcherait maintenant. Et contrairement à ce que vous croyez le coût de la main d’oeuvre est bien plus élevé! Mais les Chinois font du dumping et maintiennent leur monnaie artificiellement bas tout en empêchant par tous les moyens les importations. Il faut taxer lourdement leurs produits pour rétablir l’équilibre qui est au désavantage de l’occident.

    • Il y a 50 ans, je m’étais fait avoir par le slogan « P.hillips, c’est plus sur » …

      Je connais encore pas mal de gens qui fonctionnent à ce genre d’à priori. Le plus drôle, c’est quand ils dénoncent en plus le marketing !

      Mais croient-ils les Chinois incapables de produire des produits bio, des produits de luxe, des produits fabriqués à 1% dans une filiale européenne (mais surtout pas française – faut pas déc…) ?

      • Ayant travaillé avec des chinois, je dois dire que c est pas gagné pour eux.
        Leur enseignement privilegie le par coeur et la reproduction. Donc pas enormement de creativité. et c est pas leur systeme politique qui va changer ca meme si ca rien a voir avec a l origine (c etait deja comme ca quand il avait un empereur)

    • en délocalisant nous favorisons le chômage en France.

  • « cela prendra beaucoup de temps compte tenu des mentalités actuelles. »

    pensez-vous sérieusement que les énarques qui ne sont pas soumis aux réalités du monde vont être capables d’évoluer ?

    • par ailleurs, merci de ces rappels salutaires dans votre article !

    • Les Énarques peuvent ils évoluer.. Quand on est au sommet à par sauter , il n’existe pas d’echappatoire.

      • Et pourquoi les chinois par exemple voudraient se défaire d’entreprises rentables ? pour les beaux yeux de Xavier ? Si nous tentions d’aventure un coup de force, plutôt que de nous laisser faire les chinois laisseraient déferler leurs « meilleurs éléments » pour tout saccager ! et après se confondant en excuses, avec larmes de crocodiles . . .

  • « construire un deuxième pilier à notre système de retraite »

    Ce n’est pas une bonne idée de faire dépendre sa retraite de l’entreprise dans laquelle on travaille. En effet, en cas de coup dur, on prend le risque de perdre à la fois son salaire et son épargne. En matière d’investissement (donc de retraite par capitalisation), la diversification est la clé du succès.

    • On sait ça depuis qu’un type a lancé le célèbre dicton, on ne met pas ses œufs dans un même panier..

    • plus loin que l’aspect retraite : être salarié et être actionnaire sont deux choses totalement différentes et qui ne sont pas dans la même logiques. Dans la même entreprise, c’est antinomique.

      • La remarque concernait seulement la diversification pour limiter les risques. Après, il y a débat pour savoir si les deux statuts, salarié et actionnaire, sont antinomiques ou plutôt complémentaires.

  • Avant de penser aux enfants pensez d’abord aux pères et à ce qu’ils ont dû endurer…. Elle est tellement casse c… es… Les enfants, trop cool maman.

  • Mr Fontanet, imprimez donc vos lunettes avec des imprimantes 3D et fabriquez des cartes électroniques en plastique …

    Il ne suffit pas de reprendre des idées à la mode et encore moins le vocabulaire niais des activistes pour recréer un empire industriel.

  • Non, le responsable n’est pas le client.
    Le client a un comportement rationnel qui le conduit à rechercher l’optimum économique pour lui, avec des produits offrants le meilleur couple prix/qualité.
    Le client (et son libre choix) est la pierre angulaire d’un système économique vertueux. C’est à dire libre et économe dans le sens littéral du terme.
    Le problème, c’est la perversion du système économique par les politiques. Autrement dit, le problème, c’est le socialisme (ou le progressisme, c’est la même chose).

    • Et le client socialiste ou écolo.. rationnel ??
      Le problème c’est en effet l’excès de pouvoir politique qui entraîne connivence financière ou idéologique au mieux, ou spoliation au pire.

      • Bizarrement, lorsqu’il est client, l’homo progressivo ou socialisto a la tendance étrange d’oublier ses préceptes et diktats pour ne retenir que son intérêt.
        Le comble, relativement répandu, est l’enseignant de l’école de la république qui scolarise ses enfants dans une école libre.
        C’est une forme de consommation.
        Faite ce que je dis…
        Démonstration, s’il en est besoin, que socialisme et rationalisme ne riment pas ensemble (c’est une croyance).

      • Bien sûr qu’ils sont rationnels et agissent pour leur intérêt! Regardez le nombre d’enseignants qui achètent des voitures étrangères ( avec le logo MAIF sur la vitre arrière) les plus aisés roulent en berlines allemandes ( grosses de préférence), les autres dans les véhicules fabriqués en Asie ou Europe de l’Est. Je dis ça, c’est juste un exemple que chacun peut observer partout en France!

  • Monsieur Fontanet, pourquoi s’acharner à vendre de la liberté à un pays qui n’en veut absolument pas ?

  • Tous le protectionnisme qui se cache derrière ce mot « relocaliser* est très dangereux.

    Si je puis acheter, librement, je répète librement, un produit français ou chinois, il y a des chances que le produit français garde un bon rapport qualité/prix qui permettra à l’entreprise française de continuer à créer de la valeur, et à gagner de l’argent.
    Le jour où je devrai, par décret ministériel, acheter le produit français, il deviendra instantanément mauvais et/ou cher.

    Donc, tous ce que vous voulez, M. Fontanet, mais, D’ABORD, la liberté, et je continuerai de toute façon à acheter mon Lafitte Rotschlid en Françe. (Fake news, bien sûr, je n’en ai bu que très rarement dans ma misérable existence)

  • Pourquoi je relocaliserais pas:
    Parce que en Chine, j’ai 1,4 milliard de clients, avec 1 seul packaging, une seule prise de courant, un seul mode d’emploi en chinois.
    Parce que en Chine, si je peux me permettre que d’être paye comptant, tu paye tu as la marchandise, pas de chèque impayé ou délai de payment, ou date de valeur.
    Parce que en Chine, il n’y a pas de nouvelles taxes toutes les semaines, il n’y a pas la CGT et autres emmerdeurs.
    Parce que les chinois veulent devenir riche en travaillant, rien a voir avec les 95% de communistes en France.

    • d un autre coté en chine tu peux te retrouver en prison ou en residence surveillée sans aucun recours et simplement car tu gene quelqu un au PCC
      En chine tu as une hierarchie officielle et une reelle (qui n est pas la meme. le commissaire politique est rarement le chef officiel). tout marche au pot de vin et aux relations (meme si depuis Xi les gens ont plus peur)

      la chine c est 1.4 millards d habitant mais plus de la moitie sont encore miserable (d apres leur propre premier ministre !)

      • En Chine, tout marche aux pots de vin et aux relations. En France, rien ne marche, malgré les pots de vin et les relations.

    • Au « bon temps » du communisme maoïste, une entreprise française avait vendu un bateau à la Chine, l’avait livré à Shangai et l’équipage devait ensuite faire la formation de l’équipage chinois. A l’arrivée à Shangaï, la cellule communiste du port avait organisé une grande fête de réception célébrant l’amitié des peuples, etc… A un moment de la Fête, les esprits s’étant largement détendus, le commissaire politique avait demandé s’il y avait des « camarades de la CGT », ceux-ci s’était avancés, flairant ou espérant des avantages supplémentaires. Le soir même, ils étaient ré-embarqués par avion à Paris.

  • Bertrand de Kermel
    24 juin 2020 at 8 h 05 min

    En fait, Il existe une autre version de la même histoire. Elle est résumée dans ce dialogue virtuel entre le futur ministre des relocalisations et le Président d’une multinationale française, délocalisée en Asie. Reste à savoir quelle est la vraie histoire.

    Le Ministre. Monsieur le Président directeur général, allons droit au but. Au nom du gouvernement, je vous demande de relocaliser vos usines en France. Faites-le au nom de l’emploi, de l’écologie et du climat.

    Le Président de la multinationale. Monsieur le Ministre, je comprends votre demande, mais le coût d’une telle opération est faramineux. De plus, si mes concurrents restent dans une logique « bas coûts », en Chine ou ailleurs, nous ne résisterons pas à leur concurrence. C’est d’ailleurs ce qui avait motivé notre délocalisation.

    Le Ministre. Certes, Président, mais depuis vingt ans, vous avez largement bénéficié du système, en produisant à des conditions sociales, fiscales et environnementales exceptionnellement basses. La France n’est plus autonome dans certains secteurs essentiels. Nous sommes très vulnérables. Acceptez un effort au nom du patriotisme économique.

    Le Président de la multinationale. Monsieur le Ministre, pardonnez-moi, mais nos concurrents et nous-mêmes ne sommes en aucun cas responsables de ces anomalies. Nous ne faisons qu’appliquer les règles de la mondialisation fixées par le pouvoir politique. Ce sont les Chefs d’Etats qui signent les accords sur le commerce mondial négociés par l’Europe. Pas les multinationales. Or, le système actuel du commerce mondial est une véritable «machine à délocaliser», en raison des décisions prises sans discontinuer depuis les années 80.

    On n’en parle jamais, mais la suppression des contrôles des changes et le principe de la libre circulation des personnes et des biens ont permis à l’argent de circuler en un clic sur la planète et ont rendu l’évitement fiscal de plus en plus facile. D’où le nombre de paradis fiscaux.

    Si on y ajoute les fortes baisses des droits de douane, et les mesures visant à supprimer les « obstacles aux échanges», toutes les conditions sont réunies pour qu’il soit aisé à la fois de fermer des usines en France pour les installer dans des pays à bas prix et d’exporter presque gratuitement chez nous les produits fabriqués dans ces nouvelles usines. L’opération est toujours gagnante.

    J’ajoute que vous, les Etats, nous avez curieusement offert la protection de nos investissements délocalisés, grâce à des systèmes d’arbitrages réservés aux seules entreprises étrangères installées dans les pays d’accueil.

    Cela revient à nous consentir une assurance gratuite (payée par les contribuables) pour les risques que nous prenons en investissant à l’étranger lors de nos délocalisations. Les arbitres ne sont même pas tenus de respecter le droit national.

    Pourquoi revenir en France et perdre tous ces avantages ?

    Le Ministre. Monsieur le Président, vous savez parfaitement que l’évolution des marchés et des technologies, ainsi que la baisse du coût des transports rendaient ces mesures nécessaires au moment où elles ont été décidées.

    Le Président de la multinationale. Nécessaires, oui, Monsieur le Ministre, sauf la dernière. Du reste, le problème n’est pas tant dans ces réformes, que dans la façon dont elles ont été conduites. Un équilibre «droits-devoirs» s’imposait à l’évidence pour éviter les abus, notamment dans le domaine fiscal, et pour instaurer la loyauté dans tous les échanges commerciaux. Cela n’a pas été fait. L’entreprise restée en France est donc la grande perdante.

    Si vous voulez relocaliser nos usines, il faut que l’entreprise française ne soit pas anormalement désavantagée sur le marché mondial. Pour cela, il faut à minima que tous les coûts de fabrication et de transport des marchandises échangées sur la planète soient internalisés, c’est à dire pris en compte dans le prix de revient des produits. ?

  • Bonjour à tous,
    Je parle en tant qu’entrepreneur d’une petite entreprise (24 an cette année).
    Le fond du problème est le coût salariale en France, et la taxation des bénéfices csg/ rds et flat taxe .
    Il y a trop de charges sociales et de csg/rds parce qu’il y a trop de gens a profiter du système Français. Le régime de retraite est vidé de plusieurs milliards par des milliers de zombies.
    On ne remplit pas un sceau percé, on répare d’abord le sceau.
    La retraite à 60 ans pour les travailleurs de secteurs pénibles, est juste. Arrêtons de mettre la pression sur les gens qui ont bossés dur pendant 40 ans; ils ont les épaules et le dos usés.
    Je suis sûr qu’on peut tous y arriver ensemble, à condition que nous ayons un vrai Chef pour nous booster et qui face le ménage dans les comptes.
    Si je menais mon entreprise comme l’état est mené depuis 40 ans, je n’aurais pas fait une année avant la liquidation judiciaire.

    • ce n’est pas au système de retraite de compenser la pénibilité du travail, mais au salaire, qui couplé à une épargne intelligente permet de s’arrêter plutôt (ou de changer de travail). C’est au travailleur de décider son départ à la retraite, pas aux politiques/fonctionnaires (qui ne manquent pas pour piloter un système centralisé, comme la répartition par exemple).

  • Quand le français travaille il veut un maximum d’avantages qui forcément plombent le coût final,quand il consomme il veut le moins cher possible en se foutant bien des conditions de travail et de production du moment qu’il paye moins cher ….c’est pas les 3 bobos par ci par là mais très médiatiques qui changent cela ,voir les caddies à la sortie des GMS.

  • ‘ La France peut trouver une voie originale sous la forme d’une conjugaison des systèmes suisse et allemand associée à un actionnariat salarié musclé. ‘

    Non, elle ne peut pas…

     » Kannst vergessen, Mann, die sind tausend Meilen entfernt… « 

  • Je ne sais pas combien de milliards de dette on s’apprête à jeter par la fenêtre sur la base de l’utopie des transports.

    La Frrrance ne peut tirer son épingle qu’en vendant de la haute technologie et/ou des produits à haute valeur ajoutée et c’est la technologie qui a fuit la France. Le coût du transport ou la pollution sont négligeables pour ces produits.

    On peut facilement relocaliser les usines de trombones pour fournir les ministères par des circuits courts. Il sera plus difficile de récupérer Alstom ou Renault.

    Quant à l’électronique (à 6 euros le gramme de smartphone on peut le faire venir en bateau à rames), on est hors-jeu depuis longtemps.

    • L’état a mis tout son poids pour que l’on soit hors jeu dans l’électronique. Je me rappelle de Bull et des plans calculs, dépassés par les petits génies de la Silicon Valley, comme Wozniak et Gates, avant même d’avoir fini le tour des ministères français!

      • Il y a 2 jours, j’ai découvert que je risquais d’avoir des problèmes pour installer un logiciel et de devoir faire une longue et pénible installation manuelle à cause du bug de l’an 2038 – sans comprendre si on me conseillait de prendre en compte le bug, ou si la prise en compte du bug posait problème.

        Alors vous savez, les problèmes de mulot de Chirac et ses héritiers me laissent un peu pantois …

  • J’ai vu Xavier Fontanet sur LCI dans Perriscope. Cet homme me réjouit toujours car il est optimiste et donne des solutions .

    Mon fils Benoît a la même approche, on ne baissera le coût du travail de manière significative qu’en robotisant, ce que font l’Allemagne, l’Italie. Et les ouvriers, n’en déplaise à la CGT et FO, doivent se former pour devenir des techniciens et des vérificateurs des robots car ils savent fabriquer et ont un vrai savoir faire et donc ce sont eux qui doivent vérifier que les robots travaillent comme eux, les informaticiens programmeront les robots selon les avis des ouvriers.

    Si les ouvriers ne veulent pas faire cet effort, il faut qu’ils partent dans l’artisanat.

    • Non, ils taxerons les robots parce que l’ogre étatique est en faillite et que seul lui importe sa propre survie et dans une économie tertiaire on est très, mais alors très loin de tout pouvoir robotiser.
      Aucune technologie n’aurait pu sauver l’URSS.

  • « D’abord, on ne peut pas qualifier la délocalisation d’erreur ou alors cela signifie qu’on n’a rien compris à ce qui s’est passé »
    Quand depuis plus de 40 ans les gouvernements successifs ont regarder partir les entreprises industrielles comme les vaches regardent passer les trains, on ne va pas s’étonner aujourd’hui que les vaches n’aient rien compris quand on a remplacé les trains à vapeur par les TGV.
    Et on n’a pas compris que dans la fuite en avant il n’existe pas de marche arrière.
    CPEF

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