Plan de relance : l’économie française en a-t-elle besoin ?

L’ambiguïté avec des mesures de soutien et du plan de relance est de créer l’illusion que l’on devrait revenir à l’état d’avant.
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Plan de relance : l’économie française en a-t-elle besoin ?

Publié le 1 septembre 2020
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Par Nathalie Janson.

Le suspense est à son comble suite à la décision du gouvernement de reporter la présentation du plan de relance au 3 septembre. Celui-ci fait suite au plan d’urgence de 460 milliards d’euros mis en œuvre lors du confinement pour soutenir les entreprises et les ménages suite à l’arrêt brutal d’une grande partie de l’activité économique. La décision de confiner s’est traduite en effet par un choc d’offre.

Un plan d’urgence pour compenser une mesure imposée

La Covid-19 illustre un cas d’externalité négative où l’intervention de l’État se justifie en raison du coût social de l’épidémie supérieur au coût privé. Les deux mesures phare de ce plan d’urgence ont été la prise en charge totale du chômage partiel à hauteur de 4,5 Smic et les prêts garantis par l’État (PGE).

Aujourd’hui la prise en charge du chômage partiel s’est réduite dans de nombreux secteurs à l’exception de l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, la culture, l’événementiel, le sport. Au total 31 milliards ont été inscrits à la loi de finance rectificative sachant que 17 milliards ont été dépensés entre mi-mars et fin mai 2020.

Côté PGE, 300 milliards avaient été annoncés par Emmanuel Macron le 16 mars. Le PGE est un prêt de trésorerie d’un an représentant jusqu’à trois mois de chiffres d’affaires. L’entreprise pourra ensuite choisir de le rembourser sur un horizon allant jusqu’à 5 ans.

L’État garantit de 70 à 90 % du prêt. Au 24 juillet 2020, ce sont 115 milliards d’euros qui ont été accordés à près de 555 000 entreprises dont 90 % de TPE, principalement dans les secteurs du commerce (23 %), de la restauration et hébergement (15 %) et de la construction et immobilier (15 %).

Ce plan d’urgence visait essentiellement à soutenir les entreprises et les ménages pour compenser l’arrêt brutal de l’activité économique imposé par l’État à une grande partie des secteurs économiques. Près de trois mois après la fin du confinement, arrive le plan de relance de 100 milliards renforcé en 2021 par le plan de relance européen avec 40 milliards pour la France.

Un plan de relance pour quoi faire ?

Selon les grandes lignes énoncées par Jean Castex lors de la REF organisée par le Medef la semaine dernière, on comprend que le plan de relance viserait essentiellement les entreprises avec notamment la baisse tant attendue des impôts de production de 10 milliards dès 2021 et un maintien de la baisse de l’impôt sur les sociétés à 25 % prévue à horizon 2022.

Le Premier ministre promet que un quart des 100 milliards bénéficiera aux petites entreprises. Ce plan s’inscrit clairement dans le prolongement de celui initié pendant le confinement afin de favoriser l’offre accompagnée d’une volonté de stabilité fiscale.

Ce plan ne s’accompagnerait donc pas d’une traditionnelle relance de la demande, même si les propos du ministre Bruno Le Maire sur la nécessité pour les Français de dépenser les 100 milliards d’euros mis de côté, résonne comme une petite musique familière. Nous en revenons toujours à cet éternel débat sur l’importance de la demande pour la relance de l’économie.

La loi de Say demeure toujours aussi incomprise des politiciens français. Pour que la demande augmente, il est indispensable que les entreprises produisent et génèrent des revenus. Nous l’avons expérimenté d’ailleurs lors de la mise au chômage partiel d’une partie de la population, mesure financée par l’État pendant le confinement. Le maintien des salaires n’a pas empêché une augmentation de l’épargne en raison des incertitudes économiques.

L’épargne est nécessaire pour le financement des investissements. Ce qui pose problème avec l’augmentation de l’épargne est qu’elle s’est faite au profit du financement du logement social à travers la collecte du livret A et non au profit des petites et moyennes entreprises. La question du fléchage de l’épargne est complexe et la fiscalité y joue un rôle important.

Pour une libération de l’activité économique plutôt qu’une relance

Au-delà de la querelle relance de l’offre versus relance de la demande, la difficulté avec ce futur plan de relance est que l’État ne va pas continuer à soutenir les entreprises au motif que la Covid a imposé des mesures drastiques ayant pénalisé les entreprises.

Tout d’abord, toutes les activités économiques n’ont pas été affectées par la Covid-19, certaines ont même vu leur activité prospérer. Le virus a bouleversé l’environnement des entreprises et celles-ci doivent composer tant au niveau de leur activité qu’au niveau de l’organisation du travail avec le port du masque malheureusement imposé de façon unilatérale. La désorganisation qu’occasionne la survenance d’une telle situation est en effet dramatique et comporte son lot de perdants.

Dans un tel moment de bouleversement et d’incertitude la capacité de rebond des entreprises est déterminante. L’ambiguïté avec des mesures de soutien est de créer l’illusion que l’on devrait revenir à l’état d’avant. Or il est contre-productif de véhiculer une telle idée.

Les scientifiques eux-mêmes ne savent pas quand le virus sera maîtrisé, ils en apprennent chaque jour. Dans un tel contexte, la priorité devrait être davantage à la libération de l’activité économique plutôt qu’à son maintien sous oxygène.

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  • Plusieurs remarques.

    Depuis le temps, les politiciens ont très bien compris la loi de Say mais ils ont aussi compris qu’elle les met hors-jeu. Ils la refusent obstinément pour asseoir leur pouvoir. Loin d’être les victimes d’une malencontreuse incompréhension, les politiciens sabotent sciemment l’économie à leur propre avantage, et poursuivent leur parasitisme tant qu’il reste suffisamment à taxer pour en vivre grassement. L’économie les indiffère. Le pays et son peuple les indiffèrent. L’Etat-Nation n’est plus qu’un vieux souvenir. Désormais, c’est l’Etat obèse contre la Nation.

    Le virus n’a rien bouleversé, ou si peu. La surréaction étatique et l’obsession interventionniste ont tout chamboulé, en vain, et ce n’était pas inéluctable. Le confinement était dispensable, de même que l’obligation des masques aujourd’hui.

    Un virus ne se maîtrise pas, sauf exception. La plupart du temps, il disparaît, parfois revient soudainement, devient saisonnier ou endémique sans qu’on sache pourquoi. Des outils permettent d’en limiter les effets, détection des malades, isolement de ces derniers, traitements avec apports en vitamines ou en zinc, antiviraux, anti-inflammatoires, vaccins plus ou moins utiles selon les cas… Bref, la médecine libérale suffisait, secondée par des instituts spécialisés et l’hôpital pour les cas graves, sans besoin d’intervention étatique incompétente et désordonnée. Encore aurait-il fallu ne pas saboter la liberté de prescription et de délivrance avant même que l’épidémie prenne de l’ampleur.

    • Un essai d’explication positif à cette folie etatique:
      Quelques mois avant le cov, on parlait d’une explosion de l’économie mondiale, je pense que les états ont voulu contrôler cette chute inéluctable de l’économie en créant cette « pandémie », l’avenir nous dira si ils ont eu raison ou tort.

    • et en France la production de politiques/parasites s’appelle l’ENA et tourne à plein régime. Comme ils ne savent rien faire, ils vont continuer.

  • « créer l’illusion » : tout est résumé là dedans.

  • Si cet état pouvait se délester de ses encombrants et nous lâcher les baskets !

  • De passage à Ussel le WE dernier, bourgade désoeuvrée de 10 000 hab. Trois restos ouverts dans le centre, deux asiatiques et un français (qui proposait un unique plat). Nous avons mangé chinois et le resto était plein pourtant rien d’exceptionnel. Bien sûr la destruction créatrice doit faire son oeuvre néanmoins il règne un sentiment de mouroir où le semblant de vie est maintenue par des étrangers audacieux et dynamiques. On envie de crier réveillez-vous ! L’Etat centralisé a fini par vider toute substance vitale.

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