Élection présidentielle en Géorgie : un pas de plus vers l’Europe ?

La Géorgie, pays en prgrès sur bien des plans, manifeste une envie forte d’Europe sur le plan culturel, social, économique et diplomatique.
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Élection présidentielle en Géorgie : un pas de plus vers l’Europe ?

Publié le 30 novembre 2020
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Par Emmanuel Dupuy.
Un article de la revue Conflits

La présidente de la Géorgie, Salomé Zourabichvili, l’avait indiqué à l’occasion de l’université d’été du MEDEF en août 2019 : « La Géorgie est prête à prendre la place de la Grande-Bretagne au sein de l’UE ». La présidente géorgienne, élue pour la première fois au scrutin universel en novembre 2018, confirme ainsi, que depuis une quinzaine d’années, près de 80 % de la population est restée convaincue que l’avenir du pays était dans l’UE.

Quiconque s’est rendu en Géorgie, depuis le conflit avec la Russie en 2008, est saisi par l’engouement convergent des citoyens géorgiens et de la quasi-totalité de leurs dirigeants pour le modèle européen. Pas un seul drapeau géorgien qui ne flotte côte à côte, sans son binôme, du drapeau de l’UE aux douze étoiles.

Cette envie forte d’Europe sur le plan culturel, social, économique et diplomatique n’a d’ailleurs d’égale que l’appétence de la Géorgie pour la garantie de sécurité collective qu’offre l’Alliance Atlantique. Tbilissi ne cesse de renouveler, depuis 2008, sa demande d’adhésion à l’OTAN.

Le scrutin législatif du samedi 31 octobre dernier, visant à renouveler les 150 membres du Parlement, dont, désormais, 120 au scrutin proportionnel, dans une configuration inédite répondait d’ailleurs – partiellement – aux doléances de nombreux Géorgiens qui étaient descendus massivement dans les rues de Tbilissi en juin 2019 pour réclamer plus de démocratie à un gouvernement, dominé par le parti du « Rêve géorgien ».

Une bonne gestion de l’épidémie en Géorgie

Cette nouvelle élection – la sixième depuis le déclenchement de la Révolution des Roses en 2003, – a été caractérisée par une nette hausse de la participation (56 %) par rapport au précédent scrutin législatif d’octobre 2016 (52 %). Signe d’une réelle vitalité démocratique, alors que le nombre de personnes atteintes par la covid-19 est reparti à la hausse ces dernières semaines.

Après une gestion saluée de la première vague, notamment par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les observateurs internationaux présents en Géorgie, dont des délégations de l’OSCE, de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, du Conseil de l’Europe, ainsi que des parlementaires et experts français, ont également pu constater que les procédures renforcées ont permis au scrutin de se tenir dans de bonnes conditions.

L’affirmation du destin européen de la Géorgie n’est pas nouvelle. Il semble s’être définitivement ancré dans le paysage politique géorgien, comme le scrutin de samedi dernier est venu le confirmer.

Ce scrutin, caractérisé par la concomitance de l’impact de la pandémie et du conflit opposant deux de ses voisins frontaliers – Arménie et Azerbaïdjan- aura aussi mis en exergue singulièrement le souhait de stabilité attendue dans le pays.

Le retour annoncé de l’ancien Premier ministre, revendiquant de nouveau la tête du parti d’opposition du « Mouvement national uni », Mikheil Saakachvili, exilé en Ukraine depuis 2013, n’aura pas réussi à unir une opposition divisée. Ni cette dernière force politique ni la profusion des partis en lice – une soixantaine- n’auront réussi à faire tomber le gouvernement du Rêve géorgien.

La Géorgie, un pays en croissance et de plus en plus intégré

Avec 48 % des votes obtenus, le Rêve géorgien l’emporte ainsi avant le deuxième tour qui devrait se dérouler d’ici un mois et dispose d’emblée désormais d’une majorité suffisante pour gouverner seul.

Il est vrai que ce scrutin s’est aussi déroulé dans un contexte où la croissance annuelle avoisinant désormais les 4,5 %, avec 15,5 milliards de dollars de PIB et quelque 4000 dollars de PIB nominal, a mis de côté la dimension économique pour se focaliser davantage sur la question de la polarisation entre deux visions sociétales pour le pays.

En effet, tous les voyants économiques sont au vert. La Banque mondiale, qui s’approche de son 25e anniversaire du partenariat avec la Géorgie, est venue rappeler que la réduction continue du taux de pauvreté, qui avoisinait les 32,5 % des quelque 3,7 millions de Géorgiens en 2006, est tombée à 16,3 % en 2019.

L’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) signé entre l’Union européenne et la Géorgie, le 27 juin 2014, et entré en vigueur le 1er juillet 2016, est venu également confirmer que la Géorgie fait désormais figure de bon élève de la nouvelle politique européenne de voisinage, rénovée en novembre 2015 et du Partenariat oriental, qui a fêté en mai dernier son dixième anniversaire.

Alors que dans les capitales européennes, les débats actuels portent désormais sur la capacité réelle de l’UE à s’élargir, notamment en direction de son sud-est, l’UE reste encore trop l’otage et la victime d’un divorce forcé et prolongé par et avec la Grande-Bretagne. A contrario, l’ALECA conforte ainsi la « patience » des Géorgiens vis-à-vis de l’adhésion de leur pays à l’UE et à l’OTAN, comme est venu le rappeler le Premier ministre géorgien, Giorgi Gakharia, dans une récente tribune parue dans le quotidien français, L’Opinion.

Ce dernier rappelait, du reste, à bon escient, que la contribution de la Géorgie en matière de défense à hauteur de 2 % de son PIB, ainsi que les engagements de Tbilissi en Afghanistan et en Irak – aux côtés des États-Unis et de l’OTAN -, comme l’investissement du pays dans le domaine de la cyber-défense, face aux nombreuses menaces et attaques hybrides émanant de son voisin septentrional dont elle a à faire face régulièrement, sont ainsi de précieux atouts dont l’Europe devrait saisir l’opportunité.

C’est du reste ce pragmatisme géopolitique que nous devrions écouter davantage, qui trouve sans doute un écho particulier, au sein du Conseil de l’Europe que la Géorgie a présidé durant le premier semestre 2020 jusqu’à mai dernier, soit en pleine pandémie.

Les progrès croissants de la Géorgie sur plusieurs mesures internationales et indépendantes semblent ainsi mettre en porte-à-faux le récit communément acquis selon lequel l’ancien Premier ministre Bidzina Ivanishvili et le parti du Rêve géorgien rétrogradaient d’une manière ou d’une autre sur l’engagement de la Géorgie envers l’Europe, tout en gageant que le futur gouvernement géorgien, tout juste sorti des urnes, s’attellera rapidement à œuvrer dans cette direction.

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  • A mon humble avis, rester lucide malgré les promesses d’argent à flots de l’UE…

  • La Georgie n’a aucun intérêt à jouer la carte d’une Europe à bout de souffle. La promesse de subventions payées par nos impôts conduirait à une désillusion. En effet qui peut garantir la sécurité de ce pays face à l’environnement turc ? un seul pays: la Russie, qui en plus ne renoncera pas à son influence dans le Caucase. Faute de l’avoir compris, la Géorgie a perdu l’Ossétie du Sud et l’Abkhasie, et l’Arménie a été défaite face aux Turcs. Ces pays placés à un carrefour géographique et sur la route de la soie devraient plutôt jouer la carte russo chinoise qui a plus d’avenir qu’un Occident en pleine décadence, qui ne viendra jamais à leur soutien en cas de problème.

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