Covid-19 : le quoi qu’il en coûte est tout sauf un choix humaniste

La jeunesse ne doit pas se tromper de combat : il faut redonner à chacun la possibilité de choisir ce qu’il juge le meilleur pour lui.
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Covid-19 : le quoi qu’il en coûte est tout sauf un choix humaniste

Publié le 4 mars 2021
- A +

Par Elie Blanc.

Que tout cela nous semble loin. Il y a bientôt un an, le 17 mars 2020, le président annonçait que le pays se confinerait pour faire face à l’épidémie. Personne n’ose alors remettre en question publiquement cette décision. La mesure paraissait radicale, mais le principe de précaution rassurait une population inquiète par une situation inédite et convaincue que si l’État prenait des décisions si fermes, c’était forcément pour son bien.

Bien naïvement, la plupart d’entre nous imaginions probablement que c’était juste l’affaire de quelques semaines et que le gouvernement nous rendrait nos libertés aussi rapidement qu’il les avait confisquées.

Et puis après tout, après 70 ans de néo-libéralisme, il était plutôt bienvenu que l’État reprenne enfin les choses en main.

« Ils oublient que l’histoire est tragique » aurait soupiré Raymond Aron.

Une jeunesse sacrifiée qui devrait se mettre en colère…

Nous voilà pourtant un an plus tard.

Le temps où nous étions libres nous semble lointain dans un monde gouverné par des contraintes sanitaires arbitraires et changeantes, avec à sa tête un ministre débordé par la rédaction d’un livre qui ne rendra probablement que plus flagrante l’étendue de son ignorance, et un chef de guerre occupé à faire le pitre sur Youtube pour redorer son image auprès des jeunes.

Peut-être seriez-vous alors tentés de suggérer que ne pas les enfermer dans leur 15m² et leur imposer des mesures toujours plus absurdes, tout ça pour les protéger d’un risque statistiquement inexistant pour eux, aurait été une stratégie plus efficace.

Mais gardez donc cette remarque absurde pour vous, il FALLAIT protéger les plus âgés, et ce quoi qu’il en coûte. Et si vous doutez toujours, c’est que vous êtes un complotiste, probablement supporter de Trump et certainement très méchant.

Malgré tout, et alors qu’elle semblait pourtant complètement résignée et engagée dans la lutte contre la Covid, la jeunesse a récemment fait preuve d’un timide mécontentement, dont certains médias se sont fait l’écho. Certains ont même eu l’audace de parler de génération sacrifiée.

Rendez-vous compte, des jeunes qui osent se plaindre de ne plus pouvoir étudier et travailler, quel toupet ! Nos chers boomers s’étranglaient devant l’inconscience de ces petits cons qui s’étaient déjà suffisamment fait remarquer en participant à de honteuses rave-party.

On concèdera que pour une génération soixante-huitarde davantage habituée à faire la révolution et à vivre sur le dos des générations suivantes par la magie de la dette, il doit être difficile de concevoir que la jeunesse puisse vouloir travailler au lieu de bloquer les facs ou imposer par le sang un énième échec communiste afin de trouver une alternative au capitalisme. Alors on fait preuve de patience et de compréhension.

Mais lorsque le nombre de suicides chez les 18-25 dépassera le nombre d’octogénaires morts du Coronavirus, peut-être que le gouvernement changera de cap, ou peut-être que notre génération se réveillera. Ou peut-être que nous nous laisserons juste gentiment mourir de faim.

Le risque qu’un sentiment de rancœur grandisse parmi la jeunesse et les jeunes adultes n’est ainsi pas négligeable. Ils sont pour l’instant trop occupés à défendre l’écriture inclusive ou le sort des punaises de lit, mais cela pourrait changer.

… pour défendre sa liberté

Dans ce contexte suffisamment toxique, tâchons de mettre de côté notre cynisme et trouvons comment donner un sens positif à notre colère.

Malgré ce sentiment d’injustice, la jeunesse ne doit pas se tromper de combat et se laisser emporter par une possible rancœur envers ses parents et grands-parents. La réalité de ce virus n’est en fait pas une question d’âge, puisque nous sommes tous confrontés au même dilemme : avoir des relations sociales et prendre le risque d’être contaminé, ou minimiser ce risque en limitant nos interactions sociales. Le risque en cas de contamination augmente avec l’âge, mais le problème reste le même.

Face à ce dilemme, il n’existe que deux voies possibles : imposer une décision collective ou laisser les individus agir librement. La France s’est évidemment précipitée sur la première option, dans un réflexe quasi-instinctif, et s’y est écrasée lamentablement, à la manière d’un insecte attiré par une lampe lors d’une nuit d’été.

Quel que soit votre âge vous êtes pourtant capable de choisir le meilleur pour vous, et éventuellement de faire évoluer votre choix en fonction de l’évolution de l’épidémie et du risque estimé. Mais soyez rassuré, jeune ou vieux, vous ne serez jamais assez grand aux yeux de l’État pour décider par vous-même. Il prendra forcément les meilleures décisions pour vous.

Certains pourraient objecter qu’il serait utopique de laisser s’exprimer la liberté individuelle, car si nous étions tous libres de sortir, le nombre de contaminés augmenterait drastiquement, provoquant une saturation des hôpitaux et faisant finalement exploser le nombre de décès.

Mais cette objection n’est pas pertinente. Dans la mesure où les individus sont dotés de raison, ils ajusteraient par conséquent leur comportement à mesure de l’évolution du risque. S’il augmente sensiblement, il y a fort à parier qu’un plus grand nombre de personnes choisiraient de limiter les possibilités de contaminations.

Mais paradoxalement, même si le nombre de morts restait durablement élevé, il s’agirait tout de même de la situation la plus souhaitable collectivement : cela signifierait simplement qu’un grand nombre d’individus accordent davantage d’importance à leur liberté qu’à leur vie.

Plus encore, en imposant des mesures drastiques comme le confinement, on se prive de ressources qui auraient pu être investies dans la recherche contre le cancer ou le sida, on fait exploser le nombre de suicides etc.

On crée donc des victimes collatérales de manière indirecte et à plus long terme, ce qui rend le bilan humain quasiment impossible à établir. Le « quoi qu’il en coûte » est donc tout sauf un choix humaniste : l’État s’est simplement octroyé le droit de décider qui vivra et qui mourra.

Arrêtons donc d’opposer les générations pour revenir à l’essentiel : redonner à chacun la possibilité de choisir ce qu’il juge le meilleur pour lui.

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  • jacques lemiere
    4 mars 2021 at 6 h 23 min

    l’espoir fait vivre… ce qu’il s’agit de sauver « à tout prix » c’est la collectivisation de la santé..et la « gratuité ».. il est absolument inacceptable de rendre visible cette évidence qu’un riche malade du covid ayant besoin de soins, en trouve forcement ailleurs que dans un hôpital public en acceptant de payer plus cher…conformément à une logique de marché..

    vous comprenez… le marché ne « marche pas »…surtout pas en matière de santé..

    mieux vaut contrôler le prix quitte à ne rien avoir à vendre..

  • Très bonne interview d’Emmanuel Hirsch hier, avec des propos très hayekiens sur la gestion de la pandémie :
    https://www.youtube.com/watch?v=kPAlKVaQ4sU

  • le  » quoiqu’il en coute  » a permis de rassurer la population privé de travail , en l’assurant d’un  » lâché de pognon sans compter « …..mais en privant les citoyens de liberté ; c’est le ( mauvais ) choix du pitre de l’Elysée qui a une vue bien courte sur l’avenir de ce pays ;

  • En vous référant à l’an dernier, vous écrivez « Le temps où nous étions libres nous semble lointain… »

    Mais Monsieur cela fait des décennies que vous n’êtes plus libres ! et que la gestion des riques de santé a été dévolue à l’état au nom de toute une série d’excuses bidons (même quand on leur donne l’apparence de nobles principes)

    Comment pouviez-vous vous attendre à une autre réaction de la part du Léviathan?

    C’était évident qu’ils allaient réduire encore les libertés des gens, c’était évident qu’ils n’allaient pas aller à la télé pour avouer leurs erreurs et renoncer à leur système!
    C’est d’une part la conséquence du principe -que nous voyons à l’oeuvre partout où le monopole de la violence intervient- selon lequel plus d’état appelle plus d’état, mais aussi du principe -et ce n’est pas contradictoire, au contraire- never let a good crisis go to waste.

    Vous voulez connaître l’évolution de ce socialisme sanitaire?

    Regardez le passé et multipliez par un facteur 100 ou 1000 les mesures liberticides. Vous serez certainement encore en dessous de la réalité, mais vous vous en rapprocherez.

    Qui eût dit il y dix ans que nous allions vivre une telle situation? On l’aurait mis à Sainte Anne!

  • Excellent article qui expose clairement l’alternative à la stratégie imbécile et liberticide « tout ou rien » de l’Etat, soi-disant « providence ». Mais comme le disent d’autres commentaires, ça fait longtemps que nous sommes embarqués dans cette dérive « d’Etat-providence », qui nous mène comme l’avait dit Hayek sur la route de la servitude. Le virus chinois aura donné un coup d’accélérateur, il reste juste à espérer que plus de citoyens finiront par comprendre que l’Etat ne les protège pas vraiment, et que c’est à chacun d’assumer sa responsabilité du « risque de vivre ».

  • Si on juge le peuple assez intelligent pour se choisir un bon président tous les 5 ans, on devrait aussi le juger assez intelligent pour adopter de lui-même les bons comportements en cas de pandémie.

    En fait, tout se joue entre ceux qui voient le peuple comme une somme d’individus raisonnables, et ceux qui le voient comme une masse d’imbécile qui doivent être pris en charge par une minorité éclairée. Entre ceux qui croient à la démocratie et ceux qui croient en l’oligarchie.

    Ceux qui pensent qu’il faut adopter des mesures restrictives pour que le peuple adopte les gestes barrières ne croient tout simplement pas à la démocratie.

    Je ne condamne pas ceux qui pensent ainsi. Après tout, c’est peut-être eux qui ont raison et c’est peut-être nous autres, libéraux, qui sommes des idéalistes. Je ne prétends pas être omniscient.

    J’aimerais seulement qu’ils ASSUMENT qu’ils ne sont pas pour la démocratie.

    • Votre commentaire, qui met en évidence la contradiction fondamentale sur laquelle est contruite l’étatisme, est parfaitement pertinent.

  • belle plume pertinente !

  • Les commentaires sont fermés.

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