Le déconfinement de Macron n’est pas le retour aux libertés perdues

Le déconfinement de Macron signera-t-il le retour des libertés individuelles ? Rien n'est poins sûr. Analyse de Frédéric Mas.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le déconfinement de Macron n’est pas le retour aux libertés perdues

Publié le 30 avril 2021
- A +

Par Frédéric Mas.

Réjouissons-nous ! Le régime de semi-liberté instauré au nom de la crise sanitaire devrait prendre fin le 30 juin prochain. Ou pas. En dernière analyse, c’est Emmanuel Macron qui en décidera souverainement, renouant avec l’adage hobbésien -fort peu libéral- Salus Populi Suprema Lex.

Les élections régionales approchant, c’est donc dans la presse régionale que le président de la République a dévoilé son plan progressif de déconfinement.

Celui-ci se fera en quatre étapes, et promet de s’étaler du 3 mai au 30 juin sous conditions. Des « freins d’urgence » sanitaires pourront être déclenchés pour isoler les départements ou les métropoles qui répondront à trois critères : « le taux d’incidence qui dépasserait à nouveau 400 infections pour 100 000 habitants, une augmentation très brutale de ce taux et une menace de saturation des services de réanimation. »

Déconfinement de Macron : le retour des libertés individuelles ?

Mais qu’importe, le retour des libertés individuelles est à la clef, n’est-ce pas ? Encore quelques mois, comme on nous disait il y a quelques mois. En fait, comme c’était à prévoir, et comme nous l’avons prédit dès le début de la crise sanitaire il y a maintenant plus d’un an de cela, l’État de droit va y laisser des plumes.

L’État substitue à la logique carcérale du confinement celle du bracelet électronique avec le passeport vaccinal. Le pire, c’est qu’aujourd’hui, une partie non négligeable de la population appelle de ses vœux ces solutions « de sortie de crise ».

Le gouvernement a tellement soufflé sur les braises de la panique sanitaire que beaucoup y voient une bouée de sauvetage. Après tout, c’est le prix à payer pour retrouver un semblant de vie normale.

La circulation des données de santé, l’affaiblissement du secret médical et donc du plus intime de la vie privée, la multiplication des barrières à la liberté de circuler, de s’associer, de se rassembler ne pèsent rien dans la balance, définitivement bloquée sur les morts réels ou potentiels du covid.

Emmanuel Macron veut un débat parlementaire sur le passeport sanitaire, qui devrait être obligatoire pour accéder à un certain nombre de lieux à forte densité de population. On se doute que la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale se fera la chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif, qui lui-même ne fait que relayer les décisions prises au niveau européen. Macron affirme qu’il ne veut pas faire du pass sanitaire un droit d’accès qui différencie les Français, mais il va quand même le faire.

Mais nous déconfinerons, c’est certain ! Et nous avons un avantage non négligeable aujourd’hui pour le faire, en avril 2021, par rapport à mars 2020 : nous avons des vaccins !

Sauf qu’ils continuent d’arriver au compte-gouttes grâce aux maladresses de l’Union européenne et de notre Leviathan bureaucratique. Que personne ne veut se faire vacciner suite aux déclarations d’une maladresse confondante de l’exécutif sur l’AstraZeneca. Que la vaccination ne semble pas faire l’unanimité parmi les experts pour sortir du confinement carcéral. Qu’on en vient même à jeter des doses.

Si la libération des Français doit attendre la réalisation de la très cahotique campagne vaccinale alors ce n’est pas deux mois qu’il faut compter, et on ne prend pas trop de risques en ajoutant quelques mois supplémentaires aux « mesures exceptionnelles » qui durent depuis beaucoup trop longtemps.

La parole publique démonétisée

Emmanuel Macron s’est adressé à la presse régionale pour présenter son plan de déconfinement pour tenter de renouer avec un peuple qui ne le croit plus depuis longtemps et qui juge plus généralement la parole politique totalement démonétisée.

Incapable de gérer la crise sanitaire autrement qu’en instaurant un régime d’exception adossé à une économie de guerre, aux avis de la bureaucratie hospitalière, et à un aréopage d’experts « scientifiques » plus ou moins instrumentalisés, Emmanuel Macron peut de moins en moins se prévaloir de son bilan pour faire face à une extrême droite qui ne cesse de gagner en popularité.

C’est même ce qui devrait inquiéter dirigeants, médias, éditocrates et faiseurs d’opinion : à force dire tout et son contraire, de répandre la peur à tous les échelons au nom du nouvel ordre sanitaire, de dénoncer les défaitistes et les complotistes de la guerre contre le covid, l’autoritarisme macronien a rendu Marine Le Pen moins repoussante dans l’opinion publique, y compris à gauche et à l’extrême gauche.

En appliquant une logique de guerre à la société civile par temps de paix, Emmanuel Macron a mimé l’extrême droite, s’inspire de l’idéal militaire qu’Hayek désignait comme le modèle le plus opposé à la société libérale dans son essai la Route de la servitude.

Il est encore temps de remettre les idées à l’endroit et de revenir sans plus attendre à la liberté comme principe organisateur de nos sociétés. Pas dans deux mois, mais dès maintenant.

Voir les commentaires (19)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (19)
  • Au sujet de libertés perdues: aujourd’hui, cela fait 6 mois jour pour jour que nous n’avons plus le droit de circuler librement, ce qui est en totale opposition avec la déclaration universelle des droits de l’homme. Alors joyeux anniversaire à toutétatouss !

    Quand au déconfinement à la Manu, quel chef-d’oeuvre. C’est pas le maître du « en même temps » pour rien !
    Tout d’abord, le roitelet nous sort que le pass sanitaire « ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français »… mais nous prévient aussi qu’il compte le rendre obligatoire pour tous les évènements culturels, sportifs ou musicaux. Il va réussir à mettre en place un ségrégation basée sur des critères sanitaires, qui empêchera des citoyens d’assister à certaines activités, mais ***en même temps*** il n’y aura aucune différence de traitement entre les citoyens.
    Et que dire de son beau calendrier de déconfinement. Quatre jolies colonnes (les 4 dates de déconfinement : 3 et 19 mai, 9 et 30 juin). Sur la première ligne, on voit « couvre-feu », et il figure dans les trois premières colonnes. Sur la dernière ligne, on voit « liberté de se déplacer », et c’est en vert partout. On va donc être totalement libre de se déplacer et ***en même temps*** sous couvre-feu.

    Banquier, philosophe, président, épidémiologiste… et surtout fossoyeur du pays et des droits de ses citoyens ***en même temps***.

    • Il est temps d’enlever les oeillères et de cesser de nourrir les faux espoirs : il n’y aura pas un retour au monde d’avant. Il n’y aura même pas un monde d’avant et un monde d’après.

      Il y avait le monde avant, il y aura l’enfer après.
      Il y avait des humains avant, il y aura des QR codes après.

      Le reste n’est qu’illusion, chimère, naïveté et rêverie. Il aurait fallu se réveiller bien avant pour empêcher ça.

      • Force est de constater que nos imbéciles au manettes ne le sont pas tant que ça (enfin ça dépend pour quoi faire) : pour empêcher toute révolte ils ont promis une amende pour manifestation interdite, règle des 10km etc. Ils savent très bien taper là où ça fait mal.

    • Le pass. Sanitaire pour des activites reserves aux jeunes qui n’ont pas besoin de vaccin… Amusant.. OK, le théâtre y a que des vieux, les musées, encore des vieux ou des jeunes encadrés… Le foot… Doit on se soucier des blaireaux frequentant les stades avec dix bières dans le citron ?

      • Vu le prix des places (avant covid) il faut vraiment avoir les moyens maintenant pour aller régulièrement au stade voir des matchs. Je doute que tous soient des blaireaux. Après que les gens y aillent pour se défouler oui sans doute.

    • Il est moins fossoyeur que dépeceur. A tous les niveaux et sur tous les sujets.

    • L’apartheid sur des critères biologiques, ça me rappelle quelque chose.

      Quant au calendrier, il s’agit encore une fois d’empêcher les gens d’aller gueuler dans la rue. Ensuite, les vacances seront l’occasion pour le mignon de faire passer en loucede tout un tas de mesures bien dégueulasses contre les Français.

  • Les Véran, Macron et autres medecins bureaucrates vivent depuis Mars dernier un orgasme permanent d’arbitraire qu’ils prolongeront aussi longtemps que possible.
    Comme Traoré avec Mme Halimi, ils ont jeté la liberté par la fenêtre, et comme Traoré, ils plaideront la Bouffée de pouvoir délirante, et n’auront pas de procès.

  • Après 2 ans de régime sec, du pain et des larmes, la France d’après sera bucolique, pleine de verdure et de repas champetres aux airs de l’accordéon, comme ça vivaient les pays de l’est avant la chute du mur, les magasins vides en face des fauchon de la nomencklatura. Mais vivre à vélo et au grand air nous fera le plus grand bien, sans doute apercevrons nous ce qu’est réellement le socialisme pur et dur., ce que nous cachent depuis des années les médias.

  • La déconfiture en 4 étapes…

  • Sans être méchant, placer en référence des vaccins une analyse de janvier pour dire que les vaccins ne viennent pas en mai, c’est plutôt limite…

  • Le calendrier est précis: le 30 juin c’est la date à laquelle les contestations de rue se terminent.
    Par contre, comme le H1N1 qui existe depuis 1918 (grippe A), la flambée prévisible d’automne sera le prétexte idéal pour remettre une bonne louchée de mesure protégeant du covid de la contestation.

  • « On se doute que la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale se fera la chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif, qui lui-même ne fait que relayer les décisions prises au niveau européen. »
    Il est absolument tragique qu’un pays tel que la France renonce à son indépendance. L’imposition du passeport sanitaire ne sera qu’un pas de plus sur ce chemin de l’abdication.

    • Nul doute qu’une armée de castors fera encore « barrage à la haine » en 2022, car l’Europe selon eux c’est génial car oui vous avez voté de travers lors d’un référendum etc.

  • Ne vous inquiétez pas, la propagande médiatique sera très intense pour persuader (et non convaincre) les indécis de ne pas voter pour le RN mais pour le parti en face. Car il est très probable (sauf candidat crédible et surprise à droite) que le RN soit au 2nd tour en 2022.

    • Un candidat crédible, à un an de la présidentielle, c’est juste impossible. Le RN au second tour, c’est quasi certain.
      Reste l’autre place, qui va se jouer entre les dizaines de candidats ridicules qui vont chacun grapiller quelques voix, et le président sortant, déjà en campagne mais pas encore candidat (donc sans décompte du temps de parole, c’est bien pratique, surtout quand les médias sont tous en admiration devant votre grandeur).
      Bref, second tour Macron-Marine, l’éternel remake de 2002, on connaît la suite : front républicain, barrage à la bête immonde, attention à la peste brune, etc etc. Et hop, revoilà Manu sur le trône jusqu’en 2027. Au minimum.

      LREM.
      Le Roi Emmanuel Macron.
      Quoi, vous ne pensiez tout de même pas que cet acronyme avait un quelconque rapport avec la démocratie et le progrès quand même ? ^^

      • Excellent pour LREM 😉
        Et c’est sûr qu’il faut un ego sérieusement démesuré pour nommer un parti avec ses propres initiales (au début c’était EM)

  • Le socialisme n’est qu’une facette « édulcorée » du communisme. Alors, à quoi s’attendre d’autre que ce que l’on vit aujourd’hui. Effectivement aucun espoir à l’horizon car une bonne partie de la population soutient ces mesures (passeport vaccinal puis vert puis citoyen n’en doutons pas, vaccination de masse, confinements, couvre-feu, etc…).
    Je connais quelques staliniens nostalgiques qui trouvent que les mesures imposées depuis mars 2020 n’ont pas été assez strictes

  • Le retour des libertés mais non surtout pas , plus on en laisse aux Français et plus ils font n’importe quoi , les Français disent ne pas vouloir etre infantiliser mais des qu’ils ont un peu de libertés ils en font n’importe quoi et viennent pleurnicher comme quoi ils sont abandonner par contre coté aide ça ils en veulent toujours plus mais quand il est question de faire des efforts ou de suivre quelques regles pourtant bien simple oh et bien là il y a plus personne , les Français ou du moins une partie d’entre nous à besoin d’etre cadré avec dans certains cas des pvs à la clé car il n’y a que comme ça qu’ils comprennent , le Français aime pleurnicher, raler mais des lors qu’il faut s’entraider, se soutenir , respecter des lois et regles pour le bien de tous oups il n’y a plus personne , la France et les Français n’ont pas besoin de libertés mais d’un serrage de vis , de lois qui soient respecter et le tout suivi d’une justice qui en soit une et de plus de répression bien plus plus , alors préparez vous et voter RN : https://www.adhesions-rn.fr/

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Pierre Robert.

Dans Bagatelles pour un massacre, un de ses pamphlets maudits, Céline relate sa visite dans un hôpital complètement délabré de la banlieue de Leningrad, guidé par le camarade Touvabienovitch ne cessant de vociférer d’une voix de stentor : « Ici confrère, tout va très bien ! … Tous les malades vont très bien ! Nous sommes tous ici, très bien ! ».

Cette manie de la dissimulation illustrée par les simulacres de Potemkine voulant cacher à Catherine II l’état sinistré des villages de son empire n’est pas propre à l... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Finn Andreen.

Comment la cote de popularité de Macron peut-elle être aussi élevée malgré la gestion calamiteuse et autoritaire de la crise sanitaire ?

En effet, le quotidien Le Figaro annonce que « Le chef de l'État progresse dans toutes les catégories de la population » et que près de la moitié des Français (46 %) a maintenant une bonne opinion de lui, ce qui est bien plus que ses récents prédécesseurs à la même date précédant l’élection.

Cependant, cote de popularité ne signifie pas intention de vote, laquelle se tr... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Denis Dupuy.

Quand en février 2020 je proposais à mes patients un test PCR premier jet, ils ouvraient largement les mires… Une Pécé quoi, docteur ? Aujourd’hui, ils maitrisent et font, à l’occasion, quelques remarques plutôt futées : à mon tour d’écarquiller et d’apprendre.

Soyons clairs : avant cette épidémie covid, l’expérience, à mon sens, n’avait jamais été menée. Même à l’époque sinistre du SIDA, qui nous terrorisait alors qu’on voyait partir, désemparés, de jeunes patients faméliques, seule la population à risque était... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles