La France doit promouvoir les OGM dans son aide au développement

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La France doit promouvoir les OGM dans son aide au développement

Publié le 11 juillet 2021
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Par André Heitz.

Télescopage heureux : l’IREF Europe – Institut de Recherches Économiques et Fiscales – a publié le 27 mai 2021 « L’aide publique au développement : sans une vraie stratégie, ni contrepartie » ; le même jour, le quotidien Le Figaro a repris une dépêche de l’AFP, « Un demi-milliard d’Africains sous la menace de l’insécurité alimentaire ».

Le premier nous dirige vers le projet de loi nº 4176 de programmation relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales, pour lequel le gouvernement a engagé la procédure accélérée – encore un coup de canif aux processus démocratiques car on voit mal où était l’urgence. Il se trouve maintenant au stade de la commission mixte paritaire.

Des défis…

Le second nous alerte :

« « Les insectes migrateurs, les maladies des plantes et autres agents nuisibles représentent une menace grave pour les récoltes et les revenus des agriculteurs d’Afrique de l’Ouest et du Centre » a déclaré le Dr Justin Pita, directeur exécutif du programme WAVE [West African Virus Epidemiology], axé sur la sécurité alimentaire et financé par la Fondation Bill et Melinda Gates. »

Ou encore, du même Justin Pita :

« [L]a sécurité alimentaire est menacée, la biodiversité et l’environnement régional sont endommagés sous l’action conjuguée et nocive des criquets, chenilles légionnaires d’automne, mouches des fruits, et des maladies du bananier et du manioc ».

… et des solutions…

Face à certains de ces périls, il y a des solutions simples prêtes à l’emploi, sur le point d’aboutir ou en chantier : les variétés issues des techniques modernes d’amélioration des plantes – des OGM au sens premier (issus de la transgenèse) ou des produits des NBT (New Breeding Techniques), tel l’emblématique CRISPR-Cas9 qui a donné lieu au prix Nobel 2020 de chimie de Mmes Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna.

Ainsi, sur le maïs, la très dévastatrice légionnaire d’automne peut se combattre efficacement avec des variétés Bt (intégrant un ou plusieurs gènes de Bacillus thuringiensis, une bactérie utilisable comme pesticide en agriculture biologique).

Le maïs Bt est cultivé en Afrique du Sud et commence une carrière prometteuse au Kenya, après un blocage de près d’une décennie dû à de fameuses photos de rats affligés de tumeurs énormes. L’étau se desserre au Nigeria… et rien ne se passe dans l’Afrique subsaharienne francophone.

La banane plantain est un aliment de base dans des pays comme l’Ouganda ; le bananier est menacé, entre autres, par le flétrissement bactérien dû à Xanthomonas campestris. Le bananier ne produit pas de graines… les croisements suivis de sélection sont quasiment impossibles… pour le protéger, la solution consiste à lui conférer deux gènes du piment (poivron). Cela a été réalisé.

Les outils génétiques contribuent aussi à l’amélioration de la nutrition par la biofortification, l’enrichissement en minéraux, vitamines, etc.

… qui se heurtent au néocolonialisme européen…

Mais beaucoup de pays africains hésitent, tergiversent.

La cause ? Essentiellement l’activisme déployé à partir de l’Europe ou par des mercenaires locaux grassement payés par nos ONG et nos agences de développement bien-pensantes ; ou la promotion d’une « agro-écologie » servant éventuellement de faux-nez pour l’agriculture biologique – voir par exemple « Dénigrement de l’agriculture conventionnelle en Afrique : à quand le « crime contre l’humanité » ? » et « Séralini absent lors de la conférence sur l’agro-écologie au Kenya, mais… ». Il y a aussi les manœuvres plus subtiles comme les menaces de bloquer les importations de produits agricoles.

Le Parlement européen n’est pas en reste – voir par exemple « Comment affamer l’Afrique : demandez au Parti vert européen » ou encore « Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE : le scandaleux rapport post-factuel de Maria Heubuch ».

… et en particulier français…

Et la France ? Elle se donne pour objectif selon l’interminable et verbeux rapport annexé au projet de loi (texte issu des travaux du Sénat) de « Continuer à œuvrer pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable ». Mais (c’est nous qui graissons)…

« La France met en œuvre le protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, relatif à la Convention sur la diversité biologique, adopté le 29 janvier 2000. Dans ses projets de coopération, la France ne finance pas l’achat, la promotion ou la multiplication de semences génétiquement modifiées. Elle ne soutient pas de projets ayant pour finalité ou conséquence la déforestation de la forêt primaire. »

Cette restriction, nous la devons à un certain Pascal Canfin, du temps où il était ministre délégué au développement, avec l’étiquette EÉLV, sous la présidence Hollande. Il est maintenant député européen macroniste, après avoir été directeur général du WWF France (les « portes tournantes…).

Le 30 avril 2013, il écrivait sur le site du parti :

« J’ai le plaisir de vous annoncer qu’à partir d’aujourd’hui, l’Agence française de développement (l’AFD, la banque publique en charge de mettre en œuvre les projets de développement), s’engage à ne plus financer la recherche, l’achat, la promotion ou la multiplication de semences génétiquement modifiées. En effet, a été votée aujourd’hui -25 avril- la nouvelle stratégie de l’AFD en Afrique sub-saharienne en matière de sécurité alimentaire pour les 3 prochaines années. Par ailleurs, plus aucun projet financé ne contribuera à la dégradation des forêts. »

Et nous, nous avons le grand déplaisir de relever que l’exportation de notre obscurantisme et de notre sectarisme contribue à l’insécurité alimentaire en Afrique.

… enfin, pas vraiment !

En février 2017, l’Agence Française de Développement (AFD) rapportait dans « Évaluation du cadre d’intervention sectoriel (CIS) sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne 2013-2016 de l’AFD » :

« Ceci étant, le changement de paradigme vers un modèle agroécologique, même s’il suscite beaucoup d’intérêt, ne présente pas (encore) une alternative aux politiques agricoles actuelles. La demande par les gouvernements locaux reste dominée par des politiques agricoles reposant sur la diffusion de paquets technologiques (engrais, semences) par filière pour améliorer la productivité : « … la vision dominante du développement agricole reste inspirée par le modèle de la révolution verte que ce soit au niveau des pouvoirs publics nationaux et régionaux, des programmes de recherche et des dispositifs de conseil et de formation » (Inter-réseaux Développement rural, 2014). »

En bref : l’offre française d’aide au développement manque de pertinence. Le rapport de l’AFD note du reste :

« Le portefeuille de l’AFD pour ce type d’initiatives traduit bien que cette approche se limite encore souvent à la recherche et aux ONG… »

On ne va tout de même pas faire l’effort de se remettre en question, de se fâcher avec les ONG (et « ONG ») et sa clientèle électorale…

Et tant pis pour la présence de la France et de ses acteurs économiques sur le continent africain.

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  • il n’y juste pas de raisons particulièrement fondées d’interdire les plantes ogm.. et laisser les agriculteurs faire…tester ce qui leur convient.

    la faim dans le monde est déplorable.. et je vais dire encore une grossièreté sauf si elle découle de ‘l’imbécilité des gens libres..

    c’est comme le nombre de mort total du covid.. le rendre le plus bas possible au prix de diminutions des libertés des gens de plus en plus importantes n’est pas nécessairement acceptable..

    baisser le nombre des accidents de la route, baisser le nombre de cancer des poumons associés au tabagisme;.

    la solution est de donner l’information au gens.. pas de leur interdire de rouler et de fumer… tant que ce sont eux les seul les victimes directes de leur choix « idiots ».. et bien soit, qu’ils augmentent leur probabilité de mourir..

    le tabagisme passif , les victimes de chauffards c’est autre chose..

    si ceux qui font le choix de l’education ne sont pas récompensés la supériorité de l’education sera niée…

    concurrence des idées… pouvoir VOIR le type qui ose et réussit et l’imiter.

    bon quelles sont les causes de la famine endémique ? est ce que n’est pas aussi des régimes corrompus spoliateurs? des guerres imbéciles? l’absence de liberté?

  • je ne vois pas les ogm à la » solution » pour un agriculteur.. surtout si il existe une résistance , même infondée aux ogm chez les consommateurs..
    il faut remettre les choses à leur place et ne pas se raconter d’histoires..
    un agriculteur n’a pas pour objet de nourrir le monde, mais lui même !!!! et le mieux possible en général..
    c’est le revenu de l’agricluteur le juge de paix… et donc le marché importe et ce que souhaitent les consommateurs importe.. on ne peut qu’essayer de détruire des contre vérités..

    ou si je devais vendre ma camelote en france , je prendraissans doute en compte les désirs des bobos ecolos..

    je leur vendrais du éthique bio ecolo responsable.. CHER… oupas..je verrais ce qui me rapporte le plus…

    la où les gens meurt de faim où le contenu calorique est essentiel pour le client, je vendrais des calories .mais il ne faut pas se leurrer sauf pour les gens qui meurt de faim, ils ne mangent pas n’importe quoi… greenpeace est une belle saloperie..

    c’est comme pour le nucleaire. si des consommateurs ( idiots si vous voulez) n’en veulent pas ce n’est pas au gouvernement de l’imposer …

    le progrès ne fait sens et a un sens que si il est choisit librement par l’exemple du succès de ceux qui prennent les » bonnes » décisions.. sinon c’est peu ou prou l’economie planifiée …

    • Les agriculteurs ou éleveurs connaissent leur métier. Comme chacun, ils préfèrent produire de la qualité. Celui qui veut gagner de l’argent sans passion pour son travail, sans fierté pour ce qu’il réalise et produit … ne se lève pas à l’aurore pour traire des vaches.

      En revanche, il faut un minimum de productivité dans un monde où la main d’oeuvre est chère. Et ce n’est pas des citadins branchés qui vont leur apprendre leur métier.

      • pas « de la qualité » un produit aux qualités qui se vendent le mieux.. d’ailleurs affirmer qu’on produit « de la qualité  » est une posture pour vendre.. et ce qui est marrant et que ceux qui le font vendent surtout une image à ceux qui achètent..celui aui apprécie la qualité et donc est une personne de qualité..ça marche bien pour le luxe..

  • La France, il n’y a pas que la France en Afrique, c’est d’abord aux africains de bien choisir leurs partenaires.
    Sinon, pourquoi développer la conccurence ?
    Et surtout, pourquoi nos états, pas que la France, se laissent noyauter par des ong, toutes ayant des buts plutôt destructeurs sous l’alibi d’humanité.

    • Oui, bien sûr. Il y a les USA, très actifs dans certains pays, surtout anglophones, essentiellement par fondations interposées.
      Il y a la Chine… pas besoin de dessins…
      Mais les pays qui dépendent en partie, pour un volet ou un autre de leur développement, de l’aide extérieure, il est parfois difficile de faire le difficile.
      L’influence toxique ne s’exprime pas seulement dans le cadre de l’aide au développement.

  • Merci de cet article facile à comprendre par des profanes tout en étant solidement argumenté.

    La question des OGM est encore un domaine dans lequel l’idéologie escrologiste engendre des catastrophes. Les escrologistes me rappellent les imams whahabites dont un des aphorismes préférés est « En fait de neuf, il n’y a rien de bon. » Comme toujours, combinant l’infiltration sournoise dans les centres d’information (médias) et de décision (partis et gouvernements) avec l’imprécation stridente du terrorisme intellectuel, les escrologistes empêchent toute réflexion sereine, vieille technique qu’ils ont conservée de leur passé d’extrême-gauche en la perfectionnant encore.

    Je me souvient par exemple que, il y a plusieurs décennies, on prônait l’intérêt de plante modifiées (on ne parlait pas encore d’OGM) qui étaient capables de fixer directement l’azote présent dans l’atmosphère, ce qui éviterait d’utiliser un certain nombre de fertilisants dont les effets environnementaux sont nocifs. Où en est-on par exemple sur cette question ?

    Pour conclure, je paraphraserai Caton l’Ancien qui insistait (« Et delenda est Carthago ») au Sénat de Rome pour que la menace carthaginoise soit enfin éliminée : « Delenda est escrologia » ! (Il faut détruire l’escrologie). Cela implique notamment d’aller voter, même si aucun candidat ne nous plaît vraiment, afin d’empêcher chaque fois que possible que des escrologistes soient élus : a contrario, en s’abstenant, Bordelais et Lyonnais ont laissé en 2020 des fous furieux escrologistes prendre le pouvoir dans leur ville jusqu’en 2026.

    • On travaille sur les plantes susceptibles de fixer l’azote ou d’établir une symbiose avec des bactéries fixatrices.
      Bien malin qui peut prédire que ces travaux aboutiront et dans combien de temps.
      Je ne suis pas vraiment emballé par cette perspective. La fixation d’azote viendra avec un coût énergétique, donc une diminution du rendement.
      La production d’azote par le procédé Haber-Bosch est gourmande en énergie fossile. Mais il existe des procédés électriques comme l’antique (1903) Birkeland–Eyde. Même s’ils sont plus énergivores, ils peuvent éliminer le problème de la consommation d’énergie fossile.
      Des projets sont en cours.

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