Qu’est-ce que le variant « Delta plus » ?

La nouvelle mutation du variant Delta a été initialement détectée en Europe au mois de mars 2021. Qu'en est-il ?
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Qu’est-ce que le variant « Delta plus » ?

Publié le 27 juillet 2021
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Par Sunit K. Singh.
Un article de The Conversation

En juin dernier, le gouvernement indien a indiqué qu’une nouvelle mutation avait été détectée chez le variant Delta du coronavirus SARS-CoV-2. Celle-ci se traduit par une modification au niveau de la protéine Spike, qui sert de « clé » au virus pour pénétrer dans les cellules qu’il infecte.

Baptisé « Delta Plus » en raison de cette mutation additionnelle, ce nouveau variant (aussi appelé AY.1 ou B.1.617.2.1) a été identifié en Inde chez 48 personnes infectées par le variant Delta (sur un total de plus de 45 000 échantillons analysés). Delta Plus a été classé comme « variant préoccupant » par le ministère de la Santé indien, à cause notamment d’une transmissibilité accrue.

En quoi ce variant diffère-t-il du variant Delta, et que sait-on de sa capacité à échapper à l’immunité vaccinale ?

Le variant Delta

Initialement détecté en Inde, le variant Delta du coronavirus SARS-CoV-2 est en train de devenir majoritaire partout sur la planète, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Il a notamment joué un rôle majeur dans la violente seconde vague qui a frappé l’Inde au printemps dernier.

Diverses études ont établi que le variant Delta est capable de se répliquer plus rapidement et de se disséminer plus facilement que les autres variants, et qu’il se lierait plus fortement aux récepteurs situés à la surface des cellules pulmonaires.

Par ailleurs, dans une étude préliminaire qui n’a pas encore fait l’objet d’un examen par les pairs, des chercheurs indiens ont découvert que ce variant aurait été à l’origine des trois quarts des flambées infectieuses de la ville de Dehli chez des personnes vaccinées (8 % de ces infections auraient été dues au variant Kappa – ou B.1.617.1, et 76 % au variant Delta – ou B.1.617.2, le reste étant lié à d’autres variants de la lignée B.1).

En quoi le variant Delta Plus diffère-t-il du variant Delta ?

La nouvelle mutation du variant Delta a été initialement détectée en Europe au mois de mars 2021.

En juin, des patients malades de la Covid-19 se sont également avérés porteurs de ce nouveau mutant, qui est devenu une source de préoccupation pour les autorités, certains scientifiques indiens craignant qu’il ne soit à l’origine de nouvelles infections.

La mutation de la protéine Spike portée par le variant Delta Plus n’est cependant pas nouvelle. Connue sous la dénomination « K417N », elle a déjà été décrite chez le variant Bêta, initialement détecté en Afrique du Sud. Le variant Bêta porteur de cette mutation s’est avéré capable d’échapper dans une certaine mesure aux anticorps induits par le vaccin d’AstraZeneca. On pourrait donc craindre que certains vaccins ne s’avèrent pas aussi efficaces contre le variant Delta Plus que contre les autres variants.

Les vaccins seront-ils efficaces contre le variant Delta Plus ?

Selon le ministère de la Santé indien, le variant Delta Plus pourrait posséder une capacité similaire à échapper à l’immunité et à résister aux effets des thérapies anti-Covid-19 basées à base d’anticorps monoclonaux.

Cette mutation est préoccupante car elle est située sur la protéine Spike, une composante clé du virus, qui lui sert à pénétrer dans les cellules humaines. Les mutations précédentes touchaient le domaine de liaison au récepteur de la protéine Spike, qui permet au virus de s’attacher aux récepteurs situés à la surface desdites cellules.

Les mutations présentes sur le variant Delta pouvaient déjà, dans une certaine mesure, l’aider à échapper au système immunitaire. Certains vaccins se sont ainsi avérés avoir une efficacité un peu moindre face à lui, une dose unique offrant une protection réduite. Cependant, une seconde dose de vaccins continuait à entraîner la production de quantités d’anticorps suffisantes pour protéger des infections symptomatiques et prévenir les formes sévères de la maladie. Il est important de se souvenir que la plupart des vaccins anti-Covid-19 ne procurent pas une immunité absolue, mais limitent la sévérité de la maladie.

Des chercheurs britanniques ont ainsi montré qu’une dose de vaccin à ARN de Pfizer avait une efficacité de 33 % contre le variant Delta, et de 88 % après une seconde injection. Dans le cas du vaccin d’AstraZeneca, l’efficacité est de 33 % après la première dose, et de 60 % après la seconde.

Le variant Delta Plus pourrait être concerné par des réductions similaires d’efficacité, cependant les données disponibles manquent encore pour pouvoir l’affirmer. Des études sont en cours en Inde pour tester l’efficacité des vaccins actuellement utilisés contre ce nouveau variant.

Il est important de souligner que le variant Delta Plus ne s’est pas encore diffusé largement, et que l’Organisation mondiale de la Santé ne l’a pas encore classé parmi les variants préoccupants.

Que reste-t-il à apprendre ?

L’émergence de variants à la transmissibilité accrue et capables d’échapper aux anticorps menace le succès des efforts visant à contrôler et atténuer la pandémie. Les pays dont les taux de vaccination sont les plus bas sont en outre à risque de nouvelles flambées.

L’existence de ces nouvelles mutations ne signifie pas que de nouvelles mesures doivent être prises face à l’épidémie. Il faut en revanche faire en sorte que le nombre de personnes vaccinées continue à croître, continuer à se conformer aux recommandations en matière de comportement en période d’épidémie, et améliorer la surveillance génomique, afin d’être en mesure de suivre au plus près l’évolution du coronavirus SARS-CoV-2.

Sunit K. Singh, Professor of Molecular Immunology and Virology, Institute of Medical Sciences, Banaras Hindu University

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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  • Darwin

  • Delta Plus, c’est juste quand on t’enfonce la propagande un peu plus loin dans le fondement.
    D’ailleurs j’ai un autre exemple tout frais. Ce matin, les grands journaux titrent « Oh mon dieu on est repassés au-dessus des 7000 hospitalisés Covid, c’est grave ». Belle confusion savamment orchestrée entre les hospitalisations et les hospitalisations en soins intensifs.
    Et du coup, des gens vont flipper pour 7000 personnes à l’hôpital à cause du Covid… ça va leur rappeler l’an passé quand on nous disait que les urgences débordaient avec plus de 7000 patients….alors qu’en ce moment il y en a moins de 1000.
    Et histoire de bien réaliser à quel point c’est de la manipulation médiatique : on devrait flipper pour 7000 hospitalisations, alors que début mai quand Macron nous dévoilait son plan de déconfinement par étapes, il y en avait plus de 30 000 !!!!!

    • Non pas déprimé (voir autre sujet, mon commentaire est passé à la trappe ou en cours de modération) vous n’êtes pas dépressif car votre mémoire fonctionne encore parfaitement. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Comme vous le soulignez avec justesse.

      • Merci Paysanne 🙂
        Certains jours, j’aimerais quand même être un poisson rouge, surtout les jours où Véran passe à la télé : ce serait tellement mieux pour ma tension artérielle. Mais rien à faire, c’est plus fort que moi, dès que je le vois ou que je lis son nom, je me rappelle tous ses mensonges.
        Un proverbe africain dit ceci : « Tu me trompes une fois, honte à toi. Tu me trompes deux fois, honte à moi ». De nos jours, on pourrait le compléter par « Tu me trompes cent fois, tu es Véran. »

  • Dans l’histoire des virus, les variants sont définis comme des modifications mineures du virus initial. Ce n’est pas le cas des souches.
    Dès lors, s’il est possible que le variant X soit plus contagieux ou plus mortel, on peut peiner à comprendre qu’il soit suffisamment différent pour échapper fortement à l’immunité déjà acquise.

    • A mon avis il a d’autres virus en stock si jamais celui ci n’est pas suffisant.. Il devient quasi insignifiant, normal l’homme ne fait pas dans la durée, y a toujours une obsolescence programmée.

  • « manifestement intentionnelle » ?
    Ce serait contraire à la loi de Hanlon comme aux intérêts bien compris de la Chine.
    Les précisions sur le variant delta sont intéressantes et utiles à certains lecteurs, il est souvent difficile de les démêler dans les médias, c’est bien que Contrepoints les publie.

    • Ceci, et surtout sans le brouhaha dégoulinant de moraline dans les « news » de 20h par exemple.

    • Je me suis donné la peine que vous prétendez que je me suis épargné. Je connais les risques d’erreurs humaines dans un labo sensible, et les manières dont la Chine utilise les différentes armes, dont l’économie, à sa disposition. Si vous, vous les connaissiez aussi, vous en tireriez les mêmes conclusions que moi à moins d’être un débile mental. Je persiste : origine à rechercher dans une erreur dans la gestion de la sécurité, au cas où le labo de Wuhan serait en cause, et incompatibilité de l’hypothèse de l’intentionnalité avec les objectifs économiques internationaux chinois.

  • L’européaniste qui vient dire au site sur lequel il se trouve ce qu’il doit publier ou pas ! Ça ne donne pas envie d’être européaniste…

    • Si vous préférez le langage clair et simple, ça ne donne pas envie d’être européaniste = de vous suivre.

  • Enfin un commentaire qui cite la Chine comme initiateur de tout ce bordel
    Le reste est insignifiant

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