Si le socialisme sanitaire ne marche pas, c’est qu’il n’y en a pas assez

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Comment croire que le passe-droit sanitaire ne va pas, comme c’est systématiquement le cas depuis un an et demi, être autre chose qu’un lamentable plantage de plus ?

Par Olivier Maurice.

L’argument n’a toujours pas changé : si le socialisme ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez de socialisme.

Il en va exactement de même avec le socialisme sanitaire qui déferle sur ce pays depuis un an et demi. Si le socialisme sanitaire ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez de socialisme sanitaire.

Passons donc à l’étape suivante : détruisons bien plus méthodiquement les libertés individuelles et plusieurs milliers d’années de difficile évolution libérale et retournons aux magnifiques plantages du socialisme sanitaire qui ont marqué le passé !

Les magnifiques victoires politiques

Parce que le socialisme sanitaire, « organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers, au moyen d’une organisation concertée » ne date pas d’aujourd’hui, loin de là. On en trouve de multiples exemples tout au long de l’histoire.

Comme la gestion de l’épidémie de peste noire à Venise, qui débute dans la cité lagunaire en 1630 en même temps que se tient le carnaval.

En pleine période festive, la panique envahit très rapidement les canaux.

On oublie très vite que la maladie frappait déjà Milan et Mantoue, aux portes de Venise, depuis près d’un an. Aussitôt, l’apparition de la maladie est attribuée au carnaval et au relâchement des mœurs ! Il ne fait aucun doute que ce sont les comportements dépravés des fêtards et l’opulence outrageusement affichée des riches commerçants et banquiers de la cité qui sont à l’origine du malheur qui frappait la cité.

Qu’est-ce que cela pourrait-il être d’autre ?

On applique alors exactement les mêmes mesures directives et coercitives dont on célèbre toujours l’impérative nécessité aujourd’hui : on interdit les voyages. On instaure un couvre-feu. On brule systématiquement tous les objets des malades. On purifie l’air en brûlant des herbes et en aérant les locaux. Les malades sont placés en quarantaine et ceux qui tentent de s’échapper de ces mouroirs en périphérie de la ville sont pendus sur le champ.

Le port du masque est imposé, il est orné d’un long nez pour assurer la distanciation sociale ! On interdit l’alcool est interdit, ainsi que les jeux et les réunions…

La mémoire populaire célèbre encore chaque année à l’occasion du carnaval la stupidité de toute cette folie en reproduisant les vêtements noirs et les masques de corbeaux qui avaient alors envahi la ville.

Les leçons de l’histoire

L’histoire a surtout retenu que tout cela n’avait absolument servi à rien et qu’en quelques mois 46 000 des 140 000 habitants de la République avaient perdu la vie. Cette hécatombe préfigurerait la chute de la plus grande puissance commerciale du monde de l’époque.

L’histoire a retenu que ce ne sont ni la politique, ni la morale qui ont mis fin à l’épidémie, mais la disparition des agents pathogènes (les puces des rats en l’occurrence). On ne sait pas trop pourquoi, ni comment, mais ils ont disparu.

Toute la rhétorique sanitaire entendue depuis maintenant un an et demi repose sur ce défi lancé à l’histoire : nous ne sommes plus au Moyen Âge, nous sommes bien plus savants, outillés, équipés, organisés, que la République de Venise du XVIIe siècle.

Refaisons donc exactement ce qui n’avait pas fonctionné en 1630 mais avec les moyens d’aujourd’hui. Et tout va bien se passer.

Pour résumer ce credo en d’autres termes : le socialisme appliqué au domaine sanitaire n’a jamais marché ? Vite, il faut beaucoup plus de socialisme appliqué au domaine sanitaire.

Elle a bon dos, la science

Ce qui rend la situation plus compliquée, c’est ce que ce socialisme appliqué au domaine sanitaire, version 2021, n’a en surface que très peu de rapports avec celui mis en place par la République de Venise et la quasi-totalité des riches villes d’Europe lors de l’épidémie de peste noire.

Si les moyens sont incroyablement similaires, pour ne pas dire quasiment les mêmes, les arguments avancés pour les justifier semblent au premier abord totalement opposés à ceux mis en avant il y a quatre siècles.

Ils reposent quasiment tous sur le crédit de la science. Or le principal enseignement de la science est de définir la reproductibilité. Sous quel argument les mêmes mesures prophylactiques mises en œuvre aujourd’hui auraient un effet différent que celles mise en œuvre auparavant ?

Le premier argument présenté est d’ailleurs incroyable de stupidité et de bêtise : « Parce qu’aujourd’hui nous possédons des connaissances scientifiques différentes de celles de 1630 ».

Selon quelle loi le fait de connaitre mieux une chose pourrait expliquer qu’elle réagisse différemment ?

Flot de sophismes

On peut à la limite entendre par ceci que nous possédons des moyens différents. Mais il est totalement erroné et même incroyable que les gens puissent croire que des masques en tissu élaborés au XXIe siècle allaient réussir ce que des masques en tissu portés pendant les épidémies de peste, de choléra, de variole, de grippe espagnole, etc. n’ont jamais réussi à faire.

Surtout que le principal élément scientifique fiable sur le sujet est que la source de l’infection serait un virus, un organisme des milliers de fois plus petit que les pathogènes précédents et donc encore bien plus susceptible de passer à travers les mailles du filet.

En fait, la science a été totalement travestie.

On se rend bien compte depuis un an et demi, que le port du masque généralisé n’a pas permis de stopper l’épidémie. Mais ce n’est pas parce que le masque est inefficace, ni inutile, ou parce que son port n’a pas été suffisamment respecté, comme on a pu l’entendre lors des discours accusatoires devenus monnaie courante : cela n’a absolument rien à voir.

La raison scientifique est claire et explicite : si le masque ne permet pas stopper l’épidémie c’est parce que l’on peut constater que l’épidémie continue de se propager alors que le masque est utilisé à grande échelle.

Tout le reste n’est que théorie, divagation, charlatanisme, superstition ou bêtise crasse : si une théorie est contredite par les faits, c’est qu’elle est fausse, un point c’est tout !

Contre flot de sophismes

Est-ce que cela voudrait dire qu’il faut abandonner le port du masque ? Clairement non ! Surtout pas !

Constater que le masque ne permet pas de stopper l’épidémie ne permet absolument pas de conclure qu’il ne sert à rien, bien au contraire. Cela permet juste de dire que l’argument politique permettant de justifier l’obligation du port du masque est totalement erronée.

En effet, pourquoi obliger les gens à faire quelque chose qui ne peut que leur être bénéfique, sans autre justification ? C’est un peu comme si on promulguait une loi qui obligerait à enfoncer tous les clous…

Surtout que lorsque des études scientifiques sérieuses qui prouvent enfin, chiffres à l’appui, que certaines mesures comme le port du masque en extérieur sont totalement inutiles, on ne trouve pas mieux que de l’obliger.

C’est un peu comme si une loi était promulguée qui obligerait à enfoncer tous les clous en tapant dessus… Et qu’on ne trouvait pas mieux que d’en ajouter une autre pour obliger à passer une heure par jour à taper sur les clous enfoncés la veille…

Ce qui est passable pour le masque devient clairement inacceptable pour le vaccin. Surtout que cette mesure arrive à la suite de toute une série d’autres mesures du même ordre.

Est-ce que le confinement a permis de vaincre l’épidémie ? Non… Est-ce que les fermetures de restaurants et des salles de cinéma ont permis de vaincre l’épidémie ? Non… Est-ce que le gel hydroalcoolique a permis de vaincre l’épidémie ? Non… Est-ce que le télétravail a permis de vaincre l’épidémie ? Non… Est-ce que le confinement a permis de vaincre l’épidémie ? Non…

Un désastre total

Tout ce que l’hygiénisme conseille depuis 18 mois, tout ce que le scientisme tente de justifier depuis 18 mois, tout ce que le socialisme sanitaire impose depuis 18 mois, tout a lamentablement échoué.

Entendons-nous bien : ces initiatives n’ont pas échoué individuellement, elles ont totalement échoué collectivement. Collectivement et globalement.

Clairement, si vous vous lavez les mains régulièrement, portez un masque, télétravaillez, etc. vous augmentez clairement vos chances de ne pas attraper le virus. Mais est-ce que les lois et les contraintes ont permis de supprimer les virus et de supprimer les vagues, les morts, la peur ? Clairement non !

En fait, elles ont surtout servi à camoufler l’incurie de l’État qui s’est attribué avec arrogance le monopole de la gestion de la crise sous prétexte qu’il ferait mieux que tout le monde.

Le résultat est lamentable ! Un an après le début de la crise, nous en sommes toujours à gérer des situations d’urgence, exactement comme si rien n’avait évolué.

L’exemple des chiffres officiels de la situation sanitaire qualifiée de catastrophique en Guadeloupe et qui a été de nouveau mise en confinement pour au moins trois semaines est patent : 23 personnes en soins critique, 34 en soins intensifs, 91 personnes hospitalisées, soit 148 personnes dont 72 de plus de 70 ans, 105 de plus de 60 ans… Personnes avec comorbidités vaccinées avec deux doses : 318.

318 personnes à haut risque vaccinées en 8 mois… 23 personnes en soins intensifs, 148 personnes hospitalisées et c’est la fin du monde !

Une catastrophe annoncée, une de plus

C’est surtout la preuve que le socialisme sanitaire est une immense catastrophe qui a coûté une fortune et n’a pas fait évoluer la situation d’un pouce, qui a même été clairement contreproductif.

On pourra dire ce que l’on veut : les autorités sanitaires et civiles de Guadeloupe sont responsables du taux ridiculement faible de vaccination des personnes fragiles. Elles sont également responsables de l’incroyable panique qui fait exploser le système hospitalier.

Ce sont les responsables politiques et sanitaires qui sont responsables, pas les citoyens. Ce n’est pas plus compliqué que cela : ils sont responsables, parce qu’ils ont choisi et voulu être responsables. Parce qu’ils l’ont déclaré et qu’ils sont payés pour ça.

Mais c’est bien plus jouissif de ressortir les bons vieux remugles nauséabonds plus ou moins explicites sur les particularités des habitants de ce département puisque l’État a lui-même ouvert la fête à la stigmatisation… Allons-y gaiement.

Des trous dans la raquette

De toute façon, l’État lui-même ne croit pas à l’efficacité de ses mesures. La preuve ? Il est le premier à décréter des exceptions qui n’ont aucun sens sanitaire, tout en étant d’un côté extrêmement sévère quand il s’agit de faire un exemple.

Les routiers n’auront pas besoin de passe sanitaire pour aller au restaurant, alors d’un autre côté les employeurs pourront suspendre les contrats de leurs salariés qui ne l’ont pas et éventuellement les licencier… On nage en pleine incohérence et en plein arbitraire.

Il devient urgent de mettre fin à toute cette folie !

Comment croire que le passe-droit sanitaire ne va pas, comme c’est systématiquement le cas depuis un an et demi, être autre chose qu’un lamentable plantage de plus ?

Comment croire qu’un système qui a tout raté, tout y compris les choses les plus simples comme de fournir des masques aux soignants, pourrait tout faire revenir le monde comme avant d’un coup de baguette magique ?

Il faut être bien naïf pour croire que le passe sanitaire va permettre de retrouver un peu de liberté, regagner un peu de sécurité et de protéger les gens !

C’est vraiment un acte de foi qui frise la bigoterie aveugle que de croire qu’en automne, nous n’aurons pas droit, une fois encore, aux confinements, aux restrictions de déplacements, aux gestes barrières, aux hôpitaux incapables de nous soigner, aux commerces fermés, aux amendes à 135 euros ET au passe sanitaire.

Tout ce que le gouvernement a réussi à faire est de créer deux religions de fanatiques qui passent leur temps à s’invectiver : ceux qui croient à la science et ceux qui croient à la science, mais pas de la même façon …

Quelle nouvelle trouvaille, quelle nouvelle excuse ridicule, quelle nouvelle mesure bien liberticide, bien autoritaire, bien tarabiscotée et bien injuste sortira encore du chapeau pour tenter de camoufler ce désastre qui s’annonce ?

 

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