Pass sanitaire : une mesure contraignante et inapplicable

Après les réserves apportées par le conseil scientifique voici que d’autres contestations se lèvent pour critiquer le pass sanitaire.
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Pass sanitaire : une mesure contraignante et inapplicable

Publié le 4 septembre 2021
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Par Olivier Maurice.

Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a annoncé vouloir rencontrer rapidement le Premier ministre afin de clarifier la situation et surtout pour demander la suspension du pass pour accéder aux centres commerciaux.

La situation est, il faut le dire, un peu compliquée, entre les centres qui exigent le pass, ceux qui ont obtenu la levée de l’obligation par le tribunal administratif, ceux qui n’ont pas été soumis à l’exigence par décision préfectorale et ceux qui l’ont été, ceux dont la surface est inférieure à 20000 mètres carrés et ceux plus grands, ceux dont personne ne sait si le pass est exigé et ceux qui ont déclaré qu’ils ne l’exigeaient pas… La confusion n’est pas bonne pour le commerce.

Pas bonne pour le commerce et l’ensemble du secteur le ressent, affichant des chiffres d’affaires en baisse, non seulement dans les centres exigeant le pass, mais aussi dans les autres, même dans les centres commerciaux de plus petite taille.

Difficile de connaître l’impact qui, selon les sources, varie entre -50 % et -15 %, non seulement chez les professionnels de la restauration mais également dans les centres commerciaux et les autres grandes surfaces. L’affaire est devenue suffisamment sérieuse pour que le patron du Medef décide de monter au créneau.

Pass sanitaire sur fond d’imbroglio juridique et réglementaire

Du point de vue juridique, les choses ne sont pas beaucoup plus claires. La subtilité entre commerce alimentaire (non soumis au pass) et non-alimentaire (soumis au pass) a abouti à bon nombre de recours en justice, laquelle est à de nombreuses reprises revenue sur la décision préfectorale.

Tant est si bien que le gouvernement a décidé de saisir le Conseil d’État dans le but de faire annuler les décisions des tribunaux administratifs.

Du point de vue des petites entreprises et en particulier des petits commerces et des franchisés largement présents dans les galeries commerciales, la météo n’est guère meilleure, sans parler des magasins présents dans les centres mais ayant des entrées indépendantes, ceux vendant à la fois des denrées alimentaires et autre chose…

Le tableau s’est encore assombri ce lundi, avec l’obligation pour les employés salariés travaillant dans des lieux soumis au pass, de disposer également d’un pass sanitaire, multipliant encore plus les questions sur les cas particuliers et autres exceptions, comme les livreurs de repas à emporter.

Il n’y a pas que dans les commerces où la complexité réglementaire et l’incertitude règnent. Les professeurs de sport sont, quant à eux, soumis à une organisation qui frôle la totale schizophrénie, exemptés de contrôler leurs élèves dans le cadre des activités scolaires, mais forcés de contrôler les mêmes élèves pour les mêmes activités dans le cadre d’activités périscolaires, mais uniquement si celles-ci sont organisées dans un cadre associatif, et encore… pas si celles-ci relèvent de l’action sociale ou de l’organisation scolaire ou dans un cadre de formation, se retrouvant dans des situations où une partie des pratiquants se retrouvant ensemble sont soumis au pass et une partie non…

Le retour de vacances

Pour l’instant tout le monde semble faire preuve de patience et de bonne volonté, sans doute soucieux de ne pas se retrouver cataloguer dans la case complotiste-suprémaciste-râleur.

Mais les syndicats se réveillent également progressivement. Outre quelques actions localisées, principalement chez les pompiers et dans les hôpitaux, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, s’est ouvertement prononcé contre le pass sanitaire et s’est donné le mois de septembre pour à la fois mobiliser ses troupes, évaluer l’évolution de la situation et faire monter en mayonnaise les autres sujets sociaux, fixant d’avance une probable date d’ouverture des festivités syndicales pour début octobre.

La classe politique est quant à elle toujours aux abonnés absents, focalisée sur les batailles d’ego et les surenchères électoralistes en vue des prochaines élections, de quoi laisser libre cours à la montée de la grogne, de la surenchère et des amalgames avec les autres sujets de mécontentement qui ne manquent pas en ce moment : augmentation du prix de l’essence, fin du quoi qu’il en coûte, réforme des retraites, de l’assurance chômage…

Le capharnaüm habituel

Nous entrons dans la phase devenue habituelle de réaction. Après l’action, voulue rapide, ferme et implacable, la réaction lente, désordonnée, mais tout aussi implacable qui semble être devenue la marque de fabrique de ce gouvernement en termes de politique sanitaire. La même chose s’est déjà produite avec les masques, avec le confinement, avec les tests, avec le début de la politique vaccinale…

Mais modifier la ligne de conduite sur le pass sanitaire sera sans doute beaucoup plus délicat politiquement que ne l’ont été les multiples virages à 180 degrés précédents, même si quasiment plus aucun argument ne permet de soutenir encore la justification de celui-ci.

Le gouvernement français fera-t-il preuve de pragmatisme, comme l’a fait le gouvernement danois qui, après avoir été précurseur dans l’instauration du pass sanitaire dès le début de l’année, a finalement décidé d’abandonner celui-ci, voyant depuis plus d’un mois le taux de vaccination plafonner à 72 % de la population, ce qui est également le chiffres de vaccinés (une dose) atteint en France actuellement ?

L’occasion de conclure à un succès retentissant de la manœuvre gouvernementale, avant que les choses ne commencent à se gâter.

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  • un gouvernement brouillon ne peut pas prendre de bonnes décisions ; quand il se prendra la réalité , notamment économique , en pleine poire , il comprendra peut être qu’il ne prend pas le bon chemin ;

    • Je ne crois pas qu’il comprenne…

      L’histoire du boxeur en train de perdre son combat; assis sur sa chaise le visage tuméfié, son entraineur l’encourage en lui criant que le prochain round sera le bon, que son adversaire est pratiquement K.O., y a plus qu’à le cueillir…
      A quoi le malheureux boxeur répond:
      « D’accord, mais surveilles bien l’arbitre, j’ai l’impression qu’il y quelqu’un sur ce ring qui me tape sur la gueule… »

  • « L’occasion de conclure à un succès retentissant de la manœuvre gouvernementale, avant que les choses ne commencent à se gâter. »

    Ce serait une bonne chose, en effet. Mais je crains que La Vérole ne soit guère sensible à la finesse politique. Au contraire, il vient d’en remettre une couche.

  • Les syndicats qui se réveillent à la rentrée… Juste parce qu’ils vont devoir le présenter au travail… Pourtant, je suis sûr que pendant les vacances, ils n’en avaient rien à faire…
    Alors qu’ils auraient pu mobiliser leurs adhérents en même temps que les vrais citoyens qui défilaient… Lamentable.

    • Il y avait des syndicalistes hospitaliers dans les cortèges. L’impression était que la « base » était prête à l’action tandis que les « notables » restaient aux abonnés absents.
      Cela dit je m’inquiète de la capacité des syndicats à récupérer et pourrir la contestation, pour au final aller dans le sens d’une obligation générale des thérapies géniques assortie d’un saupoudrage de pognon gratuit.

  • « Tout ce qui est obligatoire n’est pas efficace » selon Martinez.
    Il va falloir alors revoir tout le code du travail, allez au boulot la CGT.

    • Si même les communistes se mettent à défendre les principes libéraux, n’avons-nous pas un boulevard pour faire avancer nos idées ?

  • Franchement, si ces dirigeants – Macron inclus – comme le pauvre Castex ou l’atroce Véran avaient été capables de comprendre quelque chose un jour, ces mesures aussi stupides que liberticides et totalement inefficaces en matière sanitaire n’auraient évidemment jamais été prises. Au contraire, on va voir ces tristes sires se raidir, droit dans leurs bottes, morigéner, insulter, tenter de disqualifier, culpabiliser… sauf si un mouvement de révolte réel monte dans le pays.

    • Le paradoxe d’Achille et de la tortue…

      L’argument exposé par Zénon(*) est qu’Achille ne peut rattraper la tortue car si la tortue a de l’avance sur Achille, celui-ci ne peut jamais la rattraper, quelle que soit sa vitesse ; car pendant qu’Achille court jusqu’au point d’où a démarré la tortue, cette dernière avance, de telle sorte qu’Achille ne pourra jamais annuler l’avance de l’animal.

      Remplacez « Achille » par « Covid » et « tortue » par « Macron ».

      (*) Par Zénon le « conseil scientifique » et les médias…

  • « les réserves apportées la semaine dernière par le conseil scientifique »

    Un chef-d’oeuvre de rétro-pédalage pour expliquer qu’il se pourrait que peut-être ils se seraient un peu trompé mais que ce n’est en aucun cas leur faute.

    Quant au gouvernement qui est en roue libre depuis longtemps, même un rétropédalage frénétique n’aurait pas d’effets.

    • Dans aucun pays, un Conseil Scientifique qui s’est constamment fourvoyé, présidé par un Professeur Defraissy qu’on verrait mieux en EPHAD, composé de membres tout aussi perclus de liens d’intérêt avec la grande industrie pharmaceutique, n’aurait duré plus de 3 mois… Seule la Macronie est capable d’un tel explot

      • Dans tous les pays, ils auraient plus besoin d’un Conseil Administratif pour leur apprendre leur métier que d’un Conseil scientifique pour leur apprendre le métier des autres.

  • Si le Gvt français était pragmatique, ça se saurait….

  • « Mais modifier la ligne de conduite sur le pass sanitaire sera sans doute beaucoup plus délicat politiquement que ne l’ont été les multiples virages à 180 degrés précédents, même si quasiment plus aucun argument ne permet de soutenir encore la justification de celui-ci. »
    On peut compter sur la délicatesse légendaire de Castex and Cie, et je n’ ai jamais trouvé la moindre justification à cette loi scélérate depuis le 1er juillet.

  • Le problème majeur du franchouillard moyen !

  • Voyons les choses du bon côté! C’est bien, il me semble, la première fois qu’un article sur Contrepoints va dans le même sens que le discours de la CGT.

  • Les commentaires sont fermés.

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