USA, Australie, Royaume-Uni : nouvelle alliance contre la Chine

L’Australie, le Royaume-Uni et les USA scellent l'AUKUS, une alliance dans la zone indopacifique. Une mauvaise nouvelle pour l'Europe.
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USA, Australie, Royaume-Uni : nouvelle alliance contre la Chine

Publié le 17 septembre 2021
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Par Alexandre Massaux.

La rupture par l’Australie du contrat des sous-marins français de Naval Group fait réagir. La raison ? L’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis scellent une alliance renforcée nommée AUKUS dans la zone indopacifique. Celle-ci vise avant tout à renforcer les capacités militaires des trois membres et a pour premier objectif la construction de sous-marins nucléaires avec l’aide des Américains et des Britanniques.

Cette alliance fait suite à une réunion trilatérale entre le président américain Joe Biden, le Premier ministre anglais Boris Johnson et son homologue australien Scott Morrison.

Le centre de gravité géopolitique est désormais en Asie

La mise en place de l’AUKUS montre plusieurs tendances.

Tout d’abord, que les liens entre les pays anglo-saxons restent forts. Avec le Brexit et l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, plusieurs commentateurs pensaient que les liens entre le Royaume-Uni et les USA allaient être moins importants. Cette alliance prouve le contraire.

Mieux, avec l’AUKUS, Londres renforce ses relations avec l’Australie (pays qui reste dirigé par la reine d’Angleterre Elizabeth II). Une politique qui s’inscrit dans la tendance d’un rapprochement entre le Royaume-Uni et le Commonwealth notamment au niveau économique avec le CANZUK.

Ensuite, cette alliance est motivée par la montée en puissance de la Chine et la volonté des pays anglo-saxons d’y faire face. L’Australie et les USA bordent l’océan Pacifique, qui est désormais le centre de gravité économique mondial. Quant aux Britanniques, outre les pays du Commonwealth, il convient de rappeler que Hong Kong était jusqu’en 1997 un territoire britannique.

L’Europe : la grande perdante de cette alliance dirigée par les USA

Néanmoins, cette alliance et la rupture du contrat avec le groupe français montrent un désintérêt de plus en plus marqué envers l’Europe des États-Unis et de ses alliés. Le champ de bataille potentiel n’est plus l’Europe, comme lors de la guerre froide, mais le Pacifique.

Nous pouvons nous poser la question de la place de l’OTAN dans le futur proche. Les États unis, son principal contributeur, se désintéressent de l’Europe et de l’Atlantique Nord. Bien que souvent médiatisée Moscou n’est plus le cœur des préoccupations de Washington. Après tout, entre une Russie qui a un PIB inférieur à celui du Canada et une Chine qui est la seconde puissance économique mondiale qui a le plus de potentiel de nuisance ?

Les pays européens vont devoir déployer des efforts considérables pour rester dans l’arène géopolitique. La naïveté dont font preuve trop d’Européens est en train de se retourner contre eux. Quoiqu’on le veuille, la scène internationale reste un monde anarchique où s’affrontent les intérêts des États.

Lord Palmerston, Premier ministre britannique du XIXe siècle est connu pour cette citation reprise et adaptée par plusieurs hommes d’État : « L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts permanents. »

Tout pays européen devrait garder en tête cette logique.

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  • Nos souverainistes doivent être contents. Voilà leur France balayée d’un coup du contrat australien. L’Europe sera balayée partout si elle ne progressé pas politiquement.

    • @babu Je suis souverainiste et pas très heureuse, mais cet échec ne fait que mettre en lumière des tendances de fond. Maintenant côté souveraineté : qui est le plus souverain : la France dans l’Europe ou le Royaume Uni vassal des US ? Quant à la capacité de l Europe à progresser politiquement , sans rire , vous y croyez ? On pèse quand on est fort : économiquement et militairement , ce n’est pas notre route , c’est plutôt celle de la servitude en ce moment . Le réveil sera douloureux .

    • L’UE n’arrive pas à faire avancer d’un iota une ébauche d’Europe de la défense, alors-même que des nations moins liées politiquement (UK, USA et Australie) y sont parvenue !

      Que chaque pays membre européen garde jalousement sa petite armée ridicule, le réveil sera douloureux…

    • Quand bien même elle progresserait politiquement, l’Europe sera balayée partout parce qu’elle est une administration hétéroclite qui ne correspond à rien de commun à long terme, juste à des convergences éphémères d’intérêts de certains politiciens.

  • @l’auteur toujours passionnants vos articles

  • Les.donnés stratégiques dans cette région ont changé depuis la signature du contrat entre la France et l’Australie tant sur le plan économique que militaire du fait de la pression que met la Chine ( voir Hong Kong, Taïwan, …)
    L’offre française étaient économiquement et techniquement satisfaisante dans le contexte de l’époque. Elle ne l’est plus sur le plan technologique face aux menaces de la Chine et des moyens dont elle dispose.
    La question, en dehors du « jeu des alliances » est avons nous proposé aux Australien d’adapter notre offre à ce nouveau contexte?

    • Il faut relire Marc Bloch, la France est toujours en retard d’ une guerre.

    • 5 bonnes raisons d’annuler le contrat avec la DCNS :

      1- En 2016 la DCNS est hackée : 22 400 documents relatifs aux sous marins Scorpène en cours de livraison à l’Inde sont piratés.
      2- Dérive budgétaire : coût initial de 31 milliards d’euros, réévalué à 56 milliards d’euros avant prise en compte du coût de la maintenance. Canberra devrait débourser 90,1 milliards d’euros supplémentaires pendant la durée de vie des sous-marins.
      3- Non respect des délais : fourniture prévue en 2026 des premières unités, repoussée à 2035 et fin du programme à 2050, la Chine est patiente mais tout de même…
      4- Désaccord sur la participation des industries locales : prévue à 90% par les australiens réduite à 60% par Naval Group.
      5- Evolution du cahier des charges : initialement opposée à la propulsion nucléaire, l’Australie a changé de doctrine. Toutefois les Barracudas pouvaient être adaptés à la propulsion nucléaire. Gageons que les australien ont été soucieux de la dépendance de l’industrie française vis à vis de la Chine notamment sur le plan informatique (composant et logiciels) cf. point 1. Quid également de sa technologie nucléaire? Du coup l’offre américaine pouvait paraître attractive, sans parler de l’intérêt politique.

      En résumé, la France ayant failli sur le plan Qualité, Coûts, Délais et Sécurité de ce projet, il était censé pour les responsable de dénoncer le contrat. Tant pis pour les 2 G€ dépensés : il vaut mieux se couper un petit doigt que le bras.

      Ca rappelle un peu les EPR.

  • Beaucoup avaient prédit un destin funeste aux britanniques à cause du Brexit.
    Il se pourrait bien que ce destin s’applique plutôt à la France !
    Nous avons des liens étroits avec les Anglais dans l’industrie d’armement, souhaitons qu’ils ne soient pas mis à mal par la pression qu’exercent les Américains !
    J’attends avec impatience l’analyse de Macron sur ce sujet qui, me parait plus important que la contre performance de nos athlètes aux JO !

    • Tous les amis avec lesquels j’en ai discuté prédisaient surtout dans le brexit un destin moins funeste aux Britanniques qu’aux Français ! Au point que certains ont transféré leurs investissement depuis la France au Royaume-Uni.

    • Je n’avais pas pensé à la responsabilité des non vaccinés, les australiens sont tellement trouillards qu’ils ont eu peur que nous leur fournissions des sous-marins chargés de Covid !

  • Il est clair que le monde anglo-saxon partage un fond de civilisation dans lequel la vieille Europe n’est qu’un cousin éloigné. Il est donc logique que les pays de cet ensemble soient fortement alliés et il est encore plus logique que le commerce des armes soit plus actif entre alliés très proches qu’avec des pays plus éloignés.
    Le commerce des armes n’est pas un commerce comme les autres. J’ai toujours été horrifié par la pratique consistant à vendre des armes à ceux qui ne sont pas nos alter egos ou à ceux dont on n’est pas certains qu’ils seraient à nos cotés en cas de guerre. Indépendamment du problème éthique, il ne faut pas oublier l’avantage qu’il peut y avoir à ce que des alliés aient des systèmes d’armes totalement compatibles et facilement maintenables (fourniture, munitions…) même si l’on est coupé du fournisseur initial.

  • On semble découvrir une guerre économique. Mais les américains ont toujours voulu être les seuls vendeurs d’armes hier tech de l’occident. Ils font tout pour torpiller les contrats exports des pays concurrents. Cela les prive ainsi de devises leur permettant de continuer à être au top de la technologie. Et la France est le seul pays occidental hors USA ayant une haute technologie dans le militaire.
    Les autres pays européens ayant une industrie militaire sont surtout des sous traitants des industries US. Et cela leur suffit. Donc le combat de l’industrie militaire française est le combat de David contre Goliath.
    Dans leurs exportations, les américains font toujours un chantage : soit vous achetez US, soit vous vous demerdez seul en cas de conflit.
    David perd souvent face à cet argument. Mais les pays qui achètent US pour cette raison (ex la Pologne,Taiwan, l’Allemagne, le Japon, etc) devraient savoir que les USA ne viendront jamais les aider…
    Quel pays va risquer une attaque nucléaire sur son sol pour en défendre un autre ? Pas les USA en tout cas !

    • En effet, mais dans cette configuration, le salut pour David est de travailler sa technicité, certainement pas de chercher un rôle stratégique.

    • Effectivement ça fait un bon moment que c’est comme ça.
      On ne peut pas vendre aux alliés direct des USA, ils nous savonnent la planche et nous piquent la place.
      On ne peux pas vendre aux ennemis des USA, on se fait pourrir pour moins que ça, et c’est le marché privilégié des Russes.
      Reste que les pays dont les ennemis sont soutenus par les USA, en l’occurrence l’Inde et la Grèce…

    • Une guerre économique se fait par plus par competitive, plus de libéralisme, moind de dette …
      Je ne vois pas comment ils vont améliorer leurs compétitivité avec des armes.

    • Taiwan ? je pense qu’ils bougeraient .

  • L’Europe est morte, détruite de l’intérieur, sa bouée de sauvetage serait Sans doute la russie mais elle est inaccessible, les anglo-saxons ont gagné la guerre qu’ils nous mènent depuis des années.. On n’a plus qu’à être des vaches regardant l’histoire évoluer sans nous.

  • Bon, les anglo-saxons restent eux-mêmes. Les autres, fuck… Et comme l’UE ne pense qu’à libérer les territoires non européens cause souvenir de colonies (caca, pas woke ni inclusif), aucune chance qu’elle se bouge. Et comme on a un gland de Monarc qui ne jure que par l’UE, on n’est pas sorti des ronces. Le centcinquantième réferendum de Nouvelle-Calédonie s’annonce joyeux…

  • Le contexte stratégique dicte probablement ce choix pour des SNA. Par contre, il est très claire que ces sous-marins seront construits et maintenus aux États-Unis.
    Il n’y aura aucune retombé pour l’industrie locale australienne. Cela également veut dire que des SNA américains seront basés en Australie.

    On peut également se demander ce que vont penser leurs voisins Néo-zélandais qui sont des anti-nucléaires enragés.

  • rien n’empêchait l’Europe de se joindre à l’alliance !

    • Pour quel intérêt ? Et les Européens sont tous divisés par rapport à la Chine. Chacun a des intérêts différents. Les Grecs et les Italiens veulent que leurs accords portuaires fonctionnent, les Allemands veulent vendre leurs voitures, les Français se gargarisent de droits de l’homme, les Suédois ne veulent pas que les Chinois ferment Volvo, les pays bas ne veulent pas que le commerce de leur port soit boudé…

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