Salaire minimum : ce SMIC qui ne protège personne

Le problème du salaire minimum est qu'il empêche ceux qui sont désavantagés de concurrencer les autres travailleurs en offrant leur travail pour moins cher.
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Salaire minimum : ce SMIC qui ne protège personne

Publié le 1 octobre 2021
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Par Bill Wirtz.

Les lois sur le salaire minimum existent depuis un certain temps, de sorte qu’il devient de plus en plus difficile de contester leur existence. Pour la plupart des gens, même ceux qui prétendent être en faveur du libre-échange, la garantie du SMIC pour tous les travailleurs semble une évidence.

Augmenter le salaire minimum : facile !

Pour les syndicats et les politiciens, l’augmentation du salaire minimum est facile à vendre : une fois instauré, le taux horaire minimal peut être progressivement augmenté sans frais pour le gouvernement, éliminant ainsi la nécessité de répondre à des questions agaçantes comme la question fondamentale d savoir qui va payer.

Le SMIC a aussi l’avantage d’établir des réfutations faciles à toute opposition : quiconque s’y oppose (ou s’oppose à son augmentation) doit avoir des intérêts financiers dans ce domaine ou simplement manquer d’empathie pour les travailleurs à bas salaire.

Cependant, la réalité est que les personnes qui ont besoin d’un coup de pouce sur le marché du travail se voient refuser cet accès directement à cause du SMIC. Le salaire minimum exige des employeurs qu’ils paient les travailleurs au-delà de la valeur du marché de leur travail horaire, ce qui les oblige à renoncer à de nouveaux emplois ou simplement à remplacer le travail humain par des machines.

Il y a plusieurs catégories de personnes qui sont nettement plus touchées que la moyenne par ces salaires minimaux. En voici trois.

Les adolescents

Une étude réalisée en 2006 par l’université de Géorgie a révélé que chaque augmentation de 10% du salaire minimum entraîne une baisse de 4,6 à 9 % de l’emploi des adolescents.

Les chercheurs ont ajouté :

Une augmentation de 10 % du salaire minimum réduit de 5 % le nombre moyen d’heures travaillées dans le commerce et, chez les adolescents qui demeurent employés dans ce secteur, réduit de 2 à 3 % le nombre moyen d’heures travaillées.

Beaucoup d’études ont confirmé des résultats similaires avec quelques variations. Elles ont révélé des effets négatifs du salaire minimum sur l’emploi des jeunes depuis l’utilisation des statistiques du ministère du Travail aux États-Unis en 1915.

Un rapport de recherches publié en 2018 par le Mercatus Center a révélé que le salaire minimum a joué un rôle prédominant dans la tendance à l’augmentation du chômage des jeunes aux États-Unis depuis l’an 2000.

Les minorités ethniques

L’argument sur les origines racistes déclarées du salaire minimum aux États-Unis a déjà été bien documenté et expliqué par le professeur Deirdre McCloskey. Le salaire minimum a été conçu pour maintenir les travailleurs non anglo-saxons (ceux qui n’étaient pas Blancs) hors du marché du travail en augmentant le coût de l’embauche de ces derniers.

L’économiste Thomas Sowell a expliqué en quoi des politiques analogues dans d’autres pays avaient le même effet :

En 1925, une loi sur le salaire minimum a été adoptée dans la province canadienne de la Colombie-Britannique, avec l’intention et l’effet de priver les immigrants japonais d’emplois dans l’industrie forestière.

Sowell explique que l’on trouve des cas similaires en Australie et en Afrique du Sud, où des racistes et des militants syndicaux blancs ont fait pression en faveur d’une législation sur le salaire minimum. L’idée était d’éviter la concurrence de ces minorités, qui n’avaient ainsi plus le droit d’accepter des salaires inférieurs à ceux des travailleurs blancs, pour faire concurrence.

Avant l’adoption de la Fair Labors Standards Act (FLSA – loi pour le traitement équitable du travail), qui a institué le premier salaire minimum fédéral de 25 cents l’heure, l’écart de chômage entre Noirs et Blancs aux États-Unis ne dépassait pas 1 %. Aujourd’hui, le taux de chômage des Noirs est deux fois plus élevé que celui des Blancs. L’augmenter, comme le suggèrent les multiples candidats démocrates à la présidence américaine, ne ferait qu’accélérer ce phénomène.

Salaire minimum pour les anciens criminels

Même si vous pensez peut-être qu’il est normal qu’un meurtrier ait des difficultés à trouver un emploi, ou si vous croyez qu’un être humain peut s’améliorer en se réinsérant dans la vie professionnelle, cet objectif ne devrait pas être rendu plus difficile par des obstacles supplémentaires.

Une étude publiée en 1976 dans la Monthly Labor Review prévoyait que le salaire minimum fédéral et le salaire minimum de l’État concernerait les personnes qui se trouvaient « dans des positions de négociation particulièrement mauvaises (en prison et immédiatement après leur libération) ».

Une étude réalisée en 2013 par le Boston College montre que l’augmentation du salaire minimum fait augmenter la criminalité (vols, ventes de drogue et crimes violents) aux États-Unis en raison d’une baisse du revenu du travail résultant d’une réduction du travail.

Pour les entreprises annonçant qu’elles embauchent de plus en plus d’anciens détenus pour des emplois au salaire minimum, leurs employés seront également touchés par l’augmentation du salaire minimum sous la forme d’une réduction du temps de travail.

Les conséquences involontaires

D’autres questions peuvent être posées au sujet des effets sur d’autres groupes, comme les malades mentaux, qui se retrouvent aussi souvent dans des emplois mal rémunérés ou subventionnés et qui ont de la difficulté à concurrencer les autres travailleurs.

C’est le problème inhérent au SMIC : il empêche ceux qui sont désavantagés, d’une manière ou d’une autre, de rivaliser en offrant leur travail pour moins cher.

Les décideurs politiques doivent être conscients des conséquences involontaires des lois sur le SMIC et évaluer les effets réels des mesures qu’ils imposent sur l’économie.

Pour plus d’informations, c’est ici.

Un article publié initialement le 17 juin 2019.

Voir les commentaires (27)

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  • claude henry de chasne
    17 juin 2019 at 5 h 51 min

    le « travail » de main d’oeuvre tend a disparaître au profit de a mécanisation qui fait baisser les coûts .. ceci va s’accélérer avec la technologie.. les gens non qualifiés seront relégués dans les jobs de services que les autres pourront payer..
    le smic est une survivance des 30 glorieuses,comme le statut des fonctionnaires ,la malade du diplôme, la santé pour tous,la retraite a 60 ans..
    Tout çà c’est mort .. il y a ceux qui le savent et ceux qui ne veulent pas le savoir

  • Le smic protège……l’etat en limitant le cout social de son action devastatrice sur l’economie.

  • Socialisme, nationalisme, eugénisme.

    L’un ne peut pas vivre sans les deux autres. Souvenez-vous de G. Marchais qui dénonçait les immigrés.

  • jacques lemiere
    17 juin 2019 at 7 h 44 min

    en fait si, il protège comme les aides sociales protègent…au prix de moins de richesse globale produite au prix de la démotivation de travailler..
    on peux voir des gens vivre sans travailler..au prix de leur dignité..ceux qui n’en ont pas sont heureux et se la coulent douce..

    • jacques lemiere
      17 juin 2019 at 7 h 47 min

      le smic a par contre des effets dévastateurs et pervers, mais on ne peut pas dire qu’il n’ait pas des « avantages »…

  • Un peu court comme article. Par ex il parle des ex detenus. Combien de criminels vont arreter leur carriere de criminel pour un job a plein temps payé disons 800 €/mois ? Franchement, vous y croyez ? vendre du shit rapporte au moins 3 fois plus !

    autre point completement passé sous silence dans l article. Que se passerait il si on supprimait le smic en France. On peut supposer que les salaires des moins qualifies vont baisser sous l effet de la concurrence. difficile de dire jusqu ou (250 € comme en bulgarie ? probablement pas mais peut etre jusqu a 500) . Il aurait ete interessant de voir l impact d une telle mesure (non seulement la baisse des salaires mais aussi augmentation de la demande de travail, la baisse des aides sociales (qui ira travailler pour 500 € s il touche 800 au RSA ?) ou l eventuelle baisse des loyers (si vos locataires gagnent plus que 500 €/mois au lieu de 1000 il va bien falloir s adapter) ou de certains bien/services (ex les resto vont ils baisser leurs prix si le serveur ne touche plus que la moitie de son ex salaire ?)

    • Combien de criminels vont arrêter leur carrière de criminel, pour avoir pris conscience des risques, pour une absence de job ? Voilà ce qui dit l’article…

      • absence de job ou job paye si peu qu il ne permet pas d en vivre ca ne change pas grand chose au manque d attractivite de la proposition

        Vous croyez qu une personne va arreter de braquer ou de vendre de la drogue pour un mi temps a 300 €/mois ?
        Le feriez vous vous meme ?

        • Je ne peux pas dire, je suis bien meilleur à évaluer les risques que le braqueur ou dealer moyen, et je peux de toute façon espérer nettement plus de mon travail. Mais si on arrête les activités malhonnêtes, ça n’est pas, à mon avis, parce que les activités honnêtes paient mieux. On arrête parce qu’on risque trop gros. Alors, un employeur prendra-t-il le risque de vous embaucher ? Probablement pas si vous demandez le smic.

    • Vous raisonnez en statique. Donc mal. La baisse du salaire minimum entraine une hausse de l’activité économique, donc une hausse des salaires dans un second temps. Si votre patron vous paye trop peu, vous pouvez en changer.

  • Quelle modèle de société prône-t-on si l’on considère que ce à quoi se dédie un être humain le plus clair de son temps vaut un prix complètement fixé par le Marché, et peut donc s’approcher de zéro ?
    Le Marché est utile et efficace, mais en faire l’alpha et l’omega d’une société pose de vrais problèmes.

    • Rien ne vous interdit, dans un monde régi par le marché, des actes bénévoles qui échappent à ses règles. Je ne vois pas en quoi ça ne serait pas suffisant.

      • Certes, mais ces personnes qui dépendraient du bénévolat en perdrait d’autant un peu de dignité, dans la mesure où elles devraient survivre suivant le bon vouloir d’autres personnes. Et rien ne prouve que ce bénévolat compenserait ces situations.
        En me risquant à un exemple, la situation des 15% pauvres des Etats Unis ne me semble pas compensée par les bonnes oeuvres, certes existantes, de philanthropes.

        • Parce que vous trouvez que la situation des 15% de pauvres en France est meilleure grâce au smic ou aides social(-istes) ?
          N’est-il pas préférable d’être pauvre aux USA avec un pouvoir d’achat double par rapport à celui d’un pauvre en France ?

          • jacques lemiere
            17 juin 2019 at 18 h 32 min

            mais il démontre que le smic a des avantages, par exemple donner à BGJBL bonne conscience et l’impression d’etre généreux

        • La dignité à dépendre de l’aide volontaire et bénévole est bien supérieure à celle à dépendre d’une spoliation obligatoire de ceux qui paient.

        • Qu’y a t il de moins digne que de vivre du vol et du recel? C’est la situation des aides sociales en France. Pensez vous que « les prélevés » sont consentants? De façon générale non, les aides sociales sont le produit d’un vol, et les « aidés » en jouissent. Et les aidés suivent le bon vouloir de l’état. Et malgré tout ça je vois toujours des mendiants dans la rue qui demandent la charité.

    • Le modèle de société actuel en France c’est qu’on préfère payer des gens au chômage ou au RSA plutôt que leur offrir du travail avec un petit salaire. En d’autres termes on les maintient dans la dépendance.

    • Il y a bien un alternative au marché qui s’appelle socialisme et dont on connaît les brillants résultats : URSS, Cuba, Chine, Cambodge, Venezuela, etc.

  • La petite bête
    17 juin 2019 at 14 h 07 min

    Le SMIC n’est que l’une des contraintes que l’Etat peut imposer à l’é onomie et ce n’est pas la plus intelligente.
    La Suisse n’a pas de SMIC, c’est un pays prospère… mais elle a des barrières douanières.
    Derrière le problème du SMIC, celui d’un monde ouvert où le politique n’a, à la limite, plus son mot à dire. Il en est réduit à ramasser les blessés de la guerre économique…

  • Le problème du smic n’est pas tant la moindre concurrence entre salariés que la disparition d’activités et d’entreprises qui ne peuvent assumer un coût aussi élevé aggravé par les PO et les frais induits, notamment les frais de licenciement lorsque c’est nécessaire. Le péché originel du smic est la destruction des emplois et le travail qui reste en jachère.

    Pour compenser les effets pervers du smic, l’Etat a développé des aides sociales qui permettent aux victimes du smic de vivre sans avoir à travailler. Mais ces aides provoquent à leur tour leur cohorte d’effets pervers. On ne compte plus les employeurs qui ne trouvent pas de candidats volontaires pour travailler.

    Au total, on a créé une situation ubuesque où 3 millions de chômeurs sont en mesure de refuser pratiquement 1 million d’emplois laissés vacants. Le plus amusant à observer dans cette histoire, ce sont les journalistes qui affectent l’étonnement alors que tout le monde connaît l’origine du problème et sa solution évidente. Ces journalistes sont-ils complètement stupides ?

    • Pire, ils ne sont que journalistes.

    • jacques lemiere
      17 juin 2019 at 18 h 34 min

      oui…les défenseurs du smic doivent l’admettre et certains le font, c’est affirmer qu’il vaut mieux vaut rester à la maison et vivre au crochet des autres à 100% que de faire un boulot à faible valeur ajoutée…

      • Etape ultime du dispositif, c’est le travail forcé justifié par le bénéfice des aides (une idée défendue par Wauquiez par exemple). Mais comme on ne veut pas créer un effet d’aubaine pour les entreprises, on réserve ces postes aux administrations et aux associations lucratives sans but, autant d’organismes parfaitement improductifs, sans aucune valeur ajoutée. Au final, l’Etat s’assure un monopole d’esclavagiste constamment alimenté en ressources humaines fraîches (jeunes ou migrants peu qualifiés), en empêchant par ailleurs la libre création de valeur et en se donnant le beau rôle de la dame patronnesse.

        Notez enfin que si vous fixez le smic à 10k euros toute chose égale par ailleurs, vous avez la certitude de mettre 99% de la population au chômage, puis aux aides sociales puis au travail forcé. Ou comment détruire la liberté rien qu’en faussant un seul prix de marché. Dominer une armée d’esclaves dociles aux ordres, le rêve humide de nos braves édiles ! Elle est pas belle, la vie de politicien/fonctionnaire ?

    • Tout à fait d’accord

  • je n’avais pas entrevu l’aspect raciste d’un salaire minimum !!!! mais me voilà informé que les syndicats sont finalement beaucoup plus racistes que les extrêmes habituellement dénoncés !!!!

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