La dérive autoritaire du gouvernement Macron

La fin de mandat d'Emmanuel Macron doit être considérée comme une régression autoritaire que la France a déjà connu depuis la Révolution française.
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La dérive autoritaire du gouvernement Macron

Publié le 5 octobre 2021
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Par Finn Andreen.

Comment la cote de popularité de Macron peut-elle être aussi élevée malgré la gestion calamiteuse et autoritaire de la crise sanitaire ?

En effet, le quotidien Le Figaro annonce que « Le chef de l’État progresse dans toutes les catégories de la population » et que près de la moitié des Français (46 %) a maintenant une bonne opinion de lui, ce qui est bien plus que ses récents prédécesseurs à la même date précédant l’élection.

Cependant, cote de popularité ne signifie pas intention de vote, laquelle se trouve, pour lui à la moitié de sa cote de popularité (entre 23 % et 26 % selon les configurations) ce qui indique que même si il satisfait la moitié de la population, seul un quart de celle-ci est suffisamment convaincu par sa performance politique pour voter pour lui.

En fait, c’est le même pourcentage de votes (24 %) pour Macron lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2017. Après plus de quatre ans au pouvoir et tant d’opérations de séduction, Macron continuerait à convaincre uniquement ce quart, loyal depuis 2017.

Ce quart de l’électorat est donc sa base politique, ce qui est peu. Selon Ipsos, elle est composée d’un éventail très large d’électeurs un peu plus âgés, aisés et citadins que la moyenne de l’électorat.

La tendance à l’autoritarisme

Cette base semble peu sensible au concept de liberté et disposée à lui donner encore cinq ans à l’Élysée, même après la découverte de son autoritarisme et son dédain apparent pour le processus parlementaire.

La gestion de la crise sanitaire rythmée par les décisions d’un seul homme depuis mars 2020 a exposé au grand jour cet autoritarisme étatique que la base électorale de Macron a ignoré en 2017, ce qu’elle ne peut faire aujourd’hui alors qu’elle s’apprête à revoter pour lui.

Pourtant, une autre voie était possible pour gérer la pandémie plus efficacement tout en respectant les libertés des Français. Aussi bien en amont qu’en aval de l’arrivée du SARS-CoV-2 en France, les actions supposées les protéger contre la pandémie ont été souvent non seulement fortement coercitives mais aussi bafouées.

L’autoritarisme de Macron et du gouvernement s’exprime donc aussi dans l’absence de mea culpa. En effet, le Président ne doute jamais de son jugement alors que cet aveuglement aura des conséquences sanitaires terribles pour les Français dans les années à venir, tant en termes de santé physique que mentale.

La seule conclusion possible est que la base électorale de Macron accepte ces dérives autoritaires. Il est vrai que d’autres franges de l’électorat sont probablement également prêtes à accepter une démocratie autoritaire, si on considère les divers programmes politiques de droite et de gauche toujours favorables à un État fort et interventionniste. Mais laissons pour le moment le bénéfice du doute à ces électeurs.

L’autoritarisme pour le bien de tous

Ce quart si hétérogène de l’électorat macronien qui accepte l’autoritarisme en démocratie, « pour le bien de tous », est vraisemblablement composé d’électeurs qui au moins inconsciemment, reconnaissent qu’une démocratie représentative n’est pas fonctionnelle. Cette base reconnait peut-être implicitement la réalité : tout système politique, démocratique ou non, tend vers l’autoritarisme.

Ceci fut démontré par Robert Michels dans son étude magistrale de la tendance oligarchique de la démocratie moderne (1911), œuvre souvent négligée mais toujours d’actualité. La conclusion de l’auteur est une description parfaite de la France en période de pandémie :

La démocratie a une préférence inhérente pour des solutions autoritaire à des questions importantes. Elle a soif aussi bien de pouvoir que de splendeur.

Michels explique que les démocraties modernes tendent progressivement vers l’autoritarisme et s’en réfère à Napoléon III, qui utilisa le plébiscite pour légitimer son autoritarisme :

L’interprétation bonapartiste de la souveraineté populaire était une dictature personnelle conférée par le peuple en accord avec le règne constitutionnel.

Il s’agit là de la mise en pratique de la présentation prémonitoire que Jean-Jacques Rousseau a fait de la démocratie dans Le contrat social, à savoir que le peuple n’est libre que le temps d’élire le législateur. Dans l’intervalle, « il est esclave, il n’est rien ».

De ce point de vue, cette fin de mandat de Macron devrait être considérée comme une régression vers un autoritarisme que la France a déjà connu à plusieurs reprises dans son histoire post-révolutionnaire. La Constitution de la Vème République elle-même confère d’emblée bien trop de pouvoir à un seul homme. La tentation d’employer ce pouvoir présidentiel excessivement n’est jamais loin, comme le montre la gestion de la crise sanitaire.

Par contre, aucun Président récent n’a voulu faire usage de ce pouvoir politique considérable pour introduire les nombreuses réformes indispensables pour rendre le pays non seulement compétitif et dynamique, mais aussi plus libre. Car il est possible de réformer le pays, mais compte tenu du système politique français actuel, l’initiative ne peut venir que du sommet de l’État.

Heureusement, tout l’électorat français n’adhère pas à l’autoritarisme. Malgré un étatisme exacerbé, imposé en Occident depuis plusieurs décennies, une minorité encore trop silencieuse continue à faire opposition, car pour elle la liberté est prioritaire.

Cependant, une vraie candidature libérale à la présidence de la République brille aujourd’hui par son absence. Il va falloir encore attendre afin de voir sur la scène politique française un parti, un programme et un candidat qui rejettent clairement la démocratie autoritaire et proposent une vraie alternative libérale pour la société française.

Voir les commentaires (17)

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Créer un compte Tous les commentaires (17)
  • les mesures autoritaires plaisent en partie car des tas de gens pensent qu »il existe une part importante de la population qui est d’une façon ou d’une autre nuisible. On l’a vue avec le referendum européen, ou le brexit,  » cette foule ignorante peuple vote mal »…

    si zemmour ou le pen était président les gens du coté de l’autorité à gauche aurait manifesté TOUS les jours pour leur liberté..et l’illégitimité du président..

    fuck your freedom…a dit Schwartzy

  • macron promet 30 millions d’euros pour les SPA….étrange cette affection pour la cause animale à quelques mois des présidentielles ….

  • Je vous confirme que la catégorie des séniors dont je fais partie adhère majoritairement à la politique « sanitaire » de Macron et je me retrouve bien souvent en minorité quand on évoque ce sujet.
    C’est d’autant plus paradoxal que nous sommes ceux qui avons le plus de recul et d’expérience pour savoir que nous n’avions jamais connu de telles mesures auparavant.
    Mais il y a un autre point sur lequel Macron a aussi battu des records, c’est le gaspillage d’argent public.
    C’est pourquoi ces sondages me laissent perplexe…

    • Laurent Lenormand
      5 octobre 2021 at 8 h 45 min

      La catégorie des « seniors » fait partie d’une génération qui a pris l’habitude d’être majoritaire et de voir le personnel politique se plier à ses desiderata. La carrière de Mitterrand, par exemple, peut se résumer à ça : servir la soupe aux baby-boomers. Cette génération a pour particularité de se vivre comme étant « de gauche », ouverte, tolérante, etc. tout en connaissant, dans les faits, une évolution classique vers le conservatisme et l’autoritarisme, tout en trouvant normal que l’Etat vide ses caisses pour son bien-être. Ceci généralement conjugué à une paresse intellectuelle qui font croire à beaucoup que lire Le Monde, écouter France Inter et regarder le journal de France 2, avec quelques virées sur France 5 pour donner un vernis culturel, permet d’être parfaitement informé sur l’état de la planète.
      Un terreau fertile pour les impostures politiques comme le macronisme.

      • On aurait pas pu mieux résumer l’impact délétère de cette génération sur le pays ça m’a bien fait rire merci beaucoup bonne journée

      • Je trouve que vous exagérez concernant les seniors. Il y en a beaucoup qui ont abandonné Le Monde, autrefois journal de référence, qui n’écoutent plus France Inter et ne regardent pas les journaux télévisés non plus. Beaucoup préfèrent Contrepoints, par exemple, et lire plutôt que d’écouter les prétendus experts à la radio et sur les innombrables plateaux télé.

      • Bonjour M. Lenormand, vous avez parfaitement bien résumé la situation; dans le mille je dirais. J’ajouterais juste que la « gauche » est à l’origine conservatrice et autoritaire, donc il n’y a pas de contradiction (Je recommande à ce sujet le tres influent et illuminant essai de Rothbard : « Left and Right » de 1965 : https://mises.org/library/left-and-right-prospects-liberty)

        Et pour répondre donc a Jean-Paul : il est assez clair donc, pourquoi les seniors majoritairement sont en faveur de la politique de Macron.

      • c’est moins générationnel que cela mais en terme de population..il y a du vrai..

        ce qu’il faut rappeler est que beaucoup de personne ont penché vers la gauche pour des raisons de libertés…essentiellement socio culturelles.. en prônant par ailleurs le controle économique..

        il ya toujours eu peu de libéraux…

    • il ne s’agit pa s d’approuver les mesures, sinon les obligations à les appliquer..

      macron pourrit des trucs ..que j’approuve.. en les rendant obligatoires..

      • Tu as tout merveilleusement résumé en une phrase. De plus, ses opposants ne parviennent pas à faire le tri et à soutenir quelques mesures de bon sens tout en en contestant l’obligation.

      • Si il pervertit de bonnes mesures, c’ est à travers le pass sanitaire en ne les rendant pas obligatoires, bien au contraire, mais presque incontournables, c’ est particulièrement scélérat et nourrit le doute sur un vaccin en n’ engageant pas sa responsabilité et celle de l’ état.
        Et pour ma part, il n’ y a strictement aucune mesure sanitaire que l’ état a prise que j’ approuve.

  • Merci à Finn Andreen pour cet article pour lequel je suis entièrement d’accord
    Merci à Mariah ; je suis senior sans doute comme elle ; je ne regarde plus la télé , je ne lis plus le Monde , je jette un oeil aux grands titres du journal local en achetant le pain et la radio je ne l’écoute plus parce que ma femme la met en sourdine en me disant que je deviens sourd
    Par contre , j’ai quelques remarques à faire à Laurent Lenormand
    Le personnel politique ne se plie pas aux desideratas des seniors ; je pense que c’est plutôt l’inverse ; cela fait deux ans qu’il nous pourrit la vie , nous empêche de voyager et de revoir nos enfants ou petits enfants , de profiter des stations de ski l’hiver alors qu’il nous reste que quelques années à en profiter, nous pourrit nos paysages en installant des éoliennes , nous ferme nos centrales nucléaires qui fonctionnent et nous chauffent quand il n’y a plus de soleil ou de vent
    Personnellement je me sens toujours de gauche , mais ne vote plus à gauche ; c’est nous les séniors qui avons rempli les caisses de l’état et équipé la nation pour faire vivre à l’aise les générations futures qui vont dans la rue pour soutenir Gréta et les marches pour le climat
    Alors concernant la paresse intellectuelle de ces vieux , vous devriez faire un petit effort pour comprendre que nos politiques sont complètement à côté de la plaque concernant la transition énergétique et le futur économique de la planète

    • Tout à fait d’accord. La génération boomers a bossé et la génération montante ne parle que de Gaïa et autres veganisme.

  • Je suis étonné que le commentaire de Laurent Lenormand ai pu récupérer une appréciation des lecteurs de +14; déjà l’article de l’article de Jacques Garello m’a paru un peu bizarre ; Contrepoints et ses lecteurs seraient -ils entrain de muter ?

  • Les commentaires sont fermés.

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