Sandrine Rousseau ou la contre-révolution écolo

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Sandrine Rousseau ou la contre-révolution écolo

Publié le 7 octobre 2021
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Par Armand Paquereau.

Le 2 octobre 2021 sur France 2, Sandrine Rousseau, challenger de la primaire EELV prône un choc de productivité négatif :

Dans l’agriculture, il nous faut plus de main-d’œuvre et moins de technique.

Elle met en avant sa qualité d’économiste pour justifier sa position.

La productivité est-elle négative ?

Si on considère que la productivité n’engendre que des efforts pour améliorer les quantités produites et leur qualité, on peut en effet considérer qu’elle entre en conflit avec le confort du travailleur et accroît l’incertitude et le stress par une course en avant qui semble n’avoir jamais de fin.

Mais la productivité est surtout le fruit de l’évolution technologique et scientifique. On remarque dans le tableau ci-dessous que l’évolution de la productivité a résulté de la diminution du nombre d’agriculteurs tout en augmentant les rendements d’un facteur 12,5.

Pour autant, les avantages indéniables de l’amélioration de la productivité ne profitent pas aux agriculteurs.

En 2015, la MSA reconnaissait que 29 % des agriculteurs avaient un revenu mensuel inférieur à 354 euros et l’INSEE évaluait la moyenne du temps de travail des agriculteurs à plein temps à 57 heures par semaine.

Cependant, cette amélioration de la productivité va de pair avec la diminution de la pénibilité. Les travaux de culture et de récolte effectués par des machines font oublier, entre autres, les sacs de blé portés à l’épaule, les hottes de raisins portées à dos d’homme en bout de rang de vigne, sans compter l’arrachage des betteraves ou des pommes de terre.

Il faut aussi constater que l’amélioration de la productivité a permis d’éradiquer la pénurie alimentaire de la Seconde Guerre mondiale et que les consommateurs ont dans les rayons des supermarchés pléthore de choix de produits, contrairement aux nombreux pays où la production agricole n’a pas profité d’un regain de productivité par manque de moyens financiers ou par choix politique.

Le retour à la main-d’œuvre des écolos

Le grand programme de madame Rousseau et de la moitié des écologistes qui la soutiennent (l’autre moitié partageant cette utopie) est de remplacer la mécanisation par la main-d’œuvre. Leur grand rêve est de revenir au XIXe siècle lorsque les paysans moissonnaient à la faucille et binaient les mauvaises herbes à la houe.

Certes, la consommation en une paire de siècles d’énergies fossiles ayant mis des millénaires à se constituer, il est pertinent de s’interroger sur la pérennité de la mécanisation. Mais remplacer les moissonneuses-batteuses par des faucilles et les tracteurs par des bœufs aura un impact sur la production, d’autant que les surfaces affectées à l’alimentation des animaux de trait se ferait en déduction des surfaces allouées à l’alimentation humaine.

Mais parmi les écolos il existe aussi une tendance à s’opposer à la souffrance animale. Ceux-ci vont immanquablement assimiler l’utilisation des animaux pour les travaux agricoles à de la maltraitance.

Il ne reste donc pour la mouvance verte qu’à exiger que tous les travaux soient effectués manuellement. Leur slogan est imparable : cela créera des centaines de milliers d’emplois. Jamais ils ne se sont posé la question de savoir si travailler dans ces conditions serait acceptable pour leurs concitoyens. Jamais ils ne se sont posés en candidats pour éprouver leur vision sociétale.

L’exemple récent de l’appel du ministre de l’Agriculture pendant le confinement pour trouver de la main-d’oeuvre en agriculture est édifiant.

Comme le précise ce fraisiculteur :

Vingt candidats, dix se présentent, trois sont encore là à la fin de la semaine.

La propagande forcenée de l’agriculture biologique n’aboutit pas à un rush des agriculteurs vers ce mode de production. J’ai déjà expliqué pourquoi. Le refus par ce mode d’agriculture des techniques qui ont augmenté la productivité (fertilisants minéraux, protection chimique des végétaux,) et l’augmentation des interventions manuelles n’emportent pas l’enthousiasme et l’adhésion d’une majorité d’agriculteurs.

Un non-sens économique

Émanant d’une enseignante-chercheuse en sciences économiques, le programme de Sandrine Rousseau n’est pas rassurant.

Les formidables progrès de la productivité en agriculture ont permis un bond considérable du pouvoir d’achat et du confort des citoyens. La diminution de la part alimentaire dans le budget des ménages a dégagé des liquidités qui ont profité à tous les autres secteurs de l’économie et accéléré le progrès technologique.

Ce pourcentage est descendu à 13,1% en 2018.

Créer des milliers d’emplois dans le secteur agricole pour répondre à ce fantasme écologique se heurtera immanquablement à différents effets délétères :

  • Vu le revenu horaire des agriculteurs, personne ne voudra effectuer des travaux pénibles, sous la pluie, dans le froid ou sous un soleil de plomb.
  • Les chefs d’entreprise ne pourront pas embaucher des salariés, car les charges afférentes mettront en péril la survie de l’entreprise.
  • Les conditions légales d’hébergement des salariés nécessitent des investissements incompatibles avec les disponibilités des entreprises agricoles.
  • Un exode rural inversé est inenvisageable, les citadins qui souhaiteraient tenter l’aventure de l’agriculture bio n’auraient ni les logements nécessaires sur place, ni les moyens de transport pour venir embaucher chaque jour en campagne.

Des conséquences économiques dangereuses

Vouloir retourner à des pratiques vieilles de plus d’un siècle va nous ramener à un niveau de vie équivalent.

La baisse conséquente des rendements sera accompagnée d’une hausse des prix à la consommation. On pourrait prédire une pénurie et des linéaires vides si le recours à l’importation ne venait pallier la conséquence de ce choix économique. Mais ce ne serait qu’un pis-aller. La balance commerciale des produits agricoles bruts est devenue déficitaire.

Alors que la France connait déjà les inconvénients de la dépendance envers d’autres pays pour une majorité de produits (médicaments, vaccins, produits manufacturés, etc.), devenir alimentairement dépendant de l’étranger est un risque majeur. Les fournisseurs étrangers auraient le loisir d’imposer des prix prohibitifs, et aucun n’accepterait de nous fournir des produits alimentaires si nous ne sommes pas en mesure de les payer au prix demandé.

L’utopie des écologistes est la vision d’un citadin qui veut imposer aux ruraux des contraintes qu’ils ne voudraient pas pour eux-mêmes.

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